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ISBN : 2258063183
Éditeur : Les Presses De La Cite (07/04/2005)

Note moyenne : 4/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Au coeur des monts d'Arrée, pendant la Seconde Guerre mondiale, les Kermanac'h, cinq frères célibataires et leur soeur Naïg, exploitent en commun la ferme léguée par leurs parents. Sous l'Occupation, la fratrie se divise entre pacifistes et partisans de la lutte armée dans des camps radicalement opposés: la Résistance et les brigades nationalistes bretonnes.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
raton-liseur
  05 juillet 2016
Un sujet sensible s'il en est, les alliances peu glorieuses entre les nationalistes bretons et les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi bien avant. Hervé Jaouen, fort de son expérience dans le polar et creusant la veine du roman régionaliste qu'il explore depuis plusieurs décennies, n'hésite pas à s'attaquer à ce thème, dans un roman centré autour d'une fratrie, celle des Kermanac'h (on ne fait pas plus breton comme patronyme…), qui exploite un domaine dans les terres pauvres des Monts d'Arrée, et d'une vengeance, dont les protagonistes se devinent au fur et à mesure que l'histoire se déroule devant nos yeux.
La narration se tisse sur deux lignes parallèles qui finissent bien sur par se rejoindre. Les années de guerre et les choix différents que font chacun des frères Kermanac'h ; et puis 1969, lorsque le cadet, Corentin, sort de prison après avoir purgé ses 25 ans de peine (je ne dévoile rien, ce sont les premières pages du livre), dans un monde qu'il n'a pas vu changer mais où certaines blessures ne sont toujours pas cicatrisées.
Je reproche un peu à ce livre de ne pas être allé au bout de son idée, et de trop permettre de trouver des circonstances atténuantes à celui des frères qui s'est laissé embrigader par les Breizh atao. « Laissé embrigader » et non « qui a rejoint », c'est bien là les limites de ce livre, mais était-il possible ou même souhaitable de poser le problème plus frontalement, je laisserai chacun en juger, n'ayant pas tranché la question pour moi-même.
Mais à part ce détail qui n'en est pas un, ce livre est un bon Jaouen, toujours très bien et très sobrement écrit. N'hésitant pas à aborder des questions qui demeurent sensibles et dépeignant avec justesse, me semble-t-il, les déchirures de la guerre et les blessures non cicatrisées des décennies plus tard. Ce sont des sujets dont j'entends peu parler. Pas véritablement un tabou, mais une chape de plomb incroyablement lourde et impossible à soulever. Hervé Jaouen, par ce livre, nous aide à feuilleter des pages douloureuses et peu connues. Un défi, qui donne un résultat à la fois agréable à lire et qui pousse à réfléchir, même si les questions demeurent à ce jour plus nombreuses que les réponses.
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sylire
  03 novembre 2012
Nous sommes en 1969. Corentin Kermarrec sort de la prison où il est enfermé depuis 1944. Après avoir ressassé pendant des années les évènements qui ont fait son malheur, il n'a qu'une idée en tête, se venger.
En 39, il vivait dans une ferme du Finistère avec ses frères et sa jeune soeur. Avec la guerre, les conflits qui couvaient entre les frères ont pris de l'ampleur. L'un d'entre eux a choisi le camp de la résistance, un autre celui de l'occupant, tandis que Corentin, pacifiste, s'est concentré sur la ferme familiale. La jeune soeur, quant à-elle, a eu le malheur de tomber amoureuse d'un allemand….
Le contexte historique évoqué par ce livre est celui de l'occupation allemande en Bretagne pendant la guerre 39-45. Il est fait référence notamment à la collaboration de certains membres du Parti Nationaliste Breton avec les nazis. Certains d'entre eux, particulièrement zélés, servaient de rabatteurs à la milice allemande. Je connaissais mal ces faits et j'ai trouvé très intéressant de faire quelques recherches sur cette période peu glorieuse de l'histoire des nationalistes bretons, une fois le livre terminé.
Si Hervé Jaouen se montre sans complaisance avec les collaborateurs, il pointe aussi du doigt une catégorie de résistants, opportuniste et sans scrupule. Il n'omet pas d'évoquer les graves débordements commis à la libération : justice expéditive, femmes tondues…
La ferme familiale de Corentin se situe à Huelgoat, en centre Finistère. Mes grands-parents tenaient une ferme dans la région à la même époque. J'ai donc pensé à eux tout au long de ma lecture. le livre est truffé d'expressions en breton que j'avais un peu oubliées et que j'ai eu grand plaisir à retrouver.
J'ai beaucoup apprécié le rythme de ce roman, qui tient en haleine et contribue à faire de cette histoire une saga familiale très réussie.
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yv1
  17 juin 2018
Avec habileté et en divers allers-retours dans le temps, Hervé Jaouen raconte le destin d'une fratrie dans les années de guerre. Bon, les sagas, ce n'est pas trop mon truc, mais lorsque c'est écrit par ce romancier, je prends. Malgré des longueurs évidentes, ce roman est intéressant à plus d'un titre. D'abord, comme à son habitude, Hervé Jaouen use d'une langue qui prend à tous les registres et qui est vive, jamais ennuyeuse ou pédante, jamais non plus racoleuse. Ensuite, à travers sa fratrie, il dresse le portrait de tous les gens de l'époque : ceux qui ont collaboré très activement, ceux qui ont résisté, ceux qui se sont contentés de vivre sans nuire aux uns ou aux autres et qui furent probablement la majorité des Français, celles qui ont aimé des Allemands et qui furent humiliées à la fin de la guerre. D'autres personnages s'invitent dans son roman, tel le curé, Suzanne la maîtresse de Corentin, l'un des frères Kermanac'h, la postière du village qui lit les courriers et informe la résistance, Momo le maquereau parisien venu se refaire la santé en Bretagne, et le plus marquant, un général allemand celtophile avéré, fin lettré, cruel, absolument détaché de la notion de vie humaine, décalé, drôle dans ses réparties tant elles sont dures, violentes et inattendues.
Et enfin, le plus présent dans ce roman, c'est la Bretagne, celle des Monts d'Arrée. Huelgoat et surtout Saint-Herbot. Les descriptions sont détaillées : paysages rudes et magnifiques, à tel point que l'envie d'y aller naît immanquablement, ainsi que celle de visiter la chapelle de Saint Herbot. Hervé Jaouen parle aussi d'histoire, et l'on apprend celle des milices nationalistes bretonnes, les bagadou stourm, mais aussi la vie difficile des Bretons de l'époque.
Comme d'habitude avec Hervé Jaouen, c'est l'assurance de passer d'excellents moments en Bretagne.
Lien : http://www.lyvres.fr/
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LesLecturesDeRudy
  28 novembre 2018
Belle découverte pour moi que cet auteur . Son roman mélange joliment intrigue policière et faits historiques . C'est un récit composé de nombreux flashback mais qui bien structuré fait que le lecteur ne s'égare jamais . Un récit émaillé ici et là d'expression bretonne qui donne un petit côté exotique à la lecture . L'histoire est simple , un homme sort de prison avec une seule idée en tête : se venger des 25 années qu'il vient de passer en cellule . de qui ? Pourquoi ? lentement au fil des pages on découvre les faits qui ont amené cet homme à cette extrémité. L'auteur y mêlant adroitement la grande histoire , celle de l'occupation de la Bretagne par les troupes nazies et la collaboration de certains milieux indépendantistes. Belle écriture , sens du suspense et fin relativement imprévisible . Un bon moment de lecture.
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Zebra
  18 juillet 2012
Que d'émotion contenue ! Laissez-vous surprendre par ces événements qui ont marqué les âmes et les corps.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mgeffroymgeffroy   06 mars 2008
Naïg et son mari n’avaient pas jugé utile de se barricader derrière des murs et un portail.
Kermanac’h entra directement dans le jardinet de devant, lut le nom sur une plaque en faïence décorée façon Quimper – Monsieur & Madame Robert Cornec – et appuya sur le bouton de la sonnette.
Dans d’autres familles, la soeur aurait été dans le jardin ou dans la rue à attendre son frère, en se triturant les mains. Elle aurait couru, crié, se serait jetée dans ses bras. Pas chez les Kermanac’h où les vivants n’avaient pas l’habitude de se lécher le museau et où les morts comprenaient parfaitement qu’on ne leur chiale pas après comme des matous en chaleur miaulent des nuits entières après la lune.
La porte s’ouvrit, Naïg essuya ses mains dans son tablier.
— Alors, te voilà, dit-elle.
— Oui, puisque tu ne m’as pas abandonné.
— Toi non plus. Toi non plus, tu ne m’as pas laissée toute seule avec mon malheur.
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Bellisa55Bellisa55   26 avril 2016
La peur de ressusciter le passé d'un mot de trop suspendait leurs dialogues. Ils bouclaient les paroles dans la penderie du non-dit mais cela n'empêchait pas les mites des pensées de s'échapper par-dessous la porte et de voleter entre eux, au milieu de leur silence.
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mgeffroymgeffroy   06 mars 2008
De sa fenêtre, Kermanac’h avait vu les jupes des filles raccourcir et les cheveux des lycéens s’allonger. Il avait vu les DS remplacer les tractions avant, les 4L succéder aux Juvaquatre et les R16 aux Frégate, et les tracteurs éliminer les chevaux. Le monde n’avait pas arrêté de changer et pourtant le monde était toujours aussi dingo.
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Bellisa55Bellisa55   01 mai 2016
En prison, les pupilles se dilatent au lieu de se rétracter, les yeux réclament de l'azur et des prairies étincelantes de soleil, et dans le bagage des élargis les greffiers devraient ajouter des lunettes noires. La liberté est éblouissante.
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sld09sld09   18 novembre 2017
Le carrefour où le calvaire a été érigé porte le nom de Kroaz-an-Turk. Sur les origines de ce toponyme, les avis divergent, mais la plupart s'accordent sur une explication qui a la beauté des légendes : ce serait un Turc, un infidèle, par conséquent, qui aurait sculpté la croix au siècle des Lumières. D'où venait cet Ottoman ? Qui était-il, que faisait-il au centre de la Bretagne ? Un descendant d'esclave ramené d'Orient par des Templiers dont on trouve la trace, ici et là, dans les archives de manoirs fortifiés ? Ou, plus simplement, un tailleur de pierre breton, mais au physique barbare - œil noir, moustache tombante - d'égorgeur de chrétiens ? L'absence de réponse à ces questions ajoute encore à l'angoisse qu'inspirent le calvaire et le paysage qu'il semble maudire.
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Videos de Hervé Jaouen (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Jaouen

Dialogues, 5 questions à Hervé Jaouen
www.librairiedialogues.fr 5 questions posées à Hervé Jaouen, à l'occasion de la parution du livre Ceux de Menglazeg (Éditions Presses de la cité).
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