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Jean Starobinski (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070317875
190 pages
Gallimard (26/05/1971)
4.04/5   70 notes
Résumé :
Résumé
« À l'approche de ces poèmes s'éveille une confiance. Notre regard, passant d'un mot à l'autre, voit se déployer une parole loyale, qui habite le sens, comme la voix juste habite la mélodie. Nulle feinte, nul apprêt, nul masque. Nous pouvons accueillir sans ruse interposée, cette parole qui s'offre à nous sans détour. Un émerveillement, une gratitude nous saisit : la diction poétique, le discours poétique (mais délivré de tout artifice oratoire) sont d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Pirouette0001
  26 mars 2020
Quelle belle découverte poétique ! Grâce à un autre Babelionaute qui m'a envoyé ce recueil.
Il y avait longtemps que je n'avais plus eu tant de plaisir à lire un style poétique que je ne connaissais pas.
Courrez, volez, vous qui aimez des vers sans prétention, sans paillettes, épurés, sans roublardise, foncez.
J'ai beaucoup aimé.
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FloreH
  08 novembre 2020
Philippe Jaccottet a construit une oeuvre poétique multiple, exigeante, entre doute et émerveillement.
Dans ses poèmes, il y a un accord merveilleux entre les sonorités, les images, les sentiments et les sensations.
Son langage est épuré, sans concession, à la recherche de la justesse et de la clarté.
C'est assez sombre, souvent désespéré, ce désarroi produit une émotion sans pareille.
De la très grande poésie.
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Colchik
  09 février 2019
Philippe Jaccottet a reçu le prix mondial Cino del Duca 2018 pour l'ensemble de son oeuvre, ce qui m'a donné une nouvelle occasion de le relire. Étrangement – et plutôt heureusement – on ne reçoit jamais deux fois de la même manière un poème : soudain nous sommes surpris de ce qu'il nous révèle, sa richesse éclairant une pensée jusqu'alors à l'état de veille en nous, que nous n'avions pas encore ressentie et qui se présente donc à nous, comme décantée par la sensibilité d'un autre.
Rien de plus simple que de se laisser bercer par la musicalité discrète des vers de Jaccottet. Pas d'effet, une ligne fluide qui file vers une émotion qui sera à peine effleurée. Pourtant, dans le jeu des transparences et des chatoiements de la lumière, se dessine une inquiétude et une mélancolie profonde face à l'anéantissement qui attend chacun.
J'aimerais beaucoup que Gallimard offre à Philippe Jaccottet une édition digne de son talent. Bien sûr son oeuvre est parue dans la bibliothèque de la Pléiade mais pour ceux qui, comme moi, aiment tenir entre leurs mains un petit volume soigné, on rêverait d'un recueil à la manière de ceux que proposent les Éditions La Part Commune.
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MIOP
  09 février 2012
Philippe Jaccottet aborde dans ce recueil des thèmes souvent douloureux: obsession de la mort, peur du vieillissement, tristesse devant la mort d'un proche... et toujours le sentiment pour le poète que les mots ne peuvent saisir au plus près les sensations, les chagrins. Mais dans cet aveu d'impuissance renouvelé, Jaccottet parvient pourtant à toucher juste. Il s'efface de ses poèmes pour parler de faits qui nous concernent ou nous concerneront tous.
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AMR_La_Pirate
  30 juin 2022
Lire de la poésie n'est pas toujours facile…
Il y avait dans ma PAL ce recueil de Philippe Jaccottet, regroupant des textes de 1946 à 1967…
Cela faisait longtemps que je voulais m'y plonger…
C'est une lecture qui n'avance pas, que je traine depuis au moins six mois…
Me manque-t-il des clefs de lecture ? Je ne saurais dire car la syntaxe est nette, lisible, épurée ; le style et le langage sont à la portée de tout un chacun… L'auteur s'exprime en vers libres mais aussi en formes imposées avec des sonnets, des alexandrins… Quand j'ai regardé de plus près, j'ai relevé des rimes pauvres, des coupures originales, des enjambements et même des parenthèses… Certains poèmes n'ont pas de titre…
On trouve dans les poèmes de Philippe Jaccottet des évocations de la nature, des descriptions de paysages, des petits oiseaux, une représentation du monde plutôt fidèle à ce que l'on attend d'un poète sans à priori. Il nous parle aussi de la mort, de la vieillesse…
Les différentes parties du recueil sont datées et je marque une préférence pour les poèmes courts de l'homme mûr plutôt que pour les textes de jeunesse. Mais ce que je ressens aujourd'hui sera-t-il fiable sur la durée ?
Bref, je n'ai pas accroché, je n'ai pas tout lu, j'ai grapillé, feuilleté et fini par abandonner…
Je range enfin ce recueil avec les livres lus… Peut-être y reviendrai-je ?

Lien : https://www.facebook.com/pir..
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   30 décembre 2014
Les nouvelles du soir
À l'heure où la lumière enfouit son visage
dans notre cou, on crie les nouvelles du soir,
on nous écorche. L'air est doux. Gens de passage
dans cette ville, on pourra juste un peu s'asseoir
au bord du fleuve où bouge un arbre à peine vert,
après avoir mangé en hâte ; aurais-je même
le temps de faire ce voyage avant l'hiver,
de t'embrasser avant de partir ? Si tu m'aimes
retiens-moi, le temps de reprendre souffle, au moins
juste pour le printemps, qu'on nous laisse tranquilles
longer la tremblante paix du fleuve, très loin
jusqu'où s'allument les fabriques immobiles...
Mais pas moyen. Il ne faut pas que l'étranger
qui marche se retourne, ou il serait changé
en statue : on ne peut qu'avancer. Et les villes
qui sont encore debout brûleront. Une chance
que j'aie au moins visité Rome, l'an passé,
que nous nous soyons vite aimés, avant l'absence,
regardés encore une fois, vite embrassés,
avant que l'on crie"Le Monde" à notre dernier monde
ou "Ce soir" au dernier beau soir qui nous confonde...
Tu partiras. Déjà ton corps est moins réel
que le courant qui l'use, et ses fumées au ciel
ont plus de racines que nous. C'est inutile
de nous forcer. regarde l'eau, comme elle file
par la faille entre nos deux ombres. C'est la fin,
qui nous passe le goût de jouer au plus fin.
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sonatemsonatem   30 janvier 2022
Soleil d’hiver

Le bas passage du soleil aux mois d’hiver
sur l’écorce des chênes à cette heure t’est découvert :
le bois éclaire, non point brûle, mais révèle,
immobile, sans trop d’éclat, sans étincelles,
tel peut-être un visage qui ne parle point
s’il affronte le défilé du temps très loin…

Mais, derrière, l’ombre sur l’herbe est déposée,
non point funèbre ni menaçante ou blessée,
à peine sombre, à peine une ombre, si bas prix,
payé par l’arbre à l’accroissement de son fruit,
légère peine douce elle-même à la terre,
âme de l’arbre due aux pas de la lumière…

Une personne en patience et paix tournée
vers l’aveuglant passage d’une à l’autre année,
ayant sa peine derrière elle, son regret,
et l’herbe néanmoins s’apprête, persévère,
l’espace semble illuminer sa loi sévère,
et l’astre tourne, monte et descend les degrés…
Le flambeau passe à peine plus haut que les tables,
plus fidèle que nul esclave à nos soucis,
taciturne incroyablement inévitable,
et nous autres avec bonheur à sa merci.

(pp. 80-81)

« L'Ignorant (Poèmes de 1952 à 1956) ».
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patrick75patrick75   20 mai 2015
INTERIEUR

Il y a longtemps que je cherche à vivre ici,
dans cette chambre que je fais semblant d'aimer,
la table, les objets sans soucis, la fenêtre
ouvrant au bout de chaque nuit d'autres verdures,
et le cœur du merle bat dans le lierre sombre,
partout des lueurs achèvent l'ombre vieillie.

J'accepte moi aussi de croire qu'il fait doux,
que je suis chez moi, que la journée sera bonne.
Il y a juste, au pied du lit, cette araignée
( à cause du jardin ) , je ne l'ai pas assez
piétinée, on dirait qu'elle travaille encore
au piège qui attend mon fragile fantôme.
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Annette55Annette55   16 octobre 2021
«  La nuit est une grande cité endormie
où le vent souffle……il est venu de loin jusqu’à
l’asile de ce lit. C’est la minuit de juin.
Tu dors, on m’a mené sur ces bords infinis,
le vent secoue le noisetier .Vient cet appel
qui se rapproche et se retire, on jurerait
une lueur fuyant à travers bois, ou bien
les ombres qui tournoient , dit- on, dans les enfers.
( Cet appel dans la nuit d’été , combien de choses
j’en pourrais dire, et de tes yeux …..) Mais ce n’est que
l’oiseau nommé l’effraie , qui nous appelle au fond
de ces bois de banlieue . Et déjà notre odeur
est celle de la pourriture au petit jour,
déjà sous notre peau si chaude perce l’os,
tandis que sombrent les étoiles au coin des rues » ….
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Annette55Annette55   08 octobre 2021
Tu es ici, l’oiseau du vent tournoie,
toi, ma douceur, ma blessure, mon bien.
De vieilles tours de lumière se noient
et la tendresse entrouvre ses chemins.

La terre est maintenant notre patrie .
Nous avançons entre l’herbe et les eaux ,
de ce lavoir où nos baisers scintillent
à cet espace où foudroiera la faux .

«  Où sommes- nous? «  Perdus dans le cœur de
la paix. Ici, plus rien ne parle , que,
sous notre peau , sous l’écorce et la boue,


avec sa force de taureau , le sang
fuyant qui nous emmêle , et nous secoue
comme ces cloches mûres sur les champs » …..
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Videos de Philippe Jaccottet (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Jaccottet
« […] Je ne puis oublier ce rôdeur. Comme il s'effaçait en marchant ! On aurait dit qu'il cherchait non seulement à ne pas peser sur le sol, mais encore à ne pas déranger l'air de chaque côté de son corps : il s'émaciait, s'allégeait. Il n'était presque plus rien que le tremblant et douloureux point de rencontre de quelques souvenirs, de quelques visions. […] » (Philippe Jaccottet, Un poète suisse-français : Edmond-Henri Crisinel, L'entretien des muses, Éditions Gallimard, 2015)
« Chez Edmond-Henri Crisinel (1897-1948) […] la poésie ne s'est nullement développée organiquement avec les années ; elle a été un affleurement d'ombres et de trésors profonds que recouvraient d'ordinaire les eaux du quotidien le plus monotone, le plus quotidien. […] le deuxième affleurement, c'est le récit en prose d'Alectone et son épilogue plus tardif, Nuit de juin (1939-1945) […]. Un sentiment de culpabilité extrêmement profond […], une intense nostalgie de la lumière mais aussi du goût pour les ténèbres […], telle fut, nourrie, creusée, authentifiée par l'expérience de la folie, la matière de sa poésie. À cause de sa souffrance, de son angoisse, de son égarement, Crisinel avait entendu des plaintes, surpris des regards, entrevu des mondes dont il ne lui était pas difficile de comprendre qu'ils étaient, même réprouvés, plus réels dans leur ambiguïté que la mécanique de sa vie apparente, que les dialogues et les rapports préfabriqués d'un monde qu'il n'habitait d'ailleurs pas vraiment. Disons qu'il avait éprouvé, non seulement deviné ou appris, que l'homme est un abîme, que cet abîme est horreur et merveille tout ensemble ; fasciné, il avait peine à en détacher le regard. Il en avait peur, mais sans doute aimait-il aussi la volupté mêlée à cette peur. […] Par la poésie, il amenait son combat avec les ombres dans le monde du jour, il le communiquait et s'en rendait maître ; ou, mieux, il chantait avec une joie tremblante sa passagère victoire, il remerciait d'avoir retrouvé la terre, enrichie de ce qui flotte par-dessous : les fautes, les larves, les morts. L'expérience de l'asile de fous n'est plus […] qu'une sorte de cavité, de creux sombre qui donne plus de résonance à la musique un peu grêle des cordes. […]
[…] Lentement, il écrivit Alectone, un bref récit qui est son plus beau livre […]. Pour triompher plus sûrement de ses démons, ou pour goûter une fois de plus à leur troublante présence, ou encore pour l'un et l'autre, Crisinel s'efforça de mieux cerner le détail de son expérience […].
[…] Ces visions […] nous paraissent d'autant plus pénibles que nous savons que Crisinel ne leur a échappé, un an plus tard, que par le suicide. Prouvant ainsi par un geste presque inconcevable chez un être aussi craintif, aussi frêle, la vérité de l'écrit ancien, de la prophétie d'Alectone :
Il ne te sera pas laissé de répit dans l'humiliation, la détresse et l'outrage que tu ne sois mort, parfaitement mort...
[…] » (Philippe Jaccottet, Un poète suisse-français : Edmond-Henri Crisinel, L'entretien des muses, Éditions Gallimard, 2015)
« […] La maison dort, mais ceux qui l'habitent continuent le jeu, mus par la force qui gît dans les ténèbres, devant d'impassibles témoins.  […] »
« […]
« Corps et âme, je t'appartiens désormais, Alectone ! À demi-mot, tu me le fais comprendre, selon tes voies détournées, familières à ceux qui ont commerce avec les douces créatures de l'enfer. Plutôt se crever les tympans que d'entendre tes insinuations, plus insupportables que les piqûres du taon attaché aux flancs de la génisse errante ! Mais que t'importent les oreilles grossières, Alectone, ta voix est plus puissante que celle de l'homme qui crie vengeance, elle traverse les déserts de la surdité même, quand tu veux frapper ta victime, lui faire payer le prix de sa témérité. » (Edmond-Henri Crisinel, Alectone, première partie)
0:04 - Alectone [Première partie] 1:43 - Alectone [Deuxième partie] 3:03 - Alectone [« … »] 4:58 - Nuit de juin 7:10 - Générique
Référence bibliographique : Edmond-Henri Crisinel, Alectone et textes en prose, Bibliothèque numérique romande, 2021. https://ebooks-bnr.com/crisinel-edmond-henri-alectone-et-textes-en-prose/
Image d'illustration : https://www.youtube.com/watch?v=KF17_6KXStg
Bande sonore originale : Carlos Viola - The Unknown
Site : https://thegamekitchen.bandcamp.com/track/the-unknown-2
#EdmondHenriCrisinel #Alectone #PoésieSuisse
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