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ISBN : 2225454418
Éditeur : Editions Masson (01/12/1997)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Est-il possible de relier, d'additionner, de rapprocher l'investigation médicale et le champ psychiatrique, ou existe-t-il entre eux une différence, une opposition, une disjonction constitutionnelles ?

Ne pas considérer cette alternative c'est, pour le clinicien auquel s'adresse cette collection, accepter la maladie comme méconnaissance du discours du malade, ignorer une demande névrotique qui provoque la transformation d'un symptôme psychique en un t... >Voir plus
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
lanardlanard   19 août 2010
Le sens de la vie :
p. 206 Dans un grand nombre de cas on retrouve ce fantasme déjà mis en évidence chez nos hystériques célèbres : le dévouement à une cause. Qu’il s’agisse de guérir les hommes, de sauver les femmes contre les entreprises des hommes, de sauver les enfants, de préserver un patrimoine, illustrer la mémoire d’une mari défunt, on retrouve toujours cette même entreprise, cette même visée de donner un sens à son existence.
N’est-ce pas légitime ? C’est là qu’il faut se méfier des nos mythologies. Ce sont elles en effet qui imposent comme une évidence qu’il faille trouver un sens à son existence et que ce sens soit toujours la défense et l’illustration d’une cause, fut-ce une cause créée par soi-même. Or, et il faut ici se rapporter au développement que nous avons proposé lors de l’étude la dépression névrotique, la recherche d’un sens à la vie implique toujours que le quotidien, l’actuel, l’aujourd’hui doive être justifié. La recherche d’un sens qui engage l’avenir mais qui en fait, ainsi que nous l’avons vu, l’hypothèque sur le modèle du passé, traduit la recherche, la quête d »une promesse. Les lendemains qui chantent, demain sera plus beau qu’aujourd’hui, font entrevoir cet élément fondamental de l’apitoiement sur soi même qu’on désigne par dépression : la déception constamment renouvelée qu’aujourd’hui ne comble pas les fantasmes. Que chacun donne un sens à sa vie, c’est son affaire. Cette recherche cache toujours la conviction à laquelle on veut échapper : aujourd’hui ne répond pas l’attente fantasmatique. Aussi, sous prétexte de créer un sens, ou plutôt de trouver un sens à sa vie, on se contente le plus souvent de lui donner une importance. Homme politique ou homme de science, chef d’entreprise ou chef de famille : autant de voies dont le monde d’aujourd’hui interdit de contester le sérieux. C’est donc en quelque sorte à une reconnaissance par l’entourage que l’on aura le plus souvent recours lorsque l’on voudra chercher le sens de sa vie. Ce sens qu’on ne peut guère trouver par soi-même n’est le plus souvent qu’un référence aux valeurs établies, aux valeurs sûres, mais lorsqu’un doute s’établit quant à ses références, on se retrouve dans la situation dite dépressive. Le manager’s disease, la maladie des hommes d’affaires arrivés au sommet de leur pouvoir et qui n’ont plus de référence au-delà d’eux mêmes en est un exemple. Inversement, aussi longtemps que ce sens de l’existence est le principal moteur et la plus sûre justification de la survie, ce sens fonctionne exactement comme l’idéal matérialisé de l’hystérique ; il enferme le sujet dans une vie qui n’est plus consacrée qu’à la réalisation, l’accomplissement de ce sens. Le monde est ainsi peuplé de gens qui, convaincus de la nécessité de justifier leur importance, traversent la vie avec sérieux et ennui, sans humour ni amour, de peur d’être confronté à cette vérité pour eux intolérable, à savoir que s’il y avait un sens à donner à leur vie, c’était à eux seuls qu’il appartenait de la créer et que ce sens, pour ne pas être fuite en avant, devait tout d’abord consacrer la primauté de l’aujourd’hui.
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lanardlanard   19 août 2010
p. 183 La caractéristique de la société contemporaine, tout au moins dans les aires culturelles dites occidentales, est la disparition de la passion, considérée au mieux comme une maladie honteuse, et plus souvent comme une forme de débilité mentale, voire, si l’on est indulgent, comme une survivance d’un autre âge. Le sujet ne trouve plus en soi la force de magnifier l’objet de sa quête, cause ou femme, et pour lui faire retrouver quelque charme, il est obligé de se servir de piments de toute espèce. L’amour sans recettes pornologiques est fade, les plats qu’on mange doivent comporter des goûts et des parfums inouïs, l’art doit d’abord étonner : pour que l’homme se réveille, il faut d’abord que ses sens soient frappés, tant il est blasé, déshabitué, usé, gavé, ? En fait, et plus uniment : lâche.
Que sur ce fond la médecine vous découvre quelque bonne maladie bien compliquée est un aubaine à ne pas rater.
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