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EAN : 9782021361612
192 pages
Éditeur : Seuil (04/01/2018)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 221 notes)
Résumé :
Le camping-car nous a emmenés au Portugal, en Grèce, au Maroc, à Tolède, à Venise. Il était pratique, génialement conçu. Il m'a appris à être libre, tout en restant fidèle aux chemins de l'exil. Par la suite, j'ai toujours gardé une tendresse pour les voyages de mon enfance, pour cette vie bringuebalante et émerveillée, sans horaires ni impératifs. La vie en camping-car.
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Critiques, Analyses et Avis (76) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  15 mai 2020
Abonnée aux Cox (dont un cabriolet décapotable rouge tomate,  vraiment collector, dont je me suis séparée avec larmes, malgré ses trous au plancher qui faisaient défiler la route plus vite!) , je n'ai jamais connu le plaisir du camping car VW, ce Combi  de légende,  même  si nous en rêvions tous les 5...Un de mes fils a réussi à  concrétiser, à moitié, ce fantasme collectif et familial : un "camion"  est bien sa coquille d'escargot ...mais ce n'est pas le fameux Combi, qui malheureusement n'est plus fabriqué. ..
Alors quand j'ai vu qu'Ivan Jablonka (dont j'avais tant aimé Laetitia et Histoire des grands parents que je n'ai pas eus) avait écrit un livre sur le fameux véhicule, je me suis doutée que ce serait beaucoup plus qu'un bouquin de plus sur un vroum vroum légendaire. ..
La démarche est tout à fait originale et comme toujours chez Jablonka, beaucoup plus complexe, polyphonique,  qu'elle n'en a l'air.
Tout à la fois,
- c'est une sociologie des vacances itinérantes et familiales du début des années 80 jusqu'à la chute du mur;
- un récit d'enfance, une sorte d'autobiographique, de bildungsroman motorisé  dont le voyage et les vacances seraient le mode d'initiation, le médium privilégié;  
- un petit vademecum de la pédagogie active à l'honneur dans les années d'après- guerre, un manifeste pour le droit des enfants à la liberté et au bonheur, le droit à la pause, en dehors de l'école - les vacances itinérantes étant la façon la plus libre, la plus ouverte et la plus parlante d'appréhender la connaissance du monde.
 
- une recherche historique sur la résilience de monsieur  Jablonka- père , un enfant-Shoah, devenu père et  souhaitant transmettre à ses enfants l'originalité douloureuse de ses racines tout en leur permettant, sans trahir leur culture, leur origine, leurs valeurs,  d'être plus heureux que lui, mieux intégrés dans un futur espéré fraternel.
"Soyez heureux!" C'est sur cette injonction  paradoxale,  ce double bind, qui est aussi un cri de colère du père que s'ouvre l'itinéraire de l'enfant Combi . C'est sur elle aussi que se clôt le livre.
Le devoir d'être heureux dépend du  bon usage du voyage (et de celui de son tapis volant mythique,  le Combi) .
Un bonheur à la marge, vadrouilleur, baguenaudant entre culture et nature, un bonheur de tribu- les parents, les potes des parents,  la bande des gosses - , un bonheur d'aventure, de rencontres, d'improvisation, de découvertes.
Le contraire d'un bonheur organisé, balisé, sécurisé, planifié.  Comme les vacances du même tonneau.
Et ce bonheur-là , pas chiche, le livre le dispense généreusement,  à  pleines bouffées.
En ces temps de masques, de gel hydroalcoolique, de "gestes barrières" et de "distanciation sociale", il nous rappelle  notre fraternelle humanité,  pas si loin, pas si caduque, et c'est un bonheur qui fait même un peu mal...
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fanfanouche24
  31 janvier 2019
Lu fin janvier 2018-----
"Nos vacances n'avaient aucun nom, aucune justification, elles ne correspondaient à rien de connu. Cette manie ambulatoire était suspecte. Elle inquiétait les conformistes de masse par son côté excentrique ; elle paraissait grossière et rebutante aux enfants de l'élite. Nous bougions
tout le temps, nous étions des SDF de l'été. Instables. Nomades. Nous avions des choses en commun avec les gens du voyage. Bref, quelque chose ne tournait pas rond dans ma famille."
De prime abord... ce récit n'était pas spécialement dans mes centres d'attraction !!
Je n'ai jamais eu la moindre attirance ni pour le camping ni pour le
camping-car ...mais ce texte personnel avait le mérite double d'offrir les
souvenirs "croquinolesques" de la jeunesse de l'auteur , tout en analysant
un phénomène socio-culturel de sa jeunesse...dans les années 80 !
A travers une période et un pays donnés (La France) , on aborde à la
fois les souvenirs d'adolescence, les rapports familiaux de l'écrivain,
accompagné du regard contrasté, perplexe de ses camarades de classe,
qui ressentent autant de fascination qu'une certaine condescendance,
envers ses échappées estivales en camping-car, de leur copain ...!!
Par contre pour le père de Ivan Jablonka, comme pour le fils...ces voyages
en camping-car étaient une vraie philosophie de vie ainsi qu'une façon
des plus amusantes de se cultiver , tout autant qu'un fort désir paternel
de rendre heureux ses fils...!!:
"Mon père n'était pas un "baba-cool cradoque", mais il acceptait, il voulait que ses enfants dorment sous une tente, mangent par terre, courent dépenaillés sur les dunes, pissent dehors, se lavent un jour sur trois, ignorent les conventions, oublient d'être déférents avec leurs parents. Il professait qu'un enfant n'a pas à respecter son père et, d'ailleurs, le fait de voyager, d'être quotidiennement dépaysé, était un défi à toute autorité. Lui qui avait grandi sans père, il avait choisi de garder le meilleur de la
paternité. "(p. 116)

"Grâce au camping-car, j'ai pu découvrir le monde, la lecture, mais aussi l'histoire, c'est-à-dire le raisonnement historique : étonnement, question, collecte, expériences, déplacements, rencontres, écriture. L'histoire de notre enfance, mais aussi celle de nos étés, avec sa morale d'oisiveté, sa révocation des emplois du temps, sa dynamique des corps offerts à la nature. Une histoire à pleins poumons; des sciences sociales ressourcées au contact d'Hérodote. Et cela, ce n'est certainement pas en khâgne qu'on l'apprend. "(p. 147)
Lorsque je regarde plus avant les autres écrits de cet historien-sociologue- éditeur, ces échappées nomades familiales ont dû être un terreau infini d'observations et d'apprentissages... qui , sans doute, préparaient, alimentaient les curiosités présentes et à venir de l'observateur et "futur chercheur" !!
© Soazic Boucard- Janvier 2019
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tynn
  10 février 2018
Les vacances de globetrotteurs.
Faut-il avoir connu ces transhumances estivales pour se projeter dans les souvenirs de Ivan Jablonka? Je suppose que ça aide, même si pour moi, elles étaient plutôt «toile de tente, piquets et sardines».
J'ai donc lu amusée et un brin nostalgique, retrouvant ces sensations grisantes de découvertes et de liberté. Il est pourtant une blague familiale régulièrement évoquée concernant mon antipathie solide envers les camping-cars (pour des raisons qui n'ont pas d'intérêt ici). Quand mon entourage m'a vue plongée dans ce livre pour un jury, l'incompréhension a été goguenarde.
Le concept des vacances de l'auteur est teinté de contre-culture, de bonheur populaire, écolo avant l'heure. On est naturiste, on cherche les endroits cachés et sans tourisme, on apprend sur tout en s'amusant d'un rien. On vit serrés et en communauté dans des combis Volkswagen, véhicule emblématique, baba cool et farfelu, métaphore d'une maison qu'on transporte avec soi, tel le Juif Errant.
C'est toute une époque qui se dessine où l'autonomie estivale devient possible, Guide du Routard en poche, alliant découvertes géographiques et historiques, esprit sain dans un corps sain, et des figures parentales jeunes, sportifs et dynamiques comme des grands adolescents, aux valeurs «socle» pour l'adulte en devenir.
« Soyez Heureux »! Étonnant commandement d'un père, qui indique la voie vers l'essentiel.
Sympathique lecture, cette chronique familiale teintée de philosophie et d'histoire sociale.
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RChris
  23 juin 2019
Quoi de plus opportun que ce livre pour accompagner notre dernier voyage en Camping-car dans le marais poitevin!
Ivan Jablonka fait une apologie de la liberté offerte par ce type de vacances, mais ça c'était avant...
L'auteur propose une socio-histoire, mais le propos n'est pas vraiment sociologique et la narration n'est pas vraiment sensible. le ton est distant et si j'ai retrouvé quelques souvenirs d'itinérance, c'est plus en associant des idées que dans le texte lui-même.
Au final, c'est un livre un peu foutraque, l'auteur ne dit-il pas que : "mes livres sont plusieurs choses à la fois, histoire, sociologie, anthropologie, enquête, récit, journal de bord, biographie, autobiographie, oraison, littérature, avec des trucs qui s'ouvrent et des trucs qui coulissent".
Le "en même temps" des allers retours entre souvenirs d'enfance et sociologie du tourisme n'a pas marché pour moi.
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LabiblideVal
  01 février 2018
Plutôt déçue par ce livre qui se situe entre l'essai sociologique et l'autobiographie de jeunesse de l'auteur. Il n'est pas désagréable à lire ; l'historien qu'est Ivan Jablonka profite des voyages en combi lors de sa jeunesse pour partager son savoir en évoquant des passages de l'Histoire de l'Antiquité jusqu'aux années 80. Etant de la même génération, j'ai apprécié retrouver l'évocation d'objets de mon enfance dans les souvenirs rédigés de l'auteur, mais je trouve que son récit ici souffre de simplicité. Des passages du journal « de bord » d'Ivan enfant sont recopiés et analysés au regard d'un adulte, puis c'est au tour de questions posées au père sur leurs voyages dans l'espace méditerranéen ou américain… J'ai eu l'impression de lire un travail d'écriture encore au stade de brouillon…
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critiques presse (7)
NonFiction   07 septembre 2018
Ivan Jablonka fait preuve d’une sensibilité qui ne diminue en rien l'acuité de sa méthode d'investigation. Les questions qu'il pose stimulent d'autant plus qu'elles se situent à la frontière des registres constitués : de la mémoire et de l’histoire, de l’égo-histoire et de l’autobiographie, des trajectoires individuelles et des devenirs collectifs.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LActualite   06 août 2018
Sociohistoire d’une enfance, ce livre très personnel rejoint le collectif en traitant des idées qu’on se fait de l’exil, de l’amour de son prochain, et en traçant le portrait d’une époque et d’une jeunesse révolues.
Lire la critique sur le site : LActualite
LeMonde   16 juillet 2018
Dans son dernier livre, « En camping-car », paru en janvier, l’historien convoque ses souvenirs d’enfance, villégiatures aoûtiennes d’une famille écolo-bobo, pour restituer la décennie 1980. Un récit intime qui raconte aussi un pan de notre histoire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   21 février 2018
L'auteur de Laëtitia ou la fin des hommes, prix Médicis 2016, replonge dans ses souvenirs d'enfance.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Bibliobs   15 février 2018
L'historien et enquêteur Ivan Jablonka raconte ses heureux étés d'enfance, quand il partait en vadrouille dans le camping-car de ses parents.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaLibreBelgique   16 janvier 2018
Ivan Jablonka (auteur de "Laëtitia") revient sur son enfance pour en faire une leçon universelle. Il étudie comment ses vacances familiales en camping-car furent un formidable apprentissage de la liberté.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox   09 janvier 2018
Après "Laëtitia", Prix Medicis 2016, l'historien romancier Ivan Jablonka signe "En camping-car" (Seuil), un nouveau livre dans lequel il fait le récit de ses étés heureux en famille et en camping-car dans les années 80.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (89) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   17 janvier 2018
Mon père n'était pas un "baba-cool cradoque", mais il acceptait, il voulait que ses enfants dorment sous une tente, mangent par terre, courent dépenaillés sur les dunes, pissent dehors, se lavent un jour sur trois, ignorent les conventions, oublient d'être déférents avec leurs parents. Il professait qu'un enfant n'a pas à respecter son père et, d'ailleurs, le fait de voyager, d'être quotidiennement dépaysé, était un défi à toute autorité. Lui qui avait grandi sans père, il avait choisi de garder le meilleur de la paternité. (p. 116)
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tynntynn   10 février 2018
 À certains moments de ma vie, lors de réceptions à la Sorbonne ou à l’Élysée, j’ai toujours eu une pensée pour mes quatre grands-parents artisans, pour mon arrière-grand-mère illettrée, pour les habitants du misérable shtetl de Pologne, avec ses roulottes et ses chevaux, où mon grand-père faisait de la sellerie. Quels que soient mes succès et mes échecs, je n’ai jamais oublié d’où je viens. Je viens du pays des sans-pays. Je suis avec ceux qui traînent leur passé comme une caravane. Je suis du côté des marcheurs, des rêveurs, des colporteurs, des bringuebalants. Du côté du camping-car.
+ Lire la suite
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MarianneLMarianneL   15 avril 2018
Sartre a écrit dans Les Mots que son « lieu naturel », fixé par l’enfance, est « un sixième étage parisien avec vue sur les toits ». Sartre a réussi à se sauver tout seul. Moi, c’est le camping-car qui m’a préservé de la parisianité, de la satisfaction haussmannienne, de la connivence entre les élites, de la morgue, de la conviction de déplacer l’univers, ou, plus exactement, il les a déplacées dans un camion farfelu où elles ont perdu tout esprit de sérieux, toute prétention, pour n’être plus que des dérisions de soi. Mon altimètre ne s’est jamais détraqué : l’alezan de métal faisait deux mètres au garrot.
Si le camping-car a joué un rôle si décisif dans ma formation, c’est pour son indélicatesse, sa simplicité crasse, son brin de ridicule fièrement assumé, cette sorte de je-m’en-foutisme allègre, affirmation d’une originalité point trop rebelle, d’une incompatibilité somme toute acceptable, mais qui rendait plus fort, plus joyeux, conscient de la valeur de son idiosyncrasie. Le camping-car n’avait le droit à aucun honneur, il ne connaissait que l’honneur de vivre.
À certains moments de ma vie, lors de réceptions à la Sorbonne ou à l’Élysée, j’ai toujours eu une pensée pour mes quatre grands-parents artisans, pour mon arrière-grand-mère illettrée, pour les habitants du misérable shtetl de Pologne, avec ses roulottes et ses chevaux, où mon grand-père faisait de la sellerie. Quels que soient mes succès et mes échecs, je n’ai jamais oublié d’où je viens. Je viens du pays des sans-pays. Je suis avec ceux qui traînent leur passé comme une caravane. Je suis du côté des marcheurs, des rêveurs, des colporteurs, des bringuebalants. Du côté du camping-car.
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michdesolmichdesol   02 avril 2018
Mes parents ont eu une enfance intégralement populaire. Les parents de ma mère étaient de petits artisans sans le sou, tandis que mes grands-parents paternels, ceux que je n'ai pas eus, vivaient dans des conditions encore plus précaires, lui bourrelier, elle couturière, tous deux sans travail dans le Paris troublé des années 1938 – 1943. Quant aux tuteurs de mon père, c'étaient des artisans du cuir, diplômés de de la rue, de l'établi et du syndicat ; ils ont vécu toute leur vie dans un petit deux-pièces avec W-C sur le palier, rue Saint-Maur à équidistance de la place de la République et du métro Ménilmontant. L'ascension sociale, dans notre famille, ce sont mes parents qui l'ont accomplie. A Noël, ils n'avaient pas le vingtième d e ce qu'ils m'ont offert plus tard. Les matins de concours, personne ne leur a pressé le jus d'orange.
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fanfanouche24fanfanouche24   16 janvier 2018
Grâce au camping-car, j'ai pu découvrir le monde, la lecture, mais aussi l'histoire, c'est-à-dire le raisonnement historique : étonnement, question, collecte, expériences, déplacements, rencontres, écriture. L'histoire de notre enfance, mais aussi celle de nos étés, avec sa morale d'oisiveté, sa révocation des emplois du temps, sa dynamique des corps offerts à la nature. Une histoire à pleins poumons; des sciences sociales ressourcées au contact d'Hérodote. Et cela, ce n'est certainement pas en khâgne qu'on l'apprend. (p. 147)
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