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EAN : 9782092570388
440 pages
Éditeur : Nathan (04/05/2017)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 136 notes)
Résumé :
Dans une Angleterre alternative, chacun doit donner 10 ans de sa vie en esclavage. Seuls quelques privilégiés, les Egaux, riches aristocrates aux pouvoirs surnaturels, restent libres et gouvernent le pays. Abi, 18 ans et son frère, Luke, 16 ans, voient leur destin bouleversé quand leurs parents décident de les emmener accomplir en famille leurs jours d’esclavage. Abi, sa petite sœur et ses parents devient domestique au service de la puissante famille Jardine. Le som... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
Lunartic
  07 juillet 2019
Tout d'abord, un immense merci aux éditions Nathan pour l'envoi de ces deux tomes ! N'entendant que du bien de cette saga véritable page turner, je mourais d'envie de me plonger entre ses pages. Et je n'en ai pas été déçue ! Je suis si heureuse de constater que de plus en plus d'histoires dont le succès est né sur Internet (plus précisément sur Wattpad, entre autres) parviennent à nous être aussi délivrée en format papier et dans d'aussi beaux livres, à la hauteur de leur contenu. Surtout quand ces intrigues et univers sont aussi fascinants, magnétiques, élaborés, sans empêcher une certaine spontanéité dans le style d'écriture qui apporte un vrai souffle de fraîcheur, et à couper le souffle que ce que Vic James nous propose.
Ce récit mêlant savamment pouvoirs surnaturels et dystopies nous entraîne dans une réalité parallèle à la nôtre diamétralement opposée à ce que nous connaissons. Ou pas tant que ça, au bout du compte... Disons que l'année 1642 a une valeur toute particulière pour les personnages de cette histoire, et qu'elle s'est déroulée d'une façon bien différente que pour nous. Cependant, pour les lecteurs anglais qui ont tous dû étudier l'histoire de leur pays à un moment donné, au moins ses rudiments, la réalité historique de cet univers comporte bien des échos avec la leur. Au lieu des révolutions et de la guerre civile de l'impitoyable Cromwell, place à la Révolution (avec un grand R, s'il vous plaît) des Égaux : nette et sans bavure. Un régicide (du véritable roi de l'époque), une révolution sans appel, une Grande Révélation : celle de la magnificence des Égaux et de leurs pouvoirs extraordinaires, qui font d'eux des surhommes. Mais ces derniers ne pouvaient pas porter plus mal leur appellation : ils ne sont égaux qu'entre eux et encore, certains le sont plus que d'autres. Pour ce qui est du commun des mortels, ceux-ci leur doivent dévotion et... dix ans de leur vie en esclavage pour faire montre de leur gratitude pour le régicide, la Grande Révélation et tout le tsouin tsouin, pour avoir mis fin à ce monde corrompu et injuste de l'Ancien temps (lol, la bonne blague), pour l'instauration du Consulat et du Conseil aussi, où certains représentants de la caste inférieure ont "l'honneur" d'y assister en tant que simples spectateurs, avec aucun droit d'action. Soit-disant gratitude (pour quoi ?) qui date de 1642 tout de même. C'en est à vomir, vous ne trouvez pas ?
En Angleterre, les dix ans d'esclavage équivalent à trimer à l'usine dans des conditions désastreuses et à être considéré, non plus comme un citoyen lambda, mais comme un OBJET appartenant à l'état. Il y a de quoi s'insurger, pas vrai ? Heureusement, l'ingénieuse et brillante Abi va réussir à épargner à sa famille l'air pollué et la dangerosité de Millmoor (quartier d'esclaves de la région de Manchester) en les inscrivant comme domestiques à la résidence des Jardine, une des familles égales les plus influentes. J'ai beaucoup aimé ce personnage au sang froid impressionnant, prêt à tout pour protéger sa famille et la maintenir unie, et qui porte un lourd fardeau sur ses épaules de toute jeune femme de dix-huit ans. Abi m'a émue comme décontenancée. Elle fait preuve d'une intelligence et d'une détermination redoutables, tout en étant aussi fragile qu'un petit oiseau par moments, et en se laissant aller à des rêveries naïves au sujet du cadet des garçons Jardine, Jenner. Je me rends compte désormais que le problème ne vient pas d'Abi, mais du monde inégalitaire et cruel dans lequel elle vit : un monde qui la force à grandir trop vite, ainsi que sa soeur de dix ans Daisy, qui devient une vraie petite femme nourrice, un monde qui les force toutes deux à sacrifier leur jeunesse au profit de dix ans d'esclavage totalement injustifiés (comme si l'esclavage pouvait se justifier). Abi se sent constamment rabaissée, opprimée, craintive de ce que ses maîtres d'égaux pourraient lui faire, et empêchée d'aimer qui elle veut. Je ressens à présent une tristesse sincère à son égard, et je la respecte véritablement pour tout ce qu'elle a réussi à sacrifier : ses études de médecin qui lui tenaient tant à coeur, sa vie de jeune femme, sa dignité en tant qu'être humain. Ils ne sont que des objets, remember ? Eh bien, Abi est peut-être un objet dans ce système-là, mais elle ne laissera jamais s'éteindre ses sentiments. THAT'S MY GIRL.
Il n'empêche que c'est le Jardine sujet de son affection qui va la faire se sentir libérée et femme. Oh, la douce ironie... Et par pitié, ne commencez pas à me chanter Femme libérée, je n'ai pas fait exprès, D'ACCORD ?!! Il faut dire que Jenner, en plus d'avoir le nom de famille des demi-soeurs des Kardashian comme prénom, le pauvre, est un peu (carrément, même) le vilain petit canard de cette prestigieuse famille : il n'a pas de Don (pas de pouvoirs, quoi). le fait que des Cracmols puissent exister au sein de cet univers me perturbe beaucoup et je pense que, quand on aura le fin mot de tout ça, j'en aurai la mâchoire décrochée. du lourd is coming. En tout cas, Jenner m'a été beaucoup plus sympathique que ses deux frérots, Silyen (prononcez "Silyung") et Gavar. Où vont-ils chercher leurs prénoms ?! Plus sérieusement, je pense que, même s'il avait été un Égal dit "normal" (la belle et douce ironie, encore), il serait resté le plus doux, gentil, généreux et enclin à la compassion des Jardine. Jenner possède une profonde empathie qu'il va tenter d'entériner une bonne partie du roman sous une passivité franchement agaçante. Mais ce petit coquinou de Jenner a aussi une certaine fougue qui lui court dans les veines. Même si, à ce niveau-là, le benjamin chéri de la fratrie, Silyen, le bat à plat de couture. Cet adolescent à la beauté glaciale et saisissante a un feu ardent qui brûle en lui, et le fait que je ne sache absolument pas quelles sont ses véritables intentions me fait très, très peur. Personne ne veut d'un ennemi comme Silyen. PERSONNE.
« Mère appela un esclave pour s'occuper de la valise de Crovan et Gavar vit qu'il s'agissait du garçon qu'il avait extrait de Millmoor. Daisy le lui avait montré du doigt un jour où ils se promenaient avec Libby. Un gamin à l'air en colère portant un sac d'outils en bandoulière. Il ne lui avait pas semblé particulièrement heureux d'être là. Encore un ingrat.
Ou du moins, c'est ce qu'il avait pensé à ce moment-là. Mais lorsqu'il était tombé sur lui par hasard, quelques semaines plus tard, on aurait dit que le garçon avait subi une sorte de transplantation de comportement. Il avait regardé Gavar non seulement comme son libérateur, mais comme s'il avait conduit lui-même la camionnette jusqu'à Kyneston puis organisé pour lui une fête de bienvenue avec des strip-teaseuses. Il lui avait présenté ses sincères remerciements et ajouté que s'il pouvait un jour faire quelque chose pour lui, il le ferait. »
Quant à Gavar... Cette grande armoire à glace bafouée dans son amour propre par son insupportable père et sa tête-à-claques, qui mériterait qu'on la lui fracasse contre un mur, de future épouse Bouda (où vont-ils chercher leurs prénoms, AGAIN ?!), a accompli le miracle de m'émouvoir. Son amour inconditionnel et si pur, si transcendant pour son adorable, petite mais puissante Libby, bout d'chou ♥ qui nous réserve beaucoup de surprises, est en tel contraste avec sa façon de penser rétrograde et tout ce qu'il a fait de mal que c'en est réellement troublant.
Malgré les précautions d'Abi, son petit frère Luke ne va pas pouvoir échapper à l'enfer industriel de Millmoor au profit de la frustration et de la torture psychologique que propose sur un plateau d'argent la résidence de Ky(Kaille)neston. Vous la sentez, ma colère qui bout ? Bref. Même si les hormones d'adolescent en émoi de Luke m'ont aussi fait lever les yeux au ciel, je l'ai néanmoins en ce tome préféré à sa soeur, car Luke prend pleinement conscience de cette réalité insoutenable (et encore, le mot est faible) et il AGIT, il se bat pour une cause juste et pour une vie meilleure pour tous les citoyens. Il ne baisse pas les bras et, même si son humanité est souvent mise à rude épreuve, il la conserve précieusement. THAT'S MY BOY EVEN MORE.
Ce qui m'a fait encore plus accrocher à ce récit, où il m'était quasi impossible de m'arrêter tant je dévorais l'histoire par portions de cent pages et plus, c'est bien sûr l'écriture de Vic James, d'où découle cette noirceur, ces scènes coup de théâtre crèves-coeur qui m'ont glacée le sang, ces révélations qui ont eu l'effet d'une foudre qui s'abat sur les personnages et sur nous lecteurs. Cette plume est cruelle, envoûtante, elle nous torture et nous séduit à la fois. Elle s'accorde parfaitement bien à l'atmosphère froide, sans coeur mais aussi terriblement captivante du roman. I'M CONQUERED GUYS.
Pour conclure, je ne peux que vous recommander cette saga qui porte bien son nom, Les Puissants, et qui nous fait mettre un genou à terre face à sa grandeur, à la richesse de son univers, du background historique impressionnant de ce dernier, de ses personnages, tour à tour agaçants, effrayants, effarants, stupéfiants, admirables ou à condamner. Bref, ce sont des personnages qui nous font vibrer et qui vivent à travers l'encre et le papier, et qui nous transportent totalement, pour le meilleur comme pour le pire du pire. Préparez-vous aussi à des montagnes russes de sensations et d'émotions, impossible de rester de marbre car autant vous dire que Vic James aime malmener ses personnages. Tante Euterpe de la maison Parva-Jardine en prend particulièrement cher, pourquoi tant d'acharnement sur celle qui fut autrefois une jeune femme splendide et pleine de vie ?! J'en ai encore le coeur déchiré rien que d'y penser... Même si les Égaux n'ont pas de sens de l'honneur à l'égard des règles qu'ils ont eux-même établies, ils ne sont pas tous à mettre dans le même panier, contrairement à ce que Lukounet aurait tendance à penser... MARK MY WORDS. Vous allez avoir des surprises. In the end, qui sont les vrais Puissants : les humains "normaux" ? les "monstres" Égaux ? Je vais aller vite me jeter sur le tome 2 pour tirer ça au clair...
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Saiwhisper
  25 janvier 2018
Ce premier tome a réussi à me procurer plusieurs ressentis : l'impatience de découvrir cette saga dont tout le monde parle en bien, l'intérêt grâce à l'univers hyper riche, la déception due au fait que j'ai été un peu perdue, le plaisir ressenti à partir du dernier tiers et le tâtonnement pour l'évaluation de cette lecture. Je me suis retrouvée face à un roman prometteur qui a énormément de potentiel, mais qui m'a perdue pendant une grande partie du voyage…
Commençons par le point fort de ce livre : son monde. Il s'agit d'un univers parallèle au nôtre où la société est différente. L'action se situe en Angleterre, un peu comme dans « Shades of Magic » T1 de V. E. Schwab… Dans cet univers, la magie existe : seule l'élite de la société, des aristocrates, ont des capacités surnaturelles comme la manipulation mentale ou d'autres pouvoirs que je vous laisse découvrir si vous lisez ce roman… On va découvrir ces capacités au fil des chapitres ainsi que leur utilisation plus ou moins douteuse. En effet, ces individus aisés sont des adeptes du Pouvoir, de la politique et de l'ascension sociale. Par ailleurs, ils ont souvent des serviteurs. En effet, il existe une sorte de service civique consistant à donner dix années de sa vie à l'une de ces familles riches… C'est ce que va faire la famille de Luke, Abi et Daisy Hadley. Malheureusement pour eux, ils vont être séparés, puisque toute la famille va servir la famille Jardine dans un palais somptueux, tandis que Luke va être envoyé dans une zone industrielle réputée pour épuiser les travailleurs… Grâce à la narration alternée, on va découvrir le quotidien de chaque membre de la famille Hadley ET de la famille Jardine. C'est à cause de cela que j'ai été en partie perdue… Il y a beaucoup d'éléments à assimiler d'un coup : beaucoup de personnages (les secondaires sont aussi importants que les principaux), un univers riche avec son propre mode de fonctionnement et l'intrigue qui tisse sa toile lentement, mais sûrement. Je regrette de m'être plongée dans ces pages au moment du coucher, car il m'aurait fallu rester bien éveillée et attentive pour tout intégrer correctement…
Le thème de l'esclavage est bien développé. le lecteur ressentira certainement de la colère ainsi qu'une envie de se révolter face à tant de cruauté et d'inhumanité ! Cela m'a rappelé « La couleur des sentiments » de Kathryn Stockett… La minorité est vraiment considérée comme une moins que rien ! On humilie ces personnes, on les marque, on les assouvit, on leur donne des ordres divers, on leur ordonne de se taire et on les interdit d'échanger des courriers. Et dire qu'il en était ainsi à une époque… À mon sens, la chose qui m'a le plus marquée est le cas de « Chien ». Comme Theon Greyjoy qui devient « Schlingue » lorsqu'il est l'esclave de Ramsay, « Chien » est un homme-bête. Nu, le collier au cou, dans un enclos et roué de coups, il obéit à ses maîtres. Sa condition est terrible et fait froid dans le dos… Mais son passé l'est tout autant ! Bien qu'il s'agisse d'un personnage secondaire qui arrive tard dans le récit, c'est lui qui m'a le plus retourné et marqué… Les autres protagonistes m'ont plu cependant, il me manquait quelque chose pour les apprécier. Je trouvais leur personnalité trop classique. de son côté, Luke est un gentil frère protecteur qui va apprendre dans la douleur et va côtoyer la révolte qui gronde. Il y a Abi, l'adolescente rusée, intelligente, instruite et sage qui va beaucoup observer, ainsi que Daisy, la petite soeur qui va tomber sous le charme de son geôlier à la manière de « La Belle et la Bête » (oui, on a un petit syndrome de Stockholm revisité façon aristocratie/valets). le problème, c'est que je n'ai pas cru à ces deux romances. Je les conçois toutefois, j'aurais voulu les voir davantage dans le récit. Tout est expliqué en quelques lignes de-ci de-là, on n'assiste à pas grand-chose. J'aurais donc souhaité voir plus de pages mettant en scène les différents couples.
Si l'intrigue semble assez classique à cause de la rébellion qui gronde, de l'élite douée de magie et des complots à gogo, le tout fonctionne plutôt bien. Il faut simplement prendre le temps de bien rentrer dans l'histoire et de bien assimiler chaque élément. Si vous aimez les romans où il y a des mensonges, de la manipulation et des conspirations, vous devriez trouver votre bonheur avec ce premier tome. D'ailleurs, le dernier tiers est particulièrement haletant, car tout se bouscule : des masques tombent, certains abattent leurs cartes, agissent et font couler le sang. Attendez-vous à de sacrés retournements de situation ! Même si j'ai eu quelques difficultés et n'ai pas tout apprécié, je reste globalement satisfaite par cette découverte.
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Aelynah
  13 avril 2019
C'est dans le cadre de mon challenge personnel de Vide ma Pal/Challenge Alphabet que je sors donc en mars ce premier tome avec un auteur commençant par la lettre J. Sachant que j'avais gagné ce tome à sa sortie, il est donc dans ma PAL depuis 2017. Ça va, cela aurait pu être pire. Vous le verrez il y en a.
Au final, je ne l'ai pas lu mais écouté car je l'avais aussi en livre audio dans ma PAL et pour ne pas me mélanger avec mes lectures papier parallèles je me suis dit que ce serait une belle manière de le découvrir d'une façon ou d'une autre.
En suivant les aventures de la famille Hadley chacun de leur côté.
En découvrant cet univers de castes de nantis et d'esclaves.
En vous écoutant donc.
J'ai découvert un début de série peut être un peu lent mais qui va trouver une dynamique pleine de rebondissements assez rapidement. Je me suis retrouvée emportée ainsi dans ce monde aux côtés des uns et des autres. Car bizarrement malgré les inégalités, je me suis prise à apprécier tout le panel de personnages. Certains avec de gros bémols je vous rassure. Mais une fois que l'on a compris comment ça marche, quels secrets chacun cache ou subit on leur trouverait presque des côtes sympas.
Ce roman nous entraîne dans un contexte politique tendu. Surtout depuis la Proposition surprenante faite par le Chancelier. Et en même temps, dans une histoire familiale pleine de non dits, de noirceur et de secrets.
Mais l'espoir, un espoir nous nargue aussi.
Les actions des esclaves tout d'abord pour changer leur monde, abolir les privilèges et l'esclavage mais surtout redonner une certaine dignité à ceux qui triment dans les villes-esclaves comme Milmoor.
L'abrutissement dans le travail semble être la façon de faire pour mater les idées, pour annihiler toute velléité de vrais contacts, de réflexions et de partage. Dans le contexte actuel de notre propre pays j'aurais tendance à dire que cette lecture à quelques échos.
Mais du côté de Kineston, l'herbe n'est pas forcément plus verte. On pourrait le croire de prime abord. Mais sous cette prairie attirante on ne voit pas le charnier des complots, des luttes de pouvoir et les secrets sombres.
Tout cela apporte à la fois une tension et un sentiment d'anticipation au lecteur. Chaque page tournée est attendue. Et redoutée.
En bref, j'ai adoré ce tome 1 et j'en redemande. Cela tombe bien j'ai encore des crédits audio à dépenser et j'ai vu que le tome 2 existe aussi lu par Julien Allouf.
Pour une fois je vais séparer mes sentiments sur mon écoute de mon avis général. Pourquoi ? tout simplement parce que cela m'a paru plus simple de parler d'abord u roman et des personnages que de la narration sur ce texte.
Julien Allouf a une voix qui m'a un peu perturbée au départ. Il a un je ne sais quoi dans l'intonation qui différait de ce que j'avais déjà écouté comme narrateur. Il n'est pourtant ni plus jeune ni plus vieux que mes précédentes expérience audio. Au final, c'est passé au bout d'un ou deux chapitres. C'était probablement dû à la mise en place de cet univers. Car là où en tant que narrateur je lui ai trouvé tout son talent c'est dans les moments parfois sombres ou tendus. Il a su faire ressentir au lecteur audio toute l'atmosphère de Milmoor par exemple. Cette ville dans laquelle les gens marchent la tête basse, sans regarder autour et surtout sans se préoccuper des autres. Luke est différent. Il ne veut pas s'effacer face au désespoir et à ce travail abrutissant. Et là encore cela se sent lorsqu' « il parle » par la voix de Julien Allouf. En fait on imagine bien les caractères de nos héros sous ses intonations. On ne les en aime que plus, ou les déteste mieux encore.
Ce duo Vic James/Julien Allouf est donc une belle équipe à découvrir. Et je pense me lancer prochainement dans le tome 2 lu lui aussi par ce narrateur pour poursuivre cette série. Car le final du tome est une bombe à retardement qui n'attend que de péter et c'est absolument frustrant de les laisser ainsi sans en savoir plus.
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LeslivresdeRose
  22 mars 2020
La trilogie « Les puissants » au complet traine dans ma PAL depuis quelques temps déjà (malgré les très bons avis qu'elle récolte) ! Grâce au PLIB2020 et à son « épreuve des alliés », je l'ai enfin commencée ! Et bien m'en a pris parce que ce fut une très bonne lecture !
« Les puissants » est une sorte de dystopie uchronique. La société qui y est décrite, tout comme dans toute bonne dystopie qui se respecte, est divisée en deux sections : les privilégiés et…les autres ! Les membres des familles au pouvoir possèdent (en principe) le Don et se font appeler les Egaux. Ils sont puissants (d'où le titre( ?)) et, grâce à leur magie, ont renversé, il y a bien longtemps, la monarchie anglaise. Un peu partout sur terre, ces Egaux ont, de la même manière, accédé aux plus hauts postes et réduit en esclavage le reste de la population, dès lors surnommée les roturiers ou les « sans don » ! Leur esclavage est cependant circonscrit à une période de dix ans. Tous ces roturiers doivent donc donner dix années de leur vie aux Egaux… à eux de choisir le meilleur moment pour les prester ! Toutefois, si en Angleterre ce système prévaut depuis plusieurs siècles, il n'en va pas de même partout : en France, par exemple, les roturiers se sont rebellés, décapitant les Egaux à tour de bras et aux États-Unis, une partie du pays s'est battue pour abolir ces années d'esclavage…Bref, vous l'aurez compris, l'auteur reprend certains grands événements historiques et les remanie à sa sauce pour qu'ils collent à son récit, d'où le côté « uchronique » évoqué ci-dessus ! Si cette adaptation de l'Histoire m'a plu, j'aurais apprécié que l'ensemble soit (encore) plus développé ; j'aurais également aimé en apprendre plus sur l'apparition du Don. L'auteur ne nous dit pas grand-chose à ce propos et j'espère que cet aspect sera davantage creusé dans les deux prochains tomes !
Dans ce monde dichotomique, nous suivons principalement Luke et Abi, deux frères et soeurs roturiers. Au début du roman, grâce à Abi, leur famille s'apprête à passer ensemble leurs dix années d'esclavage, en tant que domestiques des Jardines, une puissante famille d'Egaux. Malheureusement, ce joli plan tourne au cauchemar lorsque, le jour du grand départ, Luke est brutalement séparé des siens et emmené à Milmoor, une ville d'esclaves à la sinistre réputation… Quant à Abi, elle va vite découvrir que son idée parfaite ne l'est peut-être pas tant que ça et que côtoyer les Egaux pourrait s'avérer bien plus dangereux qu'elle ne le pensait…Outre les points de vue d'Abi et Luke, ce roman choral nous propose également celui des frères Jardine, Silyen et Gavar, de leur tante Eulalie ou encore de Bouda, la fiancée de Gavar. Tous sont présentés d'un point de vue externe.
Alors certes, l'intrigue de base est classique : un monde dystopique, des injustices et une révolte qui gronde… Toutefois, j'ai trouvé la manière dont l'auteur amenait tous ces éléments bien pensée ! le fait d'avoir de multiples points de vue, par exemple, offre de nombreuses perspectives et permet de découvrir les aspects de l'univers sous des jours différents ! Nous ne sommes pas uniquement du côté des « opprimés ».
L'intrigue, pour le reste, est dynamique et prenante, très sombre aussi (beaucoup plus que ce à quoi je m'attendais en tout cas). Quelques chapitres sont nécessaires pour mettre le contexte en place mais une fois celui-ci fixé, je n'ai ressenti aucun temps mort (excepté peut-être le passage avec Tante Eulalie) ! L'action ne manque pas même si elle est entrecoupée de complots politiques, de manipulations et autres machinations (dont les tenants et aboutissants nous échappent encore, pour certains, à la fin de ce premier tome). C'est un récit addictif qui tient le lecteur en haleine du début à la fin ! Personnellement, je ne lis pas très vite et pourtant, là, les pages défilaient sans que je ne m'en rende compte ! Petit plus concernant la « révolte » dont je vous ai parlé : les prémices de celle-ci m'ont paru « réaliste » ! Au début, le but n'est pas spécialement de renverser le pouvoir en place, non, il s'agit juste de rendre le quotidien des habitants de Milmoor plus agréable : apporter médicaments, livres, nourriture aux uns et aux autres, rendre des menus services etc. Ce ne sont pas directement des grands actes de rébellion.
Au niveau des personnages, j'ai été davantage séduite par les « méchants » que par les « gentils » (parce que oui même si certains protagonistes présentent des ambivalences, le côté manichéen de l'ensemble est encore très marqué, je trouve) ! Silyen, notamment, est très mystérieux ! Il est cynique, intelligent et manipulateur. Difficile de dire à ce stade quel est son but ultime mais indéniablement, il tire pas mal de ficelles ! Son comportement et ses actions sont troubles et j'ai hâte de voir plus clair dans son jeu ! Son frère, Gavar, n'a pas grand-chose pour lui : paresseux, colérique et pas spécialement malin… La plupart du temps sans pitié et odieux avec son entourage, il peut cependant se montrer doux, protecteur et attentionné dès qu'il s'agit de sa fille à qui il voue un amour sans limite ! Si ce constat n'excuse en rien ses actes, cela le rend toutefois plus complexe qu'il n'y parait de prime abord. Bouda, quant à elle, est la jeune fille ambitieuse, arrogante et hautaine par excellence, prête à écraser tout et tout le monde sur son passage pour parvenir à ses fins… Pour le coup, question nuance, il faudra repasser. Cependant, j'ai hâte de découvrir son évolution dans la suite du récit (et j'espère découvrir d'autres aspects de sa personnalité) ! Passons de l'autre côté de la barrière avec Luke, tout d'abord, un jeune homme de 17 ans qui a toujours vécu entouré des siens et qui, du jour au lendemain, se retrouve seul et sans repère…J'ai eu beaucoup de mal avec ce personnage au début : je le visualisais comme un enfant de 13 ans et non comme un adolescent de 17 ans… Je ne sais pas si c'est le fait qu'il soit le petit frère d'Abi ou si ce sont les mots choisis par l'auteur pour rédiger ses chapitres mais cette impression a mis du temps à disparaitre ! Abi, quant à elle, au contraire de son frère, fait plus que son âge ! Elle prend de nombreuses décisions qui, de mon point de vue, auraient plutôt dû être du fait de ses parents...Ceux-ci sont comme effacés derrière leur ainé, inexistants et sans volonté, ce que j'ai trouvé un peu étrange. Pour le reste, elle m'a plu dans l'ensemble, du moins jusqu'à ce que des histoires de coeur viennent s'en mêler (même si celles-ci restent légères et n'empiètent pas sur l'intrigue principale). Heureusement, la fin laisse présager, à son sujet, une suite qui me plaira davantage (je croise donc les doigts) !
En bref, une très bonne dystopie, sombre et originale, aussi bien au niveau de son intrigue que de son univers. Bien sûr, certains « codes » de ce genre sont présents mais pas au point d'avoir l'impression de relire une énième fois la même histoire ! Vraiment, j'ai trouvé les personnages intéressants pour la plupart (pour les autres j'attends de voir leur évolution), et le côté « politique » est très bien développé ! J'espère juste en apprendre davantage sur les Egaux et leur Don par la suite (je croise donc une deuxième fois les doigts) !

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Rinne
  20 mai 2017
Wow… Cela faisait un moment qu'un roman ne m'avait pas fait cet effet-là !
Si le résumé me tentait déjà beaucoup, les premières pages n'ont fait que confirmer que le roman allait me plaire et ce sentiment s'est intensifié au fil des chapitres. Jusqu'à ce que j'en referme la dernière page avec le sentiment de « Nooooon c'est fini ! Où est la suite ?! ». Bref, j'ai dévoré et adoré ce roman.
S'il s'agit d'un tome de mise en place, aussi bien des personnages (assez nombreux) que de l'intrigue, ce premier opus n'oublie absolument pas d'être riche en actions. Plusieurs situations se font et se défont au fil du récit, amenant de nouvelles questions, en résolvant d'autres et faisant entrer toujours un peu plus le lecteur dans le monde ainsi créé. Kyneston ou Millmoor deviennent des endroits que le lecteur connait pour y vivre en compagnie des personnages, pour y voir leur évolution et constater leur souffrance et leurs joies. Moi qui n'aime pas les descriptions, je n'ai ici jamais eu l'impression d'en lire tant les passages sont simplement nécessaires à la compréhension et à l'ambiance. le décor posé, celui-ci devient un endroit où il est facile d'évoluer et où s'y distille les nouveautés par petites touches discrètes et bien amenées.
Sept personnages prennent tour à tour la parole au fil des chapitres et je n'ai pourtant jamais été perdue. Si les principaux sont Luke et Abi, le fait que certains des autres prennent de l'importance permet de découvrir d'autres facettes de leur personnalité. L'auteur sait parfaitement où elle mène ses lecteurs et comment leur faire apprécier ou non un personnage. Et pourtant, aucun d'entre ces derniers n'est parfait. On les aime parfois, on les déprécie ensuite mais on ne peut pas rester neutre face à eux. C'est là l'un des gros points forts du roman : les personnages suscitent tous des émotions. Si Luke m'a beaucoup touché, si son courage et celui d'Abi ne peuvent que forcer l'admiration, j'ai trouvé très intelligent de la part de l'auteur de nous permettre d'en savoir plus sur Silyen et Gavar dont j'ai hâte de connaître l'évolution, en espérant que Jenner gagne un peu en charisme.
Je pourrais citer une pléthore de personnages m'ayant marqué dans ce roman mais je vais m'arrêter là pour vous parler de l'autre point génial de cette lecture : l'intrigue. le récit pose des questions importantes sur la notion de justice et de soumission. Avoir une compétence en plus à la naissance donne-t-elle le droit de disposer des autres ? Est-ce qu'une coutume est forcément juste parce qu'elle a été instaurée il y a des décennies de cela ? Ceux qui détiennent le pouvoir le font-ils de manière justifiée ? le peuple a-t-il plus de pouvoir que ceux qui le gouverne ? Qui possède le plus de tords : ceux qui soumettent ou ceux qui trouvent normal d'être soumis ? Autant de questions qui sont finalement d'actualité et qui prennent ici un sens bien différent en prenant l'esclavage comme la perte de son humanité. Durant dix ans, vous ne disposez plus de vous. le seul choix que vous ayez est de décider de quand commencer ces fameux dix ans.
Pour la famille Hadley, ce sont les parents qui décident de les faire tous ensemble, entraînant leurs trois enfants, Abigail, Luke et Daisy avec eux dans le but de faire leurs jours d'esclavage en famille. Par un concours de circonstance, Luke ne peut suivre la famille et est envoyé dans la ville d'esclaves de Millmoor alors que les autres prennent le chemin du domaine de la famille la plus puissante du pays : les Jardine.
Moi qui aime les intrigues politiques, j'ai été plus que servi dans ce premier opus et j'imagine que le second gardera la même dynamique, ajoutant des alliés ou des opposants à la révolution qui s'annonce dans ce tome-ci. Si le lieu très fermé de Kyneston regorge de ragots et d'intrigues en tout genre, l'action se concentre plutôt à l'intérieur de Millmoor, là où se retrouve en majorité le peuple opprimé.
Je ne sais que vous dire de plus pour ne pas vous gâcher le plaisir mais, si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas : lisez-le !
En résumé un premier opus qui remplit parfaitement son office de mettre en place une intrigue passionnante et des personnages vivants tout en instillant une dynamique qui n'augure que du bon pour la suite. Un gros coup de coeur !
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
nightsreadingsnightsreadings   27 mai 2017
« - Bouda, dit le futur beau-père. Tu ne dois pas le provoquer.

La jeune femme blonde ouvrit la bouche mais il ne lui laissa pas le temps de parler.

- Ne discute pas. Gavar est mon héritier, tant que moi – et cette famille – n’en auront pas trouvé de meilleur. Ton rôle est de le gérer, pas de l’énerver. J’attends de toi que tu prennes ce rôle au sérieux. Maintenant, viens.

Il lui fit signe d’approcher et elle s’exécuta.

Elle n’épouse pas du tout Gavar se rendit compte Abi en les observant. Elle épouse son père. Sa famille. Sa maison. Le nom des Jardine. Et elle se donne à un homme qu’elle méprise pout obtenir tout cela.

Lord Jardine posa la main aux creux des reins de Bouda et la dirigea vers le couloir.

- Oh, juste un instant dit la jeune-femme blonde en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule. En parlant de gérer des choses. Je ne voudrais pas que nous devenions un sujet de commérages dans les quartiers des domestiques.

Ses doigts aux ongles manucurés se crispèrent comme des serres : un faucon prenant une souris.

- Non, intervint Jenner en avançant d’un pas. Ca ne sera pas nécessaire.

Mais le Don de Bouda Matravers avait déjà pénétré dans le crâne d’Abi. »
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AgillianAgillian   08 mars 2018
C'est la confiance qui rendait tout ça possible. La confiance qui vous prêtait les yeux d'une autre personne, ses bras puissants, son cerveau rapide. Qui vous faisait plus grand que vous ne l'étiez tout seul. C'était grâce à la confiance que ce club fonctionnait. Que ce rêve fou d'abolition pourrait se réaliser, si les gens arrivaient simplement à se rassembler et à conserver leur sang-froid. Pas même les Égaux -pas même leur Don- ne seraient plus puissants que ça.
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CharlotteJeunesseCharlotteJeunesse   19 avril 2017
Gavar s'approcha sans se presser et se plaça au dessus d'elle, étendue la, des larmes coulant de ses yeux. Elle avait autrefois aimé cet homme : l'héritier de Kineston, le père de libby. Il tenait un revolver à la main.
- Je t'avais prévenu, dit Gavar Jardine. Personne e ne me vole ce qui m'appartient.
[...]
Dans la pénombre qui s'amassait autour d'elle, elle vit Gavar ranger son arme sous son manteau avant de se pencher hier pour prendre leur fille dans ses bras.
Silyen passa devant eux, se dirigeant vers ma grande maison. Gavar lui tourna le dos et se recroquevillé sur Libby, dans une attitude protectrice. Leah ne pouvait qu'espérer qu'il se montrerait meilleur père qu'amant.
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BoutonBouton   27 décembre 2019
Le cœur de Leah battait à tout rompre. C'était bien le dernier d'entre eux à qui elle aurait fait confiance. Le tout dernier. Pourtant, elle devait saisir cette chance, même si ce geste n'était guère plus que celui d'un chat retirant momentanément sa patte du doc d'une souris. Elle étudia le visage de Silyen comme si le clair de lune et la lumière du Don pouvaient révéler ses véritables intentions. Et lorsque celui-ce, peut-être pour la toute première fois, croisa son regard, elle crut y déceler quelque chose. De la curiosité ? Il voulait savoir si Libby pouvait ouvrir le portail. Si elle y parvenait, il les laisserait peut-être passer toutes les deux Uniquement pour la satisfaction d'assister à cet événement - et aussi, certainement, pour contrarier son frère.
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SaiwhisperSaiwhisper   23 janvier 2018
Millmoor change les gens, Luke Hadley. Mais ce que la plupart des gens ne réalisent jamais, c'est qu'on peut choisir comment on change.
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Interview de Vic James par Estelle Hamelin pour Actusf lors des Imaginales 2019.
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