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ISBN : 2730405453
Éditeur : Nouvelles Editions Oswald (01/07/1990)

Note moyenne : 4.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Doté d'un pouvoir presque diabolique pour appeler l'horreur à pas feutrés à partir de la vie prosaïque de tous les jours, le Dr James est l'auteur d'une création fantastique de premier plan.

En inventant un nouveau type de fantôme, il s'est éloigné considérablement de la tradition gothique et de ses conventions : ainsi, là où les anciens fantômes étaient pâles et dignes, et perçus par la vue, le fantôme de James est maigre, d'une taille naine, poilu, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Woland
  30 mars 2009
Collected Ghost Stories
Traduction : Xavier Perret, Anne Baronian, Georgette Camille, Michel Demuth, Alain Dorémieux, Odette Ferry, Françoise Martenon & Roland Stragliati, Jacques Papy, Jos Ras
S'il est très facile de se procurer l'édition anglaise des "Histoires de Fantômes complètes" de Montagu Rhodes James, en dénicher une traduction française relève de la gageure. Grâce soit donc rendue au site BDFI qui, suite à une trouvaille que j'avais faite tout à fait par hasard sur le site Price Minister, m'a confirmé que les Editions Néo avaient bel et bien tenu ce pari difficile avec tout le soin et toute le professionnalisme dont leur nom reste synonyme. Ces exemplaires "omnibus" virent cependant le jour alors que cette maison d'édition songeait à déposer les clefs, ce qui explique leur rareté.
Pour tous les amateurs de fantastique victorien et pour tous ceux qui aiment encore écouter des histoires de fantômes le soir, autour d'un feu, dans une maison humide, au milieu de vacances détrempées par la pluie, avec le bruit de la mer dans le lointain ou, mieux encore, le sombre silence touffu d'une campagne inconnue tout autour d'eux, Montagu R. James est plus qu'un incontournable : c'est une institution.
Bien loin du "gore" auquel nous sommes désormais habitués, l'épouvante distillée par le vieux monsieur de Cambridge méprise les effets spéciaux et l'horreur complaisamment étalée. Certes, çà et là, un souffle venu de nulle part dévoile la sauvagerie d'un rite oublié ("Coeurs Perdus"), une porte qui n'existe pas laisse passer une main parcheminée aux longs ongles jaunis qui tente de kidnapper l'un des protagonistes ("La Chambre N° 13"), les gravures d'un tombeau révèlent une espèce de tentacule pré-lovecraftien ("Le Comte Magnus") et un trio de cadavres ambulants s'en prend à un jeune scout ("Le Puits des Lamentations") ... Mais ce sont là des excès bien rares.
Tout l'art, et l'on peut même écrire tout le génie, de Montagu R. James, est dans la suggestion, non dans l'apparition. En fait, on ne distingue jamais réellement les spectres et les monstres qu'il anime ou alors on ne retient d'eux qu'un détail. Détail si cru, si troublant et porteur d'une telle charge de peur qu'on ne peut plus rien voir d'autre - et peut-être est-ce mieux ainsi.
De même, on connaît rarement leur histoire, rien que des bribes qui ressemblent à des lambeaux de suaire ou de chair. Dans le meilleur des cas, des érudits les ont rassemblées dans d'antiques ouvrages à l'usage, très souvent, des seuls chercheurs ou passionnés. Dans le pire, dont le stressant "Mezzo-Tinto" ou encore "La Maison de Poupées hantée" constituent de parfaits exemples, le lecteur apprendra vaguement que ... et en sera réduit à supposer encore plus vaguement que ...
Car la certitude tue la Peur alors que l'Incertitude, le Rêve, l'Imagination - et la Frustration - l'entretiennent.
Avec Montagu R. James, tout commence toujours très tranquillement, le soleil brille, les petits oiseaux chantent, les universitaires s'affairent, la maison de maître est belle et rassurante, les jardins sont impeccablement anglais, les bibliothèques sont profondes et rassurantes, le style a tout d'un parfait gentleman et rien ne saurait troubler ce bel équilibre assurément voulu par Dieu.
Et puis ...
Et puis, avec Montagu R. James, les nuages commencent à se jouer du soleil, quelque chose se détraque dans le chant des oiseaux, un docte professeur a le tort de partir tout seul à l'aventure, la maison se peuple d'ombres et de soupirs, les bibliothèques révèlent des informations déroutantes, voire démoniaques, le style se confond avec le son de votre coeur qui bat de plus en plus vite sous l'angoisse qui monte, qui monte ...
... pendant que l'Epouvante vous investit tout entier.
Une épouvante qu'admirait et respectait Howard Phillips Lovecraft, ce n'est pas n'importe quelle épouvante. Vérifiez par vous-même : lisez Montagu Rhodes James. ;o)
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
WolandWoland   14 avril 2009
[...] ... Le lendemain, Sir Matthew n'était ni à six heures, ni à sept heures, ni à huit heures en bas, comme c'était son habitude. Par conséquent, les serviteurs montèrent dans sa chambre et frappèrent à la porte. Je n'ai pas besoin de m'attarder à la description de leur angoisse tandis qu'ils écoutaient et qu'ils recommençaient à frapper de plus belle. N'obtenant pas de réponse, ils ouvrirent la porte et ils trouvèrent leur maître mort et le visage tout noir. Cela, vous l'aviez déjà certainement deviné. On ne découvrit aucune trace de violence sur son corps à ce moment, par contre la fenêtre était ouverte.

L'un des hommes s'en alla quérir le prêtre ; puis, sur les instructions de ce dernier, il se rendit chez le coroner. Mr Crome lui-même se hâta vers le château et on le fit entrer dans la pièce où gisait le mort. Le prêtre a laissé quelques notes retrouvées parmi ses papiers, qui montrent en quelle estime il tenait Sir Matthew et le chagrin que lui causa sa mort. Pour jeter quelque lumière sur la manière dont se déroulèrent les événements et sur les croyances communes de l'époque, je transcris ci-dessous un passage de ses mémoires :

"Il n'y avait aucune trace attestant qu'on fût entré par la force dans la chambre : mais la croisée était ouverte selon les habitudes de mon pauvre ami en cette saison. A côté de lui, il y avait, comme chaque soir, son pot d'argent empli de bière et, cette nuit-là, il ne l'avait pas terminé. Cette boisson fut examiné par le médecin de Bury, un certain Mr Hodgkins, qui fut incapable de découvrir, comme il le déclara par la suite sous la foi du serment devant le coroner, si quelque poison y avait été mêlé. Car, étant donné l'enflure et la noirceur du cadavre, il était normal que, parmi les voisins, on parlât de poison. Le corps sur le lit était dans le plus grand désordre. Ses membres étaient tellement tordus que la conjecture la plus probable était que mon très digne ami et paroissien avait expiré dans les plus grandes affres et
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WolandWoland   30 mars 2009
[...] ... A l'extrémité du couloir du dernier étage où se trouvait sa chambre, il y avait une salle-de-bains inutilisée. On la tenait toujours fermée à clef mais le haut de la porte était vitré, et, comme les rideaux de mousseline qui le dissimulaient autrefois avaient disparu depuis longtemps, on pouvait voir à l'intérieur la baignoire doublée de plomb, fixée au mur du côté droit, la tête vers la fenêtre.

Or, cette nuit-là, Stephen Elliott se trouva, lui sembla-t-il, en train de regarder par la porte vitrée. La lune brillait par la fenêtre et il contemplait un corps gisant dans la baignoire.

Sa description de ce qu'il vit me rappelle ce que j'ai pu voir moi-même dans les célèbres cryptes de l'Eglise Saint-Michan, à Dublin, qui possèdent l'horrible propriété d'empêcher les cadavres de se décomposer pendant des siècles. C'était un corps d'une minceur pitoyable, enveloppé dans une espèce de linceul ; le visage avait une terne couleur de plomb ; les lèvres esquissaient un affreux sourire ; les mains jointes étreignaient fortement le côté gauche de la poitrine.

Tandis que le jeune Elliott regardait, un gémissement lointain, à peine perceptible, sembla sortir de la bouche, et les bras commencèrent à bouger. La terreur engendrée par ce spectacle obligea Stephen à reculer. A ce moment, il s'éveilla et s'aperçut qu'il était bel et bien dans le couloir baigné de clarté lunaire. Avec un courage peu commun chez un enfant si jeune, il gagna la porte de la salle-de-bains afin de vérifier si le personnage de son rêve s'y trouvait en réalité. Il ne vit rien et revint se coucher. ... [...]
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WolandWoland   30 mars 2009
[...] ... La vision faillit lui faire lâcher sa chandelle - il affirme aujourd'hui que, s'il avait dû être plongé dans les ténèbres à ce moment-là, il aurait eu une attaque. Mais il en alla autrement, et il put reposer la chandelle sur la table et examiner la gravure à loisir. Ahurissant ! C'était strictement impossible et, néanmoins, le fait était là : il y avait maintenant un personnage au beau milieu de la pelouse, devant la maison, là où il n'y avait rien ni personne à cinq heures de l'après-midi. Emmitouflé dans un curieux vêtement noir, orné d'une croix blanche sur le dos, il progressait à quatre pattes vers la maison. ... [...]
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