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ISBN : 2213613761
Éditeur : Fayard (15/10/2002)
Résumé :
La philosophie islamique déploie une intuition du réel qui importe au destin de la métaphysique. L'islam porte en lui, autrement dit, une ontologie qui appartient à la constitution de notre propre univers de pensée. Or, l'œuvre de Mollâ Sadrâ Shîrâzî (mort en 1640) se veut précisément celle d'un témoin intégral de la révélation du réel divin en chaque acte d'être, de chaque existant, du plus humble au plus éminent. Ce livre s'efforce de saisir cette intuition du rée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Piling
  01 avril 2009
Si l'identification des chrétiens à la figure du Christ est celle du Pardon devant la persécution, la réponse du chiite devant ses ennemis est la dissimulation, dans un retrait qui réactualise à tout moment celui de l'Imâm caché . Renversement saisissant de la scène du reniement de saint Pierre et du chant du coq : l'un trahit en niant, l'autre trahit en avouant ; ici, la fidélité s'appelle Secret, parjure de l'apparent par adhésion envers le caché ; là, au contraire des chrétiens sommés de renier publiquement leur foi, et donc d'être ouvertement témoins, (martyrs) en bravant les supplices, le fidèle de l'Imâm est sommé de se taire et ainsi de "se garder" et par là-même de "garder son Imâm" qui, dans cette conception salvatrice d'un combat contre la ténèbre, dépend de ses fidèles autant qu'eux de lui : qu'importe que la lampe brûle à couvert, ce qui compte, c'est que la flamme ne s'éteigne pas de ce monde, sous peine de perdre le monde.
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Piling
  01 avril 2009
Et alors ce passage réjouissant quand on nous corne sans cesse aux oreilles que la philosophie islamique s'est arrêtée avec Averroès (et donc de l'abandon de l'aristotélisme), en omettant déjà que le néoplatonisme c'était tout de même quelque chose : en Mollâ Sadrâ, il y a le dépassement des deux pensées, au sens où il y prend ce qu'il veut et, comme pour l'Ishraq, en fait sa propre cuisine :

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Piling
  01 avril 2009
Aujourd'hui il est de bon ton de stigmatiser l'islam, religion vouée à rester "arriérée" à cause de l'absolue de la Révélation (le judaisme aussi d'ailleurs) en opposition à un christianisme dont la sûreté des sources est plus floue car émanant de propos et récits humains, et donc plus aisé à remettre au "goût du jour". En introduction à L'Acte d'être de Molla Sadrâ, Christian Jambet rappelle cependant ce propos de Hegel : "Dans le concept de la religion vraie, c'est-à-dire de celle dont le contenu est l'esprit absolu, il est impliqué essentiellement qu'elle soit révélée et, à la vérité, révélée par Dieu."

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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   19 mai 2009
La distinction de l'intelligence en soi et de l'intelligence en nous est affaire de point de vue, selon que nous prenons le point de vue du foyer générateur ou de l'image qui en procède. Le monde intelligible, cette écriture du calame divin, est bien une esthétique généralisée, et fonde l'esthétique de l'art islamique, qui figurera, sous des formes abstraites ou des figures sensibles, cette expansion des ombres spirituelles. L'art des miniatures ou des scènes sensibles sera l'art de l'intelligible, non pas un art réaliste et représentatif, mais l'imagination seconde de ces images premières, idéales, qui procèdent de la surabondance de l'être. Les schèmes de l'imagination sont aussi bien des structures de l'espace intérieur que des modulations du temps, et non l'iconoclasme, ils offrent aux intelligences une configuration sensible. L'icône est ainsi essentielle à l'ontologie de l'islam. Les arts sont témoins des grandes fractures théologiques de l'islam, parce que leur pratique ou leur condamnation impliquent une prise de position engageant le sens de la révélation. L'ontologie sadrienne, contemporaine du grand essor artistique de l'époque safavide, ne déroge pas à l'interdit de la représentation imagée, mais le contourne en une esthétique de la manifestation sensible de l'Idée.
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PilingPiling   17 mai 2009
Adam reçoit l'insufflation de l'esprit, qui demeure vivant en son intériorité cachée. La tâche des hommes est de réaliser la révélation de l'esprit prophétique, jusqu'à rejoindre l'archétype foncier, le père spirituel, Muhammad. L'événement historique de la révélation muhammadienne, et de l'exégèse développée par les Imâms, est l'accomplissement de ce retour, en une réconciliation de l'ordre temporel, gouverné par la paternité adamique, et de l'ordre spirituel, commandée par l'anthropomorphose de l'esprit dans le plérôme originel. Mais cet accomplissement n'est pas temporel. Il est retour à l'origine spirituelle, et il dépend de l'aptitude des fidèles à la connaissance de l'esprit. Le temporel s'évanouit, conformément à sa nature évanouissante foncière, tandis que demeurent les divers degrés de la remontée dans le monde de l'impératif, l'homme psychique, l'homme intelligible, l'homme spirituel divin. Telle est, ici condensée, l'intuition de l'histoire propre à l'ontologie de l'islam, qui est une liturgie de l'esprit et non pas, comme la phénoménologie occidentale chrétienne, une incarnation dans l'effectivité concrète temporel.

Henry Corbin a soutenu que ce schème était le privilège de l'islam shî'ite, et qu'il était aussi bien la chance offerte à l'ontologie de l'islam tout entier. Nous pourrions soutenir, en déplaçant notre regard, que cette chance a un prix. Que l'esprit absolu ne soit jamais destiné à devenir esprit objectif dans la temporalité sensible, mais à s'en évader jusqu'à faire retour au point d'origine de l'acte révélateur divin, cela produit le schème de la liberté humaine en islam. C'est une liberté impérative, indissolublement unie à la connaissance de la condition éternelle du servant, de la 'ubûdîya constitutive de l'Anthropos primordial, miroir de Dieu et khalife de Dieu.
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PilingPiling   19 mai 2009
Sadrâ énonce cette maxime capitale : "la religion est chose intérieure" (al-dîn amr bâtinî), maxime qui n'en fait pas un bâtinî, un "ésotériste" au sens technique que prend ce terme quand il désigne l'ismaélisme. Mais qui en fait un philosophe averti du danger de confondre l'ordre apparent de la cité et l'ordre de la religion. Non qu'il propose une quelconque séparation de l'Etat et de la révélation, ce qui serait bien surprenant. Il distingue plutôt la discipline juridique, née de l'histoire et liée indissolublement aux statuts du monde sensible extérieur, auquel appartient l'homme de la cité, de l'ensemble des vérités qui relèvent, rigoureusement parlant, de la "religion".

Il cite une tradition importante, qui dit que "quand Dieu s'épiphanise pour une chose, opère en quelque chose sa révélation éclatante, il soumet à lui l'apparent de la chose et son ésotérique". La religion est cette soumission de l'ésotérique de l'homme, tandis que les statuts juridiques n'ontéressent que son extériorité sensible. L'obédience réelle n'est donc pas le respect des interdits, qui sont pure négation des fautes et des délits. Elle est pleinement affirmative, et elle est un concomitant de la gnose et de la certitude, "la vue spirituelle complète pénétrant da ns la réalité de la religion". Elle culmine dans l'extinction mystique en Dieu (hosûl al-fanâ'). La religion est le mouvement essentiel de l'acte d'être, sa croissance et son perfectionnement, et ne se confond pas plus avec la loi que la liberté ne se confond avec la contrainte.
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PilingPiling   10 mai 2009
Sadrâ ne cache pas sa profonde affection à l'égard des animaux, le souci qu'il a de leur réserver un destin dans le cadre du retour à Dieu de toutes les créatures. Nous le voyons proposer une analyse remarquable de l'âme animale, qui est, aussi bien, l'âme des hommes quand ils n'exercent pas leur puissance intellective. Le vivant animal reste identique à soi, il possède une individualité permanente en tous ses états. En outre, les bêtes ont une certaine conscience d'elles-mêmes. Elles fuient ce qui leur cause du déplaisir, et elles recherchent ce qui leur procure du plaisir, elles fuient les douleurs dont elles savent qu'elles sont pour elles une douleur, ce qui implique une certaine connaissance qu'elles ont d'elles-mêmes.

Or, qui dit connaissance ('ilm) dit nécessairement séparation d'avec la matière. En effet, la connaissance que l'animal a de son propre soi est permanente, et elle n'est pas acquise par les sens. Il s'agit d'un savoir immédiat, qui n'a besoin ni d'une preuve par une certaine pensée réflexive, ni d'un témoignage des sens. Cette connaissance antéprédicative de soi, cette présence à soi et à son acte individuel d'exister, l'animal n'en est pas privé. Il témoigne ainsi de l'immétarialité de ce soi.
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PilingPiling   09 mai 2009
Si l'intelligence est notre vraie réalité, si l'homme intelligible est au centre d'une anthropologie, héritée de Plotin, qui en fait l'origine et le terme de l'homme psychique et de l'homme sensible naturel, l'intelligence est bien la puissance métaphysique par excellence. Or l'intelligence ne fait qu'un avec le coeur, de sorte que "l'amour s'ensuit de la perception de l'être, parce que celui-ci est bien pur. L'intuition de la présence de l'être conduit aux pratiques suprêmes de la contemplation, que Mollâ Sadrâ ne craint pas de désigner par les trois modulations suivantes de l'amour : l'amour fou (al-hayamân), l'amour spirituel (al-'ishq al-rûhânî) et l'amour divin (al-mahabba al-ilâhîya). La métaphysique instruit une pratique de la liberté, à l'imitation de la liberté divine, et cette liberté s'inscrit dans la nature même de l'intelligence, qui n'a de lien qu'avec Dieu et exprime éminement la spontanéité créatrice de l'Impératif divin : intelliger, c'est libérer son propre soi de toutes les attaches mortelles, de toutes les oppressions de la matière et des passions. Inversement, la pratique de soi impose d'intelliger, c'est-à-dire de saisir l'être en son évidence immédiate, en son surgissement ordinaire.
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Video de Christian Jambet (2) Voir plusAjouter une vidéo

Maurice Clavel
A Vézelay, seul ou entouré d'amis philosophes, André GLUCKMANN, Philippe SOLLERS, Guy LARDREAU, Christian JAMBET et Michel FOUCAULT, Maurice CLAVEL s'entretient avec Antoine de GAUDEMAR ; parle de lui-même, de sa jeunesse, de son engagement dans la résistance, de son parcours politique, du Général de Gaulle, de sa conversion au christianisme, de la révélation qu'a été pour lui la...
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie antique, médiévale, orientale>Philosophie de l'Orient (sans distinction d'époque) (123)
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