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EAN : 9782253082934
118 pages
Le Livre de Poche (12/04/2006)
3.97/5   37 notes
Résumé :

" Vouloir des enfants, c'est vouloir se venger de son passé. C'est pour la femme faire don à sa propre mère de sa haine et pour l'homme rivaliser avec son père ou avec Dieu dans le fantasme imbécile d'une postérité. Et c'est pour chaque couple un remède au désespoir. Quand la vie a trompé nos attentes, quand on a renoncé à se créer soi-même, quand on pressent que tout est foutu, alors, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Apoapo
  08 février 2016
L'existence du bonheur, pas plus qu'une quelconque téléologie de la vie, ne résiste pas à l'examen de la raison. Nous en sommes, comme point de départ et d'arrivée de cet essai, au plus célèbre des aphorismes d'Arthur Schopenhauer : "La vie oscille comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui, ce sont là les deux éléments dont elle est faite, en somme.".
Dans la première partie du traité, à grand renfort de références et de citations d'écrivains et de philosophes (j'en retiens environ une centaine), sont déjoués un à un les faux-semblants du bonheur, et notamment la sexualité et la filiation (c'est de ce sujet-ci qu'est tirée la délicieuse cit. qui figure en 4ème de couverture). le suicide fait l'objet d'une apologie réitérée, la maladie mentale est envisagée comme "le dernier refuge de la créativité" en même temps que comme "une bouée de sauvetage" (p. 45 et passim).
Dans la deuxième partie, sous le titre de "Les idoles du néant", sont analysés dans un plus grand détail Schopenhauer comparé à Nietzsche, mais aussi quelque peu Paul Rée - l'ami-ennemi de ce dernier, Max Stirner, Louis Wolfson - "le schizo du Bronx" -, Baudelaire sur les pas d'Oscar Wilde, Henri-Frédéric Amiel, Freud et son concitoyen Arthur Schnitzler avec d'autres viennois dont l'impératrice Sissi, et enfin Cioran, "le Bouddha des Carpates"...
Il ne manque pas non plus une merveilleuse prise de distance (et mise en abîme par le paradoxe) du pessimisme lui-même :
"On croit qu'en compagnie des gobe-mouches la partie sera désopilante, alors que seuls les badauds du désastre, les pourfendeurs d'illusions, les swingueurs du néant sont porteurs d'ondes de plaisir. On s'enivre de leurs poisons savoureux, on chérit leurs secrètes injures sans être dupe des fanfaronnades de leur pessimisme." (p. 78) - comme quoi le plaisir existe et le nihilisme est fanfaron, ce qu'il ne fallait surtout pas démontrer !
A ce genre de lecture auquel je m'adonne parfois, surtout en plein air et en présence d'une humanité se prélassant reptilement dans l'exercice de ses loisirs, je ne peux m'empêcher d'éprouver ce bonheur par antiphrase, ce plaisir enfantin face à l'aphorisme et à ce que je (mé-?)prends pour de l'humour, vis-à-vis duquel je laisse à l'auteur l'option éventuelle de m'anathématiser comme blasphémateur ou bien de me reconnaître comme son authentique disciple. Je suis même tenté d'ajouter "humour" parmi les mots-clés ci-dessus.
Les amis qui aiment Schiffter sauront reconnaître Roland Jaccard, et l'apprécieront sans doute à sa juste valeur...
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Danieljean
  05 janvier 2016
Voici un livre bien écrit et qui propose une excellente introduction au nihilisme. Avec une touche d'humour, on y trouvera toutes les pistes pour une exploration plus approfondie du sujet.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
blanchenoirblanchenoir   23 septembre 2014
Cioran l'insomniaque est venu surprendre l'humanité dans son lit, et c'est avec les étincelles de sa lucidité qu'il électrocute cette belle endormie. Ses aphorismes sont des doigts pointés sur notre monde agonisant.
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ShambalalaShambalala   29 mai 2015
……Dès lors comment ne pas suivre ce vieux magistrat taoiste qui professait que rien ne contribue autant à la paix de l’âme que l’absence absolue d’opinion ? Avec l’aide d’un jeune assesseur,il eut à arbitrer les querelles de voisins qui se disputaient un terrrain mitoyen.Il reçut la première famile ,écouta ses arguments et dit :
- « Vous avez raison. »
Il reçut ensuite la deuxième famille,écouta tout aussi attentivement ses doléances et l’assura qu’elle avait raison.
Le jeune assistant se retourna interloqué vers son aîné :
- « Vous ne pouvez donner raison aux uns et aux autres »,s’exclama-t-il.
Et le vieil homme nullement désarçonné ,de lui rétorquer :
- « Toi aussi mon enfant , tu as raison … »

page 38 ( édition / Quadrige PUF - 1991 )
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ShambalalaShambalala   29 mai 2015
Un shôgun, entendant parler d’un moine zen qui réalisait des prodiges et possédait une connaissance universelle, décida de le rencontrer. ».
Qu’est-ce que le paradis ? » demanda le shôgun.

Le moine zen le regarda fixement et se mit soudain à l’insulter .Impassible le shôgun écouta les injures.Mais comme celle-ci devenaient de plus en plus précises et offensantes,la colère l’étreignit.Il tira son sabre du fourreau et s’avança vers le moine qui recula jusqu’au mur sans cesser de cracher des insultes.Le shôgun hors de lui, leva le sabre, décidé à frapper.Alors le moine lui saisit le coude et s’écria :
«ça c’est l’enfer ! »
Le shôgun hésita un instant et surpendit son coup .
« ça c’est le paradis ! » conclut le moine

page 69
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DanieljeanDanieljean   25 novembre 2015
À ceux qui, inquiets, frustrés, oppressés, éructent contre le destin, les dieux, les démons, les princes, le triomphe de la masse et de la technique, je préfère ceux qui chuchotent, en passant, cette simple phrase : " Je ne sais plus où j'en suis. "
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blanchenoirblanchenoir   23 septembre 2014
Tout journal intime est celui d'un homme de trop.
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Videos de Roland Jaccard (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roland Jaccard
« […] À trente ans, Amiel rêvait d'être un brillant pédagogue, un philosophe au-dessus de tout soupçon ; il lisait Hegel et s'abonnait à l'optimisme. À cinquante, il s'aperçut que le bonheur est une chimère, la vie un « prêt à échéance limitée fait à l'individu ». […] » « […] Henri-Frédéric Amiel (1821-1881) […] fut au XIXe siècle le plus précis des sismographes en matière de sentiments […].
[…] Au terme de son existence, Amiel affirmait avoir fait le chemin de Pascal à Montaigne et n'être plus obsédé par l'au-delà. Il confessait, « la mort dans l'âme », qu'il n'attendait pas de revanche à sa vie manquée : « Rien, rien, rien ! Nada ! » serait la conclusion. S'il n'y a de paix que dans le non-être, la résurrection est une récompense de dupes. […] Lui-même ne nourrissait aucune prétention, poussant la modestie jusqu'à vouloir faire inscrire cette épitaphe sur sa tombe : « Bien doué de la nature, favorisé des circonstances, il travailla toute sa vie à se préparer à vivre, et il allait vivre quand il mourut. Apprenez, mortels, de lui comment il faut faire et faites ce qu'il ne fit pas : marchez et osez ! » […] cet homme sans surprise, qui n'avait jamais réussi qu'à décevoir son entourage, préparait un coup de théâtre posthume : la révélation de son Journal intime. […] L'estime de soi, Amiel l'avait bradée tout au long de sa confession. Le Journal dévora sa vie ; il se laissa faire, persuadé que la seule infortune est d'être né. L'existence, Amiel l'avait compris, est un roman de la désillusion, tiré à des millions d'exemplaires, distribué en poche et à titre gracieux aux passants de chaque siècle. Certains croient détenir l'édition originale et se démènent pour qu'on reconnaisse leur différence ; d'autres griffonnent dans la marge, en espérant modifier le texte ; la plupart lui trouvent un goût de papier mâché, quelques-uns le font relier et le glissent, en même temps que leur destin, dans un coin préservé de la bibliothèque : ils n'oublient jamais d'enlever la poussière sur les tranches, bien que l'envie ne leur soit jamais venue d'en feuilleter un chapitre. […] » (Roland Jaccard, La tentation nihiliste, Éditions PUF, 1989)
« […]
Tout est dans tout. L'entier est dans ce qui commence Et dans ce qui finit. Rien n'est petit. L'immense Sort du néant.
Puis dans sa forme à soi chaque métal se coule ; Chaque arbre fait sa feuille. Ainsi donc point de moule Prison du goût !
Grands ou courts, ces fragments sont ce qu'ils sont, qu'importe ? Mauvais, refuse-leur, bons, ouvre-leur ta porte, Et puis c'est tout.
20 décembre 1853 »
(Épilogue)
0:04 - le papillon 1:00 - Théodicée 1:34 - Être prêt 3:01 - Tocqueville : de la démocratie en Amérique 4:53 - Tête-à-tête 7:43 - Les marionnettes 8:16 - Générique
Référence bibliographique : Henri-Frédéric Amiel, Grains de mil, Joël Cherbuliez, libraire-éditeur, 1854.
Image d'illustration : https://blog.bge-geneve.ch/amiel/
Bande sonore originale : Carlos Viola - Memories
Site : https://thegamekitchen.bandcamp.com/track/memories-2
#HenriFrédéricAmiel #GrainsDeMil #LittératureSuisse
+ Lire la suite
>Philosophie et disciplines connexes>Les divers systèmes philosophiques>Autres systèmes et doctrines philosophiques (29)
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