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EAN : 9782020050104
155 pages
Éditeur : Seuil (01/11/1978)
4.05/5   19 notes
Résumé :
« Publié en 1975 aux Presses Universitaires de France, L'exil intérieur connaîtra un succès qui dépassa largement les attentes de son éditeur. Un article élogieux de François Bott en ouverture du Monde des livres, une invitation à Apostrophe, l'émission littéraire que Bernard Pivot venait de créer, il n'en fallut pas plus pour que ce bref essai n'entre en résonance avec un public féru de sciences humaines et d'emblée acquis à toute forme de contestation.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
lerital31
  15 décembre 2015
Ce court essai a le mérite de bâtir des ponts entre plusieurs pensées afin de mieux comprendre la psychologie de l'homme moderne. L'écriture est accessible et les idées claires, on comprend tout à fait la logique qui amène l'auteur à considérer que la civilisation occidentale moderne, de part les contraintes imposées par la complexité sociale et son idéologie "médicale" génère une population schizoïde. La folie devient alors une forme de révolte face aux cadres imposés par la société.
Moins intéressant, le long paragraphe sur l'histoire de la masturbation et sa perception dans la société. Ce n'est pas hors-sujet mais l'auteur aurait pu faire plus court. (Ma remarque serait considéré comme une résurgence des tabous face à la masturbation)
Un peu décevant aussi, le fait que l'auteur réutilise des concepts freudiens ou autres mais ne va pas beaucoup plus loin dans l'analyse, les formes d'expression de notre schizoïdie générale et les tentatives de s'en extraire ne sont pas du tout évoqués. Je m'attendais à plus...
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Davjo
  03 avril 2014
Quarante ans après, l'essai de Roland Jaccard reste un modèle de lucidité, une stimulation intellectuelle et iconoclaste qui mérite d'être lu. Et j'insiste sur la dénomination du livre: c'est un essai, un livre qui n'affirme rien mais essaye de prendre un cliché de la civilisation dans un moment donné. Un livre qui frotte les idées comme les allumettes, qui fait se rencontrer plein d'auteurs, de Thomas Szasz, Georges Devereux, Freud, Norbert Elias, Kostas Axelos...
Résumons, ce livre essaye de faire un portrait psychologique de l'homme de la modernité, un personnage solitaire et culpabilisé qui vit dans l'entre soi. Il est le produit de la civilisation moderne, où ce n'est plus la religion qui relie les hommes entre eux, mais l'idéologie médicale. Elle a réprimé femmes et homme en leur disant la masturbation est un péché. Aujourd'hui, elle domine par la maladie mentale. L'homme de la modernité de 2015 ressemblera comme à un frère jumeau à celui de 1975. Sauf qu'il a pris du bide et que son smartphone a remplacé les mots croisés dans les transports en commun.
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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Puce14
  22 janvier 2016
Un livre qui frotte les idées comme les allumettes, qui fait se rencontrer plein d'auteurs, 
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bgpsf
  23 mai 2016
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
lerital31lerital31   14 décembre 2015
Pour ce qui est de la vie en société, rappelons combien Freud avait apprécié l'anecdote des porcs-épics en hiver qu'il avait trouvée dans Schopenhauer: les porcs-épics, quand l'hiver est glacé, cherchent un peu de chaleur en se serrant les uns contre les autres. Mais les piquants de chacun s'enfoncent dans les chairs de l'autre et les déchirent. les porcs-épics s'écartent alors les uns des autres et sont ressaisis par le froid. De rapprochement en écarts et d'écarts en rapprochements, ils trouvent enfin cette voie moyenne où ils n'auront ni trop froid, ni trop mal, où ils passent compromis entre la douleur et le gel. Ainsi en est-il des hommes. Ils ne peuvent ni tout à fait vivre en commun, ni tout à fait vivre en solitude.
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enkidu_enkidu_   13 novembre 2020
Pour Elias, comme pour Freud, la civilisation s’édifie sur la répression, sur la mutilation de nos instincts. Ce qui l’intéresse, c’est la manière dont ce processus a joué, s’est développé en Europe depuis le Moyen Âge ; non pas qu’il considère le chevalier du Moyen Âge ou son serf comme une sorte d’homme naturel qu’il opposerait à l'homme civilisé, ce qui serait tout à la fois ridicule et faux, mais parce que c’est à partir des XVe et XVIe siècles que nous voyons progressivement émerger l’homme de la modernité et que les valeurs bourgeoises se substituent à celles qui commandaient la vie, l’existence des contemporains d’Érasme.

La conception bourgeoise du travail, qui diffère fort de la conception biblique (la Bible considère le travail comme une punition : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front »), tend dorénavant à s’imposer. Pour le bourgeois, le travail devient une vertu, un devoir, une profession, la meilleure façon de donner un sens à sa vie. Les animaux symboliques de la noblesse (lion, loup, ours, aigle…) sont remplacés par ceux de la bourgeoisie (fourmi, scarabée, abeille, écureuil…).

Le corps d’organe de plaisir qu’il était fut transformé en organe de performance.

Jusqu’au XVIe siècle, observe un autre historien, Jos Van Ussel, les attitudes et le mode de vie étaient pro-sexuels. Il était généralement admis que chacun assouvisse ses besoins sexuels, afin de ne pas mettre sa santé en danger. Dans quelques villes, les autorités elles-mêmes faisaient ouvrir des maisons de passe. La sensualité était ressentie, était vécue d’une manière que nous ne connaissons plus maintenant. On se touchait, on se caressait, on s’enlaçait, on s’embrassait ; les nourrices et les parents masturbaient les jeunes enfants pour les calmer ; le pesant interdit qui pèse sur les relations sexuelles d’adultes et d’adolescents n’existait pas alors ; les rapports sexuels préconjugaux étaient institutionnalisés ; la famille et les serviteurs dormaient nus dans une seule et même pièce. On se baignait nu et en groupe. Et pour les solennités on exposait nue la plus belle fille de la ville. Quant aux jeunes, ils n’avaient pas besoin d’être informés puisqu’ils pouvaient voir, sentir et apprendre auprès des adultes ce qu’ils voulaient savoir.
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DavjoDavjo   03 avril 2014
Parmi les techniques régressives, publicitaires ou privées, qui ont pour but de créer un état d'euphorie affective et d'hébétude susceptible d'empêcher l'affrontement des individus avec leur propre angoisse, mentionnons:

- L'emploi massif des drogues officielles ou non, de l'alcool et du tabac; leur effet anti-anxiogène aide nos sociétés à survivre tant bien que mal sans qu'une catastrophe psychiatrique s'étale au grand jour.

- La fonction hypnotique et narcotique des machines à images qui désintègrent le spectateur de sa vie familiale et de sa relation au monde de la nature, l'engourdissent, l'assomment dans la passivité béate de sa position assise.

- L'utilisation sadique-anale des voitures qui satisfait à la fois notre goût morbide de la compétition et de la rivalité et aussi l'euphorisation que provoque la vitesse.
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DavjoDavjo   03 avril 2014
L'homme de la modernité est volontiers schizoïde; incommunicabilité, solitude, ennui, morosité, dégoût, ces maîtres mots de sa détresse subie et acceptée résument son expérience. Et, du cabinet du généraliste, comme du divan du psychanalyste, s'élève la lugubre complainte des incompris, des angoissés, des suicidaires, des insatisfaits, des dépressifs, des laissés-pour-compte...comme si l'homme de la modernité s'appréhendait essentiellement à travers ses troubles, ses symptômes, ses désordres biologique et/ou psychiques. La maladie comme dernier refuge de la créativité.
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enkidu_enkidu_   13 novembre 2020
Ultime figure de l’histoire, le petit-bourgeois est prêt à souscrire à tous les slogans incantatoires et libérateurs qui s’étalent sur les murs de nos modernes mégapoles : nous sommes tous des homosexuels, des pervers polymorphes, des masturbateurs, des nécrophiles, des coprophages, des psychotiques… La culpabilité sexuelle, partagée par la communauté, se dilue ; sous-tendue par des idéaux révolutionnaires, elle acquiert même une certaine respectabilité… ce qui n’empêche pas par ailleurs les rêves et la réalité petite-bourgeoise (l’image fallacieuse du bonheur confondue avec celle de la sécurité) de s’étendre planétairement.

« On ne le voit pas, mais cela ne fait rien, écrit encore Kostas Axelos, l’époque marche vers l’instauration d’une médiocrité et d’une insignifiance mondiales et planétaires. Ce qui sommeillait depuis si longtemps tend à la domination de la terre. Puissamment aidé par la technique, sur laquelle les sots naïfs et les sots savants continuent leurs élucubrations proclamant sa domestication, quand il est clair que c’est elle qui nous domine. L’époque des derniers hommes et des derniers des hommes durera. Très, très longtemps. »

Ce sera, c’est déjà, l’ère des grandes termitières où chacun sur l’échiquier réglé jouera avec la dernière énergie qui lui reste (c’est-à-dire peu, précise Axelos) son rôle de réactionnaire, centriste, révolutionnaire ordonné ou gauchiste désordonné dans un monde sans alternative où tout sera devenu critiquable et où la prolifération des utopies assurera de manière commode et anodine le bon fonctionnement des institutions existantes.

Nécessaire, lui aussi, au bon fonctionnement des institutions, le psychanalyste, quels que soient ses penchants théoriques ou pratiques, continuera à jouer son rôle de médiateur, de rassembleur d’affects morcelés.

Peu importent les justifications qu’il se donnera : l’amour du prochain, l’intérêt scientifique, l’activisme révolutionnaire, l’appât du gain, la sublimation de son sadisme ; l’essentiel est qu’il tienne son rôle, rien par ailleurs ne lui interdisant d’en changer (mobilité socio-professionnelle et technocratie vont de pair), mais c’est un beau rôle, un rôle d’avant-scène, que l’on ne troque pas volontiers contre un autre.

L’homme de la modernité, que le poète grec Dimitri T. Analis a dépeint sous les traits du « jeune cadre dynamique (et impuissant) dans son Tergal infroissable », est un sujet très individualisé, très centré sur lui-même, très conflictualisé, peu socialisé, avec des représentations inconscientes surinvesties et très personnalisées. Dans son attaché-case, il promène autour du monde sa névrose, ses petites angoisses et sa grande solitude.
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