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ISBN : 2869853068
Éditeur : Sang de la Terre (21/06/2013)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :

« Qu’est-ce qu’être humain ? Faire partie, si nous l’acceptons, de l’unique forme du vivant capable d’inventer l’humanité. L’humanité reste une adhésion. Un choix collectif. Un défi sans cesse relevé depuis que l’homme est homme : celui d’innover.
La question n’est pas pour nous de sauver la Terre, mais de développer, en la réinventant, l’humanité sur Terre. Ce ne sera possible qu’en respectant notre planète et en nous respectant nous-mêmes, humains... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ATOS
  28 août 2013
Il y a des mots, des notions, des valeurs qui nous sont, si souvent, trop longtemps assénés, martelés...
Nous en avons été nourris, gavés.
Nous ne nous posons plus la question de savoir si cela est correct, si cela est cohérent. Paresse de nos esprits.
Il nous faut des hommes comme Albert Jacquard !
Il va falloir préserver ces esprits là.
Ces esprits qui grâce à leur intelligence, leur sagesse, leur humanisme s'arrêtent , posent les problèmes, doutent, s'interrogent, réfléchissent, et délivrent des pistes, des itinéraires. Et puis il faudrait sauvegarder les journalistes comme Hélène Amblard. En prendre soin, pour qu'ils puissent poser des questions, de vrais questions à des interlocuteurs légitimes et pertinents.
« Quand l'absurdité de la finance balaie en quelques décennies l'utopie dessinée en plus de deux cents ans d'histoire, il nous appartient de réagir ».
« Au delà des apparences, l'espèce humaine a voulu comprendre le déroulement des évènements. Pour cela elle a imaginé des concepts, et ces concepts continuent de lui donner un regard toujours nouveau sur la réalité ».
Il faut apprendre à se frotter le yeux pour mieux voir la réalité.
« Je suis une multitude ».
Alors voilà,.... : la croissance !. Car tel est le problème
Ce chancre , ce bubon du capitalisme.
Peste soit de cette maladie !
Une auto, deux autos, trois autos, une télé, deux télés, cinq télés, un aéroport, deux aéroports, ...un véritable marais potager sur les terres de la finance.
Il faut produire, re-produire et puis se reproduire, vite encore plus pour avaler tout ça. Et.. recracher tout ça.
La croissance ce raisonnement géométrique, cette folie qui a juste oublié le fil de son arithmétique.
La croissance n'est pas infinie. La croissance n'est pas salvatrice. Elle nous détruira - elle ne nous sauvera pas.
Jacquard est objecteur de croissance.
Il faut réinventer autre chose.
Nous y sommes contraints. Nous devons nous y obliger. La solution naîtra de notre volonté.
Alors il pose les cartes sur la table.
Le problème de la croissance est une idée d'homme.
Alors commençons par regarder cette humanité.
Elle a grandit, le peuple des terriens a envahi son espace.
Nous ne pouvons plus nous regarder, nous considérer de la même façon aujourd'hui.
Jacquard est généticien, un scientifique pas un technicien.
Et les sciences qu'il a pu apprendre, qu'il maîtrise lui permettent de bien nous connaître, nous les petits humains.
Il nous connaît dans notre chair, dans nos fibres.
Il sait de quoi nous sommes faits. Il sait depuis longtemps ce dont nous sommes capables. du pire mais aussi du meilleur. Il connaît nos limites, et le potentiel de nos possibilités, et celles de notre espace : La Terre.
"Nous ne sommes en rien des objets soumis à quelque destin, mais des passagers conscients et mortels, agissant sur cette planète. Nous sommes des dépositaires et passeurs d'expériences, de savoirs, échangeant en projections leurs questionnements, leurs ambitions, leurs idées, rêves et idéaux, leurs luttes et combats pour avancer en résonances, par nos unicités partagées."
Alors aujourd'hui c'est en frères que nous devons apprendre à tous nous connaître et avant tout nous reconnaître. 
« Nous avons à réaliser l'unité de l'humanité ».
Ce sera long, sans doute difficile. Mais nous sommes génétiquement tous rattachés les uns aux autres.
Nous avons une humanité commune.
Il évoque la notion de procession, de propriété. Cette idée juvénile , « apparue entre 5 000 et 3 000 ans avant J-C. le feu remonte remonte à peu près à – 500 000 ans...L'argent n'apparaît que 4 000 ans avant notre ère, à Babylone. Quelques siècles, dans l'histoire humaine, c'est un instant »...
Mais à qui appartient la Terre ? Qui a le droit de revendiquer la possession de ses ressources pour le bien que quelques uns aux détriments des autres.
« Nous sommes propriétaires des galaxies ou de l'éternité, simplement pour les avoir découvertes ».. ;
«  La nature fabrique des planètes, pas de conscience d'être. La question d'appartenance à une planète ou d'une planète a telle espèce et pire encore, à tel individu de cette espèce, n'est pas naturelle ».
La propriété est une idée d'homme, la possession est une idée d'homme.
Concernant notre territoire, la France, en évoquant la domestication de Rhône, il nous met sous les yeux ce que les mots profit, finance, croissance arrachent à notre habitat commun. Car tout ce bien, nous est commun. Oui nous avons des besoins. Bien sûr, mais pas forcément ceux après lesquels nous courront, pas ceux pour lesquels nous sacrifions presque tout, y compris nous mêmes et les chances des générations futures.
L'équilibre des échanges reposent sur « je te dois-tu me dois ». Et si tu me dois alors je te prends tout, et à ce titre j'ai des droits sur toi : ta terre, tes ressources, ton peuple, ta liberté...Plus tu me dois plus mes droits augmentent. Alors mon intérêt ? Que tu me doives encore plus...C'est là que réside l'intérêt de la dette. Il revient à celui qui prête.

«  La propriété n'est pas la loi absolue. Dès lors qu'elle compromet l'intérêt commun, elle doit être mise en cause. ».
Utopie ? Rêve ? On a vu parfois des rêves devenir des amorces de réalité.
I have a dream...
Ne nous contentons pas du désastre annoncé.
« Ce que nous vivons, nous ne devrions pas l'appeler crise. L'économie n'est pas naturelle, mais culturelle. Ce qui est culturel est propre à l'homme ».
Alors il faut changer nos mots, changer notre façon de voir les choses. « Nous vivons une mutation ». Qui dit mutation dit transformation. Il faudra bien arriver à concevoir une gouvernance mondiale.
Greffez les mots égalité et liberté sur le cuir du capitalisme  et votre obtiendrez une bête féroce avec neuf milliards de têtes.
Le problème ce n'est pas les mots, le problème c'est le cuir...
Et c'est également notre vision actuelle de l'humain.
Il faudra bien arriver à reconnaître l'humanité de tous. C'est la base du changement. Et le changement devra s'attaquer à l'origine.
«  Nous ne sommes l'enfant de personne , là est l'important. Ou de tout le monde ; passé, présent à venir. Au passage, nous supprimons toute référence aux races et à toutes les questions liées à des prédestinations innées.
Du point de vue biologique, nous sommes non seulement chacun unique, mais tous, nous sommes une partie de l'autre. Nous sommes donc effectivement fraternels. »
« On ne peut définir l'humain que par la collectivité humaine et non par l'individu. Il nous faut en tirer les conséquences dans la façon dont nous vivons et ce n'est possible que si la liberté et l'égalité existent. »
« Ramener l'enfant, dès que la procréation a eu lieu, à un père et à une mère est vrai pour tout ce qui reste du domaine chimique, mais dérisoire vis-à vis de ce que m'apporte le contact avec l'humanité. Là est l'essentiel.
Je suis le père biologique de mes enfants.
Mais je ne le suis pas de l'aventure qu'ils vont vivre et développer. »
« Être paternel, c'est être fraternel. C'est éduquer.
Je suis le frère éducateur de mes enfants.
Au sens de conduire « hors de soi », pour qu'ils s'émancipent ; deviennent eux-mêmes des êtres autonomes, capables de vivre leur propre aventure en la choisissant librement, consciemment, le plus possible.
Toute la difficulté de cette éducation est qu'il faut être directif sans être privatif ni oppressif. »
Si nous disons « désaproprions la Terre, il nous faut aussi dire désapproprions l'enfant. »
« On a utilisé nos idées reçues sur la procréation pour développer une vision capitaliste du bébé. «  Cet enfant est à moi » dit la mère, « Non il est à moi » dit le père. « Il est mon esclave » dit le planteur. » « Il est au parti » dit Staline. « Il est mon outil » dit le capitalisme. « Il est mon soldat » dit le militaire...
L'objet le plus capitalisé qui soit est la recrue.
Désapproprions la Terre commence par «  Désapproprions l'homme ».
Ainsi nous réinventerons l'humanité.
Et que cesse la démesure, l'excroissance.
Croissance de 1, de 2, de 3 % etc....
« La durée nécessaire au doublement d'un grandeur, nous rappelle Albert Jacquard, est 70 ans pour un accroissement annuel de 1 %, 35 ans pour 2 %, 23 ans pour 3 %, 17 ans pour 4 %.. » Et ? …
Donc plus d'exploitation, plus de bouches pour avaler tout ça, pour produire tout ça, pour rejeter tout ça.
Pour ?
Plus de bien-être, moins de chômage, moins de misère, moins de précarité, moins de conflit, plus de paix, moins de famine ?..
La croissance ne cesse pas et ça ne marche toujours pas.
C'est ce que Jacquard nomme la sottise d'un comportement collectif.
" L'entêtement sans l'intelligence, c'est la sottise soudée au bout de la bêtise et lui servant de rallonge. Cela va loin.En général, quand une catastrophe privée ou publique s'est écroulée sur nous, si nous examinons, d'après les décombres qui gisent à terre, de quelle façon elle s'est échafaudée, nous trouvons presque toujours qu'elle a été aveuglement construite par un homme médiocre et obstiné qui avait foi en lui et qui s'admirait. Il y a par le monde beaucoup de ces petites fatalités têtues qui se croient des providences." écrivait Victor Hugo .
Alors ne soyons pas enclins à la médiocrité, à l'obstination, douter est un acte d'intelligence, l'assurance peut parfois se révéler acte criminel.
Ce qu'un enfant en classe primaire est capable de schématiser, une certaine « élite » que nous autorisons à nous gouverner ne se le représente pas.
« Plus » reste le mot d'ordre. Pas le mot «  Mieux » mais le mot « plus »...Quant au mot "bien"....
C'est une question d'ambition fraternelle, un projet humanitaire, une idée qui ne peut venir que de notre commune volonté.
Un grand rêve d'humanité pour une petite communauté de terriens.
Astrid Shriqui Garain
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ATOSATOS   28 août 2013
"Nous ne sommes en rien des objets soumis à quelque destin, mais des passagers conscients et mortels, agissant sur cette planète. Nous sommes des dépositaires et passeurs d'expériences, de savoirs, échangeant en projections leurs questionnements, leurs ambitions, leurs idées, rêves et idéaux, leurs luttes et combats pour avancer en résonances, par nos unicités partagées."
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Vidéo de Albert Jacquard
De l’Humanité à l’Humanitude, déterminisme et liberté par Albert Jacquard.
Chef du Service de génétique de l’Institut français d’études démographiques et professeur dans diverses universités, Albert Jacquard donne sa conception de la nature humaine, soit un être doué d’un étonnant potentiel de développement.
Avec simplicité, Albert Jacquard commence son exposé en confiant trois « émotions » au public : une discussion avec Chevènement sur l’éducation, sa visite du tombeau Ming en Chine, et une discussion sur la définition de l’homme au sein du Comité français d’éthique. Dialoguant autour de ces trois anecdotes, Albert Jacquard explique la genèse de la vie sur Terre pour montrer que les êtres vivants sont une succession infinie de possibles. Aux concepts de l’inné et de l’acquis, il ajoute celui de l’autostructuration. Il explique la loi centrale de la génétique humaine qui est selon lui la complexification par la complexité. Un des secrets du prodigieux développement du cerveau humain est le sommeil paradoxal, « moment où l’on se fabrique soi-même ». Ce qui l’amène à définir son concept d’humanitude. Si l’humanité est la base biologique naturelle de l’être humain, l’humanitude est ce que l’homme y a ajouté de lui-même : les concepts (le beau par exemple), les inquiétudes (la notion du futur et de la mort) et les exigences (l’égalité, la justice…).
En conclusion, Albert Jacquard parle des grandes tendances autodestructices de l’humanitude, l’arme nucléaire, le mépris de l’autre (qui est selon lui une forme d’acné juvénile vieillissante !) et le goût du pouvoir. Il donne sa définition de ce que devrait être l’éducation : une aide à l’éclosion de l’individu. Il termine sur la révolution que les Terriens sont en train de vivre : la planète n’est plus une terre infinie à conquérir mais un espace saturé par l’augmentation démographique. Il est salué par de longs applaudissements. Lors du débat, Albert Jacquard parle de la soif d’apprendre, qui devrait être un des moteurs encouragés par l’école. Le public l’interroge sur les manipulations génétiques et le clonage entre autres.
Conférence du 23.05.1985.
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