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Dominique Ranaivoson (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782752601797
221 pages
Éditeur : L'Aube (02/03/2006)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Assiata, à peine pubère, est bien décidée à transformer sa nuit de noces avec l'homme que sa famille lui a imposé en scène de tortures. Ses tantes, accourues aux cris venant de la chambre nuptiale, lui assènent alors une vérité inimaginable : elle n'a rien d'une héroïne ! Ndzaka Lapiné, championne de l'apnée, 6 ans, fait naufrage alors que son père tente de la faire passer clandestinement avec lui de Madagascar à Mayotte. Elle seule s'en sortira, assurément protégée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
MaryBatiskaf
  20 novembre 2013
L'enfance en péril, et les pratiques traditionnelles barbares, ce sont les deux principaux thèmes qui reviennent au fil de ce recueil de nouvelles, qui nous entraîne sur les pas de l'auteur, entre Madagascar et l'archipel des Comores. Refus des traditions mal perpétuées, celles qui poussent les petites filles dans les bras de vieillards, violeurs autorisés, ou entre les cuisses de leurs pères, traditions qui veulent taire, celles qui les placent en esclavage chez une lointaine parenté, celles qui injurient et blessent à jamais, qui jettent les enfants morts aux chiens et les vivants encombrants dans les eaux troubles du lagon, celles qui avilissent et soumettent.
Refus et rébellion, du marronnage aux enfants soldats, des incendiaires aux gamines devenues assassines par obligation, trafics d'enfances et d'errance, abus de pouvoir et d'autorité, Jaomanoro prête sa voix à ces mondes que, souvent, nous ne pouvons qu'entrapercevoir. le parti-pris est clair, et le pari pas loin d'être gagné : si l'on sent parfois le regard extérieur de l'écrivain, la plupart du temps, on parvient à se mettre dans la tête de cette gamine en guerre contre la réalité qu'on lui a fabriquée. Comment fait-il, Jaomanoro, lui qui, d'après ce que j'en sais, n'est ni femme ni enfant ?
L'atmosphère est plombée, comme le souligne la postface de Dominique Ranaivoson, et pourtant on finit par le faire, ce voyage, du début à la fin. Avec quelques pauses, pour respirer. C'est elliptique parfois, poétique avec l'évocation de légendes et de comptines, avec un rythme soutenu et une fin positive (ouf!) sur un lien d'amour resté très discret dans le reste du livre.
Jaomanoro nous donne à voir ce qui souvent nous demeure invisible, sans jamais se poser en juge. C'est douloureux, pourtant on en redemande : souhaitons qu'il écrive longtemps, et souvent.
Lien : http://tsimatory.canalblog.c..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
TiboLexieTiboLexie   28 décembre 2020
Un hurlement. Mon "mari" m'attrape par les cheveux, me cogne la tête contre le parquet. Je lâche prise pour hurler à mon tour. Mon bourreau se dégage. Mon cri a dû sonner faux car, après trois coups précipités frappés à la porte, ma tante se rue dans la chambre nuptiale. Dehors, les chants se sont tus. Ce n'est pas là le cri que l'on attendait de moi. De nous deux.
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TiboLexieTiboLexie   29 décembre 2020
Oui, enterrons nos morts. Enterrons-les dans nos viandes, dans nos tripes. C'est ce que faisons depuis quinze ans, enterrer nos morts. Depuis que nous sommes nous. Depuis que nous sommes paysans. Mais nous poursuivrons la grève de la crève ! On enterre les morts et on revient. Les malgaches ne bougent pas d'ici.
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PommapiPommapi   30 mai 2010
Il avait neuf mois à l'époque, Beravo. C'était le plus beau bébé du wagon. Admiré de tous les voyageurs, sauf deux, trois jalouses qui feignaient l'indifférence. Mon petit faisait le tour des bras et des genoux, en éclatant de rire. Il me revenait barbouillé de biscuit, les joues luisantes d'huile de beignet. Il retrouvait mon sein avec délectation. Beravo tétant. Beravo me mangeant. S'unissant à moi. Se soudant à moi.
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MaryBatiskafMaryBatiskaf   02 septembre 2013
Un beau moment de décentration, et l'on parvient aisément à penser que l'auteur est une femme lorsqu'il parle en son nom. David Jaomanoro écrit-il encore ? Personnellement, ce livre me le fait espérer.
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