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EAN : 9782070139859
464 pages
Gallimard (21/03/2013)
3.83/5   6 notes
Résumé :
Tromso, une ville tout au nord de l'Europe où le soleil reste sous l'horizon neuf mois par année - une civilisation au bord de l'éclatement, confrontée à la sécheresse désolante d'un désert de glace. Des hommes et des femmes s'y croisent, s'aiment, s'ignorent et s'entretuent, alors que le monde sombre avec lenteur. Karl, vétérinaire urgentiste, écrivain raté, paranoïaque et alcoolique ; Lucie, une jeune militante pour un groupe de libération des animaux domestiques ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Les livres oubliés de Ge
Je n'ai pas pu entrer dans ce livre. Et je le regrette !
Mais alors que nous raconte « La nuit »
Tromso, une ville du Nord de l'Europe, civilisation au bord de l'éclatement, confrontée à la sécheresse désolante d'un désert de glace. Sur fond de complot illusoire, des personnages se croisent, s'aiment et s'affrontent. Il y a Karl, vétérinaire paranoïaque et alcoolique, Lucie, jeune défenseuse des animaux, Gjermund, professeur de mathématiques, Maza et Dix, couple improbable, et bien d'autres.
Et oui je n'ai pas pu entrer dans ce livre.
Pourtant ce roman noir avait tout pour me plaire, les thèmes abordés tout d'abord qui dénonce la société de consommation, la corruption, les marchands de rêves et puis ces personnages qui veulent changer les choses, changer leur destin, le dérèglement climatique aussi… le cadre et le décor avaient eux aussi tout pour me réjouir : une ville tout au nord de l'Europe près du pôle nord, une région hostile à l'homme, la nuit polaire et les aurores boréales aussi
Mais voilà je n'ai pas accroché, trop noir pour moi sans doute. Trop déprimant peut-être, L'écriture est pourtant belle, onirique parfois. Oui mais j'avais beau m'accroché à ma lecture, je n'adhérais pas à l'histoire, pire je me perdais dedans. Peut-être un texte trop ambitieux pour moi. Peut-être pas la bonne période pour le lire. Je ne saurais pas vraiment dire
Je ne sais même pas ce que je n'ai pas aimé. J'ai lu un tiers du bouquin péniblement mais j'ai fini par lâcher l'affaire, j'en ai mal à la tête d'avoir voulu continuer ma lecture à tout prix. Puis j'ai repris l'affaire afin de le terminer, je ne voulais pas donner mon avis avant de l'avoir lu en entier… mais rien n'y a fait, ça ne devait pas être le bon moment pour le lire.
Cependant je suis certaine que ce polar mâtiné de SF pourra plaire à d'autres lecteurs moins obtus que moi sur ce coup-là !
Lien : https://collectifpolar.wordp..
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Magnifique et noire, une improbable et inexorable Apocalypse vétérinaire à Tromsø.

Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/04/14/note-de-lecture-la-nuit-frederic-jaccaud/
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
À l’est, un pont construit après la Seconde Guerre mondiale rattache l »île de Tromsø au continent. L’autoroute s’engouffre dans un tunnel sous-marin. Ces deux uniques axes de béton, l’un aérien, l’autre souterrain, l’ancrent au monde réel comme deux griffes désespérées et l’empêchent, disent les plus jeunes qui économisent pour partir s’établir ailleurs, de dériver dans le royaume des glaces – parce que cette terre, noyée de nuit, compose la préface d’un univers de gel, de désolation, d’où la joie est absente.
Les axes routiers ne parviennent pas à joindre véritablement deux univers séparés par un bras de mer large de un kilomètre, si bien que la ville, dans une tentative ridicule d’annexion, déborde sur le continent, gangrenant la côte d’immeubles, de bureaux et de centres commerciaux, d’hôtels, de parcs d’attraction, d’entrepôts. L’autoroute E8, qui prend sa source au fin fond du continent, vient mourir abruptement – après avoir traversé des milliers de kilomètres de forêts, de plaines dévastées, longé la mer – en face des bâtiments en brique rouge de l’université. Quelques milliers d’étudiants s’agrègent chaque année sur le campus pour parfaire leurs connaissances sur l’environnement polaire, l’océanographie ou l’histoire de peuplades aujourd’hui disparues pour s’être entêtées à vivre dans une région hostile à l’homme.
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Aujourd’hui, des hordes de touristes déferlent sur l’île dans un paroxysme flamboyant. Tromsø trouve ses principales ressources dans ce commerce du voyage et du dépaysement, finançant ainsi ses écoles, son centre culturel, une partie des équipements de l’hôpital universitaire – notamment un appareillage permettant de pratiquer des opérations chirurgicales par satellite -, son institut supérieur de la pêche, ses parcs, son musée d’Art contemporain. Pourtant, ce n’est pas la proximité des montagnes et de la mer, ni les expéditions dans la blancheur virginale du Nord en motoneige ou en traîneau, ni même la poésie des aurores boréales qui attirent en masse les étrangers, mais les nuits froides et infinies compensées par la chaleur poisseuse de certains quartiers dédiés à l’amusement et aux putes qui, depuis la nouvelle législation en vigueur à Amsterdam devenue prude et ennuyeuse, s’emplissent d’une faune bigarrée errant dans des rues sillonnées de boîtes, de saunas et autres lieux de massage, des hôtels, du plus chic au plus miteux, des petites cours et des parcs pour le trafic, des sex-shops illuminés de néons rouges, des bars avec leur happy hour, leurs titty-dancers, où vacanciers et étudiants tentent de s’oublier.
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Le hacker relut son texte. (…) Le jeune homme se pencha contre son écran ; les mains levées au-dessus du clavier, il voulut modifier la tournure d’une phrase, mais abandonna aussitôt.
« À l’est, un pont construit après la Seconde Guerre mondiale rattache l »île de Tromsø au continent. L’autoroute s’engouffre dans un tunnel sous-marin. Ces deux uniques axes de béton, l’un aérien, l’autre souterrain, l’ancrent au monde réel comme deux griffes désespérées et l’empêchent, disent les plus jeunes qui économisent pour partir s’établir ailleurs, de dériver dans le royaume des glaces – parce que cette terre, noyée de nuit, compose la préface d’un univers de gel, de désolation, d’où la joie est absente.
Les axes routiers ne parviennent pas à joindre véritablement deux univers séparés par un bras de mer large de un kilomètre, si bien que la ville, dans une tentative ridicule d’annexion, déborde sur le continent, gangrenant la côte d’immeubles, de bureaux et de centres commerciaux, d’hôtels, de parcs d’attraction, d’entrepôts. L’autoroute E8, qui prend sa source au fin fond du continent, vient mourir abruptement – après avoir traversé des milliers de kilomètres de forêts, de plaines dévastées, longé la mer – en face des bâtiments en brique rouge de l’université. Quelques milliers d’étudiants s’agrègent chaque année sur le campus pour parfaire leurs connaissances sur l’environnement polaire, l’océanographie ou l’histoire de peuplades aujourd’hui disparues pour s’être entêtées à vivre dans une région hostile à l’homme. » (…)
« Aujourd’hui, des hordes de touristes déferlent sur l’île dans un paroxysme flamboyant. Tromsø trouve ses principales ressources dans ce commerce du voyage et du dépaysement, finançant ainsi ses écoles, son centre culturel, une partie des équipements de l’hôpital universitaire – notamment un appareillage permettant de pratiquer des opérations chirurgicales par satellite -, son institut supérieur de la pêche, ses parcs, son musée d’Art contemporain. Pourtant, ce n’est pas la proximité des montagnes et de la mer, ni les expéditions dans la blancheur virginale du Nord en motoneige ou en traîneau, ni même la poésie des aurores boréales qui attirent en masse les étrangers, mais les nuits froides et infinies compensées par la chaleur poisseuse de certains quartiers dédiés à l’amusement et aux putes qui, depuis la nouvelle législation en vigueur à Amsterdam devenue prude et ennuyeuse, s’emplissent d’une faune bigarrée errant dans des rues sillonnées de boîtes, de saunas et autres lieux de massage, des hôtels, du plus chic au plus miteux, des petites cours et des parcs pour le trafic, des sex-shops illuminés de néons rouges, des bars avec leur happy hour, leurs titty-dancers, où vacanciers et étudiants tentent de s’oublier. »
Le hacker marqua une nouvelle pause. Il vérifia la validité des hyperliens intégrés dans le texte. Ensuite, il passa en revue les images qu’il avait sélectionnées pour agrémenter le dossier Tromsø. Le traitement numérique apporté aux photographies du Red Light District l’égaya. Il se demanda si le texte était à la hauteur de son ambition.
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Lucie se leva et entra dans la petite salle de bains attenante à la chambre. Sa silhouette se découpa rapidement dans le chambranle ; comme une esquisse, des lignes, des courbes, le tracé net de ses cheveux caressant le sommet de ses fesses ; ses talons jeunes et roses paraissaient flotter dans les airs parce qu’elle marchait sur la pointe des pieds, poussant la coquetterie jusqu’à enfiler des chaussures à talons invisibles.
Derrière le lit, de l’autre côté de la paroi, quelqu’un sifflait pour faire cesser les ronflements grotesques de son partenaire.
Lucie avait façonné une boule imparfaite au moyen de plusieurs feuilles de papier hygiénique. On aurait dit une jeune mariée malheureuse, poussée à l’acte par un événement inattendu et encore indécelable de l’extérieur. Elle agita devant elle le bouquet de feuilles molletonnées. Le néon de l’armoire à pharmacie accrochée au-dessus du lavabo projetait des ombres bleues sous ses formes légères. Karl alluma une cigarette. Lucie hocha la tête. Elle détestait l’haleine des fumeurs
— On a l’impression d’embrasser un cendrier ! mais Karl lui répondait chaque fois qu’elle devait s’habituer à cette odeur, parce que c’était un avant-goût d’urne funéraire. »
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Le hacker relut son texte.
« De par sa position excentrique, Tromso jouit d’un certain prestige car, depuis un siècle, elle porte le titre pompeux d’agglomération insulaire la plus au nord du monde ; en exceptant les rares villages dévastés par le froid et l’alcool, les goulags, les laboratoires scientifiques et quelques légendes.
Global Position — sur la frange de la Terre, aux portes du cercle Arctique, un lieu antique, infernal en quelque sorte.
Trois mois par an, le soleil flotte dans le ciel, immuable, de jour comme de nuit ; le reste du temps, la ville est plongée dans un abîme nocturne, condamnée à observer le scintillement de l’astre solaire sur l’horizon. Elle attend dans le froid son retour prochain, neuf mois plus tard. La pâleur des habitants de Tromso n’a d’égal que leur lassitude — un défaitisme hérité de leurs ancêtres, attendant sans aucune révolte la fin de la nuit, et, pour les plus vieux, la lente conclusion d’une vie hibernée
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