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ISBN : 2070726509
Éditeur : Gallimard (05/05/1992)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 122 notes)
Résumé :
Pendant l'été 1943, dans un petit village de l'arrière-pays niçois transformé en ghetto par les occupants italiens, Esther découvre ce que peut signifier être juif en temps de guerre : adolescente jusqu'alors sereine, elle va connaître la peur, l'humiliation, la fuite à travers les montagnes, la mort de son père. Une fois la guerre terminée, Esther décide avec sa mère de rejoindre le jeune État d'Israël. Au cours du voyage, sur un bateau surpeuplé, secoué par les te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  25 février 2016
Une terrible histoire ! La guerre et l'errance des enfants qui la subissent.

Le récit commence avec une jeune Française pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle apprend alors qu'elle est juive puisque ces parents n'avaient jamais pratiqué cette religion. La famille a dû fuir sa maison et se réfugier en montagne, dans un village occupé par les Italiens. On suit la vie intérieure de la jeune fille, son incompréhension de ce qui se passe, ses rêves de liberté dans la nature, la musique, l'espoir que le temps s'arrête, mais aussi la rébellion contre les contraintes, les émois de l'adolescence puis la peur, celle peut-être d'avoir embrassé son père pour la dernière fois. Avec la capitulation italienne, les Allemands viennent et c'est la fuite à travers les montagnes, puis un autre village en attendant la fin de la guerre, puis Paris, puis la côte et l'attente du bateau qui les mènera vers un pays rêvé, Israël.

En chemin vers cette destination finale, elle rencontre une jeune Palestinienne et c'est l'histoire de celle-ci qu'on découvre ensuite. Une jeune fille qui ne comprend pas ce qui se passe, qui rêve de liberté, mais qui vit la sombre réalité du camp de réfugiés, l'impuissance et la mort lente.
Un roman difficile à cause des émotions traduites avec justesse par Le Clézio. Difficile aussi parce que le récit suit souvent le fil des pensées des jeunes filles, des réflexions qui ne sont pas linéaires, elles vont et viennent avec d'inévitables répétitions.

Un roman qui ne présente pas une position politique, mais qui prend plutôt parti pour les victimes, quelle que soit leur origine.
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lecassin
  21 décembre 2016
Par les temps qui courent, on ferait bien de lire et/ou relire « Etoile errante ». Non pour y trouver des solutions, mais pour se persuader que l'Histoire repasse souvent les plats… Amers, les plats, pour le moins…
Nous sommes en 1943 et Esther fuit, avec sa mère. Elle est juive et elle fuit devant l'horreur du nazisme : un voyage qui les mènera de l'arrière-pays niçois vers l'Italie. A la fin de la guerre elle tentera de rejoindre Israël ; voyage faisant, elle croisera le regard de Nejma, elle aussi jetée sur les routes par la guerre. le contact des deux jeunes filles se réduira à ce regard et à unéchange de noms, mais les marquera toute leur vie. Comme Esther, Nejna est une exilée… dans son propre pays… Elle est Palestinienne.
Comme je le disais plus haut, il n'y a pas de solutions à chercher dans cet opus, un peu décousu de notre Prix Nobel… Un opus qui nous fait toucher la vanité de la guerre, et la difficulté de créer ex nihilo, l'Etat d'Israël.
Il me restera de cette lecture de merveilleux passages comme Le Clézio sait nous les faire sentir ; de magnifiques passages…
« Etoile errante » n'est pas mon roman préféré de l'auteur. Reste une lecture forte sur un thème fort et douloureux, celui de la quête d'identité « impossible » de deux jeunes filles que la guerre et la barbarie des hommes a jetées sur les routes de l'exil, au milieu de l'incurie des politiques.
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sabine59
  23 mars 2017
Douloureux et lancinant, ce livre m'a beaucoup marquée. Le style pur, incandescent de l'auteur m'a, une fois de plus, séduite.
Les destins d'Esther, la juive, la petite étoile en fuite, et celui de Nejma,la palestinienne sans maison s'entrecroisent. Sans vraiment pouvoir se rejoindre.
On aimerait pourtant que ces deux adolescentes, qui se sont, par un regard intense sur le chemin du hasard, reconnues un jour, puissent plus tard se retrouver...Il restera de cette rencontre le cahier noir offert par Nejma à Esther.
L'une arrivant en Israël, comme sur une terre de salut, une terre promise.L'autre quittant avec chagrin et incompréhension ce qui était autrefois son pays.Deux figures féminines de l'exil, de la souffrance, du manque.
C'est surtout le parcours d'Esther que l'on suit. Un parcours difficile, avec l'espoir fou comme force intérieure.
Les images du soleil implacable, du désert inhospitalier, de la fatigue du corps cherchant un abri me poursuivent. Tout comme le regard étoilé d'Esther, un regard d'enfant perdue...
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mollymon
  06 janvier 2018
La vie d'Esther (étoile en hébreu ) est une suite de départs, d'aventures, de souffrances et d'errances qui commence quand ses parents se réfugient en zone libre pour fuir l'occupation nazie.
Son chemin va croiser fugacement celui de Nejma ( étoile en arabe ) pour mettre en lumière le sujet du conflit israélo-palestinien. Indirectement et sans prendre parti, me semble-t-il, ce texte pose la question délicate de savoir comment un peuple qui a tant souffert peut affliger à un autre peuple ce qu'il a enduré...
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moussk12
  13 décembre 2016
Etoile errante est un roman très beau et très dur à la fois.
Très dur car il raconte le voyage forcé d'Esther, âgée de 14 ans, et de sa mère Elisabeth, juives et fuyant le sud de la France pour se réfugier en Italie, en début de l'année 1944.
Et le voyage continu après la guerre, souhaité cette fois-ci, mais vécu comme une errance, pour découvrir la ville lumière, Jérusalem, que jamais elles ne verront. Esther s'expatriera pour laisser le malheur derrière elle, et se construira une nouvelle vie au Canada.
Le voyage est semé d'embûches, de doutes, de questions qui resteront sans réponse. En fait, c'est un véritable calvaire que l'on suit jour après jour.
Et il est très beau en même temps, car toutes les épreuves sont vécues à travers les yeux d'une enfant, vision tellement différente de celle d'un adulte. Esther voit les choses, elle les sent comme un petit animal, elle essaie de comprendre, elle refuse de quitter une enfance insouciante, elle se révolte, elle subit, elle grandit.
Le passage de la traversée de Marseille à Jérusalem, dans les cales d'un bateau, est poignant. On sent le vécu, car durant son enfance, Le Clézio a fait, lui aussi, un long voyage en bateau qui l'a mené au Nigéria.
Par contre, je n'ai pas du tout aimé la partie du livre (presque 1/3) "Nejma", qui décrit le quotidien de réfugiés, dans un camp protégé par les Nations Unies, à Akka.
Ce côté passif de la nature humaine, où beaucoup attendent, pendant des heures, chaque jour, le camion qui leur apporte les vivres. Puis, les venues du camion se faisant de plus en plus rares, la malnutrition s'installe, les maladies foisonnent et la mort les prend un par un. Un jour, un camion les a déposés là. Ils ne savent pas pourquoi. Ils attendent qu'un autre les emmène ailleurs. Où ? Ils ne savent pas. Ils attendent, ils essaient de survivre jour après jour et ramassent leurs morts.
La vie d'Esther et de sa mère, leurs luttes, leur défis à chaque fois relevés, ce mouvement en avant, m'auraient amplement suffit.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   24 février 2016
Mon coeur bat lentement, je ne sens plus la peur, je ne sens plus la faim, ni la soif, ni le poids de l’avenir. Je suis libre, je sens en moi la liberté du vent, la lumière. C’est la première fois.


(Folio, p.180)
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PlouzennecPlouzennec   06 mai 2018
Quand le feu s'est éteint, ils se sont allongés entre les arbres, sur des aiguilles de pin. Esther sentait la terre tourner doucement sous elle, comme un radeau emporté par les flots. Contre elle, elle sentait le corps de Jacques, elle entendait son souffle. Elle entendait aussi le bruit des autres couples, leurs corps qui froissaient les aiguilles de pine et brisaient les brindilles. Les lèvres du Berger cherchaient les siennes. Elle sentait son corps qui tremblait. Elle s'est relevée : "Viens, il faut retourner auprès de maman.". Ils ont marché un moment sans rien dire. Puis Esther a pris la main de Jacques, et ils sont allé en courant jusqu'au bout de la plage, en trébuchant dans le sable. Ils ont retrouvé Elizabeth, enveloppée dans sa vieille couverture, le dos appuyé contre les valises. Quand ils sont arrivés, elle a dit seulement : "Il faut dormir." Et elle s'est allongée sur le sable.
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moussk12moussk12   13 décembre 2016
Aamma Houriya, cette fois-là, a observé un long silence, pour que nous puissions entendre les battements de notre cœur, les bruits légers qui venaient des autres maisons, avant la nuit, la voix des bébés, les aboiements des chiens. Elle savait la valeur du silence.
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zaboudazabouda   02 octobre 2013
c'etait pour cela qu'Esther aimait bien Mario . un jour , au lieux de lui raconter des histoires , il lui avait raconté un peu sa vie , par bribes . Avant la guerre , il était berger .... il n'avait pas voulu partir à la guerre, il s'était caché dans la montagne. mais les fascistes avaient tué tous ses moutons et son chien , et Mario était entré dans le maquis
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bilodohbilodoh   26 février 2016
Mais en bas, dans les rues du camp, c’est le bruit des voix des gens qui se désespèrent, c’est cela qu’il a entendu, et cela lui lui rongé le coeur, et c’est pour cela qu’il n’a plus voulu vivre. Il est mort jour après jour, comme une plante qui se dessèche

(Folio, p. 225)
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Videos de J. M. G. Le Clezio (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  J. M. G. Le Clezio
Tatiana de Rosnay avec Augustin Trapenard dans 21 CM Après l?océan Indien avec JMG le Clézio, Augustin Trapenard traverse la Manche pour aller rejoindre Tatiana de Rosnay sur les terres de sa mère. L?auteure du best-seller Elle s?appelait Sarah (près de 12 millions d?exemplaires vendus) a choisi de recevoir l?équipe de 21CM à Monk?s House, dans le Sussex au sud de l?Angleterre. https://www.actualitte.com/article/monde-edition/tatiana-de-rosnay-avec-augustin-trapenard-dans-21-cm/89079
Première diffusion ce 13 juin à 22 h 35 sur Canal +.
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