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ISBN : 2849902861
Éditeur : Editions des Equateurs (21/08/2014)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Grazyna est mariée à Wojtek, grand reporter de guerre. Ils vivent une histoire d’amour fusionnelle. Mais elle ne supporte plus les séparations, le danger encouru par son mari et développe, à l’image d’un soldat au front, un stress post-traumatique. Admise dans une maison de repos, elle va se confier à Lucjan, un autre patient, qui revendique l’assassinat de son gendre.

Leurs échanges permettent de découvrir leur vie respective et la teneur de cet amo... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
krzysvanco
  21 février 2017
Un livre bouleversant.
Rien ne peut mieux l'introduire que l'incipit de l'auteure :
"Il y a trois mois jour pour jour, j'ai été admise en maison de repos. Mon syndrome : le stress post-traumatique du soldat. En réalité, c'est le stress de mon mari, mais il m'a toujours délégué tous ses soucis."
Grażyna Jagielska, dans ce récit auto-biographique, nous raconte sa vie avec son mari Wojtek, correspondant de guerre très connu en Pologne, titulaire de nombreux prix, qui a couvert pas moins de 53 guerres (Tchétchénie, Géorgie, Afghanistan etc...).
Tout semble les rapprocher, leur passion commune pour la découverte du monde, les mêmes centres d'intérêt, on leur dit qu'ils sont faits l'un pour l'autre, que leur ressemblance est extraordinaire. Ils voyagent, en Asie surtout, et ne veulent pas s'enraciner : s'ils ont bien un pied-à-terre, celui-est à peine pourvu de meubles et les caisses ne sont pas déballées. Petit à petit toutefois, la vie change pour Grażyna : tous deux gagnent bien leur vie, arrivent un nouvel appartement, un chien, un bébé alors que Wojtek est de plus en plus passionné par son métier de correspondant de guerre. Il a peur de ne pas être là où les évènements pourraient se produire. À son retour, il raconte tout à sa femme. Nous assistons alors à une lente progression de celle-ci vers la dépression. Elle a une peur panique du téléphone qui pourrait lui annoncer la mort de son mari, elle vit en elle-même les épisodes terribles racontés par son mari. Elle en devient de plus en plus dépendante, la vie normale continue, mais elle vit dans l'attente du retour, puis dans la peur d'un nouveau départ. le stress est permanent et la détruit, ils envisagent de divorcer, elle se trouve à la fin incapable de conduire, de se rendre au travail, de se rendre au magasin, de voir ses amis. Lorsqu'elle racontera à une infirmière que son mari est mort, celui-ci l'emmènera en hôpital psychiatrique.
Pour nous décrire tout cela, Grażyna Jagielska le fait au moyen de ses confidences à un autre patient, de ses souvenirs, de son mal de vivre.
Nous sommes véritablement en empathie avec elle, ses obsessions sont obsédantes. Un amour fusionnel peut créer une dépendance, et cette dépendance peut détruire celui qui la subit.
Il faut lire ce livre !


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traversay
  19 septembre 2014
"Nous partons à la guerre ensemble sauf que moi je reste à la maison." Dans Amour de pierre, de l'asile psychiatrique où elle est soignée, Grazyna Jagielska témoigne. Ce n'est pas un roman, c'est sa vie, réelle, qu'elle raconte à un compagnon de folie. Celle de la compagne d'un grand reporter de guerre qui a couvert pas moins de 53 conflits, de la Tchétchénie à l'Afghanistan, du Sri Lanka au Congo. Elle a essayé de comprendre, Grazyna. Elle a tenté d'évacuer la peur mais rien à faire. L'attente près du téléphone, l'effroi à l'idée qu'il ne reviendrait plus et presque l'espoir qu'il était vraiment mort pour que cesse enfin cette angoisse lancinante. Grazyna a souffert mille tourments. Il lui a dit : "je me sens vivre pleinement quand le danger est là." Pleinement ! Et leur couple alors ? Et leurs enfants ? Pénélope traumatisée, elle a peu à peu sombré, folle de son mari, folle tout court, plus choquée que lui par les horreurs qu'il raconte. Parce que c'était son adrénaline, seulement cela, alors qu'elle vivait tout dans son corps et dans son âme en plus de la crainte de le perdre définitivement. Amour de pierre est une confession. Si intime qu'elle embarrasse parfois. L'écriture est faussement calme, abrasive en dessous. le récit est haché, suffocant et inconfortable. le genre de livres qui perturbe mais qu'il est difficile d'aimer. Depuis quelques années, il a abandonné son métier de reporter de guerre. Pour toujours ? Ce n'est pas certain. Grazyna va un peu mieux. Mais il est probable que la peur ne la quittera jamais.
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aurelpitch
  16 octobre 2014
Livre lu pour la Masse critique, livre sur lequel je ne me serai peut etre pas arretée en librairie, et dont j'ai été agréablement surprise.
Roman autobiographique relatant le quotidien d'une femme d'un correspondant de guerre. Quotidien assez particulier, comme une femme de soldat, cette derniere passe sa vie dans l'attente mais l'attente de quoi... Elle attend le retour de son mari, mais tout autant le possible appel annonçant une mauvaise nouvelle. Un quotidien prenant, stressant et déconcertant. Une littérature qui balance entre souvenirs et poésie, une littérature quelque peu déstructurée, un peu comme peut être la vie de cette femme. Si destructurée, qu'elle vous laisse le sentiment d'être perdu dans le fil des faits relatés, entre le present, le passé, parfois, on ne sait plus trop qui parle, de quel periode il s'agit. Ce serait peut etre une petite critique que j'aurai à faire à ce roman, car j'ai eu qq difficultés à m'accrocher au fil de l'histoire avec ce côté destructuré. Mais d'un autre coté, cette critique ne tient pas, car je dirai que ce coté destructuré permet de s'infiltrer dans la peau de l'auteur, dans son quotidien, sa vie tout autant destructurée. Et en fin de compte, on finit par saisir le fond de l'histoire, les sentiments de chacun et la chute de ce roman.
Tout en s'infiltrant dans la peau de l'auteur, on voyage avec le mari, grâce à la multitude de souvenirs et de faits en lien avec ses escapades. On prend connaissance du rythme de vie d'un correspondant de guerre, et on peut même saisir le côté prenant de ce métier qui fait qu'il a toujours ce besoin de repartir, de poursuivre, d'aller jusqu'au bout.
Pour conclure, voici un livre qui me laisse perplexe. Un livre que j'ai apprécié dans le fond et dans le général, mais pas tant dans la forme. La lecture reste un peu complexe par ce coté destructuré et par la multitude de noms qui généralement, pour ma part, m'embrouille. Mais dans l'ensemble, j'insiste sur le fait que mon ressenti penche davantage sur un avis positif, et sur le fait que j'ai apprécié lire qqch qui change totalement de mes lectures habituelles !!!
:) Merci Babélio pour toutes ces Masse's Critique's :)
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Bookycooky
  06 septembre 2014
"Nous avons si peur que nous ne savons plus vivre",c'est le récit puissant d'une femme qui analyse sa vie,arrivée à un point de rupture psychique par amour pour son mari.L'homme est correspondant de guerre,un des plus fameux de Pologne,la femme(la narratrice et l'écrivaine elle-même)est traductrice.C'est un couple qui au départ vit en symbiose.Lui part dans des zones à haut risque,elle reste à Varsovie,attendant sa mort imminente à chaque absence.Lui ,à chaque retour cherche la suite de la zone de plénitude qu'il a trouvé dans l'autre réalité(zone de guerre), chez la femme.Or chez la femme elle n'existe pas puisque l'autre réalité elle ne la connaît pas.Elle va tenter d'entreprendre des voyages avec lui pour remédier à ce fossé imminent qui se creuse entre eux(dont le récit fulgurant du voyage en Afghanistan),mais ce ne sera pas une solution.Et peu à peu elle sombre dans la dépression profonde et elle sera hospitalisée dans une clinique psychiatrique ou elle rencontre un autre patient,interné pour d'autres motifs,qui sera son interlocuteur pour faire l'autopsie de cette noyade.Possesion et Dépossession de la vérité est le verdict général de l'autopsie.Avec une prose simple,un humour noir,grinçant,une analyse des faits et sentiments au scalpel,ce sublime récit d'une humanité bouleversante m'a beaucoup touchée.C'est un livre très riche ,très dense,dont je pourrais en écrire encore long,mais je vous laisse le plaisir de le lire.
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nowornever
  22 octobre 2014
Livre lu grâce à Babelio et aux éditions Equateurs que je remercie.
J'avoue qu'au début je n'avais pas tilté sur le fait que ce roman soit une autobiographie. J'ai été happée par le récite dès le début. Il faut dire que la phrase d'ouverture : "Il y a trois mois jour pour jour, j'ai été admise en maison de repos. Mon syndrome : le stress post-traumatique du soldat." est accrocheuse.
Ainsi, dès le départ, on sait où elle est mais l'on ne sait pas exactement pourquoi. le récit va donc être celui de l'amour d'une femme pour son mari reporter de guerre mais aussi l'histoire d'une rupture entre eux.
J'ai été touchée par la lecture de se roman car au fur et à mesure des guerres vécues par le couple (et on se rend compte qu'il y en a eu beaucoup depuis les années 1980, plus ou moins connues) il y a une barrière qui se créé. Cela m'a encore plus frappée lorsque l'on voit que le mari ne parle que de ses voyages et de ses aventures alors que Grazyna s'ancre de plus en plus dans le réel pour s'éloigner des horreurs de guerres apportées par son mari.
En parallèle, il y a l'histoire de Lucjan, dont on ne sait rien mais dont on apprendra et comprendra l'histoire au fur et à mesure : c'est l'ami et le confident de Grazyna dans la "maison de repos".
Très bonne lecture, très touchante d'autant qu'elle est autobiographique. Je le conseille vivement !
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Les critiques presse (1)
Telerama   10 septembre 2014
Par-delà la splendide et tragique histoire d'amour-fusion, cette confession-poème trouée et déconstruite comme le sont les souvenirs qui tuent à petit feu, les obsessions qui laminent, les peurs qui usent, est aussi une étonnante réflexion sur les reporters de guerre [...].
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   19 février 2017
Il y a de bons côtés à vivre auprès d'un homme qui risque sa peau plusieurs fois par an ; on ne les remarque pas forcément tout de suite. La foi en la vie est fifferente, elle ressemble au cours des saisons ; après chaque effondrement elle se renouvelle malgré tout, toujours plus forte. On a foi en des séquences de vie très courtes : jusqu'au mois suivant, jusqu'aux fêtes,, jusqu'au printemps. La pensée se fait plus claire, on ressent les choses plus intensément, comme avant de mourir.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   14 septembre 2016
Ce sont les guerres de la fin des années 1990, me semble-t-il, qui m'ont changée à ce point. Elles ont engendré la dépression nerveuse que mon correspondant de guerre de mari aurait dû subir. Ou peut-être cette maladie a-t-elle pleinement mûri à ce moment-là ; elle est devenue visible, délimitant les contours de notre vie future. Vers la fin des années 1990, je ne pouvais plus me faire d'illusions, ni croire à un retour à la normale. Nous avions expérimenté tous les retours possibles ; nous savions qu'il était inconcevable de revenir sur les lieux du passé, comme aux anciens projets.
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krzysvancokrzysvanco   19 février 2017
Om ne raconte pa CE genre d'histoire au printemps ; l'été non plus d'ailleurs, ni à l'automne. On ne raconte pas ce genre d'histoire du tout. Et pourtant Wojtek tente de décrire la vraie histoire de Taïa. Il veut en faire un article, puis un chapitre de son livre sur la Tchétchénie. C'est ce qu'il a toujours fait et cela marchait : il prenait la vie des gens et en tirait des histoires. Mais cette histoire n'est pas comme les autres, elle s'installe en nous pour de bon et on ne peut pas s'en débarrasser si facilement. Et il y a quelque chose que je peux lui reprocher, c'est justement d'avoir ramené à la maison cette Taïa mutilée et souillée. Il me l'a refilée avant même que je n'aie eu le temps de réchauffer son déjeuner au four.
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nowornevernowornever   10 octobre 2014
Je repense à cette époque et je ne vois pas quelle faute nous avons commise. À croire que tout s'est déroulé comme il faut, et sans heurts. Peut-être que nous n'avions rien fait de mal, après tout ; cette vie nous était destinée.
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luocineluocine   30 janvier 2015
Je sens la peur et l’impuissance m’envahir. Je me trouve là, à côté de lui ; autour de nous un été illusoire et incertain….J’ai envie de rejoindre le chat, de ramper dans les canalisations et d’y rester. Ne plus participer à quoi que ce soit. Ne plus regarder mon mari partir, et fermer la porte. Ne pas chercher de marques sur son visage quand il revient. Il me semble qu’à chacun de ses retours, il me prive de quelque chose. Il ramène ds gens dans ses bagages, mais il laisse une grosse partie de lui-même de l’autre côté, dans un monde auquel je n’ai pas accès.
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