AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : B00CB5DAJA
Éditeur : Nicholas Brealey Publishing (30/11/-1)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
In the spirit of the mega-selling "On Bullshit", philosopher Aaron James presents a theory of the asshole that is both intellectually provocative and existentially necessary.

Aaron James holds a PhD from Harvard and is Associate Professor of Philosophy at the University of California, Irvine. He is the author of Fairness in Practice. He's an avid surfer (the experience of which directly inspired this book...) and he's not an asshole.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Apoapo
  18 septembre 2019
J'avoue sans vergogne que je m'étais procuré ce volume après la lecture très instructive de Total Bullshit ! par Sebastian Dieguez et que je m'attendais à un essai du même genre, apportant une réflexion philosophique aussi soignée et pointilleuse sur cette problématique assez complémentaire qu'est celle du « Salaud » [c'est attentivement que je choisis de traduire ainsi « Asshole », alors que plusieurs autres options peuvent se présenter plus immédiatement à l'esprit]. Ce livre a hélas une nature différente, et j'hésite à le répertorier entre « essai » et « humour » : relevant d'après son auteur de la « pop philosophy », il est à l'évidence le fruit d'une (trop rapide) mise en forme écrite de conversations conviviales, il contient certaines idées très intéressantes, quelques argumentations philosophiques bien menées, plusieurs références philosophiques classiques et pour la plupart connues (à Kant, Rousseau, Nietzsche) ainsi qu'une élégante modélisation d'après la théorie des jeux, mais aussi des longueurs, des chapitres entiers de nature assez polémique, une longue sorte de typologie (les chapitres 2 et 3 que je recommanderais fortement de sauter) de salauds, fondée sur des célébrités principalement américaines, que chacun peut connaître ou ignorer et en sa conscience qualifier de salaud ou non sans que la démonstration en soit atteinte, et enfin un sympathique chapitre conclusif sous forme de « Lettre à un Salaud », un pastiche des Épîtres d'Horace, qui, à l'évidence, n'a d'autre fonction que de divertir. En bref, la qualité du texte est très variable, le sentiment prévaut d'une rédaction trop peu soignée pour offrir la matière d'un essai, le ton n'étant pas non plus toujours celui de l'ouvrage humoristique.
Très subjectivement, cette note va retenir uniquement les éléments qui m'ont attiré. Et d'abord la définition du « Salaud - Asshole » :
« In interpersonal or cooperative relations, the asshole :
(1) allows himself to enjoy special advantages and does so systematically ;
(2) does this out of an entrenched sense of entitlement ; and
(3) is immunized by his sense of entitlement against the complaints of other people. » (p. 5)
On retient donc de ce premier chapitre la centralité d'une problématique éthique du phénomène du salaud, fondée sur un jugement de soi qui abolit l'égalité morale avec autrui, afin de s'arroger des privilèges indus en dépit des protestations d'autrui. Pour un supplément de définition, il faut se référer au concept d' « arrogantia » d'après Kant. Sont exclus de la définition l'aveuglement moral temporaire (étourderie, goujaterie, erreur éventuellement suivie de repentance et contrition) ou permanent qui caractérise les psychopathes. Il s'agira donc, sur un plan purement théorique, de réfléchir aux causes et conséquences d'un jugement éthique fondé sur l'inégalité morale.
Des chapitres 2 et 3, je me limite donc à retenir des précisions qui concernent les causes sociales ou généralement culturelles qui peuvent peuvent provoquer le phénomène : dans un premier moment le philosophe s'intéresse principalement à certaines professions, liées à l'entreprise, au politique, et à la finance :
« It is said that power corrupts. We may add that it brings out the inner asshole, by deadening one's capacities of empathy and understanding, telling one there is no need to listen, and beckoning one into egocentrism and easy rationalization of ever-widening privileges. The asshole boss simply settles into a firm sense that "I'm the boss", which gradually becomes a firm sense that "I'm the man" in trafic, at the post office, and at his child's soccer game. » (p. 51)
« […] the asshole's reasoning is shaped by the moral justifications his surrounding culture makes available to him. » (p. 54)
Cette culture est donc à mettre en relation avec le milieu de l'entreprise ainsi qu'avec l'esprit du colonialisme – le « fardeau de l'homme blanc » de Kipling étant nommément cité p. 63-64.
Dans le ch. 3 il est question presque uniquement du « salaud »-banquier d'affaires surtout durant et au lendemain de la crise financière de 2008.
Le ch 4 : « Gender, Nature, Blame », part du présupposé empirique que le « asshole » est de sexe masculin, exclue que ce phénomène soit biologique, et ouvre la question de la responsabilité individuelle si la qualité de salaud n'était que le produit d'une éducation genrée, donc un produit social. La réponse – oui, le salaud est responsable malgré les facteurs sociaux – est assez classique en éthique ; ce qui l'est moins, c'est la définition différenciée du concept au féminin – le terme retenu étant « bitch » que je traduis volontiers par « garce », en sachant qu'en français aussi une nuance assez précise existe entre le « salaud » et la « garce », mais la langue l'a-t-elle construite par empirisme ou bien par sexisme ? C'est une question cruciale qui n'est pas affrontée.
« A person counts as a bitch […] when, and only when, she systematically takes special advantages in interpersonal relations out of an entrenched sense of entitlement that leaves her open to the voiced or expressed complaints of other people, but immunized against their motivational influence. » (p. 92).
L'aggravation du cas de la garce par rapport au salaud réside dans l'attention feinte et non suivie d'effet que celle-là porte aux protestations d'autrui.
Ch. 5, « Asshole Management » - ou « Comment faire face au salaud » :
« In short, the good fight for recognition is as much a fight for a public status as for anything else. It is not simply a struggle to get this particular man, on this particular day, to recognize one as an equal. Even when that isn't in the cards, working to publicly uphold one's rights or the rights of others is often worth fighting for, in any number of large and small ways.
The point of speaking up is much like the point of nonviolent protest, for instance, as during apartheid in South Africa […]. The goal of peacefully taking to the streets was not simply to persuade the entrenched white minority in power, who had already shown an extraordinary ability to wall out any reasons for racial desegregation. The goal was also to invite the larger South African public, including many potentially sympathetic whites, to appreciate the rightful claims of segregated minorities without using violence in a way that would trigger their defenses and close their ears. » (pp. 128-129)
Il est question, de manière un peu vague, des Stoïciens et d'une réaction au salaud qui, dans le rétablissement de l'égalité morale, puisse avoir une valeur collective et éventuellement celle de sa conscientisation.
Ch. 6, « Asshole Capitalism » - « Un capitalisme salaud », est une forme dégradée et à terme auto-destructive de capitalisme dérégulée et non-coopératif qui mine la confiance des acteurs économiques ainsi que les institutions et les pratiques nécessaires au fonctionnement du capitalisme selon ses propres étalons de valeurs.
« To be more specific, asshole capitalism has three essential features :
(1) incentives : it affirms expansive entitlements (e.g., to unbounded personal enrichment, even at a social cost) that create powerful incentives for thinking like an asshole ;
(2) undermanagement : it lacks a reliable system for dampering asshole profusion (e.g., the family or the rule of law is overpowered by the entitlement-based incentives) ; and
(3) destabilization : the resulting profusion of assholes undermines the cooperation needed for a capitalist system's healthy functioning, according to its own founding values (of freedom, opportunity, and general prosperity). The system, in that sense, deteriorates or degrades. » (p. 146)
Ch. 7, « Accepting the Given » - « Accepter la situation donnée » : retour sur les contenus du ch. 5, avec cependant une dialectique entre la position stoïcienne et l'idée hégélienne de « réconciliation ». Il y a aussi, dans ce chapitre assez ennuyeux, des considérations sur l'évolution de l'Histoire, entre la lecture de Marx et celle de Hobbes, et cette dernière mise en relation avec Rousseau.
Suivent : « Letter to an Asshole », « Acknowledgements » et le très agréable : « A Game Theory Model of Asshole Capitalism ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ApoapoApoapo   18 septembre 2019
Major Characteristics of an Asshole:
(How to tell if your subject is the real deal and not just in a bad mood)
(1) Total self-absorption paired with a lack of self-awareness;
(2) Ignores rules as though they do not apply;
(3) Believes anything they want is morally justified by who they are;
(4) Able to drive otherwise coolheated people into fits of rage;
(5) Displays the above traits reliably and consistently.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          12
autres livres classés : Jeux , Théorie desVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Histoire et généralités sur la Normandie

TOUS CONNAISSENT LA TAPISSERIE DE BAYEUX, QUI EN EST LE HÉROS ?

RICHARD COEUR DE LION
ROLLON
MATHILDE
GUILLAUME LE CONQUERANT
GUILLAUME LE ROUX

20 questions
36 lecteurs ont répondu
Thèmes : histoire , célébrité , économieCréer un quiz sur ce livre