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ISBN : 2757803018
Éditeur : Seuil (08/02/2007)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 16 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Seuil - 02/2006)


Et si la hausse du prix du pétrole était le début d'une salutaire crise de désintoxication ? Et s'il fallait encourager cette hausse, voire l'accentuer ? Si l'énergie ne vaut rien - car elle est incroyablement sous-évaluée - c'est que ni l'épuisement des ressources en pétrole, ni le coût du changement climatique, ne sont inclus dans son prix. Par un surprenant tour de passe-passe, i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Franck_naturellement
  25 mai 2008
http://naturellement.typepad.fr/franck_naturellement/2006/03/le_plein_sil_vo.html
Naguère, je vous ai parlé sur ce blog du bouquin d'Yves Cochet, "Pétrole Apocalypse".
Sa thèse, partagée par la très grande majorité des Verts, est que nous sommes entrés dans une période de déplétion pétrolière (nous avons consommé plus de la moitié des réserves disponibles) alors que, dans le même temps, la demande explose (développement de la Chine, de l'Inde...). La combinaison de ces deux éléments rend sans doute inéluctable la fin de l'ère du pétrole abondant et bon marché.
Ce qui fait actuellement débat chez Les Verts (quand on parle d'écologie, si si ça arrive...) c'est sur les effets de cette crise à venir, et si elle sera elle-même combinée ou non à des crises d'égale importance (crises sanitaires majeures, crise de l'eau, dérèglement climatique...).
Mais ne croyez pas que nous sommes abattus pour autant. Tous, nous pensons que des décisions politiques, suffisamment courageuses, permettront de limiter les dégâts de ces crises et, y compris, de changer de mode de développement, de consommation, d'échanges.
Cette thèse, je l'ai retrouvée dans un bouquin très accessible, de Alain Grandjean et de Jean-Marc Jancovici, "le Plein s'il vous plaît".
J'aime beaucoup la façon dont JM Jancovici essaie de populariser des idées complexes. Son site web, dont je suis fan, tout comme sa mailing-liste, sont des trésors d'inventivité à cet égard.
Par son "équivalent esclave", il démontre que le prix de l'énergie est actuellement... très faible.
Son calcul : si je loue un sherpa pour une journée, il fournira 0,5 kwh d'énergie. Un litre d'essence me permettra de récupérer 5 kwh d'énergie mécanique. le prix de ce litre ? 10 minutes de travail au SMIC. Résumé : avec 10 minutes de travail payé au SMIC, je peux louer l'équivalent de 10 journées de travail humain !
Dans mon précédent boulot, j'avais organisé un repas entre Michel Vampouille, vice-Président du Conseil régional d'IDF et JM Jancovici. Très bon souvenir, les idées survolaient la table, fusaient, rebondissaient. JMJ n'a pas sa langue dans sa poche, et n'hésitait pas à défendre son point de vue : le solaire et l'éolien ne sont pas une réponse satisfaisante à la crise à venir. Certes, remarquait MV, mais au moins cela permet de faire preuve de pédagogie, et de montrer qu'il y a d'autres choix entre le tout-pétrole et le tout-nucléaire.
Car voilà... Jancovici est pro-nucléaire. Ce qui en fait une bête noire pour l'ensemble du milieu écolo. (Ceci dit, j'ai acheté ce bouquin à Ecodif, la librairie des Verts...) Pour tout dire, je n'adhère pas à ce dogmatisme. le nucléaire est par définition intrinsèquement anti-écolo : gestion non durable des déchets (ou trop durable !), production centralisée, refus de prise en compte des risques. Mais je peux comprendre que des scientifiques ne partagent pas ce point de vue. Ce que je leur demande en revanche, c'est de faire entrer les choix scientifiques, de la technique, dans le débat politique. La France est le pays le plus nucléarisé de la planète... sans qu'il n'y ait un seul vote au parlement.
En bon pragmatique que je suis, antinucléaire certes, je constate que 80% de notre électricité est nucléaire (et 15% hydraulique) et que, pour les années à venir, sur le strict point de vue de l'électricité, nous allons nous en tirer sans trop de difficultés... ce qui nous laissera le temps de sortir du tout-pétrole, puis du tout-nucléaire ensuite.
Le bouquin de Jancovici (et de Alain Grandjean) ne dit pas vraiment autre chose, et, sur cette base-là, il y a de quoi discuter, et très largement.
Car si nous discutons beaucoup chez Les Verts, nous apportons assez peu de solutions, il faut bien le dire. Ou, plutôt, celle préconisée par Yves Cochet, le ticket de rationnement (certes matérialisée par une carte à puce) ne fait pas l'unanimité, loin s'en faut.
C'est pourquoi la solution proposée par le livre de Jancovici et Granjean, une augmentation massive de la fiscalité sur les carburants fossiles, sur la base de l'émission de CO2, pour à la fois lutter contre le réchauffement climatique et aider à se sevrer du tout pétrole, me semble très intéressante.
Comme expliqué dans le bouquin, le rationnement (prévu aussi par le gouvernement anglais) nécessite la mise en place d'une administration, d'un contrôle. C'est un coût aussi. Cela provoque un marché noir, sur des bases ultra-libérales, dont les plus-values échappent totalement à l'Etat.
La fiscalité prépare à un coût élevé de l'énergie et, dans le même temps, donne des moyens à l'Etat, dans la phase de transition, pour construire les alternatives. Car, à terme, il faudra beaucoup plus de transports publics, de logements moins consommateurs d'énergie... c'est une nouvelle économie, avec un nouvel aménagement du territoire, avec une agriculture plus proche, qu'il faudra bien élaborer, et cela demande des moyens.
Le point fort du rationnement, c'est l'égalité de tous devant le fin du pétrole abondant. Ménage riche comme ménage modeste a le droit au même nombre de litres de pétrole. Sauf que... le bobo parisien qui habite à 10 stations de métro de son travail utilisera son rationnement pour ses week-ends, voire pour prendre l'avion pour aller au soleil l'hiver, quand la famille de la lointaine banlieue, sans transport collectif, aura à peine de quoi se déplacer avec le rationnement. de ce point de vue, l'égalité est un leurre. D'autant que, comme au bon temps du rationnement alimentaire, il faudra bien compter sur les lobbies divers et variés pour considérer que telle profession a le droit à un rationnement plus important, les médecins pour se déplacer, les commerciaux, les diplomates... Au total, il y en aura qui seront plus égaux que d'autres. Je pense donc que c'est une fausse bonne idée.
A l'opposé, des instrument fiscaux, salariaux, peuvent être élaborés pour rendre neutre l'augmentation de la fiscalité sur les ménages les plus modestes. On parle de revenu minimum chez Les Verts, d'impôt négatif. Pourquoi ne pas consacrer une part importante de cette fiscalité nouvelle à un impôt négatif ? Chacun reçoit par an 100, 200 euros de l'Etat, pour compenser la hausse des carburants, quel que soit son revenu par ailleurs...
On le voit, ce livre ouvre le débat. Il montre que beaucoup de nos idées sont partagées au-delà de nos cercles habituels. Il se propose d'être saisi par le milieu politique. Pour ma part, j'espère que Les Verts sauront avoir l'intelligence de dialoguer sans tabou avec ses auteurs...
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GCastevert
  18 juillet 2011
Critique complète avec tous les liens hypertexte sur mon blog ci-dessous.
On agitait cette perspective comme un épouvantail depuis plusieurs mois, la barre avait failli être franchie courant décembre et puis on avait presque fini par l'oublier, tout occupés par les fêtes de fin d'année. Il a donc fallu attendre le tout début de 2008 pour que le baril de pétrole dépasse le niveau symbolique des $100.
Et pourtant il fallait bien que ça arrive un jour, il n'y a pas plus inéluctable que l'augmentation du prix de cette ressource épuisable, dont la demande ne cesse de croître alors que l'offre stagne. D'autant plus que pour certains experts, le fameux “pic oil”, cap où la production du pétrole commence à décroître de façon irréversible, aurait été atteint dès l'été 2006.
Le pétrole est donc structurellement amené à se renchérir et il ne faudra pas attendre la dernière goutte avant de se rendre compte des effets de l'augmentation du prix de cette drogue dure à laquelle l'humanité toute entière est accro.
Faut-il déplorer cette hausse ou au contraire s'en réjouir? Je préfère pour ma part la deuxième option. Tout ce qui peut contribuer à faire prendre conscience au maximum de personnes de la nécessité de changer notre mode de vie, de s'adapter tant que le prix à payer est encore modique, va dans le bon sens.
En outre, quitte à faire bondir, le pétrole est encore à un prix incroyablement bas comparé à sa rareté, à son coût environnemental et aux services qu'il nous rend. Et plus on attend pour s'en rendre compte et agir, plus la bombe à retardement risque de faire des dégâts.
Pour vous en convaincre, et surtout pour voir que rien n'est perdu mais qu'il faut agir maintenant, je ne saurais trop vous conseiller de lire un petit bouquin fort bien fait et très didactique dont j'avais déjà parlé dans une chronique précédente. Il s'appelle le plein s'il vous plaît, est écrit par Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean qui donnent plein d'exemples concrets et font toucher du doigt les effets incroyables qu'à eu le pétrole sur notre mode de vie et ce que sa disparition progressive entraînera comme bouleversements. Et ils donnent la solution pour se sortir à moindre frais de cette accoutumance… même si elle ne fera pas plaisir à tout le monde!
Pour info, ce livre est sorti en février 2006 et tout ce qu'il décrit n'a fait que se confirmer depuis… Ici, un lien vers une interview de Jean-Marc Jancovici parue en décembre 2006, qui donne un bon aperçu du contenu de son livre.
Vous pouvez aussi aller faire un tour sur le blog Now Future, qui faisait le 11 septembre 2006 une analyse similaire.
Lien : http://blog.guillaumecasteve..
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Videos de Jean-Marc Jancovici (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Marc Jancovici
Interview de Jean-Marc Jancovici, auteur de "C'est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde" (1/5)
Source : Rue89
>Commerce, communications, transports>Commerce intérieur>Commerce intérieur des différents produits (24)
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