AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782070700097
84 pages
Éditeur : Gallimard (25/10/1983)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Sept textes poétiques écrits entre 1976 et 1982 composent ce recueil du poète suisse d'expression française Philippe Jaccottet.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Petitebijou
  14 juin 2013
Première rencontre avec ce poète suisse totalement inconnu pour moi jusqu'ici.
Dans « le mot joie », il explique : « (…) il y avait du vrai dans tout cela ; mais il manquait l'essentiel : la plénitude(…), et plus que le mot « joie », c'est bien celui de « plénitude » qui me semble donner au plus juste la tonalité de ce recueil. Parus en 1983, sous la plume d'un homme d'expérience (l'auteur est né en 1925), les poèmes capturent une certaine idée de lenteur, d'une immobilité fugace, le mouvement esquissé ou qui va prendre son élan plutôt que l'instantanéité juvénile de l'action. L'enfance est parfois suggérée mais toujours à distance, un peu comme un souvenir figé.
La nature est célébrée comme élément du paysage, sous le signe de vibrations presque imperceptibles : la brume enveloppante, les nuages dans leur course calme, tandis que le poète-marcheur harmonise son rythme intérieur à l'univers qui l'entoure.
J'ai entendu ces poèmes comme une méditation à haute voix, un monologue serein non exempt de question.
J'ai eu un peu de mal à m'accorder au rythme de la parole : une représentation de la nature aussi statique ne me séduit pas vraiment. Beaucoup de ces poèmes m'ont évoqué l'image d'un grand lac placide. Pourtant, ici ou là, surgissent des couleurs sonores, une lumière jaune naissante et un soleil « enfin moins timoré », mais l'évocation se fait sans éclat, toujours minimaliste.
Parfois, affleure la douleur, la blessure : un « chanteur ne chantera plus », il faut « recoudre », mais la souffrance murmure plus qu'elle ne crie, feutrée, pudique.
Même le poème intitulé « Plaintes pour un compagnon mort », moins terrestre que ce qui précède, ne se répand aucunement en tristesse liquide. Au contraire, les mots invitent au silence, comme si la douleur du survivant était un blasphème à celle du défunt. J'avoue être un peu restée en dehors de cette poésie tellement discrète qu'elle finirait presque par signifier la vanité du mot.
Je n'ai pas été étonnée de trouver, près de la fin du livre, un texte appelé « A Henry Purcell ». J'avais senti, lisant les pages précédentes, le goût du poète pour la musique, sans doute musicien lui-même. Malgré cela, je dois dire que cet hommage poétique au compositeur anglais ne m'a absolument pas touchée ou fait résonner quelque chose en moi, ayant déjà peu d'inclination pour ce musicien : les images célestes et astrales n'ont en rien ravivé en moi les harmonies de Purcell. C'est ainsi avec la poésie : on vibre, même furtivement, ou pas du tout, là où un autre lecteur se sentira ému.
Au bout du compte, j'ai bien aimé cette rencontre, mais je pense qu'il me faudra d'autres visites auprès des mots de Philippe Jaccottet pour que je puisse l'apprécier à sa juste valeur, car, au-delà de l'éloignement que j'ai pu éprouver, j'ai tout de même découvert une belle vision, un souffle discret et un immense amour des mots.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          82
MIOP
  09 février 2012
Poésie de la simplicité et du contact immédiat avec le réel.Philippe Jaccottet décrit une marche dans la montagne.
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
PetitebijouPetitebijou   14 juin 2013
Ce matin, il y avait un miroir rond dans la brume,
un disque argenté près de virer à l'or,
il eût suffi d'yeux plus ardents pour y voir
le visage de celle qui en efface avec un tendre soin
les marques de la nuit...
Commenter  J’apprécie          110
patatipatatapatatipatata   13 juin 2012
Cette montagne a son double dans mon coeur.

Je m'adosse à son ombre,
je recueille dans mes mains son silence
afin qu'il gagne en moi et hors de moi,
qu'il s'étende, qu'il apaise et purifie.

Me voici vêtu d'elle comme un manteau.

Mais plus puissante, dirait-on, que les montagnes
et toute lame blanche sortie de leur forge,
la frêle clef du sourire.
Commenter  J’apprécie          60
PasoaPasoa   25 mars 2020
Dans la montagne, dans l'après-midi sans vent
et dans le lait de la lumière
luisant aux branches encore nues des noyers,
dans le long silence :
le murmure de l'eau
qui accompagne un instant le chemin,
l'eau décelable à ces fétus brillants,
à ces éclats de verre dans la poussière,
sa claire et faible voix
de mésange apeurée.
Commenter  J’apprécie          60
ParCheminParChemin   17 mars 2016
Cette montagne a son double dans mon coeur.

Je m'adosse à son ombre,
je recueille dans mes mains son silence
afin qu'il gagne en moi et hors de moi,
qu'il s'étende, qu'il apaise et purifie.

Me voici vêtu d'elle comme d'un manteau.

Mais plus puissante, dirait-on, que les montagnes
et toute lame blanche sortie de leur forge,
la frêle clef du sourire.
Commenter  J’apprécie          50
coco4649coco4649   25 novembre 2017
Mot joie


Extrait 2

On ouvre de nouveau les grands livres :
ceux qui parlent de châteaux à enlever, de fleuves
à franchir, d’oiseaux qui serviraient de guides…

Leurs paroles,
on les dirait prises dans les plis d’étendards bleus
qu’un vent venu on ne sait d’où exalte
au point qu’on n’y peut lire aucune phrase jusqu’au bout.

Ou l’on croirait qu’elles marchent entre des cimes,
elles-mêmes immenses, à peine ouies, inaccessibles,
à moins qu’à la chaleur du cœur
elles ne retombent en neige sur nos pieds nus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Philippe Jaccottet (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Jaccottet
Philippe JACCOTTET – Poésie et Nature (RTS, 1990) Émission de télévision "Hôtel", intitulée « Poésie et nature » par la RTS, diffusée le 20 décembre 1990.
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
871 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre