AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marie-Noëlle Shinkai-Ouvray (Traducteur)
ISBN : 2877309908
Éditeur : Editions Philippe Picquier (18/04/2008)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Deux récits, mordants et drôles, sur le monde du travail au Japon, vu du côté féminin,.
Après avoir été virée pour avoir molesté son patron qui s’était montré obscène et insultant, voilà Kyôko qui accepte une « rencontre arrangée » avec un homme infatué de lui-même et de la taille… de son entreprise.
Dans le second récit, l’amitié qui unit la jeune Oikawa à son collègue de travail Futochan est de nature assez spéciale. Il n’est pas courant que le fantô... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Osmanthe
  01 avril 2019
Ce petit volume, qui a obtenu en 2005 le prestigieux prix Akutagawa, regroupe deux récits sur le thème du monde du travail japonais vu par une jeune femme. Le premier qui donne son titre au recueil met en scène la narratrice Kyôko, dans deux scènes de dialogue. Elle a perdu son boulot depuis qu'elle a molesté son patron qui avait tendance à tripoter ses employées. A 36 ans, sa mère et une femme âgée avec laquelle elle a sympathisé lui arrangent une rencontre, car il serait temps qu'elle se marie ! le face-à-face avec un homme parfaitement macho et ne pensant qu'à son boulot sera l'occasion d'un échange croustillant, qu'elle réévoquera, ainsi plus généralement que les affres du monde du travail nippon, avec une ex-collègue de travail qui a réussi à se recaser dans un nouveau job. Au passage, elle n'oublie pas de dire qu'elle n'aime pas les enfants, ce qui sans être évidemment une généralité chez les japonais, peut interpeller sur la gestion de leur vie intime et familiale, la natalité étant comme chacun sait particulièrement et structurellement, historiquement basse au Japon. Le ton est percutant et frais, humoristique, c'est une petite histoire qui se lit avec plaisir, sans être spécialement révolutionnaire.
Dans J'attendrai au large, nous suivons les premiers pas dans la vie active, puis leurs premières années d'évolution, au gré des mutations, de la jeune femme narratrice Oikawa et d'un ami et collègue de travail, Futo, dont l'embonpoint ne cesse de s'accroître, mais qui néanmoins réussit à se marier avec une charmante collègue, Mlle Iguchi. Futo propose à Oikawa un drôle de serment mutuel : que le survivant des deux détruise le disque dur de l'ordinateur de l'autre, pour préserver le secret le plus cher du défunt. Lorsqu'il décèdera accidentellement, elle s'exécutera, mais il aura malencontreusement laissé des traces papier de son secret...qui prêtera plutôt à sourire, voire à rire. J'avoue que je me suis dis tout ça pour ça, mais c'est bien japonais, le côté éviter à tout prix de se taper la honte et de perdre la face.
Ces deux récits publiés en 2004 ont le mérite de resituer le contexte dans les quelques années suivant l'éclatement de la bulle financière. C'est le désenchantement, la fin du rêve nippon, de cette croissance exceptionnelle qui a porté le Japon à la deuxième place parmi les puissances économiques mondiales. Les jeunes japonais découvrent la précarité professionnelle, les femmes sont toujours traitées avec machisme, et le travail en très grandes firmes est finalement assez ennuyant et peu motivant. Les gens différents peuvent aussi êtres ostracisés, dans une société aseptisée où il faut plus qu'ailleurs encore se conformer sans cesse à la norme sociale. De ce point de vue, ces récits sont intéressants. Ils sont aussi légers et se lisent d'une traite.
Cependant, ils ne font qu'effleurer le sujet, le traitement est trop rapide, les thématiques sont finalement plutôt traitées comme des anecdotes. C'est dommage, la photographie est faite en mode panorama, champ large, on ne peut pas dire qu'on apprend énormément de choses que l'on ne sache déjà du monde du travail japonais. La promesse n'est donc pas totalement tenue, loin de là, le pitch est survendu.
Un petit livre sympa, sans plus, et l'éditeur français n'a d'ailleurs pas édité depuis d'autres ouvrages de l'auteur, si toutefois il y en a eu d'autres au Japon.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
kuroineko
  02 décembre 2018
Le Jour de la Gratitude au Travail comprend deux nouvelles acides et énergiques.
Dans la première, Kyoko, 36 ans, célibataire et chômeuse après avoir molesté son patron qui se conduisit comme un véritable goujat lors de la veillée funèbre du père de la jeune femme, accepte un miyai. C'est-à-dire passer par une entremetteuse en vue d'un mariage arrangé, plus pour céder à sa mère que par envie. La rencontre avec le prétendant est un grand moment, d'une drôlerie mordante.
Itoyama Akiko dresse dans cette nouvelle le constat sur les conditions de vie d'une Office Lady célibataire dans une société où la femme non mariée est regardée comme un être qui sort de la norme. Sous le côté humoristique du récit flotte un arrière-goût d'amertume. Même si avec Kyoko, on est loin de l'image de la Japonaise silencieuse et obéissante véhiculée par certains clichés.
La seconde histoire insère une pointe de fantastique dans le texte. Futochan et Oikawa sont collègues mais surtout liés par un fort lien d'amitié, quand Futochan meurt, un candidat au suicide lui étant tombé dessus (il y a des morts comme ça qui paraissent incroyables). le fantôme de cet ami se présente à Oikawa pour lui demander de répondre à leur pacte d'entraide, même au-delà de la mort et de récupérer quelque chose pour lui.
Ici aussi Itoyama Akiko aborde le monde du travail et des salary men japonais, selon un tout autre angle.
J'ai une petite préférence pour la première nouvelle du fait du caractère bien trempé de son héroïne, mais l'ensemble se lit avec plaisir. L'ouvrage dépeint l'univers professionnel au Japon avec intérêt, sans entrer cependant dans tous les détails. Mais en peu de pages, beaucoup de choses essentielles sont dites.
De plus, la couverture interpelle avec cette jeune femme aux yeux malicieux portant un pot de fleurs entre ses mains. Pour l'offrir ou pour le balancer sur quelqu'un?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Momiji
  03 octobre 2013
En 2009, j'ai fini mon mémoire d'Histoire qui portait sur les conséquences de l'occupation américaine du Japon sur les femmes, analysé sous l'angle des études du Genre. J'avais pu dans ce cadre lire beaucoup de livres, de témoignages, de l'époque, mais aussi contemporains pour dresser des parallèles. La question du travail et des opportunités qui s'y présentaient pour les femmes japonaises revenait très souvent pour présenter un bilan toujours assez négatif. Même si la situation s'est améliorée.
Aussi, quand j'ai repéré ce livre dans la bibliothèque de mon centre de japonais, une vague de souvenirs m'a irrésistiblement guidé vers lui.
Ce livre a été une agréable surprise dans sa manière d'évoquer le thème du travail. Avec une plume mordante, qui vous surprend et vous emporte dans le récit, Akiko Itoyama nous emmène, au travers de deux nouvelles, dans la vie de deux femmes, l'une au chômage, l'autre venant de perdre un collègue, ami très proche. La première accepte une rencontre arrangée avec un portefeuille sur pattes qui ne pense et vit que pour son entreprise. Où rien ne va se passer comme prévu... La seconde est une employée persévérante, qui nous dévoile sa carrière et les difficultés rencontrées, le secret qui la lie à Futo, son collègue qui vient de mourir et pour qui elle doit accomplir une promesse qu'elle lui a tenu voilà des années.
Dans ces histoires, c'est le cheminement personnel de ces femmes qui portent la narration. le travail et sa perception sont relégués au second plan. Et pourtant, par leurs chagrins, leurs interrogations, leurs rires, elles dévoilent plus qu'elles ne peuvent en dire. C'est toute la réussite de ce livre, qui sans jamais dénoncer ni incriminer directement le monde du travail japonais, rigide et fermé au-delà d'un certain seuil aux femmes, nous emmène dans les pérégrinations de personnages très présents et qui pourtant s'évaporent dès que la page se tourne. Tout en laissant durablement une empreinte sur nous.
Ca se lit vite, et bien, on est surpris d'être déjà arrivé au bout. On aurait aimé partager plus de temps avec elles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
nath45
  05 septembre 2013
Le Jour de la Gratitude au Travail correspond au jour de la fête nationale du travail, non férié au Japon, Itoyama Akiko nous fait découvrir ce monde du travail avec deux nouvelles.
Dans la première nouvelle, Kyôko, jeune femme de 36 ans, en fin de droit de chômage après avoir été licenciée "pour convenance personnelle" est revenue vivre chez sa mère. Une voisine lui propose une rencontre arrangée avec un homme, M. Nobeyama, il se révèle être « fou de son entreprise », un homme nauséabond qui personnifie l'idéologie de la réussite sociale.
Dans la seconde nouvelle, c'est surtout l'amitié entre Natsum Oikawa et son collègue Futo, tous deux sortis de la même promotion, recrutés dans la même entreprise. Cela permet au lecteur d'avoir une petite vision de la culture du travail au Japon.
Un petit livre sur le monde du travail avec un regard féminin, mais aussi le poids des traditions qui demeurent, et la volonté des jeunes femmes Nippones à s'émanciper racontés par l'auteur avec humour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Nina
  03 mai 2012
Le jour de la gratitude au travail réunit deux récits, mordants et drôles, sur le monde du travail, vu du côté féminin, au japon. (phrase extraite de la 4ème de couverture)
Le jour de la gratitude au travail :
Le jour de la gratitude au travail voilà ce qui ne dit strictement rien à Kyôko, l'héroïne du 1er récit qui fut licenciée après avoir mis une raclée à son chef pour avoir eu des gestes équivoques avec sa mère et qui en avait eu aussi avec elle. Cette histoire raconte la difficile existence d'une jeune femme de 36 ans qui se retrouve sans travail et qui n'a pas de mari pour subvenir à ses besoins. Kyôko est un véritable soucis pour sa mère puisque en plus, elle ne veut surtout pas se soumettre aux dictats d'une société qui n'a pas encore mis les femmes au même rang social que les hommes. Quand sa voisine et sa mère jouent les marieuses et organisent une rencontre avec un homme qui cherche une épouse, notre héroïne va bien être obligée d'assister à cette mascarade, mais ne va pas se laisser faire pour autant. C'est avec un humour grinçant qu'elle va envoyer sur les roses ce parfait travailleur qui se dit « fou de son entreprise » et qui lui pose des questions comme si elle était une vulgaire marchandise. C'est à se demander si ce « gentil monsieur » la prend pour une prostituée ou une bête de foire ?!
Une vision du travail et de la vie des femmes au Japon présentée avec un humour décapant !
J'attendrai au large :
Ce 2ème récit est aussi teinté de beaucoup d'humour, mais il ne cache pas pour autant la gravité du thème évoqué. Cette histoire raconte à quel point l'investissement personnel est excessif dans la vie des travailleurs japonais. On leur demande un rendement tellement important, qu'ils peuvent passer jusqu'à 20 heures dans leur entreprise ce qui engendre une promiscuité importante entre les collègues et un manque d'intimité. de plus, avec les nouvelles technologies qui permettent de nous suivre et de garder les traces de nos faits et gestes, nos vies personnelles peuvent être dévoilées facilement. Les deux héros de ce récits Futo et Oikawa travaillent dans la même firme, ils deviennent très vite complémentaires, ils s'épaulent et peuvent compter l'un sur l'autre. Futo est un personnage très atypique dans l'entreprise, son surpoids ne le rend pas moins compétent que les autres, mais il sait qu'il n'aura pas les promotions qu'il mérite à cause de cela. Futo sait que les ordinateurs conservent nos données sur leur disque dur, on peut ainsi avoir accès à notre vie privée facilement. Futo va faire un pacte avec Oikawa pour être protéger des curieux à sa mort, parce qu'il a une passion en dehors de son travail qu'il n'a pas envie de dévoiler. Futo ne savait pas que le destin allait le frapper plus vite que prévu.
Cette nouvelle est teintée de fantastique mais le réalisme de notre société moderne est par contre bien analysé, que l'on soit en France, au Japon ou ailleurs dans le monde, le milieu professionnel, tel qu'il évolue, devient peu à peu le même partout.
Lien : http://de-page-en-page.over-..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   31 mars 2019
Chose bizarre, les femmes qui aiment les enfants ont l'air douces et celles qui disent les détester ont l'air méchantes. Bien sûr, tout le monde sait que les enfants ne sont pas des anges. Ils sont sales, ils mentent, ils font des caprices, ils sont niais et enquiquinants au possible. Moi ? J'étais une gosse détestable. Par exemple, quelqu'un de la famille me faisait un cadeau. Dès que je l'avais reçu, la première idée qui me traversait l'esprit, c'était la meilleure manière dont je pourrais décevoir le généreux donateur. Lancer son cadeau dans le jardin devant lui, ou le casser, ou encore le jeter à la poubelle. Je n'en faisais rien mais j'y pensais toujours. J'ai les enfants en horreur et moi quand j'étais petite, aussi.

Extrait du récit "Le Jour de la Gratitude au Travail."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
OsmantheOsmanthe   31 mars 2019
M.Nobeyama, s’il faut le décrire, faisait penser pour le visage à un pain rond fourré à la pâte de haricots qu’on aurait frappé du poing à un beau milieu. Dans la partie bombée par la garniture sucrée, il y avait une paire d’yeux humides, des lèvres renflées et cramoisies, les joues, elles, étaient tombantes. Les cheveux, ni franchement courts ni franchement longs, avaient peut-être été lavés mais donnaient une impression de saleté. Mais quand on aime, ça peut remédier à une certaine laideur. Ne serait-ce que par politesse, essayons de voir du côté du caractère. Si ça se trouve, même avec une telle physionomie, c’est peut-être la crème des hommes, allez savoir.
Oui mais je ne sais pas quoi lui demander. Je n’ai jamais fait de rencontre arrangée jusqu'à maintenant. Vous n’êtes pas accro aux jeux d’argent, bien sûr ? Pas de manies sexuelles non plus, parce que ça serait embêtant. Toutes questions rudement importantes mais je ne peux pas les dire. Dans ma tête, il y a une voix qui fait : peux-tu-coucher-avec-ce-mec ? Hum. Ça place la barre drôlement haut. M. Nobeyama pensait pensait visiblement à peu près à la même chose. Mais lui, il a lâché le morceau d’emblée.
- Quelles sont vos mensurations ?
- 88-66-92.
Il a de nouveau souri d’un air entendu.
Prostitution ou marché aux bestiaux ?
J’aurais bien voulu, moi aussi, lui demander la longueur et le diamètre de son zizi mais devant Mme Hasegawa et ma mère, je me suis bien évidemment abstenue. Abréger l’entrevue en posant la question aurait peut-être représenté une économie de temps.

Extrait du récit « Le Jour de la Gratitude au Travail. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
asn83asn83   19 septembre 2014
J’avais non seulement choisi un emploi général, mais aussi la société qui traitait le plus équitablement les femmes, et à la réception de mon avis d’embauche, j’avais cru à un amour réciproque et à l’entente parfaite mais rendue à pied d’œuvre, j’ai vite déchanté : toutes les filles sortaient des facultés d’économie ou de droit de Waseda, Keio et des ex-universités impériales, finalement j’avais été recrutée sur des critères élitistes, et voilà tout. On avait beau arriver sur le marché du travail en pleine bulle économique, le nombre d’emplois pour les filles était restreint et elles ramaient pour décrocher une embauche. Il n’y avait que les garçons qui se la coulaient douce. Bien sûr, c’est plus rude encore pour les étudiants maintenant. Il n’y a pas d’emploi. Alors on refuse à ma génération le droit de se plaindre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
SeijoliverSeijoliver   08 mars 2019
Shibuya, c'est l'horreur. Le bruit, les lumières, l'air, les gamins, autrefois devant Fujiya, ça sentait le ragoût de lard pourri mais ces derniers temps, tout de même, l'odeur a disparu. Je hais Shibuya à longueur d'année, mais à l'époque de Noël, c'est encore pire. Mais un quartier calme ne convient pas à un jour où je me sens larguée comme aujourd'hui. C'est juste la nullité qu'il me faut.
Quelque qui se balance retient mon regard et , une fois fixée mon attention, c'est un couple enlacé dont la fille est train de tanguer les genoux pliés. Un rut au milieu du tapage ? Même chez les animaux, il y a des périodes appropriées pour ça.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
OsmantheOsmanthe   31 mars 2019
J’ai repris un yuwari. Je me suis dit : « Ah, il fait nuit. » Au loin, il y a un chien qui a oublié de dormir et qui bâille, des lampes qui s’eteignent, un livre qu’on ferme, un chauffe-eau qui ronfle sourdement. Je viens dans ce bar acheter de la nuit. Un long verre de nuit, noire et silencieuse.

Extrait du récit « Le Jour de la Gratitude au Travail. »
Commenter  J’apprécie          40
autres livres classés : célibatVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr




Quiz Voir plus

Les mangas adaptés en anime

"Attrapez-les tous", il s'agit du slogan de :

Bleach
Pokemon
One piece

10 questions
387 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , littérature japonaiseCréer un quiz sur ce livre