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ISBN : 2951574029
Éditeur : Editions L'Harmattan (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Ce livre regroupe une centaine de témoignage d'appelés en Algérie, qu'il soit "para", dans la marine, gradés ou simples soldats.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sharon
  23 octobre 2011
Préambule personnel : les témoignages sur cette période sont rares. La guerre, à l'époque, ne disait pas son nom. Il est facile de dire après coup que les soldats envoyés là-bas auraient pu ne pas y aller – je ne crois pas que déserter était si évident dans les années cinquante-soixante, ni que les objecteurs de conscience étaient nombreux.
Dans le premier chapitre, Jean-Yves Jaffres rappelle l'histoire de la conscription en France. Après ce préambule, il livre un témoignage particulièrement poignant : celui de quatre prisonniers du FLN. Les mots sont simples, bruts poignants. Ce ne fut pas la partie la plus facile à lire – si tant est qu'il y en est eu une. Les photos qui illustrent ce chapitre mettent un visage sur ces témoignages. L'amertume est perceptible, bien que les années aient passées. La douleur aussi, physique, bien sûr, mais moral, surtout. Dire l'indiscible.
Le second chapitre parle des « rappelés ». Je ne connaissais pas vraiment ce terme avant de lire cet ouvrage. Ce journal de six mois est concis et précis. Il rapporte la vie quotidienne, les opérations, l'entraînement.
Le chapitre trois est un journal, autant dire un témoignage assez rare : Jean-Yves Jaffres ne l'a pas retouché, il a eu raison. On pourrait reprocher au texte de ne pas être assez littéraire, ce n'est pas le but. Les tâches quotidiennes et les opérations alternent. le texte parfois est extrêmement concis, proche de la prise de note.
Le chapitre 4 et le chapitre 5 sont des extraits de journal de marche d'une Batterie (je souligne encore mon ignorance au sujet de ce terme).
Le chapitre six semble une litanie : je retiens le nombre de tués que rien ne semble conjurer. J'ignorais aussi avant de lire ce livre que les compagnies de dragon existaient encore.
Le chapitre 7 se scinde en trois parties, trois formes de témoignage : j'étais dans le train, abondamment illustré par les documents d'époque, j'étais dans la Marine dont je retiens cette longue citation : "Au feu, on ne se déguise pas - On est ce qu'on est- Car vous qui avez servi en Algérie en Tunisie et au maroc, fussiez-vous colonel, capitaine, ou 2e classe, eussiez-vous commandé une Unité au feu, simplement essuyé quelques rafales, ou fait votre humble boulot dans un d^pôt d'essence, au foyer, ou au magasin d'intendance sans jamais entendre le claquement d'une balle, si vous avez fait votre travail, votre devoir avec conscience, eussiez-vous une Croix de la Valeur Miliaire surchargée de palmes, ou simplement la carte du Combattant, soyez fiers ; ne rougissez pas, ne vous excusez pas, et laissant l'oppobre à ceux qui savaient ce qu'ils faisaient - Revendiquez avec orgueil votre titre de Combattant d'Algérie" Colonel Henri de Mire, p. 212.
Il parle aussi de ces hommes qui n'en ont pas fini avec la guerre d'Algérie parce qu'ils n'ont pas oublié les tragédies dont ils ont été témoins et qui, aujourd'hui, entendent les mêmes constats manichéens : "J'ai pensé et pense encore à tous ces morts pour rien, à tous ces blessés, aussi bien dans leur chair que dans leur coeur, à tous ces porteurs d'uniformes sur lesquels planent aujourd'hui les ombres de drôles d'images", p. 226, témoignage de Joël Avignon, fusillier marin.
La troisième partie, constacré aux paras, prend une curieuse résonnance pour moi (et oui, je viens de voir un film où les paras sont présentés comme des hommes aimant la violence et la torture) car il montre avant tout les pertes et les disparitions subies par ses compagnies. Je ne me leurre pas : l'image de ce qu'il est advenu de ses hommes m'a empêchée de dormir après la lecture de ce chapitre.
Le chapitre 8 s'intitule Divers témoignages et anecdotes d'Algérie. Bien sûr, j'aurai envie de les citer tous. Si certains contiennent des vrais moments "d'apaisement", ils n'oublient jamais que l'horreur quotidienne n'est pas loin. La mort d'un jeune soldat. La corvée de bois qui sévissait dans les camps de prisonniers (les soldats ne se voilent pas la face). Une femme témoigne : une jeune bretonne qui s'est mariée à un appelé et a mis au monde en Algérie son premier enfant.
Le chapitre 9, Souvenirs d'Algérie, comporte six témoignages différents mais tous ont le même dénominateur : la mort d'un camarade ou d'un civil ne s'oublie pas. Témoignage rare que les lettres du docteur Jean Boyadjian à son cousin. Ce témoignage à chaud a eu la chance de parvenir jusqu'à nous.
Le chapitre 10, le Sahara, est un chapitre presque reposant, puisqu'il décrit la vie quotidienne, les coutumes et la flore dans le Sud de l'Algérie. le narrateur n'oublie pas de nous parler de sa vie d'appelé mais aussi de son parcours d'après l'Algérie. La vie a continué.
Le chapitre 11 J'étais instituteur en Algérie m'a bien sûr particulièrement intéressée. J'ai eu l'impression que, déjà, à l'époque, on avait une fâcheuse tendance à envoyer les jeunes instituteurs "au charbon", sans formation particulière. Je retiens ces phrases de René Jet, p. 362 : La guerre d'Algérie est réellement finie. Mais que de gâchis ! [...] La France métropolitaine n'avait jamais voulu regarder le problème en face. Elle ne s'est intéressée à l'Algérie que lorsque le sang a coulé. le sang européen. On n'a pas voulu considérer les musulmans comme des hommes. Quand on l'a fait, c'était trop tard. Bien trop tard.
L'ultime chapitre contient des témoignages d'ex-prisonnier du FLN, d'algériens, mais aussi des femmes, des fiancées, ou simplement des amies (futures épouses) des appelés.
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
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Jaffres
  21 mars 2013
guyruffino@yahoo.fr (professeur d'Université)
claude.grandjacques@wanadoo.fr
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
JaffresJaffres   25 mars 2013
Frédéric Bey, critique littéraire
Notes de lecture
La vie de soldats bretons dans la guerre d’Algérie en vente sur le site de l’auteur.>http://appelesenalgerie.free.fr et
Militaires français prisonniers du FLN ou disparus en Algérie,
De Jean-Yves Jaffrès


Jean-Yves Jaffrès a choisi dans ce livre d'évoquer la guerre d’Algérie telle que l’on vécu les appelés, au travers d’histoires et de péripéties racontées par de nombreux compagnons d’armes, principalement d’origine bretonne, tout comme lui. Cette collection de témoignages est enrichie par une synthèse et des réflexions de l’auteur sur l’histoire de l’Algérie, la nature de la guerre auquel il a participé, et surtout par de très nombreuses photographies.

Dans son ouvrage sur La vie des soldats bretons ("comme tant d’autres", précise le sous-titre) dans la Guerre d’Algérie, Jean-Yves Jaffrès risque sans doute de dérouter quelque peu ses lecteurs, en passant au fil des pages d’une trame très globale (l’histoire de l’Afrique de Nord depuis de 3 000 ans) à des propos relevant de la micro histoire (comme celle par exemple de la vie des chiens de combat). Néanmoins le travail de l’auteur témoigne d’une grande cohérence et reflète parfaitement le parcours et la maturation de « l’expérience d’une vie » dans l’esprit de ceux, simples appelés du contingent, qui ont traversé la guerre d’Algérie dans des circonstances très diverses. Le livre est conçu comme un "travelling avant", du plus général au plus précis. Sa première partie raconte l'histoire de l'Algérie dans la très longue durée, de l'époque carthaginoise à la colonisation française et témoigne au passage de la manière dont l'auteur se l'est approprié. Le ton est volontairement éloigné de celui des historiens, des intellectuels ou des militaires de carrière. Il s'agit du récit d'un homme comme un autre, mais animé d'une passion particulière. La synthèse historique proposée est simple, claire mais in fine forcément un peu simplificatrice. Elle permet en tout cas une parfaite mise en contexte de la suite, qui nous le verrons, est beaucoup plus personnelle. Le cœur du livre s'organise en effet selon une approche thématique, de plus en plus précise, des différents aspects de la vie des appelés du contingent en Algérie. Tout débute par la découverte du pays, les premiers contacts avec la population, les missions qui sont celles des soldats – guerre ou maintien de l'ordre ? – et enfin les véritables opérations de combat, dans toute leur typologie. Pour chaque thème l'auteur emploie les mêmes procédés : présentation du thème, témoignages d'autres appelés, sous forme d'anecdotes ou de récit des péripéties de leurs histoires, commentaires personnels et éclairage du sujet, grâce à de nombreuses photos de première main. Cette structure confère un caractère très concret et très humain aux propos tenus.
Jean-Yves Jaffrès ponctue également son texte de sous titres en langue bretonne, de quelques citations classiques bien choisies et de quelques poèmes. Le lecteur ne peut alors plus échapper au sentiment d'une certaine proximité avec les sujets évoqués, même si au départ ils lui sont étrangers. La dernière partie de l'ouvrage permet à l'auteur de prendre du recul, en abordant le sujet du retour en France des appelés du contingent et surtout en nous proposant ses réflexions a posteriori sur la guerre d'Algérie et ses réalités. Tous ces éléments font de La vie de soldats bretons dans la guerre d’Algérie (1954-1962) un livre particulièrement humain et attachant. Notons néanmoins que l'ouvrage est très dense, parfois même un peu trop touffu et que l'on pourrait s'y perdre. La mise en page du texte, très compacte, n'aide pas spécialement à trouver sa respiration au fil des pages. Seules les photos aèrent un peu l'ensemble, notamment grâce à quelques remarquables clichés en couleurs regroupés sur 8 pages hors texte.
> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : quatre étoiles sur cinq
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SharonSharon   23 octobre 2011
La guerre d'Algérie est réellement finie. Mais que de gâchis ! [...] La France métropolitaine n'avait jamais voulu regarder le problème en face. Elle ne s'est intéressée à l'Algérie que lorsque le sang a coulé. Le sang européen. On n'a pas voulu considérer les musulmans comme des hommes. Quand on l'a fait, c'était trop tard. Bien trop tard.
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SharonSharon   23 octobre 2011
J'ai pensé et pense encore à tous ces morts pour rien, à tous ces blessés, aussi bien dans leur chair que dans leur coeur, à tous ces porteurs d'uniformes sur lesquels planent aujourd'hui les ombres de drôles d'images
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JaffresJaffres   21 mars 2013
ce livre fait partie d'une trilogie sur notre vécu durant la guerre en Algérie. Livres d'information et de témoignages, agréablement illustrés d'une importante iconographie, environ 700 vues par ouvrage
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JaffresJaffres   21 mars 2013
Un autre ouvrage suit ce troisième livre sur les militaires français prisonniers du FLN. Contact direct possible avec l'auteur au 0299471302 entre le 17 avril et début octobre 2013
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