AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782130467205
131 pages
Presses Universitaires de France (01/11/1998)
3.92/5   12 notes
Résumé :
A la mégalomanie galopante d'écrivains fanfarons, on peut préférer les exercices de lucidité des broyeurs d'illusions, des experts en désengagement, des suicidaires sans cause, des déserteurs par dégoût de la comédie sociale et par honte de leur vanité.
Ces dénigreurs ont en commun un sens aigu de la dérision universelle et une volonté d'anéantissement qui les conduisent parfois aux extrémités les plus fâcheuses ou les plus réjouissantes. Ils fréquentent, out... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
wellibus2
  13 novembre 2015
C'est parce que l'ennui donne un avant-goût du néant que les hommes tentent l'impossible pour lui échapper : l'aspiration à sauver le monde trouve là son unique cause et, à l'autre extrémité, le suicide comme la folie ne sont peut-être que d'habiles tours de passe-passe destinés à conjurer l'angoisse du vide.
« “La mégalomanie galopante est une maladie qui affecte bien des écrivains. Ceux que j'ai conviés au Cimetière de la morale ont été miraculeusement épargnés par ce virus, et c'est, sans doute, ce qui rend leur présence tout à la fois si insolite et si attachante”, écrit-il. C'est bon, Jaccard est un élu : qu'il s'installe vite dans sa propre Olympe. »
Michèle Bernstein, Libération.
http://www.puf.com
Commenter  J’apprécie          130

Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   21 décembre 2012
Les pensées déposées sur le papier ne sont rien de plus que la trace d’un passant sur le sable. On voit bien la route qu’il a prise ; mais pour savoir ce qu’il a vu sur la route, on doit se servir de ses propres yeux.
Commenter  J’apprécie          70
rkhettaouirkhettaoui   21 décembre 2012
Le style reçoit sa beauté de la pensée ; tandis que, chez certains prétendus penseurs, ce sont les pensées qui doivent être embellies par le style. Le style n’est, après tout, que la silhouette de la pensée…
Commenter  J’apprécie          50
wellibus2wellibus2   13 novembre 2015
Si sévèrement que les gens me jugent, ils ne savent pas que je me suis jugé avec encore plus de sévérité ; ils se moquent de moi et ignorent que je me moque d'eux encore plus.
Je déteste et le lecteur et moi-même.
Commenter  J’apprécie          40
rkhettaouirkhettaoui   21 décembre 2012
Le plaisir est une mince pellicule sur un profond dépôt de lie amère : la joie est empoisonnée, les meilleurs sentiments recèlent un ver hideux, la médiocrité est un carême cruel, la gloire un martyre bruyant, l’obscurité un fléau, l’habitude une peste inévitable qui émousse toute volupté, mais qui aiguise et envenime les pointes de la douleur.
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   21 décembre 2012
Le débile n’est pas un homme, mais un enfant et moins qu’un enfant, car son sort est de voir vivre les autres, tandis que lui doit se contenter de parler, et encore – puisque la vie n’est pas faite pour lui.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Roland Jaccard (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roland Jaccard
« […] À trente ans, Amiel rêvait d'être un brillant pédagogue, un philosophe au-dessus de tout soupçon ; il lisait Hegel et s'abonnait à l'optimisme. À cinquante, il s'aperçut que le bonheur est une chimère, la vie un « prêt à échéance limitée fait à l'individu ». […] » « […] Henri-Frédéric Amiel (1821-1881) […] fut au XIXe siècle le plus précis des sismographes en matière de sentiments […].
[…] Au terme de son existence, Amiel affirmait avoir fait le chemin de Pascal à Montaigne et n'être plus obsédé par l'au-delà. Il confessait, « la mort dans l'âme », qu'il n'attendait pas de revanche à sa vie manquée : « Rien, rien, rien ! Nada ! » serait la conclusion. S'il n'y a de paix que dans le non-être, la résurrection est une récompense de dupes. […] Lui-même ne nourrissait aucune prétention, poussant la modestie jusqu'à vouloir faire inscrire cette épitaphe sur sa tombe : « Bien doué de la nature, favorisé des circonstances, il travailla toute sa vie à se préparer à vivre, et il allait vivre quand il mourut. Apprenez, mortels, de lui comment il faut faire et faites ce qu'il ne fit pas : marchez et osez ! » […] cet homme sans surprise, qui n'avait jamais réussi qu'à décevoir son entourage, préparait un coup de théâtre posthume : la révélation de son Journal intime. […] L'estime de soi, Amiel l'avait bradée tout au long de sa confession. Le Journal dévora sa vie ; il se laissa faire, persuadé que la seule infortune est d'être né. L'existence, Amiel l'avait compris, est un roman de la désillusion, tiré à des millions d'exemplaires, distribué en poche et à titre gracieux aux passants de chaque siècle. Certains croient détenir l'édition originale et se démènent pour qu'on reconnaisse leur différence ; d'autres griffonnent dans la marge, en espérant modifier le texte ; la plupart lui trouvent un goût de papier mâché, quelques-uns le font relier et le glissent, en même temps que leur destin, dans un coin préservé de la bibliothèque : ils n'oublient jamais d'enlever la poussière sur les tranches, bien que l'envie ne leur soit jamais venue d'en feuilleter un chapitre. […] » (Roland Jaccard, La tentation nihiliste, Éditions PUF, 1989)
« […]
Tout est dans tout. L'entier est dans ce qui commence Et dans ce qui finit. Rien n'est petit. L'immense Sort du néant.
Puis dans sa forme à soi chaque métal se coule ; Chaque arbre fait sa feuille. Ainsi donc point de moule Prison du goût !
Grands ou courts, ces fragments sont ce qu'ils sont, qu'importe ? Mauvais, refuse-leur, bons, ouvre-leur ta porte, Et puis c'est tout.
20 décembre 1853 »
(Épilogue)
0:04 - le papillon 1:00 - Théodicée 1:34 - Être prêt 3:01 - Tocqueville : de la démocratie en Amérique 4:53 - Tête-à-tête 7:43 - Les marionnettes 8:16 - Générique
Référence bibliographique : Henri-Frédéric Amiel, Grains de mil, Joël Cherbuliez, libraire-éditeur, 1854.
Image d'illustration : https://blog.bge-geneve.ch/amiel/
Bande sonore originale : Carlos Viola - Memories
Site : https://thegamekitchen.bandcamp.com/track/memories-2
#HenriFrédéricAmiel #GrainsDeMil #LittératureSuisse
+ Lire la suite
Dans la catégorie : EthiqueVoir plus
>Ethique (297)
autres livres classés : Littérature et moraleVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
396 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre