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Alain Gnaedig (Traducteur)
ISBN : 2070131394
Éditeur : Gallimard (10/03/2011)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Le 7 décembre 1939, lorsque les troupes finlandaises incendient la ville de Suomussalmi, afin qu'elle ne tombe pas entre les mains de l'Armée rouge, Timmo Vatanen refuse l'évacuation. Lui, le bûcheron considéré par presque tous comme l'idiot du village, va raconter l'histoire de sa survie, avec d'autres laissés-pour-compte finlandais et russes, des "hommes qui ne valent rien".
Les bûcherons est une histoire de liberté, de responsabilité morale face à un choix... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Cacha
11 décembre 2016
Ce roman humaniste raconte l'histoire d'un finlandais qui sauve d'autres hommes durant la "guerre d'hiver", peu importe leur nationalité, ce sont des laissés pour compte, russes ou finlandais.
Il décide tout d'abord de demeurer dans sa bourgade natale, incendiée par ses compatriotes pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi russe.
Quand celui-ci arrive, à l'aide d'un interprète, il prend la tête d'une équipe de bûcherons, ou du moins il essaye d'apprendre ce travail à ces pauvres êtres transis.
On le voit résister à la torture et suivre obstinément ce qu'il pense être son devoir.
Toute sa vie, d'ailleurs, celui que les gens considèrent comme l'idiot du village va empêcher les autres de mourir de froid, grâce à son bois.
Le langage est simple, on dirait que cet humble héros raconte lui-même son histoire.
J'ai moins compris le passage avant la fin de l'histoire qui pourrait suggérer que ce n'était qu'un rêve, le fruit de son imagination. Je pense plutôt que personne n'a voulu le croire, en l'absence des témoins russes, morts ou partis vers d'autres cieux, à l'Est ou à l'Ouest.
Ce livre m'a permis aussi de me documenter sur cet guerre d'hiver entre les finlandais et les russes, avant la 2nde guerre mondiale, et dont je ne me souvenais absolument pas. Aucun de ces deux peuples n'est sorti gagnant ni indemne et l'attention du monde a bien vite été détournée par d'autres combats.
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joedi
27 mars 2013
7 décembre 1939, la ville de Suomussalmi, en Finlande, a été incendiée après que les quatre mille habitants ont été évacués sauf Timmo qui a refusé de partir.
Après le départ des habitants ce sont les soldats finlandais qui ont bouté le feu afin que l'armée russe qui progresse ne découvre que des ruines.
A l'arrivée des soldats, Timmo se déclare l'idiot du village et curieusement, il va survivre à cette guerre. L'histoire du bûcheron Timmo, contée par Roy Jacobsen, révèle les sentiments beaux et forts d'un homme simple pour qui Finlandais ou Russes sont avant tout des êtres humains.
A lire !
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de
06 avril 2012
1939, les armées russes envahissent la Finlande. Un village évacué par ses habitant-e-s, des maisons détruites, brûlées et un homme qui ne veut pas partir de son lieu.
Une histoire de bûcherons « Quand les bûcherons se sont réveillés, je leur ai donné la nourriture disponible, de la bouillie de gruau, de la confiture, du lard, un peu de pain », de guerre « Une foule d'hommes qui courent, marchent, en camion, à cheval, des étrangers, des silhouettes en noir et leurs machines qui ont brisé le silence et rempli la ville d'odeurs et de bruits qui n'y ont jamais existé, des milliers de silhouettes étrangères qui ont toutes quelque chose de bizarre et d'incertain, comme si elles avaient émergé du sol et ne supportaient pas la lumière du jour », de froid, de grand froid et de fuite « Mais pas pour le moment, pour l'instant nous étions arrivés, nous étions parvenus aussi loin qu'il était possibles à des hommes comme nous, qui ne valent rien ».
Mais les être humains ne sont pas des êtres séparables seulement par des frontières, des langues et la guerre. le vide d'un village n'est jamais totalement vide « Et puis, j'ai fait deux découvertes : premièrement, tous les êtres vivants n'avaient pas déserté la ville, il restait les chats, j'en ai vu certains de mes yeux, quant aux autres, j'ai vu seulement leurs traces, il y en avait toujours plus qui zébraient la neige, telle une farine d'un blanc étincelant saupoudrée sur toute cette noirceur ».
Le froid, la neige, la glace, la guerre, les incompréhensions et les refus. La fuite et encore le froid. le travail et la propreté aussi.
Refuser c'est aussi ne pas accepter la vaine autorité, et l'absurdité de situations « Tant que le fait de mourir ou de rester en vie ne me devenait pas complètement indifférent, je ne distinguais plus l'un de l'autre, et tant que je parvenais à survivre à ces premiers jours de labeur sans sommeil, je m'en sortais, et cela m'a donné une forme nouvelle de sérénité. »
Les mots, les phrases de l'auteur soulignent ce froid qui tue, ce froid qui exige tant de mouvements, les aberrations du terme « ennemi », les hommes ensembles, semblables et différents, mesquins. Mais aussi la liberté, la survie et toujours le choix. L'instant figé ne peut masquer le temps…
Et puis des années plus tard, les souvenirs, les rêveries, les interrogations « Cette nuit du 26 mars 1967, la guerre était terminée. »
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ivredelivres
11 avril 2011
Une aventure au creux de l'hiver qui va rassembler des hommes de plusieurs pays, avec chacun un passé particulier, en pleine guerre entre la Finlande et l'URSS, des hommes que rien ne rapproche sauf l'envie de vivre, de survivre serait plus juste.
Lorsque en décembre 1939 l'URSS fait main basse sur la Finlande profitant du Pacte Germano-Soviétique, les finlandais décide d'appliquer la politique de la terre brûlée et incendie la ville avant de battre en retraite.
Suomussalmi doit être évacué, mais un irréductible refuse de quitter la ville, Timmo bûcheron de son état et considéré comme simplet, comme l'idiot.
Timmo organise sa résistance, il rassemble ce qu'il peut de vivres "un pot de saindoux, un seau de lait gelé et un sac de gros sel" . Il calfeutre portes et fenêtres, nettoie la maison où il a décidé de vivre, de fonds en combles et croyez moi Timmo quand il se met à nettoyer il ne fait pas semblant. Tout rutile.
Et puis bien sûr l'hiver redoutable en Finlande, est déjà là, donc Timmo va s'assurer une provision de bois, mais quand on est bûcheron c'est facile.
La ville tombe aux mains de l'Armée Rouge et voilà Timmo embrigadé à son corps défendant par l'ennemi, dans un bataillon d'étrangers prisonniers, de déserteurs, de juifs : bref aux yeux des Russes la lie de la terre. Une équipe de bûcherons bons à tout faire, mal nourris, frappés, menacés, affamés.
Travailler ça il sait faire Timmo mais le danger guette, vous pouvez en quelques minutes être devant un peloton d'exécution.
Alors lui, le simplet, l'idiot, va suivre une stratégie simple : si j'aide et fais un peu confiance à mon prochain peut-être qu' un jour à son tour il m'aidera.
Lorsque l'armée les abandonne il leur faut survivre " Quand les bûcherons se sont réveillés, je leur ai donné la nourriture disponible, de la bouillie de gruau, de la confiture, du lard, un peu de pain."
Une survie basée sur le travail, la ruse, le risque, le don gratuit, et par-dessus tout sur un amour fou de la liberté et de la confiance que l'on met dans l'autre " Plus tard on m'a également surnommé l'Espoir ou le Dernier Espoir, voire le Courage ou la Liberté : c'étaient les premiers mots de russe que la guerre m'a appris."
Rien de moralisant dans ce roman, tous les bons sentiments sont couverts par la neige, toutes les émotions enfouies dans le brouillard, les gestes se perdent parfois dans la boue qui colle aux chaussures.
Koutouzov avait fait le coup de l'hiver aux armées napoléoniennes, l'Armée Russe pourtant aguerrie va connnaître l'enfer blanc de Finlande.
Une belle histoire faite de laissés pour compte, d' un ramassis d'hommes violents, meurtris, qui vont petit à petit tisser une toile faite d'entre-aide et parfois même d'abnégation.
j'ai lu avec plaisir ce récit qui se lit bien au chaud sous la couette.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Feuillesdejoie
02 avril 2014
« Les Bûcherons » de Roy JACOBSEN est un de ces livres étranges que l'on garde en mémoire sans que l'on sache vraiment pourquoi. L'impression est durable. Qu'y avait-il dans ce livre de si étonnant ? Sans doute le ton. Une façon d'affronter toute la folie du monde (la guerre) à l'aune d'une autre folie, infiniment plus douce, celle du héros du livre Timmo VATANEN.
Alors que son village, Suomussalmi, à l'est de la Finlande, va connaître l'invasion russe de l'hiver 1939, les populations en sont évacuées en urgence. C'est le dernier acte logique du livre. Timmo, en refusant de partir, renonce également à toute logique trop commode. Dès que le village est livré aux flammes, Timmo est le témoin impuissant d'une folie furieuse qui va durer tout l'hiver. Mais le héros est avant tout bûcheron et quitter ses forêts lui a paru inconcevable. de son point de vue les russes sont aussi des hommes et au coeur de l'hiver finlandais, ils auront froid, très froid. Alors son métier reprendra toute sa valeur. Ce n'est en aucun cas une collaboration volontaire, juste une façon de rester à sa place et de travailler à ce que l'on sait faire.
Timmo survit. L'armée russe le traite comme un esclave, un déclassé, un sous-homme, mais comme prévu, ses compétences de bûcheron lui sauvent la vie. D'autres hommes le rejoignent, contraints et forcés, dans son labeur exténuant. de pauvres gens, dont une majorité de prisonniers et de soldats russes, largement aussi désespérés que le héros lui-même. Au point que Timmo comprend alors quelle véritable responsabilité pèse sur ses épaules : Il faudra survivre ensemble envers et contre tout.
La logique de Timmo est de traiter un problème après l'autre. Il y en a beaucoup et cela lui prend donc tout son temps. Les semaines passent et le petit groupe, contre toute attente, survit, nourrit quelques espoirs, et élabore même un plan d'évasion…
Timmo, avec patience, distille son humanisme de survie, au ras des pâquerettes. Mais si les pâquerettes poussent c'est que le sol est suffisamment riche et profond. Sa folie douce le protège de tout désespoir ultime et définitif. Timmo n'est jamais taraudé par la peur et il croit dur comme fer en chaque jour qui se lève.
Bien entendu rien ne se passera comme prévu. Bientôt l'armée finlandaise sera de retour et il faudra rendre des comptes devant les autorités de son propre pays. L'héroïsme et le courage de Timmo n'entrent pas dans les catégories justifiables de la soldatesque. le malheur n'est jamais que l'enfant du malheur. Pendant bien des années, les petits bûcherons de la grande forêt finlandaise hanteront la mémoire de Timmo. Pourtant un jour….

Lien : http://feuilles.de.joie@gmai..
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Les critiques presse (1)
LaLibreBelgique14 juin 2011
Un roman qui convainc par la force, le dépouillement et la poésie d’une écriture qui laisse "entendre le gel dans la forêt et les nuages dans le ciel".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi27 mars 2013
... dans une ville incendiée, il y a de la suie, il y a de la suie partout, sur les vêtements et sur les visages, sur le sol, dans les rues, sur les chars et les tentes, sur les chats - et elle ne s'en va jamais, elle se mêle à la neige poudreuse et s'y incruste, elle tourbillonne, elle fond et gèle à nouveau, elle s'infiltre dans les yeux et dans la gorge, dans le nez et dans les poumons, il n'y a rien de plus sale qu'une ville incendiée, elle n'est plus que cela, de la saleté, de la merde.
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dede06 avril 2012
Tant que le fait de mourir ou de rester en vie ne me devenait pas complètement indifférent, je ne distinguais plus l’un de l’autre, et tant que je parvenais à survivre à ces premiers jours de labeur sans sommeil, je m’en sortais, et cela m’a donné une forme nouvelle de sérénité.
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joedijoedi27 mars 2013
Comme le disait mon père, quand ça ne sert à rien, autant faire comme si cela n'était pas arrivé.
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joedijoedi27 mars 2013
... nous n'étions qu'à la mi-décembre, mais j'avais désormais une réponse à la question que, une semaine plus tôt, je n'aurais même pas osé poser : j'allais m'en sortir. Tant que le fait de mourir ou de rester en vie ne me devenait pas complètement indifférent, je ne distinguais plus l'un de l'autre, et tant que je parvenais à survivre à ces premiers jours de labeur sans sommeil, je m'en sortais, et cela m'a donné une forme nouvelle de sérénité.
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joedijoedi27 mars 2013
... les obus "ennemis" se rapprochaient comme les piqûres d'une gigantesque machine à coudre, avec des cris de douleur, des ordres hurlés, des infirmiers qui galopaient - la machine s'était emballée, un tapis de fumée brun et ondoyant s'était déposé sur la ville, tellement dense et sans fin qu'il embrassait aussi le ciel, et nous nous trouvions juste au milieu de tout cela, comme des vers dans une pomme pourrie.
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