AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de julienraynaud


julienraynaud
  28 juin 2019
Arnaud Jamin a-t-il, comme moi, regardé un nombre incalculable de fois, sur cassette VHS, la finale Graf/Hingis de 1999 ? Il ne le dit pas dans son livre, mais pour nous lecteurs, il en fait vingt ans après un récit minutieux, amoureux et clairvoyant.
A moins de ne vraiment pas s'intéresser au tennis, on sait comment ça va finir, qui va repartir avec l'assiette humiliante de la perdante, l'accessoire de celle qui ferait mieux de rester dans la cuisine de sa maison. Ce drame, cette guerre, ce thriller, c'est l'histoire de deux femmes (l'une est encore une enfant) qui « se poignardent yeux dans les yeux ». Ce n'est plus du sport. Le sang de la plus jeune sera versé, un peu par sa faute, à cause de l'arbitre aussi, à cause de la foule surtout. Cette foule haineuse rappelle celle décrite par Jean Teulé dans Mangez-le si vous voulez (dans Le caprice Hingis, c'est une jeune spécialité suisse que le public va dévorer).
Puisqu'il n'en fait pas état, et qu'il nourrit une certaine affection pour Martina Hingis, on peut penser qu'Arnaud Jamin ne faisait pas partie du Club international des supporters de Steffi Graf. Ceux qui en ont fait partie, et ont reçu leurs publications périodiques, peuvent témoigner de la quasi-haine des supporters de l'Allemande envers Martina. Cela tient sans doute à une forme de manque de respect de la Suissesse envers l'Allemande. Martina soulignait plutôt en interviews sa passion pour Navratilova, Graf n'étant donc pas à ses yeux la star incontestée. Sacrilège pour les fans invétérés de l'Allemande ! Or les animateurs du Club des supporters étaient bien dans les tribunes ce samedi-là, avec leurs drapeaux, et leurs cris. Ils ont même peut-être été à l'origine de l'embrasement du Central ce jour-là, même si le reste du public n'avait pas besoin de leurs encouragements pour conspuer Hingis, puisque les attaques verbales de cette dernière contre Mauresmo étaient encore dans tous les esprits. Il fallait donc punir Hingis, la mettre à mort tout simplement. En fait de caprice de la joueuse, c'est d'un infanticide qu'il s'agit ici.
On signalera que l'auteur évoque un double-break d'avance pour Hingis à 3-1 dans la deuxième manche. N'est-ce pas un simple break ? Bon, ne chipotons pas, ce livre ne vous décevra pas. Pour prolonger la lecture, et rester dans le thème, on conseillera Open d'André Agassi, et Le revers de Richard Gasquet par Jean Palliano.
Commenter  J’apprécie          120



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (11)voir plus