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EAN : 9782870970201
64 pages
Éditeur : Blake et Mortimer (07/06/1996)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 284 notes)
Résumé :
Le piège diabolique où comment se retrouver piégé dans le temps...
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
jamiK
  11 novembre 2020
Dans ce tome, nous voilà confronté au voyage dans le temps. Mortimer va faire un tour dans la préhistoire, au XIVe siècle en pleine révolte paysanne, et dans un futur assez effrayant. Cela fait beaucoup de chose, le récit est dense, complet, intelligent, épique, mais pour envelopper tout ça, il faut se farcir un texte de didascalie un peu lourd il faut le reconnaître, beaucoup de redondances avec l'image, un style assez vieillot, mais le talent d'Edgar P. Jacobs, c'est d'arriver à y installer un minimum de cohérence malgré l'éclectisme des idées.
C'est au moins la 100ème fois que je le lis, il faisait partie de ma bibliothèque d'enfant, et je ne m'en lasse pas. Je trouve toujours moyen de découvrir ou de m'intéresser à de nouvelles choses. Dans cette nouvelle lecture, j'ai trouvé le propos architectural particulièrement attrayant.
Il y a le labyrinthe, un jeu de couloirs, de passages, d'entrailles souterraines, du pain béni pour extrapoler toutes sortes d'interprétations psychologiques ou autres. Notez son talent pour nous perdre dans ces souterrains et passages secrets. Edgar P. Jacobs en est un grand spécialiste dans le monde de la BD, il n'y a d'ailleurs aucun album de Blake et Mortimer signé Jacobs sans un passage sous terre.
Aussi, dans les vision extérieures du monde futur, j'ai remarqué une inspiration venue du mouvement artistique du début du XXe siècle, le “Futurisme”.
Il soignait particulièrement ses décors, et malgré ses audaces marquées par l'esprit de l'époque, justement par cette architecture inspirée par des mouvements artistiques oubliés, rien ne paraît ringard aujourd'hui, c'est de la bonne SF d'aventure, le piège Diabolique est devenu un classique, ce n'est pas sans raisons. On est au début des années 60, et cet album n'a pas beaucoup vieilli, si ce n'est le style littéraire du texte.
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Pavlik
  24 juin 2014
Le Piège Diabolique est clairement un épisode à part dans la série des Blake et Mortimer. Initialement paru dans le journal de Tintin, en 1960, il fera l'objet d'une publication en album en 1962, aux éditions du Lombard. Il a été interdit d'importation et de diffusion en France, par une décision de juin 1962, suite à un avis défavorable de la Commission de surveillance et de contrôle de la presse enfantine, en application de l'article 13 de la loi du 16 juillet 1949, « en raison des nombreuses violences qu'il comporte et de la hideur des images illustrant ce récit d'anticipation ». Evidemment ce jugement apparaît comme largement désuet aujourd'hui et n'a pas empêcher cette histoire de s'imposer comme un grand cru de la série, adaptée en feuilleton radiophonique et, par la suite, en dessin animé et en jeux vidéo.
Le scénario met en avant le professeur Mortimer qui hérite d'une invention du redoutable Miloch, le chronoscaphe qui, comme son nom l'indique, est une machine à voyager dans le temps. Mut par sa curiosité de scientifique, notre héros ne voit pas le piège diabolique se refermer sur lui et se retrouve perdu dans les méandres du flux temporel. Comme indiqué ci-dessus cette aventure est originale à plus d'un titre. D'abord parce qu'il conviendrait mieux de la nommer une aventure de Mortimer, tant le capitaine Blake y apparaît peu (dans les deux premières et deux dernières pages). Ensuite il s'agit du seul album où Olrik, l'ennemi intime de nos deux héros, n'est pas présent, remplacé par Miloch, un savant maléfique, apparut dans l'épisode précédent, SOS Météores. Par ailleurs, ce récit peut être sans conteste classé dans le genre de la science-fiction, il n'est point question ici d'enquête policière (il est donc logique que Blake n'y soit que très peu présent). Enfin, pour la première fois dans l'oeuvre de Jacobs un rôle secondaire est tenu par une femme, en la personne de Demoiselle Agnès.
L'auteur trouve dans ce récit l'occasion de rendre un hommage appuyé à l'un de ses modèles, HG Wells, qui écrivit en son temps la Machine à Explorer le Temps. Mais on peut également y voir la volonté de Jacobs de s'inscrire dans la filiation des grands précurseurs de la science-fiction que furent Jules Vernes, Wells et Burroughs et des auteurs de "romans scientifiques" en général, qui furent légion lors de la première moitié du XX siècle. L'histoire lui permet également d'adresser une critique à la communauté scientifique, car c'est bien cette inclinaison à toucher les limites du compréhensible qui pousse Mortimer dans le piège diabolique. Pour autant c'est aussi son ingéniosité qui l'en fait sortir, Jacobs nous indiquant ainsi que, si la science n'est pas mauvaise en soi, ce n'est pas systématiquement le cas de l'usage que l'on en fait (Miloch étant l'incarnation du mauvais usage). le Piège Diabolique est donc un excellent récit de science-fiction, teinté d'une certaine réflexion et, personnellement, une de mes nombreuses madeleine de Proust.
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umezzu
  08 mai 2020
En 1962, E.P. Jacobs créait un Blake et Mortimer, quasiment sans Blake. L'unique héros actif de la première planche et à la dernière est effectivement un Mortimer des plus téméraires. Sa curiosité scientifique l'emporte sur toute prudence et il teste sans en avertir personne la dernière création son (ex ?) ennemi, le redoutable savant Miloch : un Chronoscaphe, machine à voyager dans le temps.
Parti de la Roche Guyon au vingtième siècle, Mortimer va faire un détour dans la préhistoire lointaine (et y rencontrer des T-Rex bien avant Steven Spielberg), enchaîner sur le moyen-âge, avant d'être propulsé dans un futur angoissant.
Cet album est l'un des plus orientés science-fiction de la série. Mortimer n'y fait pas preuve d'une grande logique, mais montre encore son goût de la justice. Les dessins sont magnifiques, et Jacobs passe d'une période à l'autre sans difficulté.
Un bel exemple de BD intemporelle.

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DocIdoine
  03 février 2019
En règle générale, je n'ai jamais trouvé de mérite aux bandes dessinées qui, ainsi que Roland Barthes l'a bien mieux dit que je ne saurais le faire, équivalent à éradiquer la faculté de représentation, base même du fonctionnement intellectuel (ça, c'est Emmanuel Kant qui l'a mieux dit que moi).
Toutefois, je fais quelques exceptions. Il est impossible, par exemple, de réduire Jacobs aux catégories de la "bédé". J'en veux pour preuve, d'ailleurs, que ce n'est justement pas le lecteur type de "bédés" qui lit Jacobs. Et si j'ai toujours trouvé à la fois pédant et suspect le mot de "roman graphique", je dois avouer qu'en l'occurrence, ça convient assez bien. La dimension authentiquement littéraire est d'ailleurs difficilement discutable.
Il faut reconnaître à Jacobs que certains de ses Blake et Mortimer sont saisissants de prémonition, et qu'ils ne sont pas dénués d'une certaine profondeur philosophique. le Piège diabolique, par exemple... L'état du métro, le langage SMS, l'effarant hologramme de François Hollande, et cette page 38! Cette page TRENTE-HUIT! où Focas explique à Mortimer la dictature mondiale, "l'homme fonctionnel"... Mais comment, diable! - comment?? - cela peut-il encore circuler librement alors qu'il suffirait de 451 degrés Fahrenheit... L'hypothèse la plus probable, c'est que les censeurs ne peuvent pas se hisser au niveau de compréhension nécessaire pour y détecter quoi que ce soit. Ou bien ils se disent: gare à l'effet Streisand (ou Parmentier inversé)! Personne n'est capable de lire ça, et tout le monde s'en fout. Mais si on se met à l'interdire, ils vont tous se ruer dessus.
Une réflexion très intéressante de Blake, qui est témoin d'une conversation entre un conservateur et un progressiste: "Passé, avenir... Qui sait, gentlemen, si le "bon temps" dont vous parlez n'est pas justement le moment présent". Oui, il est probable que moi aussi, en septembre 1960, c'est ce que j'aurais pensé, pressentant qu'on était parvenu à un point délicat d'équilibre où tout allait plutôt pas mal. Car c'est une réflexion qui, chez Jacobs, va au-delà du banal "carpe diem". L'idéologie du progrès est tout aussi stupide que le passéisme pour le principe. Ce n'est pas l'avant ou l'après qui font que quelque chose est meilleur ou pire. Jacobs pressentait que la relative harmonie des Trente Glorieuses prendrait fin dans le chaos. Il ne manquait que des gilets jaunes à ses rebelles...
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CDemassieux
  25 août 2016
« Au moment où va s'engager cette nouvelle histoire », on doit avoir bien en tête qu'Edgar P. Jacobs a autrefois illustré La Guerre des mondes, d'H.G. Wells. Il était donc naturel, voire inévitable, qu'il propose une interprétation – très libre – d'un des romans majeurs de l'écrivain britannique, à savoir La Machine à explorer le temps.
Tout se passe en France, précisément dans l'un des lieux les plus exceptionnels de la Région parisienne, La Roche-Guyon. Et, encore de nos jours, dans le château – où se déroule principalement l'intrigue – ayant notamment appartenu à la famille La Rochefoucauld, on peut constater qu'aucune « déflagration [n'a mis] en pièces le chronoscaphe », contrairement à ce que raconte Jacobs ! Les connaisseurs sauront de quoi je parle !
Ce chronoscaphe fera voir au professeur Mortimer – cette fois sans son acolyte, Francis Blake – des dinosaures turbulents, des Français « moyenâgeux » qui l'ont pris pour un espion anglais et un futur apocalyptique, sans doute l'épisode le plus sombre de l'album car d'un pessimisme évident sur l'avenir de l'humanité.
Toujours avec le souci du détail, Jacobs nous offre à la fois un dessin méticuleux et une aventure aussi mouvementée que passionnante où son héros opère un voyage temporel qui va de 150 millions d'années en arrière jusqu'à l'année 5060, avec un arrêt au XIVe siècle. Ce qui fait une sacrée route !
Cette aventure, en réalité une tentative de vengeance du professeur Miloch – un vieil ennemi – est donc une nouvelle démonstration du sens de la narration d'un des piliers de la bande dessinée.
Mais le Piège diabolique est aussi l'album le plus fataliste de Jacobs, même si Mortimer, dans son lit d'hôpital, conclut par un : « ami lecteur […] ne vous plaignez pas outre mesure de notre damnée époque car elle a de bons côtés ! » Au regard de l'avenir qu'il a nous a montré, on ne peut qu'être d'accord…
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
lechristophelechristophe   26 août 2015
- Technicien : Maître ! J'ai trouvé !.. Voyez ce que dit ce texte du milieu du XXIIe siècle !..
Quoi qu'il en soit, il est clair que ce Mortimer a laissé une trace profonde non seulement dans l'histoire scientifique de la fin du XXe siècle mais aussi dans l'imagination populaire. En effet, si ses exploits réels sont relativement bien connus, la légende lui a fait par la suite une réputation bizarre, le présentant comme un second docteur Faust ! Il aurait ainsi exploré, dans des circonstances assez obscures, la pyramide de Chéops, aurait inventé un appareil mal décrit, le Télécéphaloscope et aurait retrouvé l'antique Atlantide. On prétend même qu'il aurait expérimenté un chronoscaphe ou machine à voyager dans le temps !
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DomichelDomichel   01 octobre 2013
- Mon cher confrère,
lorsque vous lirez cette lettre, j'aurai quitté sans regret cette maudite planète, mais je laisse après moi une invention que je puis qualifier, sans fausse modestie, de FANTASTIQUE !.
Vous fûtes mon ennemi, certes, mais un ennemi loyal. Votre caractère, qui m'a plu ainsi que vos connaissances, qui sont grandes, vous font dignes de recueillir mon héritage.
Mais comme il s'agit d'un événement scientifique d'une portée INCALCULABLE, je suis tenu à la plus grande circonspection. C'est pourquoi vous trufferez mes instructions détaillées dans l'enveloppe ci-jointe.
Si toutefois vous n'étiez pas disposé à recueillir mon legs, aux conditions prescrites, ladite enveloppe serait détruite par maître Lesage.
Votre tout dévoué,
MILOCH.
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umezzuumezzu   04 mai 2020
Et maintenant , ami lecteur, je voudrais avant de nous séparer, tirer de cette singulière aventure la morale qui s'impose : ne nous plaignons pas outre mesure de notre damnée époque car elle a de bons côtés ! Et qui sait si un jour en l'évoquant, vous ne diriez pas à votre tour : « c'était le bon temps».
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MusardiseMusardise   02 février 2015
Les jambes molles, Mortimer se laisse glisser à terre ! Mais il pousse aussitôt un cri d'effroi !... Coincé tout de guingois contre un arbre providentiel, l'appareil surplombe dangereusement une immense lagune aux eux stagnantes d'où monte une violente odeur d'humus et de pourriture...
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CormorobinCormorobin   05 février 2017
Décidément, nos ancêtres étaient plus sages ! Leur vie paisible et ordonnée les mettait à l'abri de pareilles aventures.... C’ÉTAIT LE BON TEMPS !...
Allons donc ! Obscurantisme et tyrannie, voilà ce qu'était "VOTRE BON TEMPS!"
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Vidéo de Edgar Pierre Jacobs
Dans "Le Dernier Pharaon", les Belges François Schuiten, Jaco van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux ont voulu revisiter l??uvre d'Edgar P. Jacobs, où se mêlent leurs talents respectifs et le plus grand respect pour la série originelle. Un hors série fidèle, mais à la fois très personnel, qui prend ses sources au c?ur même des aventures de Blake et Mortimer. À ne pas manquer ! En librairie le 29 mai 2019 : https://www.dargaud.com/bd/BLAKE-MORTIMER/Autour-de-Blake-Mortimer/Autour-de-Blake-Mortimer-tome-11-Dernier-Pharaon-Le
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