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Kenneth White (Préfacier, etc.)François Busnel (Directeur de publication)
Éditeur : Le 1 (01/05/2017)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 6 notes)
Résumé :
L'ailleurs... vaste programme ! Pour la deuxième année consécutive, onze écrivains explorent à travers de courts récits ce mot à géographie variable. Quand Le Clézio traverse la frontière qui sépare le Mexique de l'Arizona, Catherine Poulain imagine, à l'autre extrémité des États-Unis, un conte moderne à cheval entre le Maine et le Canada. Et la plume d'Erik Orsenna se laisse glisser, sous la neige, le long du Saint-Laurent.
Ailleurs est un "mot blanc", dit ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
lucia-lilas
  30 juillet 2017
Des nouvelles, encore des nouvelles, toujours des nouvelles… Une passion naissante ?
Oui et non, en réalité, je lis en ce moment un pavé (798 pages) qui me tue les bras et les poignets et qu'il m'est impossible de trimbaler dans tous mes déplacements. Alors, l'envie m'est venue d'acheter un poids plume facile à transporter : c'est Nicole du blog Mots pour mots qui m'en a donné l'idée ! Il s'agit d'un hors-série du journal « Le 1 » : des nouvelles sur le thème de « l'ailleurs ».
Et ça tombe plutôt bien car l'été, souvent, on va effectivement voir « ailleurs », histoire de se changer les idées, de se reposer, de rencontrer d'autres gens et de rompre avec le train-train quotidien.
Évidemment, ce sujet a retenu mon attention car il faut que je vous avoue une chose : j'ai un mal fou à m'extirper de chez moi. Bien sûr, en théorie, je trouve les voyages intéressants, enrichissants, instructifs et en effet, lorsqu'il m'arrive d'être « ailleurs », je cours dans tous les sens, photographie tout ce qui bouge ou ne bouge pas, cherche à goûter l'inconnu sous toutes ses formes.
Mais voilà, le problème, c'est qu'il faut s'arracher, sortir de son trou, prendre la voiture (embouteillages + chaleur+ risques d'accidents), l'avion (beurk, archi beurk, terreur ab-so-lue), le bateau (= mal de mer), le train (c'est encore ce que je supporte le mieux même si j'ai horreur des gares) et sur place… d'autres réjouissances commencent : de nouveau, la chaleur (bon, je n'ai qu'à aller dans le nord, me direz-vous!), les touristes en grand nombre, les moustiques et autres dangers naturels, les vols (oui, les papiers, l'argent…), la fatigue, les péripéties en tous genres, très amusantes à raconter APRÈS mais qui demeurent un calvaire PENDANT.
(Et si en plus vous voyagez avec des enfants, vous passez tout votre temps à chercher des toilettes ou à faire la queue pour acheter des glaces - le bonheur...)
Fondamentalement, je suis très oblomovienne (au fait, avez-vous lu Oblomov de Gontcharov ??? Non ??? Pas possible !!! Un indispensable, incontournable, essentiel chef- d'oeuvre de la littérature russe ! A lire ab-so-lu-ment !)
Donc, je reviens au sujet principal de mon article, ces onze nouvelles sur le thème de l'ailleurs, écrites par de grandes pointures de la littérature contemporaine, avaient tout pour retenir mon attention et c'est avec délice que j'ai lu pour commencer celle de Lydie Salvayre (oh, comme j'aime ce qu'elle écrit !!!) : sa nouvelle s'intitule « Je déteste l'ailleurs », ah, ça commence bien, non ?
« J'ai pour ma part la religion de l'immobilité.
Voici comment je la pratique.
C'est simple. Je me fixe quelque part. Un lit peut faire l'affaire. Ou un fauteuil douillet. Je baisse mes paupières. Et voici que les océans s'ouvrent, que se dressent les monts, que se creusent les vaux, voici que l'Amérique déroule ses tapis et m'accueille, ou le Belize (sans ses moustiques), ou la Chine (sans ses fumées)…
J'ai la religion de l'immobilité. Elle a, entre autres vertus, celle de ne point fatiguer et celle, surtout, de se marier parfaitement avec ma religion de la lecture. Essayez de lire en marchant, ou à bord d'un bateau qui tangue, ou en escaladant une paroi des Alpes, ou en vous extasiant devant les ruines de Pompéi. Vous constaterez que c'est tout à fait impossible. »
Oh comme tout cela me plaît ! Ce n'est pas pour rien que mon blog s'appelle Lire au lit !
Sympa aussi la nouvelle de Véronique Ovaldé qui n'est pas sans points communs avec celle de Lydie Salvayre d'ailleurs, vous verrez !
Et puis, vous trouverez les « beaux récits » : celui de J.M.G. le Clézio qui met en scène des gamins des rues qui rêvent de passer une frontière pour aller vers un ailleurs plus riche ou celui de Nathacha Appanah : trois hommes, pauvres eux aussi, rêvent le soir sur une jetée d'un avenir meilleur, ailleurs
Karine Tuil, quant à elle, évoque de façon très touchante la mort de son père trois jours après la parution de son excellent roman L'Insouciance, un homme qui s'en est allé ailleurs : magnifique portrait de père… Un autre très beau portrait, celui de la grand-mère de Valentine Goby qui toute sa vie et pour des raisons bien indépendantes de sa volonté n'a jamais pu vraiment se fixer ; alors, pour elle, l'ailleurs est synonyme d' « arrachement, de mouvement perpétuel et de manque. Il est le contraire d'un «chez soi» - une expression dont la douceur déborde dans sa bouche : elle évoque la chaleur d'un foyer, l'espérance d'un lieu sûr . Ailleurs, c'est nulle part. »
C'est avec beaucoup d'humour aussi et d'autodérision que Tonino Benacquista raconte un retour Melbourne - Bangkok - Amsterdam virant au cauchemar (de toute façon, pour moi, même dans d'excellentes conditions, ce genre de voyage EST un cauchemar!)
Et l'on retrouve avec plaisir le style de Catherine Poulain dans une très belle nouvelle intitulée : La mouche, le chevreuil et le poulain fou.
Pour ma part, j'ai été peut-être un peu moins conquise par les nouvelles d'Erik Orsenna, de Kenneth White et de Metin Arditi mais à vous de vous faire votre avis !
Allez, que cet article ne vous retarde pas et ne vous fasse pas oublier de finir votre valise (ah oui, j'avais oublié une autre de mes saintes horreurs : faire des valises…)
Bon, j'arrête mes lamentations et me replonge dans mon ailleurs actuel : ah oui, j'ai oublié de vous dire que depuis une semaine... je suis à Venise...
Vous connaissez certainement Venise ?
C'est le printemps dans la Venise que j'arpente chaque jour…
Le printemps 1516.
Et l'épais et délicieux pavé qui me conduit à lire des nouvelles quand je me déplace (pas loin, rassurez-vous!) s'intitule Les enfants de Venise de Luca di Fulvio.
Un sacré voyage !
Dépaysement assuré !
Je ne ramènerai pas de photos mais des images, pour sûr, j'en ai plein la tête !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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motspourmots
  16 juillet 2017
Il semble donc que cette initiative inaugurée l'année dernière par l'intéressant hebdomadaire le 1 devienne une habitude estivale. Tant mieux car le hors-série de l'été dernier m'avait beaucoup plu et je trouve l'idée excellente, le format particulièrement adapté à la lecture en vacances, facile à glisser dans son sac de plage pour picorer un texte de temps en temps.
Ce sont ainsi de nouvelles plumes qui s'attèlent au thème de l'ailleurs, identique à celui de l'an dernier. Certains auteurs livrent un texte inédit, d'autres ont puisé dans leurs archives pour tenter de coller au sujet, avec plus ou moins de bonheur. Forcément, chaque lecteur sera plus ou moins sensible à l'approche des uns et des autres mais tous ces textes ont le mérite d'inviter au voyage et surtout à la réflexion. J'avoue avoir particulièrement apprécié les approches de Lydie Salvayre et Véronique Ovaldé avouant "détester être ailleurs" avec des raisons qui peuvent se rejoindre et une façon de s'emparer de la notion même d'ailleurs, de jouer avec, qui me réjouit et me parle.
J'ai été très émue par le récit de Karine Tuil dont le père est parti "ailleurs" à peine trois jours après la parution de son dernier roman, L'Insouciance en août dernier. J'ai été très convaincue par la nouvelle de le Clézio (dont je n'ai pas lu grand-chose à ma grande honte) et qui parvient en une dizaine de pages à trousser une histoire poignante, troublante et forte avec ses Rats de rue. Bien sûr, je me suis régalée avec le regard toujours aussi acéré de Tonino Benacquista qui interroge avec ironie la notion de touriste et d'aventurier... un vrai bonheur !
Mais c'est le très beau texte de Valentine Goby, Un mot blanc qui m'a vraiment bouleversée. Car cette notion d'ailleurs qui peut évoquer le voyage, la découverte, le plaisir, peut aussi être synonyme d'exil, de départ, de nostalgie et de mélancolie. Elle parvient à illustrer de façon vraiment parfaite cette résonance intime que l'évocation de ce mot peut provoquer en chacun de nous.
De toute façon, il n'y a rien à jeter dans tout ça. Erik Orsenna nous emmène le long du Saint-Laurent, ceux qui ont lu le Grand marin seront curieux de retrouver Catherine Poulain dans un exercice très différent (mais un environnement toujours aussi sauvage). Les amoureux de la plume de Natacha Appanah seront ravis de retrouver son univers si particulier.
Bref, ce recueil se trouve dans toutes les bonnes librairies, les kiosques à journaux et les points presse des gares et des aéroports. Sa couleur orange fluo fait qu'on ne peut pas le manquer. Et son prix - 6,90 € - finit de vous convaincre.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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NathalieBC
  19 août 2017
"Ailleurs" était le thème de ce hors série du 1 cet été. 11 nouvelles sur l'ailleurs. Parmi les auteurs, Lydie Salvayre, JMG le Clézio, Tonino Bennaquista, Catherine Poulain, Kenneth White... Sur 11 nouvelles, 10 sont formidables. Seule celle d'Eric Orsena m'a déçue: ce n'est pas une histoire, c'est un chapitre de géographie. Mais j'ai ri avec Bennaquista; j'ai pleuré avec Catherine Thuil; j'ai savouré la langue avec Kenneth White; je me suis agacée avec Lydie Salvayre. Une excellente lecture d'été.
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myriampele
  01 avril 2018
11 nouvelles, 11 auteurs pour jouer avec le mot " ailleurs" et c'est délectable....
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
motspourmotsmotspourmots   16 juillet 2017
Il s'est senti étranger, touriste, voyeur. Il n'est pas taillé pour l'aventure, il est de la race des sédentaires. Il veut retrouver son coin de rue, se réapproprier sa langue natale, il sait désormais que les humains sont les mêmes partout et que les poètes sont des exaltés et des menteurs.
(Tonino Benacquista in La tache orange)
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myriampelemyriampele   01 avril 2018
Ne me parlez pas de l'ailleurs, je déteste l'ailleurs. Lydie Salvayre
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Videos de J. M. G. Le Clezio (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  J. M. G. Le Clezio
Tatiana de Rosnay avec Augustin Trapenard dans 21 CM Après l?océan Indien avec JMG le Clézio, Augustin Trapenard traverse la Manche pour aller rejoindre Tatiana de Rosnay sur les terres de sa mère. L?auteure du best-seller Elle s?appelait Sarah (près de 12 millions d?exemplaires vendus) a choisi de recevoir l?équipe de 21CM à Monk?s House, dans le Sussex au sud de l?Angleterre. https://www.actualitte.com/article/monde-edition/tatiana-de-rosnay-avec-augustin-trapenard-dans-21-cm/89079
Première diffusion ce 13 juin à 22 h 35 sur Canal +.
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