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EAN : 9782070297832
276 pages
Éditeur : Gallimard (20/01/1978)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Quelque part dans l'inachevé... Comment mieux saisir que par cette phrase de Rilke l'insaisissable Jankélévitch. Un philosophe qui ressemble à un poète. Un écrivain qui est un musicien. Stimulé par les questions de Béatrice Berlowitz, il entrouvre enfin son domaine ; celui de l'impalpable, de l'étincelle fugace, du vague à l'âme, de la nostalgie ; il laisse s'épancher le monde secret qui habite au coeur de son oeuvre. On parle d'amour et d'humour, de musique et de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Danieljean
  05 janvier 2016
Ce livre nous amène plus loin que des entretiens philosophiques, il nous offre des coups de coeurs, des réflexions sur différents de thèmes,dont de beaux éloges notamment a propos de la philosophie ou de la musique. Une excellente manière de découvrir ce grand philosophe dont on ne parle que trop peu.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   10 juin 2011
…Je me trouvais un jour dans une synagogue de Safed, en Israël, avec d'autres voyageurs ; visiteurs discrets et plus ou moins christianisés, nous marchions sur la pointe des pieds pour ne pas troubler la méditation de quelques sages à la barbe blanche qui se trouvaient là, enfoncés dans leur livre. Le guide, comprenant que nous nous croyions à Notre-Dame de Paris, nous dit à peu près ceci : Vous pouvez parler, rire, chanter, ils ne vous entendent pas, ils ne vous voient pas, vous n'existez pas pour eux ! Ils sont absents, et vous êtes absents pour ces absents… Nous avions affaire à un silence qui ne pouvait pas être entamé par le vain bruit des paroles, à un silence plus fort que le bruit. Les règles du silence sont inséparables de la mystique chrétienne : mais pour les juifs la synagogue est un lieu de réunion où le silence est sans doute le secret de chacun. Au recueillement chrétien (et platonicien) peut-être nous sera-t-il permis d'opposer l'extase juive. Le recueillement, pour approfondir, fait taire le vacarme des paroles et des moteurs. Mais l'extase s'abstrait d'elle-même, par son propre pouvoir, du tumulte qui l'assiège, et le réduit à l'état d'insignifiance complète. Le vacarme est nihilisé, il n'existe plus ! Le silence de l'âme n'a pas besoin d'imposer le silence à ses voisins bruyants, à leurs machines parlantes, à leurs accordéons, à leurs vociférations…Heureux silence ! Spontanément cette âme irradie cette zone isolante autour d'elle. C'est en plein tintamarre qu'il faut prêter l'oreille au chuchotement imperceptible de Dieu. Ainsi Darius Milhaud, dit-on composait sa musique au milieu du vacarme de la foire de Montmartre, comme s'il était sourd au bruit assourdissant… De même qu'une attention passionnée au travail créateur peut anesthésier l'homme gêné par la souffrance, de même cette attention peut a fortiori rendre inutile l'insonorisation ! La religion pour les juifs est-elle même un silence : sa clandestinité fut d'abord un effet de la prudence puisqu'il a fallu la cacher ou la faire passer pour autre qu'elle n'est. Dans le christianisme, tout à l'inverse, la religion s'étale au grand jour ; l'Église romaine surtout, étant l'Église de la bonne conscience et de la belle assurance, est vouée à la célébration d'un Christ glorieux ; elle déroule sans complexes les pompes de l'apparence et d'une liturgie fastueuse. Car l'élan vers le suprasensible passe par le chemin de l'apparence sensible. La cathédrale de gloire domine toute la ville, et ses flèches s'élance vers le ciel. Mais dans le for intime du sanctuaire se cache la présence divine. Les mille flammes des cierges se sont éteintes, les mille voix des chœurs se sont tues. Les splendeurs qui tout à l'heure illuminaient le sanctuaire laissent dans l'ombre le sanctuaire de ce sanctuaire. Ici l'ascèse du silence chrétien prend tout son sens mystique. Quand il pénètre dans ce mystère, dans cette pénombre, l'homme baisse la voix, comme il baisse la voix comme il entre dans la chambre du mort. Deh ! parla basso ! Et pourtant sa voix ne dérangerait pas le mort…
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DanieljeanDanieljean   07 août 2018
L'amour ne sélectionne pas des caractères, il adopte la personne tout entière par une élection massive et indivise. L'amour ne veut rien savoir sur ce qu'il aime ; ce qu'il aime, c'est le centre de la personne vivante, parce que cette personne est pour lui une fin en soi, ipséité incomparable, mystère unique au monde. J'imagine un amant qui aurait vécu toute sa vie auprès d'une femme, qui l'aurait aimée passionnément et ne lui aurait jamais rien demandé et mourrait sans rien savoir d'elle. Peut-être parce qu'il savait depuis le commencement tout ce qu'il y a à savoir.
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LudvikLudvik   21 janvier 2014
La musique, à la différence du langage, n'est pas entravée par la communication du sens préexistant qui déjà leste les mots; aussi peut-elle toucher directement le corps et le bouleverser, provoquer la danse et le chant, arracher magiquement l'homme à lui-même. Les plis et replis du souci s'effacent d'un seul coup dès que chantent les premières mesures de la sonate ou de la symphonie.
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PilingPiling   10 juin 2011
Le repliement dans le silence exprime une exigence de pure spiritualité, un effort vers l'humilité et le renoncement. Cette exigence et cet effort sont particulièrement caractéristiques de l'esprit de la Réforme. Les juifs ne ressentent pas l'exigence ascétique et cathartique de la même façon puisqu'ils ont été en quelque sorte condamnés au silence par leur destin immémorial ; ils n'ont pas eu à se réfugier dans le silence, ils ont toujours été les juifs du silence…
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PilingPiling   09 juin 2011
J'ai connu quelqu'un qui faisait semblant de travailler son piano et qui a fait toute sa vie les mêmes fausses notes dans la même mesure de la même Étude de Chopin. Il les fait encore dans l'autre monde.
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