AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 275780619X
Éditeur : Points (18/10/2007)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 30 notes)
Résumé :
C'est une myriade d'îles, objet de rêves et de conquêtes, qui sont aujourd'hui tombées dans l'oubli: L'Océanie.
Sous la plume sensuelle de J.M.G. Le Clézio, ce continent bordé d'eau prend la forme d'un mythe, d'un espace sans cesse altéré par l'imaginaire. C'est aussi une histoire, celle de peuples conquis et toujours épris de liberté. Et c'est aussi un horizon: celui de la mer, à perte de vue.

On dit de l' Océanie qu'elle est le continent invi... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  26 avril 2019
De J.M.G. le Clezio, je n'avais lu que deux romans "Celui qui n'avait jamais vu la mer" et "Le chercheur d'or". J'avais beaucoup apprécié ces deux ouvrages. En lisant "Raga - Approche du continent invisible", je découvre une autre facette du talent de l'auteur. Raga n'est pas un roman, mais un récit. Un récit très fin, très intelligent, qui nous fait appréhender l'Océanie autrement qu'avec les yeux d'un touriste avide d'exotisme ou d'aventures. J.M.G. le Clezio, évoque les coutumes, L Histoire, la colonisation, l'asservissement de ces peuples, la perte de leur langue... La bibliographie utilisée est impressionnante. L'écriture est belle. L'émotion et la réflexion sont au rendez-vous. Raga est un livre qui incite le lecteur à découvrir un peu mieux ce "continent invisible". Excellente lecture.
Commenter  J’apprécie          450
henritheureau
  03 juillet 2019
RAGA JMG le Clézio
Quelques notes de la part de Henri Theureau – htheureau@mail.pf
BP 723 UTUROA 98735 RAIATEA Polynésie Française
p. 11 "…le baptise du triste nom de Nouvelles-Hébrides en souvenir de son pays natal." D'abord je ne vois pas ce que le nom de Nouvelles-Hébrides a de plus triste que celui de Nouvelle-Calédonie ou de Nouvelles-Cyclades, ou de New-York ou de Nouvelle-Orléans. Ensuite Cook était né, non pas dans l'archipel écossais des Hébrides, mais à Marton, comté de Cleveland, dans le Yorkshire. Il a baptisé la Nouvelle Calédonie en souvenir de l'Écosse, que les montagnes émoussées de cette île lui rappelaient, et les Nouvelles-Hébrides pour la même raison : ces cailloux tombés du ciel et qui émergent, abrupts, dans une mer peu hospitalière n'ont rien à voir avec la douceur des îles à lagons de la Polynésie orientale, mais lui ont rappelé sans doute le côté un peu paumé et sauvage des Hébrides écossaises.
p. 14 "…Le désir… l'urgence… les a chassés vers l'horizon… dans la direction du soleil levant. Peut-être ces hommes cherchaient-ils à retrouver la terre de leurs ancêtres, là où vivent les morts ?" Ce n'est pas en allant d'ouest en est que les peuples du Pacifique auraient eu une chance de retrouver leurs ancêtres. C'est dans l'autre sens, ce qui paraît logique si l'on admet qu'ils viennent tous du continent asiatique. En effet, ce sont les Polynésiens établis aux îles de la Société qui nomment Havai'i les Samoa d'où ils venaient (la plus grande île des Samoas occidentales s'appelle encore aujourd'hui Savai'i), et c'est sans doute lors d'un de ces voyages de retour aux origines qu'ils furent poussés vers le sud et découvrirent la Nouvelle-Zélande, vers l'an 800 de notre ère, pense-t-on généralement.
Ce découvreur a un nom : Kupe (prononcer Koupé). Les Polynésiens, comme plus tard les Européens, nommaient souvent les terres qu'ils découvraient du nom de terres qu'ils connaissaient, ainsi Ra'iatea (qui, au passage, est à l'ouest de Tahiti), se nommait autrefois Hava'i, et il s'y trouve une vallée nommée Hamoa (Hava'i/Sava'i ; Hamoa/Samoa). Et le nom de la grande Hawaii, aujourd'hui américaine, est donc sans doute le souvenir direct de Ra'iatea, qui semble avoir été, à l'époque de ces grandes migrations polynésiennes, une sorte de centre culturel et religieux (culte du dieu ‘Oro), peut-être point de départ de ces migrations. C'est en effet – du moins est-ce ce qu'on pense dans l'état actuel des recherches, surtout linguistiques – à partir des îles de la Société qu'on été peuplées Hawaii et Aotearoa (la Nouvelle Zélande). L'île de Pâques, Rapa nui – la grande, l'aurait été à partir des Marquises, mais il existe une Rapa iti – la petite, tout au sud de Tahiti, dans l'archipel des Australes.
p. 19 "Les noms des étoiles majeures… étaient connus dans la langue ma'ohi dans tout le Pacifique." La langue ma'ohi, voilà qui ne signifie pas grand-chose, la traduction littérale de ce terme donnant la langue « indigène ». Laquelle ? Indigène à quoi ? aux Marquises, aux Tuamotu, aux Australes ? le terme ma'ohi a été mis à la mode il y a une vingtaine d'années par le poète tahitien Henri Hiro, qui s'est ensuite fait taper sur les doigts par pas mal de gens, dont ceux de l'académie tahitienne (Fare Vana'a), l'adjectif ma'ohi n'ayant jamais été jusque-là appliqué à des personnes, mais uniquement à des plantes et à des animaux… Il est vrai que le terme a eu ensuite beaucoup de succès auprès des indépendantistes d'Oscar Temaru, un peu moins auprès des Marquisiens et autres Paumotu, lesquels estiment s'être déjà suffisamment fait coloniser linguistiquement par les Tahitiens.
Le raccourci – cette pirogue mélanésienne naviguant, sans doute autour de l'an moins 3 ou 4000, en utilisant des termes polynésiens fixés 4 ou 5000 ans plus tard par les Polynésiens de l'Est avec qui elle ne peut guère avoir été en contact – le raccourci est audacieux. Je comprends bien ce que vous voulez dire, dans l'orthodoxie de Guiart & Co, à savoir qu'il n'y a pas de grosse différence entre Poly et Mélanésiens. Je suis tout à fait d'accord. Cela s'appelle quand même tirer la réalité (ou le très peu qu'on en sait) par les cheveux. Cher JMG, le lyrisme poétique, c'est bien, mais lorsqu'il s'appuie sur l'exactitude géographique et historique, c'est encore mieux.
p. 28 "Malekulo." C'est la première fois que je rencontre cette orthographe. Je connaissais Malekula (graphie anglaise), et Mallicolo (graphie française). Serait-ce la graphie de Pentecôte ?
p. 30 …des tambours en racine de fougère. Voilà qui est nouveau. La racine de fougère est une matière qui offre à peu près l'aspect et la consistance, en plus dur, de l'éponge végétale (luffa, papengaye, courge-torchon…). C'est un conglomérat de radicelles noires très facile à tailler à la machette. On en fait des statues de passage de grade, les plus belles à Ambrym, mais jamais des tambours. Ils tomberaient en miettes à la première utilisation.
p. 32 "…ce que les anthropologues ont schématisé sous le nom de kastom, la tradition." Les anthropologues n'ont rien schématisé du tout, ce sont les Mélanésiens eux-mêmes qui désignent, en bislama, l'ensemble de leurs coutumes (custom en anglais, merci !). Nagol, emia kastom blong mifalla.
p. 39 "…le beau nom de Vanuatu." Sans doute pour faire pendant au triste nom de Nouvelles-Hébrides. Vanuatu, une autre orthographe du nom (polynésien) du parti de l'indépendance, le Vanua'aku Pati, est un nom inventé de toutes pièces. Vanua, c'est le fenua des Tahitiens. Vanua-atu signifie « mon pays ». C'est sans doute un beau nom lorsqu'on a été privé de pays pendant un siècle et demi, j'en conviens volontiers. Mais la réalité géographique qu'il recouvre est une réalité coloniale. le « pays » d'un insulaire, aujourd'hui encore, c'est son île, exclusivement. Les gens de Ra'iatea, où je vis, n'aiment pas beaucoup qu'on les appelle Tahitiens. Ils sont Ra'iatéens d'abord. Et je suis prêt à parier que Charlotte se sent man Penticos, ou man Raga avant de se sentir Ni-Vanuatu. Mais bon…
p. 47 "Les razzias entre les habitants des îles devaient être une pratique courante, pour l'appropriation des biens et la capture d'esclaves." C'est la première fois que j'entends parler de pratique de l'esclavage entre les gens du Pacifique. Certes, plus tard, les chefs de village sauront se débarrasser d'individus encombrants ou trop remuants en les “vendant” aux Blackbirders. Mais ce qui faisait l'objet des razzias semble avoir été en priorité les femmes (les échanges de femmes entre le sud-Pentecôte et le nord-Ambrym existait encore au début des années 1970). A cela, une raison simple : la nécessité de l'exogamie, que tous les peuples du monde semblent avoir comprise très tôt. En impliquant que les anciens Mélanésiens auraient peut-être pratiqué l'esclavage, vous leur faites un procès tout à fait gratuit, limite calomnie, ou alors, vous êtes victime des clichés des romans d'aventures (razzia = capture d'esclaves). Quoi qu'il en soit, produisez vos sources.
p. 55 "…les Shepherd Islands, du nom d'un des officiers de Cook." Hé non, Shepherd n'était pas là ! Voyez plutôt :
“[I named them] Shepherd's Isles, in honour of my Worthy friend Dr Shepherd Plumian Profr of Astronomy at Cambridge. [As for] the two close to the large island of Efate I named the one Montagu and the other Hinchinbrook and the large Island Sandwich, in honour of my Noble Patron the Earl of Sandwich”. (Cook's log, July 24, 1774)
Faut-il que je continue? Vous insistez? Allons-y:
p. 73 "…Le kava… C'est la plante liée au peuple mélanésien, à son histoire, à ses rêves." Aujourd'hui, certainement, mais le kava existait, et il est en train de renaître, en Polynésie où il fait partie des cérémonies d'accueil à Wallis & Futuna, à Samoa, Tonga, et même à Tahiti où il avait été interdit par les missionnaires et où Oscar Temaru tente de le réintroduire dans le cérémoniel d'accueil. D'ailleurs le mot tahitien 'ava sert à désigner l'alcool, 'ava'ava c'est le tabac, et 'ava'ava taero le pakalolo, c'est-à-dire la marijuana ma'ohi. (Pas vraiment ma'ohi d'ailleurs puis que la plante, d'origine californienne, a été importée de Hawaï dans les années 70.) Bref, s'il y a une chose commune à tous les insulaires du Pacifique, c'est bien le kava.
p. 80 « Stéphane Tabiri 9 may 1872 Vanuatu » Juste pour signaler qu'en 1872 le mot Vanuatu n'existait pas, ni sa réalité géographico-politique, et que donc cette dalle, ou en tout cas cette inscription, est postérieure à l'indépendance (1980).
p. 87 "Après avoir transpercé la mâchoire supérieure, les dents au long des années s'enroulent en spires et font plusieurs tours. Leurs mâchoires ainsi clouées ne peuvent plus s'ouvrir, et les porcs doivent être nourris de bouillies par leurs propriétaires."
Les canines inférieures, libres de se développer, ne transpercent pas la mâchoire supérieure (il serait bien idiot, le porc qui garderait les mâchoires serrées en attendant qu'elles se clouent l'une à l'autre). En revanche, il est sûr qu'elles procurent au porc un certain inconfort pour manger, et c'est pourquoi on le nourrit à la main dans les premiers stades du développement des canines inférieures. Celles-ci ensuite, oui, se recourbent vers l'arrière et – parfois, mais pas toujours – se replantent dans la mâchoire inférieure, et il est vrai qu'elles peuvent faire un tour, un tour et quart ou et demi. Je n'ai jamais vu, ni entendu parler de deux tours complets.
Pour le rôle des cochons dans le système social mélanésien, Joël Bonnemaison m'avait raconté une histoire d'Aoba, que nous avions mise en scène avec les élèves du Lycée de Port-Vila dans les années 70. C'était la dernière d'une série de quatre légendes des commencements, où figurait aussi celle de Barkolkol, que vous racontez dans Raga (p. 83 dans mon exemplaire, Coll. Points). Dans cette légende, la « route de la guerre » est tout simplement remplacée par la « route du cochon ». Il semble qu'il y ait eu à un moment quelqu'un de sensé qui ait dit « Arrêtons de nous entretuer, j'ai une meilleure idée, rivalisons en élevant les plus beaux cochons. » Si je retrouve mon MS, je vous l'envoie.
p. 97 "Slit gongs." Pourquoi ces deux mots anglais ? Pour faire joli ? En bislama, on dit tamtam, en français “tambours de bois”, de bois fendu si vous y tenez.
p. 104 "Sans doute ne devrait-il jamais y avoir d'autre raison au voyage que celle de mesurer exactement ses propres incompétences." Ça, c'est une très belle phrase, je vous la pique et je la ressortirai.
p. 105 "Ce haut magistrat qui rendait la justice à Port-Vila en espagnol, en souvenir de Quirós et de Magellan." Je pense que vous faites erreur. L'histoire dont je me souviens, c'est que rendre la justice dans un condominium franco-britannique ne devait pas être de la tarte pour un magistrat, qu'il soit français ou british. Je ne sais pas si le système a été pérennisé, mais je sais qu'à une époque on a fait appel à un juge de culture espagnole, peut-être chilien, pour être sûr qu'il soit équitable. (Savez-vous qu'au XIXe, le dollar chilien était la monnaie standard dans le Pacifique ?) Voilà ce qu'en dit un résident actuel :
« La Convention de Londres du 20 octobre 1906 met fin aux controverses diplomatiques et institue le Condominium Franco-Britannique des Nouvelles Hébrides. […] Les Commissaires-Résidents Français et anglais siégeant à Port-Vila sont subordonnés aux Hauts-Commissaires de France et de Sa Majesté Britannique résidant à Nouméa et à Suva. L'institution essentielle du Tribunal mixte règle les problèmes juridictionnels de conflits de lois et compétences. le Juge-Président neutre sera désigné par le roi d'Espagne, en hommage au souvenir De Queiros, découvreur de l'Archipel. » http://port-vila.blogspot.com/

p. 108 “John Frum… son emblème fut la croix noire en bois de fer.” [Ici, carte postale de la croix rouge des John Frum] Daltonien, JMG ?
“Après avoir connu des fortunes diverses, le mouvement [John Frum] disparut en 1980 au moment de l'indépendance.” Disparu, John Frum ? Ah bon ? Voyons voir ce que nous dit Wikipedia :
Current cults
Over the last sixty-five years, most cargo cults have disappeared. However, some cargo cults are still active including:
• The John Frum cult on Tanna island (Vanuatu)
• The Tom Navy cult on Tanna island (Vanuatu)
• The Prince Philip Movement on Tanna island (Vanuatu)
• Yali's cargo cult on Papua New Guinea (Madang-region)
• The Paliau movement on Papua New Guinea (Manus island)
• The Peli association on Papua New Guinea
• The Pomio Kivung on Papua New Guinea [4][5]
Trois pour le prix d'un. D'ailleurs, sur ce sujet, je vous recommande The Trumpet shall sound, de Peter Worsley, (London 1957, McGibbon a Kee), et surtout la somme de Joël Bonnemaison sur Tanna, La Dernière Île (Arléa, 1986).
http://www.youtube.com/watch?v=¤££¤236De Sa Majesté Britannique200¤££¤0
Voilà une vidéo du John Frum Day à Tanna, un peu longuette, mais dont la bande son me laisse à penser qu'elle est assez récente, avec une danse coutumière à la fin. Joël a bien montré l'intrication des cargo-cults et de la coutume, et comment à travers l'apparent syncrétisme de ces “cultes”, les Mélanésiens tentent de se réapproprier leur culture, et le monde – par le biais de la coutume. D'ailleurs, les cultes de ce type ont commencé en Polynésie, et les Mamaïa de Tahiti (1826-1841) que Segalen met plus ou moins en scène dans Les Immémoriaux possédaient déjà cette ambivalence.
(Au passage, je suis bien conscient que Wikipedia et YouTube ne sont pas parole d'évangile, mais bon, quand même, et puis la carte postale avec la croix rouge, elle était déjà en vente à Vila dans les années 70.)
p. 116 "…une masse de cheveux frisés éclaircis à la chaux de corail." Ça c'est une erreur classique des touristes en Mélanésie : ils sont persuadés que les mignonnes petites Canaques blondes se décolorent les cheveux. Mais pas du tout. Ces cheveux clairs sont un des caractères secondaires assez fréquents de la “race” mélanésienne. C'est comme ça. Des nègres blonds. Ça vous la coupe, hein ?
p. 117 Alors là, je crois que je vais me mettre en colère. Exécuter Fletcher en deux lignes en le traitant de violeur, et Gauguin en le traitant de pervers, ça fait deux mauvaises actions. Avez-vous vraiment lu Isles of Illusion, je veux dire la VO, pas la traduction misérable faite en 79 pour le Sycomore par une nana qui n'avait aucune idée de ce qu'est le Bislama et qui traduit, par exemple mifalla [soit me and my fellows, égale « nous exclusif de l'interlocuteur »] par « mon bonhomme » ! [nous, inclusif de l'interlocuteur se dit yumi, soit you and me, ce qui fait sens]. Jamais il n'est question de viol, bien sûr, mais j'aimerais savoir ce qui vous permet de juger de façon aussi lapidaire ce pauvre Fletcher et de le traiter de violeur. Voici la première page qu'il écrit sur elle, qui s'appelle Onéla : [ici, photocopie du texte de Fletcher en anglais]

Si la belle "brave les fantômes de la nuit pour venir dormir sur le paillasson devant sa porte en attendant de lui faire le café", je doute que ça ait été un viol bien douloureux.
Quant à Gauguin, je sais qu'il est de bon ton aujourd'hui dans les milieux politiquement corrects, en particulier ici en Polynésie française, de le traiter de pédophile et de tourner la page. Relisez-le, Noa Noa, où y voyez-vous de la perversion ? Une jeune fille nubile donnée en mariage “à l'essai” – il est convenu qu'elle pourra revenir quand elle le voudra si elle n'est pas heureuse avec le Popa'a – et par ses parents eux-mêmes. Je sais bien que la différence d'âge est choquante pour nous aujourd'hui, mais faisions-nous toujours dans la parité, pour les âges, chez les bourgeois de la fin du XIXe, et d'avant ? La moitié des comédies de… Molière reposent sur cette situation. Et encore une fois, où est la perversion ? Gauguin n'était pas un bonhomme très reluisant et la raison principale pour laquelle je lui en veux, c'est d'avoir refilé la vérole aux petites Marquisiennes alors qu'il savait qu'il s'était fait “plomber” par une fille à la sortie d'un bal popu, juste avant son dernier retour. C'est monstrueux d'égoïsme, mais ce n'est pas pervers. Et pour l'absoudre de sa fameuse pédophilie, voici une statistique inattendue : aujourd'hui encore, 75% des gamines d'ici obligées de quitter l'école parce qu'elles sont enceintes le font en 5ème ou 4ème, c'est à dire à 13 ou 14 ans. Et Gauguin est mort depuis longtemps. Arrêtons de jouer les pères-la-pudeur, ici comme en Afrique, en Asie et comme chez nous à la campagne lorsque le curé n'est pas derrière, les filles baisent quand elles sont nubiles, point à la ligne. Pilule ou pas.
p. 120 "…son idée fantaisiste d'une origine indo-européenne ou sanskrite des Polynésiens." On peut être indo-européen d'origine, mais peut-on être sanskrit d'origine ? Un texte, une grammaire, oui. Un peuple sanskrit ? J'en doute un peu.
p. 123 "Ils ont édifié une nouvelle culture, une nouvelle religion, issue de la rencontre." Une nouvelle culture, certes, c'est large, la culture. Une nouvelle religion ? Je ne vois pas laquelle à part le culte de John Frum à Tanna. Ce que je vois, en Mélanésie comme en Polynésie, c'est la marée incessante des sectes américaines, Presbytériens, Adventistes du 7ème jour, Témoins de Jéhovah, Pentecôtistes, Évangélistes de tout poil et les Mormons, omniprésents dans leurs slips à pompons et leurs cravates de voyageurs de commerce. Et puis les cathos, bien sûr, aux Tuamotu, aux Marquises et à Wallis, où ils tiennent la rue comme les curés bretons les jours de pardon. Dans ce domaine, je crains que les insulaires n'aient pas édifié grand-chose.
p. 123 "…pour dire « il est en colère », on dit him pissop (pissed up)." Non, pissed up, en anglo-australien, ça veut dire ivre, bourré. Fâché, c'est pissed off, qui se rendra aussi par pissop parce qu'en phonétique mélanésienne, le p et le f, c'est la même chose.
p. 126 "…fêtes de marrons, fêtes de « broussards » comme on les appelle au temps de la colonie française aux Nouvelles-Hébrides." Dans le français des Caldoches et des planteurs de Vila, un broussard, ce n'est pas un Canaque, c'est un Blanc qui vit en brousse. Un Canaque, c'était un « boy ». Et ce qui m'a le plus choqué en arrivant là-bas, c'est d'être appelé « masta » ; il me semble que juste avant l'indépendance, les Hébrides étaient le seul endroit au monde où les Blancs étaient encore appelés « maître » par les indigènes. Mais il est vrai que le terme était en train d'évoluer rapidement vers le sens de « monsieur », qu'il a aujourd'hui (lequel vient de mon seigneur, ce qui vaut bien « maître »).
***
Voilà, j'en ai terminé. J'avais lu autrefois quelques-uns de vos livres, que j'avais trouvés lents et longs mais pas désagréables, d'une poésie lyrique, assez répétitive (Le Chercheur d'Or, peut-être ? Je vieillis et je perds la mémoire). Celui qui m'a le plus marqué a été Diego et Frieda. Il se trouve que je connais un peu le Pacifique. Avez-vous remarqué que, dès qu'on connaît un peu un domaine, un pays, une activité, on trouve une foule d'erreurs chez les gens qui en font des articles ou des l
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Alzie
  17 avril 2014
"Raga" s'inscrit dans la collection "peuples de l'eau" dirigée par Edouard Glissant. Raga, dans la langue apma désigne l'île Pentecôte au Vanuatu, archipel du Pacifique devenu indépendant en 1980 et comprenant quelques 83 îles dont 70 habitées, ayant pour capitale Port-Vila sur l'île d'Efate et pour langue officielle le bislama. Archipel anciennement connu sous le nom de « Nouvelles Hébrides », que lui avait donné le capitaine Cook, et resté longtemps sous administration franco-britannique. Ile volcanique et montagneuse, faite de pentes et de côtes, comme se plait à le dire Charlotte Wèi Matansuè qui va guider Jean Marie Gustave le Clézio pendant son séjour de l'hiver austral 2005 au Vanuatu. le livre lui est d'ailleurs dédicacé, elle qui a permis aux femmes de Raga, en reprenant l'activité traditionnelle du tressage de nattes, de conserver leur autonomie et d'entretenir l'économie locale.
Raga est un voyage au bout du monde dressant un constat impitoyable sur le sort qui a été réservé aux peuples du Pacifique, mélanésiens et polynésiens, depuis que les premiers découvreurs ou missionnaires occidentaux s'y frayèrent une voie. Recueil sans concession, aux accents de colère, parfois. Quelques propos assassins à l'encontre de tel ou tel (Gauguin, Pierre Benoît) qu'il y a probablement lieu de nuancer. La recherche anthropologique échappe à juste titre à ce courroux : Maurice Leenhardt, Margaret Mead, Elie Tattevin, Margaret Jolly ou Jean Guiart, d'autres encore, dont les recherches ont révélé notre grande ignorance. Difficile en effet pour l'écrivain voyageur d'oublier les chiffres terribles de la dépopulation : en 1800, on estime à 1 000 000 d'habitants la population des Nouvelles-Hébrides, à 45 000 en 1935, (recensement du gouvernement britannique) ; d'ignorer comment se développa le " blackbirding", trafic humain développé sous couvert de légalité pour fournir de la main-d'oeuvre aux plantations du Queensland en Australie, des Fidji, ou des mines de Nouvelle-Calédonie, en réalité une traite humaine qui ne prit fin officiellement qu'en 1904, mais se poursuivit longtemps. de faire l'impasse sur le rôle que tinrent les religions dans la déculturation de ses habitants autrefois et sur celui que l'industrie touristique tient aujourd'hui. C'est au couvent de Melsissi que J.M.G. le Clézio est pourtant accueilli...
Cependant Raga témoigne surtout de la rencontre sincère d'un écrivain avec des femmes et des hommes mélanésiens dont il rapporte avec émotion et justesse l'harmonie silencieuse qui les lie à la mer d'où ils sont venus. Premières pages vibrantes qui relatent les mythes et dessinent les contours du ciel austral, boussole au firmament, qui permit sans doute à leurs pirogues anciennes d'aborder un jour une plage de Raga. Cette mer, tôt apprivoisée, qui leur apporta régulièrement son lot d'épouvantes, c'est avec elle qu'ils entretiennent, d'îles en îles et depuis toujours, leur science si sophistiquée de l'échange ; Mélanésiens indéfectiblement liés aussi à la terre qu'ils ont appris à cultiver et irriguer, transformant les hauteurs de Raga en un jardin tropical où l'igname est mâle, le taro féminin et le Kava censé répandre la paix. Les pages écrites ici rendent compte des esprits et des sortilèges, relatent les coutumes et les rituels qui unissent hommes et femmes et la diversité de tous leurs arts, en un mot leur formidable résistance. D'autres dangers les guettent à nouveau, glissés dans une modernité envahissante et en même temps désirée, perpétuation d'anciennes dominations, rien n'aurait-il changé ? La note finale est somme toute assez pessimiste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
sylvie
  19 janvier 2008
Un livre magnifique. Un pouvoir d'évocation immense. L'auteur nous emporte pour un voyage total.
Il ressort de cette lecture la sensation d'avoir vu, senti, compris. On se sent bon et intelligent...J.M.G. le Clézio nous fait voir avec son regard bienveillant, il nous fait comprendre avec son empathie enveloppante. Malgré l'extrême dureté de certains propos, c'est une grande douceur qui se dégage de cette lecture, une porte ouverte vers un avenir meilleur, un espoir confiant et tranquille dans l'humanité. C'est avec l'écoute du coeur de l'auteur que nous découvrons la guide qui nous parle de son île comme elle nous parle d'elle. Femme en souffrance, humiliée, battue, elle a trouvé la force de fuir, de continuer à toujours monter sur la montagne avec une belle énergie qui force le respect, elle lutte pour la condition des femmes de cette île, leur place, qui semble bien difficile à trouver. On apprend dans ce livre qu'un chercheur a qualifié la culture de cette région du monde comme étant une des plus machistes, et J.M.G. le Clézio ne semble pas le démentir en nous menant à la découverte de cet endroit guidés par cette femme.
Voyage total, parce que l'auteur nous y parle des hommes et des femmes du passé et du présent, des plantes, des paysages, de la musique, des mythes et des rites, de l'histoire ancienne et contemporaine, tout cela rassemblé dans ce petit objet qu'est son livre, difficile à définir. Il se situe entre le récit de voyage, la poésie, le roman, l'essai ...
Il m'a semblé pouvoir approcher ce continent invisible avec l'âme et le coeur, y découvrir ce peuple de l'eau et mesurer combien il a souffert des occidentaux venus d'abord les piller pour mieux les exploiter par la suite... Cette réalité violente subie a façonné ces gens et ces paysages, et J.M.G. le Clézio a su mettre à jour pour nous la force de la vie à l'oeuvre et l'espoir qu'elle génère, tout en nous incitant à la vigilance, et sans doute à l'inquiétude. Il nous propose une compréhension du monde, un regard intelligent sur notre monde, à partir de ce qu'il a découvert sur ce petit bout de terre volcanique qui émerge des eaux infinies.
http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/03/raga-approche-du-continent-invisible.html
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
5Arabella
  01 mai 2018
Le livre se lit bien sans doute, Le Clézio écrit bien, c'est un fait. C'est dépaysant également, les paysages sont jolis, presque trop d'ailleurs, on n'évite pas un petit côté carte postale. Différents récits s'entremêlent dans le livre : des légendes, des morceau de l'Histoire, celui d'une femme réelle d'aujourd'hui, Charlotte, un récit imaginaire de gens qui sont venus peupler ce coin du monde....Cela donne sans doute un côté attrayant au livre, on passe d'un récit à un autre, mais au final j'ai eu un peu le sentiment d'un zapping, parce que dans aucun cas on ne fait plus qu'effleurer.
Et j'ai trouvé le ton de l'auteur bien sentencieux, un peu donneur de leçon, comme s'il était le premier et le seul à avoir tout compris à l'histoire et à la réalité de ce bout du monde. Alors qu'au final, j'ai eu l'impression de quelque chose de survolé et superficiel, avec la vision d'un touriste de luxe, cultivé et brillant, mais d'un touriste quand même. Et qui se pose en grand sage.
Commenter  J’apprécie          112
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   25 avril 2019
Ce qui frappe le voyageur qui aborde aujourd'hui ces rivages, c'est leur aspect sombre, hostile. Falaises noires à pic dans l'océan, hautes montagnes cachées par les nuages. Hormis Efaté qui semble avoir concentré toute l'activité d'une destination touristique jusqu'à la caricature (résidences et hôtels de luxe pour les lunes de miel, casinos, bars, boîtes de nuit et magasins hors taxes), règne ici une impression de désolation, d'abandon.
Les premiers explorateurs européens qui approchèrent de ces côtes, le Portugais Quiros, le Français Bougainville ou l'Anglais Cook, ont évoqué la même impression, comme si ces îles étaient restées figées dans la peur depuis des siècles. Ces voyageurs, il est vrai, ne venaient pas en toute innocence. Les premiers contacts furent brutaux. Après de longs mois de navigation, les marins demandaient à assouvir leur manque, de vivres, d'eau douce, de femmes. Toute tentative de résistance de la part des habitants de l'archipel était sévèrement punie. Lorsque les pirogues s'approchent des navires, l'équipage à reçu l'ordre de tirer au mousquet sur les premiers à leur portée. Une couleuvrine, un canon léger, achève de semer la panique chez les curieux. Ils se soumettent, remettent aux arrivants tout ce qui peut calmer leur colère.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
araucariaaraucaria   22 avril 2019
A la poupe et à la proue, les hommes pagaient. Matantaré écoute le bruit régulier des rames qui plongent en même temps dans la mer, un bruit qui coupe le sifflement du vent et le fracas des vagues.
Le vent a poussé constamment sur la voile quand ils ont quitté la grande terre, et ils ont cru que le voyage vers Raga ne durerait qu'un instant. Puis le vent a tourné, il souffle du sud et de l'est, il fait claquer la voile et grincer le mât, il pousse de grandes vagues sur les bords de la pirogue, il creuse comme une douleur, et, quand elle se couche pour dormir, Matantaré entend le glissement de l'eau contre sa joue, elle rêve qu'elle se noie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
araucariaaraucaria   26 avril 2019
Je dis que l'île, après la violence de la conquête, se referme. Non qu'elle s'enferme dans son passé, qu'elle s'emprisonne dans sa mémoire. En vérité, l'île est sans doute l'un des lieux où la mémoire figée a le moins d'importance. Antilles, Mascareignes, mais aussi atolls du Pacifique, archipels de la Société, des Gambiers, Micronésie, Mélanésie, Indonésie. Ils ont connu des viols et des crimes si insupportables, si exécrables, qu'il fallait bien, à un moment de leur histoire, que leurs habitants détournent le regard et réapprennent à vivre, sous peine de tomber dans le nihilisme et le désespoir.
Les plaies se sont cicatrisées. Les herbes folles ont envahi les domaines des planteurs, ont recouvert les vieux murs de pierre noire où tant d'hommes et de femmes ont croupi jusqu'à la mort. Sur les plages de la baie de Tamarin à Maurice, au Diamant à la Martinique, à Port-Vila ou à la baie Homo au Vanuatu, partout où les bateaux des négriers débarquaient ou embarquaient leur cargaison humaine, aujourd'hui les enfants jouent en toute innocence, les orchestres ambulants s'installent au crépuscule pour faire danser le séga, la biguine, le zouk, le reggae, pour jouer du steel-drum ou de la ravanne, pour chanter des chansons d'amour ou de mélancolie. Les marchés spontanés sont dressés à l'aube, au pied des banians et des filaos, pour vendre du poisson, du taro, des ignames, des beignets de cassave et des gâteeaux piments. Du fracas des langues africaines, caraïbes ou mélanésiennes anéanties ou méprisées, dans le cul-de-basse-fosse de l'asservissement, parmi les spoliations, les viols, les rapts, et dans la négation de leur passé qui les dépouillait de toute identité, les peuples de la mer ont inventé une langue, un nom, une âme qui leur sont propres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
sylviesylvie   19 janvier 2008
Tout chez eux, dans l'art, la musique, l'incantation, et jusqu'à l'invention de leurs langues, montre la volonté de résister, le goût d'apprendre. tout chez eux, dans leur manière d'être comme dans leur manière de comprendre le monde, montre la capacité de se changer, de survivre et de se réinventer.



Les sociétés des grands socles continentaux, malgré leurs religions "révélées" et le caractère soi-disant universel de leurs démocraties, ont failli à leur tâche et nié les principes mêmes sur lesquels elles s'étaient établies. L'esclavage, la conquête, la colonisation et les guerres à l'échelle mondiale ont mis en évidence cette faillite. Ces évènements ont révélé des plaques tectoniques dont les mouvements ont créé les séismes actuels, et qui servent encore aux théoriciens et aux faux prophètes des "chocs des civilisations" pour justifier les guerres de domination. L'échec de ces grandes sociétés est sans doute la menace la plus grande que connaît le monde aujourd'hui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
brigetounbrigetoun   11 novembre 2009
Révolutionnaires, les peuples des îles n’ont pour eux que le pouvoir de l’exemple, leur beauté, leur rêve qui a pris naissance dans la souffrance et l’oubli. Dans l’expérience de la violence, ces peuples ont trouvé le remède de la sagesse, du doute et de l’humour. Leur scepticisme n’est pas feint, il n’a rien à voir avec le cynisme de la modernité. Sur leurs rivages lointains sont venues mourir les vagues de toutes les tempêtes qui ont balayé les continents. Leur innoncence n’est pas une inconscience.
Le « miroir de la mer » dont parlait Joseph Conrad est la conscience des peuples des îles. Dans ses tumultes comme dans le calme de ses lagons, il ne retient pas l’image individuelle. La mer est ce lieu où tout peut apparaître à chaque instant. De l’horizon tout peut venir. De mortelles menaces, de noirs vaisseaux montés par des mercenaires et des missionnaires, conquérants, fanatiques bienfaiteurs qui veulent plier le monde à leur idée, ou spoliateurs sans scrupules venus, comme naguère, s’emparer des terres, des enfants, ou de leurs images.
Mais surgissent aussi tous les bruissements du monde, les rêves, les dieux nouveaux, venus danser sur les plages pour plaire aux gens des îles, les chants nouveaux, le musiques nouvelles. Quelques gadgets qui peuvent rendre la vie plus facile. Parfois des médecines, de recettes, une pommade pour cicatriser les plaies, un cachet pour calmer les maux de ventre. Et surtout, la connaissance, par les livres, les journaux, les cassettes vidéo. L’amour de la liberté, l’espace
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de J. M. G. Le Clezio (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  J. M. G. Le Clezio
Tatiana de Rosnay avec Augustin Trapenard dans 21 CM Après l?océan Indien avec JMG le Clézio, Augustin Trapenard traverse la Manche pour aller rejoindre Tatiana de Rosnay sur les terres de sa mère. L?auteure du best-seller Elle s?appelait Sarah (près de 12 millions d?exemplaires vendus) a choisi de recevoir l?équipe de 21CM à Monk?s House, dans le Sussex au sud de l?Angleterre. https://www.actualitte.com/article/monde-edition/tatiana-de-rosnay-avec-augustin-trapenard-dans-21-cm/89079
Première diffusion ce 13 juin à 22 h 35 sur Canal +.
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Essais (404)
autres livres classés : océanieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Voyage au pays des arbres

Quel est le personnage principal ?

Jules
Pierre
Mathis

3 questions
5 lecteurs ont répondu
Thème : Voyage au pays des arbres de J. M. G. Le ClezioCréer un quiz sur ce livre