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ISBN : 2070725464
Éditeur : Gallimard (04/02/1992)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Sur le thème de la guerre, une nouvelle vision du monde de J.M.G. Le Clézio qui s'est attaché à en détecter tous les signes par l'intermédiaire d'une fragile jeune fille, Bea B. Sa longue promenade avec Monsieur X. la conduit dans les endroits les plus fascinants et les plus familiers de notre société. Les voitures, les autoroutes, les aérodromes, les grands magasins, les boîtes de nuit, les cantines permettent à la nouvelle Pythie de l'Apocalypse d'exprimer sa visi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
chartel
  30 janvier 2010
Plus j'avance dans ma découverte de l'oeuvre de J.M.G. le Clézio, plus je trouve que sa littérature nous dresse le portrait d'une humanité très pascalienne. Les hommes prennent, en effet, l'apparence de vastes colonies de fourmis, et les différents narrateurs ou personnages de ses récits (je signale que je n'ai encore lu que ses premiers livres) ont un regard très distancié, à la manière d'une haute divinité, ou tout bonnement d'un homme lui-même qui regarderait évoluer sous ses pieds d'infimes fourmis, après avoir créé la panique en écrasant volontairement la motte de terre qui constituait l'entrée de la fourmilière.
Mais ce qu'il y a de particulier chez le Nobel 2008, est que les divers récitants s'incluent eux-mêmes dans ces masses grouillantes. La seule chose qui les différencie des autres, c'est qu'eux sont des fourmis conscientes de la vanité de leurs actions, tout comme Le Clézio est conscient de la vanité de son activité d'écrivain.
Dans "La Guerre", cette agitation absurde et continuelle des hommes est justement dénommé « guerre ». Comme l'avait affirmé Nietzsche, le moteur de notre monde étant la volonté de puissance, les hommes aiment à inscrire leurs marques par des actes de destruction, des actes de violence. A tel point que le tableau des temps modernes dressé par Le Clézio est digne des films de Jacques Tati, une société artificialisée, coupée de tout élément naturel, mis à part le ciel et la mer, présents encore pour servir de fond au paysage. Un monde ultra-mécanisé, ultra-motorisé, lancé, brides abattues, dans une course à la production, un monde ne voyant pas plus loin que le bout de son nez, ne sachant pas prendre le temps de l'observation et de la réflexion.
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Candila
  28 mars 2020
Il est délicieux de se plonger dans la lecture d'un roman, alors même que l'on ignore encore, au moment où notre regard se focalise sur les premières lignes de la première page de l'oeuvre, quels vont être l'intrigue, les personnages, l'ambiance, la tonalité, ou encore les enjeux de cette histoire. Ainsi, le lecteur peut apprécier le choix des mots, la structure des phrases, le style de l'auteur.
Dans ce parcours initiatique, il découvre un univers rythmé par une violence perpétuelle, et un personnage sauvage et impromptu : Bea B., figure métaphorique et emblématique de l'univers.
Au fil du récit, le lecteur anonyme embrasse et s'approprie les histoires de Béa B., qui raconte ce qu'elle voit (filtré par les verres de ses lunettes de soleil). Ses histoires sont, en réalité, les douleurs que lui a infligées l'Homme : la construction des bâtiments froids aux traits anguleux, les lumières artificielles qui agressent les yeux, le bruit permanent des voix et des moteurs, ou encore le bitume qui recouvre la terre et sur lequel roulent perpétuellement les lourdes automobiles inventées par l'être humain...
La « Guerre » est donc celle que l'Homme a déclenchée en colonisant et s'appropriant de manière barbare, la Mère qui l'a porté en son sein.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
CandilaCandila   28 mars 2020
"C'est bien d'apprendre des choses, même si on les oublie après. Quand on apprend des choses, on les apprivoise. Sinon, on est gagné par la peur. Je crois que toi, tu n'as jamais peur. Je t'ai vu marcher dans la rue.Tu vas très droit, tu ne regardes personne. Tu as toujours l'air de sortir d'une boîte. C'est sûrement parce que tu es un soldat.
Moi, j'ai tout le temps peur. Quand je suis dans ma chambre, j'ai peur qu'on entre. Quand je me lave la figure, et que j'ai du savon plein les yeux, j'ai peur qu'on vienne par-derrière avec un couteau pour me tuer, et je ne pourrais rien voir. J'ai peur du miroir de l'armoire à glace, et aussi de celui qui est au-dessus du lavabo. J'ai peur des rats. J'ai peur des vêtements pendus aux porte-manteaux [...]
Et quand je suis dehors, j'ai si peur que je n'arrive pas à marcher. Mes genoux se cognent. Je trébuche tout le temps.
Je marche sur un sol de vase. Mes pieds entrent à l'intérieur du trottoir, et je dois faire de grands efforts pour les décoller. Derrière moi, il y a des trous béants qui se referment lentement, et quand je marche, on n'entend pas "toc ! toc ! toc !" mais "flac ! flac ! flac !"."
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CandilaCandila   28 mars 2020
"Il y a tant de mots qui résonnent, partout, tant de mots dieux et de mots démons, sur les murs, sur les pages des journaux, gravés sur les portes des latrines. Ils ne cherchent pas à communiquer. Ils ne disent rien. Ils veulent seulement bondir sur moi, m'écraser, me frapper à la tête et à la gorge. Ce sont les mots de la guerre, qui viennent pleins de colère pour vaincre le monde. Ils jaillissent du fond des vitrines, avec leurs éclairs bleuâtres, BRANDT, Chemical Co, WINSTON, SALEM, Frill, Airborne, UNITED FRUIT. Ils jaillissent et blessent avec leurs dards acérés, ils électrocutent. Monsieur X, je vois toutes ces armes, partout, sans pitié, qui traversent l'air. Peut-être que les mots vont m'abattre, un de ces jours. Peut-être qu'ils vont me frapper dans le dos, pendant que je marcherai le long d'un mur, peut-être qu'ils vont scier ma nuque et broyer ma colonne vertébrale. Ou bien peut-être qu'ils viendront face à moi, et qu'ils m'aveugleront avec un seul éclair de leur lampe au magnésium."
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CandilaCandila   28 mars 2020
"Ou bien il doit y avoir un mot, un vrai mot, qui à lui seul ferait éclater toutes ces gangues. Pas un mot intelligent, ni un mot d'amour, mais un mot quelconque , qui exploserait dans la chair à la manière d'une balle-obus dans le crâne d'un rhinocéros. Un mot, un seul mot. Mais j'ai beau le chercher, je ne le trouve pas. Un mot dans le genre de, JAGUAR, OM, ZINC, ou bien VERITE. Il y a sûrement un mot pour arrêter la guerre. Mais lequel ?"
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CandilaCandila   28 mars 2020
"Elle dansait. Le temps était lent, l'air profond, il n'y avait pas de vent, pas de terre, pas de soleil. Elle bougeait ses hanches, ses épaules, elle serrait ses coudes contre ses flancs. Dans sa tête, il n'y avait rien du tout. Cela se passait beaucoup plus bas, quelque part vers le plexus solaire, comme s'il y avait eu un nouvel organe, un cœur lourd, un animal vivant dans ses entrailles qui se dilatait et se recroquevillait. Elle dansait autour de sa colonne vertébrale, et l'axe invisible allait du plafond jusqu'au centre de la terre. Elle tournait sur elle-même, très vite, ses jambes se déplaçant sur le sol fluorescent. C'était un mouvement comparable à celui des planètes et des étoiles, un simple mouvement en spirale qui descendait le puits de la musique."
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CandilaCandila   28 mars 2020
"Tu sais, j'ai toujours l'impression d'être en dehors, je veux dire, que les choses se passent très loin de moi, que je ne comprends pas très bien ce qu'on veut de moi. Alors je ne sais pas quoi dire."
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Videos de J. M. G. Le Clezio (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  J. M. G. Le Clezio
Jean-Marie-Gustave le Clézio publie deux contes, "Chanson bretonne" suivi de "L'Enfant et la Guerre", chez Gallimard.  Ces deux ouvrages ne sont ni des albums souvenirs, ni des confessions, mais plutôt des chansons entêtantes, tels que les définis l'auteur. Jean-Marie-Gustave le Clézio qui ne veut pas se raconter reste pudique sur son enfance "au risque de trahir l'enfant qu'il a été". La littérature "doit être au plus près du vécu" affirme le prix Nobel de littérature 2008. Sur le plateau de François Busnel, il explique son rapport à l'écriture et à la Bretagne de son enfance. A chaque nouveau récit, il se pose la question "Qui suis-je ?" et se remet en question comme un boxeur repart au combat sur le ring.


Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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