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ISBN : 2870270917
Éditeur : Complexe (06/11/1992)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
+++
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Sarindar
  20 août 2019
Jean Boulier a fait avec ce livre sur Jean Hus (né dans le dernier quart du XIVe siècle et mort en 1415) un travail formidable, parce que parti de l'expérience d'un clerc qui se révolta contre une Église devenue sans âme et qui trahissait sa raison d'être en n'étant plus qu'un organe de pouvoir - et pas que spirituel - et en ne craignant pas d'accumuler les richesses, il étend le regard à ce que cette manière de faire provoqua dans la société tchèque en montrant cet homme appeler ses contemporains et d'abord ses compatriotes de Bohême (Čechy, royaume qui relevait du Saint-Empire romain germanique et qui avait eu son Empereur avec Charles IV de Luxembourg, lequel avait laissé sa succession à un roi plus faible, Venceslas, devenu alcoolique) à renouer avec le christianisme des origines, pour vivre dans l'Esprit et la prière, avec une foi active appuyée sur l'exercice de la charité et de la pauvreté, une aubaine pour la noblesse tchèque qui lorgnait sur les biens de l'Église. La volonté de créer cette Église apostolique, critique à l'égard de la Papauté. Épousant certaines des idées de John Wyclif, considéré par l'Église catholique comme un dangereux déviant, Hus s'exposa à son tour à la condamnation de sa pensée par les autorités ecclésiastiques. Il regardait l'ensemble des croyants comme une grande famille invitée à communier sous les deux espèces, corps et sang du Christ, et à faire l'expérience de la fraternité. Il sut attirer à lui des fidélités, créer un véritable réseau de penseurs qui, au sein de l'université de Prague, soutiennent des revendications nationalistes tchèques en même temps que les théories de Jan (ou Jean) Hus. Ceux-là cherchent à se couper de l'influence germanique. Ils y parviendront, mais au détriment d'eux-mêmes, car l'université perdra rapidement en prestige. Peu attaquable sur le plan politique, Hus peut être facilement une cible sur le plan religieux. Pris à partie pour la parenté de sa pensée avec celle de Wyclif, il fut excommunié en février 1411 par Grégoire XII. Il croit alors pouvoir s'en remettre à la seule justice du Christ, supérieure à celle des hommes, fussent-ils consacrés et se réclamassent-ils de son nom, mais il doit alors se cacher. Les Tchèques en tiennent pour lui, mais il se met à dos Venceslas, sur la question des indulgences voulues par le Pape mais consenties par le roi. Cela l'amène, un siècle avant Luther, à se prononcer contre le commerce spirituel favorisé par l'Église qui voit de l'intérêt à se faire de l'argent en accordant l'indulgence plénière aux pénitents qui croyaient s'acquérir par leurs dons une place au paradis. Voulant défendre son point de vue et ses idées sur tous les points qui le distinguaient de l'Église et l'opposaient à elle, il décida courageusement d'aller affronter les représentants de cette dernière, réunis en Concile à Constance. Il arriva dans cette ville en novembre 1414. On est alors en plein Schisme d'Occident qui voit se déchirer l'Église et s'affronter trois hommes qui se prétendent son chef mais ne représentent que des factions : Benoît XIII, Grégoire XII et un premier Jean XXIII. le Concile s'est d'ailleurs réuni pour mettre fin à cette division et pour affirmer la primauté conciliaire sur l'institution pontificale. C'est sur fond de dispute que Jean Hus vient soutenir ses thèses, et il va être broyé par ceux qui veulent profiter de cette occasion pour se débarrasser de lui. Jean XXIII lui oppose un homme qui démontrera que l'on a affaire avec lui à un hérétique. C'est ainsi qu'il est condamné à périr sur le bûcher en juillet 1415.
Le livre de Jean Boulier ne s'arrête pas avec le supplice de Jus. Il analyse ensuite les circonstances qui amenèrent les Tchèques à lutter contre les Catholiques qui avaient lancé un appel à la Croisade contre les partisans de Hus (les Hussites organisés de manière qu'ils mettaient en commun tous leurs biens et bien décidés à se défendre contre ceux qui voulaient en finir avec eux), et ce fut la bataille de Sudomĕř le 25 mars 1420. Victoire inattendue due à l'intelligence de l'un des meneurs des Hussites, Jan Žižka, qui exploitant un terrain avantageux , fait de marécages et d'une chaussée étroite sut opposer un mur de chariots aux assauts inutiles d'une chevalerie mal à l'aise dans ces conditions.
La défaite des catholiques fut cinglante, d'autant que les Hussites démontrèrent aussi l'utilité de leurs fléaux d'armes au cours du combat.
La deuxième partie du livre est un vibrant plaidoyer pour les Hussites qui administrèrent pendant des années une sérieuse leçon à une chrétienté institutionnelle imbue d'elle-même et de possédants qui craignaient pour leurs biens en voyant agir ces tenants de l'égalitarisme avant l'heure.
François Sarindar
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