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EAN : 9782070408122
248 pages
Éditeur : Gallimard (02/04/1999)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 193 notes)
Résumé :
Quand vous prenez une couchette dans un train de nuit, méfiez-vous des rencontres. Quand on retrouve une femme étranglée dans votre compartiment, méfiez-vous de vos voisins. Quand on supprime un a un tous vos voisins, méfiez-vous tout court. Si vous n'êtes pas vous-même l'assassin, c'est embêtant !
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
latina
  31 juillet 2014
Je vous parle d'un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaitre... Un temps où l'atmosphère feutrée des films policiers en noir et blanc rendait encore plus dense le brouillard des fumées de cigarettes, sur fond de costumes-cravates, noirs évidemment. Un temps où les « mauvais garçons » se confondaient avec les fils de bonne famille, un temps où Simone Signoret et Yves Montand filaient le parfait amour...
Pourquoi soudain suis-je plongée dans ma petite enfance ? Pourquoi ai-je tout à coup la nostalgie de cette époque ?
Parce que je viens de lire « Compartiment tueurs », écrit en 1962. Parce que l'écriture à l'ancienne de ce polar très classique m'a fait penser immédiatement aux films policiers visionnés en famille. Il a d'ailleurs été porté à l'écran par Costa-Gavras, avec dans les rôles principaux les susnommés Yves Montand et Simone Signoret, mais aussi Catherine Allégret, Michel Piccoli, Jean-Louis Trintignant, Pierre Mondy, Charles Denner, Marcel Bozzuffi, Daniel Gélin, excusez du peu.
Je disais justement à un de mes contacts de Babelio que les polars, eh bien, je n'y connaissais rien ! A part quelques Agatha Christie, Rouletabille, et l'excellent « Robe de marié » de Pierre Lemaître, j'avoue ma complète ignorance. Et comme Japrisot est un auteur que j'affectionne...j'ai sauté dans le premier train. Il s'agit en l'occurrence du « Phocéen ». Dans un compartiment à 6 couchettes, on a retrouvé le cadavre d'une jeune femme, peu après l'arrivée en gare de ce train Marseille-Paris. Et me voilà trimballée sur les rails de l'enquête, à coups de dialogues et de descriptions courtes mais évocatrices. Enquête qui s'avère quelque peu compliquée, vu que les cadavres vont se ramasser à la pelle (enfin, j'exagère, il ne s'agit quand même pas de feuilles mortes).
J'ai essayé de ne pas me perdre dans les nombreux personnages car Japrisot joue avec le lecteur, sème des indices l'air de rien...et il fallait que je feuillette le roman en arrière pour m'y retrouver.
Mais bon, même si ce polar à l'ancienne n'est pas ce que je préfère, il a eu entre autres le mérite de me transporter à l'époque du cinéma de mon enfance, aux dialogues percutants et à la musique un brin nostalgique.
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Eric75
  11 décembre 2011
Qui ne connait pas Sébastien Japrisot ? Avec une carrière d'écrivain, de scénariste et même de réalisateur de films s'étalant sur 53 ans – depuis « Les mal partis » (1950) jusqu'à « Un long dimanche de fiançailles » (2003) – son oeuvre traverse les générations. Il n'a pourtant pas eu besoin pour cela d'écrire des centaines de livres : cinq romans originaux, tous adaptés au cinéma, et plusieurs scénarios, dont le moindre d'entre eux a été retravaillé pour être publié sous forme de roman !
Compartiment tueurs, publié en 1962, n'échappe pas à la règle : Costa-Gavras, un cinéaste encore inconnu, réalise son premier film à partir du livre en 1964. La distribution fait rêver : Yves Montand, Simone Signoret, Catherine Allégret (leur fifille), Jacques Perrin (un jeunot à l'époque), Michel Piccoli, Pierre Mondy, Jean-Louis Trintignant, Charles Denner, Bernadette Lafont, Christian Marin, Marcel Bozzuffi, Claude Dauphin, Daniel Gélin, Jean Lefebvre, Dominique Zardi, Claude Berri… et j'en passe. Tout ce beau monde se retrouve en bonne place dans le roman, le film étant une adaptation assez fidèle du livre. Et ce roman, parlons-en !
Compartiment tueurs relate une enquête policière tarabiscotée et à l'ancienne, exploitant le thème du huis clos où le coupable se trouve forcément dans une population restreinte de suspects, tous ayant partagé le compartiment-couchettes de la victime pendant un voyage de nuit à bord du Marseille-Paris de 10h30. Malheureusement, les suspects, qui sont également des témoins gênants, sont assassinés les uns après les autres, ce qui nuit à la sérénité de l'enquête. Qui sera le dernier ? Sera-t-il forcément le coupable ?
Avec ce scénario ferroviaire, on pense bien évidemment à la grande reine du crime, Agatha Christie, qui a ouvert la voie et a bien dégagé le ballast avec son « Crime de l'Orient-Express » et ses « Dix petits nègres ». Compartiment tueurs se situe exactement à la croisée des aiguillages de ces deux romans. La particularité de style qu'utilise Japrisot mérite d'être signalée : les personnages et l'action sont décrits de manière neutre, distanciée, sans utiliser la facilité du dialogue, exemple : « le troisième homme, qui ramassait les perles répandues sur le plancher, leva les yeux et demanda, patron, ce qu'il avait à faire, lui. ». Les descriptions minutieuses ralentissent un peu le récit, on se croirait, surtout au début, dans un Nouveau Roman, Michel Butor n'est pas loin (il a de son côté embarqué à bord du Paris-Rome dans La modification). Ceci permet à Japrisot de multiplier les points de vue en toute subjectivité, préservant ainsi une part de mystère sur ce que savent vraiment ses personnages. La narration s'accommode ensuite de tournures plus classiques, avec l'apparition de dialogues, et le rythme de l'enquête s'accélère. Japrisot nous embarque à bord d'un polar compartimenté, qui ne dévoile que ce que l'auteur a choisi de révéler. L'intrigue est complexe, et le scénario est réglé avec la précision d'une horloge SNCF. Mais malgré son côté alambiqué, l'histoire reste sur ses rails, sans jamais laisser le lecteur à quai. L'ambiance du Paris des années 60, chapeaux mous et gabardines, brasserie-choucroute (page 146) et bistrot-bières sur ronds de carton mouillés (page 31), donne par ailleurs un charme indéniable à ce roman. Pour préserver le suspense jusqu'au bout, les enquêteurs semblent comprendre avant le lecteur ce qui s'est réellement passé (on rencontre plus souvent l'inverse aujourd'hui), et le final est éblouissant. Je vous recommande donc la lecture de ce petit polar ferroviaire et vous invite également à visionner quelques scènes du film postées sur Babélio, qui vous donneront un aperçu de l'ambiance.
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Aline1102
  21 août 2014
Je n'ai pas choisi ce roman, j'en ai "hérité". L'une de mes soeurs est passée à la lecture numérique il y a quelques années et, à cette occasion, elle s'est débarrassée de tous ses livres papiers. Sans commentaire...
Du coup, elle a débarqué à la maison avec de gros sacs remplis de ces pauvres romans devenus indésirables. J'en ai récupéré la plus grosse partie et Compartiment tueurs en faisait partie.
Mais je vous avoue sincèrement que, comme ce n'est pas un roman que j'ai choisi moi-même, je m'attendais à le laisser dans ma PAL pendant quelques années encore.
C'était sans compter sur une amie blogueuse qui est une véritable tentatrice en matière de romans policiers. Elle a lu Compartiment tueurs au mois de juin et m'a dit qu'il l'avait surprise par sa qualité et, surtout, son dénouement imprévu. Comme elle fait partie de ces gens qui devinent l'identité du meurtrier après avoir lu 20 pages d'un polar, j'ai pensé que ce roman de Japrisot devait être assez exceptionnel. J'ai donc été le rechercher dans mes étagères et je l'ai placé dans ma valise.
Un jour pluvieux où je n'avais plus envie de sortir, je me suis donc installée avec Compartiment tueurs. Et dès le début, je me suis sentie transportée dans une ambiance digne d'un polar des années 1950-1960. Plus jeune, j'ai visionné (et apprécié) le film le troisième homme de Carol Reed, inspiré du roman du même titre de Graham Greene. le polar de Japrisot m'a rappelé l'ambiance de ce film ; dans les deux cas, l'intrigue est noire et efficace, sans fioritures inutiles. On est directement plongé au coeur des faits et l'on suit, l'un après l'autre, les passagers du compartiment où le premier meurtre a lieu. Chaque chapitre est d'ailleurs consacré à un personnage.
J'ai adoré la personnalité de l'inspecteur Grazziani (surnommé Grazzi pas ses collègues). C'est vraiment l'enquêteur-type, qui parle peu mais réfléchit beaucoup.
C'est bien la première fois que ça m'arrive, alors autant le souligner : j'ai deviné l'identité du coupable avant la fin du roman ! Pour être tout à fait honnête, c'est grâce à cette amie blogueuse dont je vous parlais ci-dessus : elle m'avait bien dit que l'identité du meurtrier l'avait totalement étonnée. du coup, j'ai cherché le coupable le plus improbable et j'ai trouvé le bon. Mais, par contre, impossible de comprendre le mobile du crime...
Si vous aimez les bons polars, à l'intrigue très "classique", celui-ci est fait pour vous.
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Rodin_Marcel
  02 septembre 2015
Japrisot Sébastien – "Compartiment tueurs" – Folio policier, 2014 (ISBN 978-2070455997) - Original publié en 1962.

Ce roman policier réunit deux qualités essentielles à mes yeux : d'abord, une intrigue bien ficelée (cela faisait longtemps que je n'avais lu un roman à énigme d'une telle qualité), ensuite, une multitude d'allusions à ces tout petits détails de la vie des gens d'en bas que l'on ne trouve que dans ce type de littérature.

Ce roman fut publié en 1962, et une grande partie des faits se rapporte à un compartiment couchettes dans un train : nostalgie, nostalgie, car j'ai moi-même encore connu ce type de compartiment qui ont aujourd'hui totalement disparu. La promiscuité entre les messieurs et les dames s'organisait dans le respect de règles oubliées de nos jours, communément appelées "pudeur". Ainsi, l'une des dames souhaitant revêtir sa chemise de nuit se contorsionne sous ses couvertures, qu'elle tient soigneusement remontée sur sa poitrine lorsque le contrôleur vient poinçonner les billets : à cette époque, les dames ne dévoilent même pas la moindre bretelle de soutien-gorge (et encore moins l'élastique de leur slip) contrairement à ce qui est devenu aujourd'hui un spectacle quotidien dans les transports publics. Les messieurs aident les dames à "monter leur valise" sur l'étagère métallique accrochée au-dessus des sièges. Au milieu de la nuit, les voyageurs sortent dans le couloir latéral longeant le flanc droit du wagon ce qui donne l'occasion de papoter (en surmontant le vacarme infernal des roues sur les rails) et s'aventurent éventuellement dans les wagons attenants en passant par le soufflet, dont le sol constitué de deux plaques articulées laisse entrevoir le défilement du ballast…

Ce roman tout en finesse offre ainsi un véritable recueil de scènes de la vie quotidienne de cette époque révolue…
Un véritable plaisir de lecture...
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saphoo
  26 mai 2017
Jamais lu cet auteur, c'est donc mes premiers pas avec Japrisot, il m'a conquis, j'ai trouvé son style plein d'entrain, et j'ai emblée pris un aller-retour dans les années 60 et ça je dois avouer que j'ai adoré. Retrouver cette ambiance des films en noir et blanc, avec des acteurs à la carrure bien franche dont leur longue carrière ne s'est pas démenti quant à leur jeune talent du moment. Car oui, ce livre est aussi un film, je n'avais pas fait le rapprochement avec le titre mais une fois plongée dans le scénario, des images sont venues se superposer aux mots.
Pas une grande amatrice de polar, pourtant j'apprécie par moments cette lecture trépidante, ou chaque page révèle son lot de surprises, de suspense. Ce genre lecture sans prise de tête où c'est l'auteur qui vous prend par la main et vous entraine sur un manège à sensations plus ou moins fortes. On prend au passage ce qui nous intéresse et même si ça nous intéresse pas, allez hop, y en a pour tous les goûts, on arrive à la fin parfois secoué parfois perplexe, mais il est certain qu'on ne reste jamais indifférent à un polar aussi bon ou mauvais soit-il. Dans le cas présent, il me va bien,édulcoré, pas trop tordu, des personnages bien plantés dans un décor monochrome.
en résumé, une lecture qui me laisse envisager de poursuivre la découverte de cet auteur.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Eric75Eric75   11 décembre 2011
Le troisième homme, qui ramassait les perles répandues sur le plancher, leva les yeux et demanda, patron, ce qu'il avait à faire, lui. Il y eut un gros rire, puis la voix assourdie par le rhume dit pauvre nouille, qu'il n'avait qu'à enfiler ce qu'il tenait. Qu'est-ce qu'il pouvait faire d'autre ?
L'homme au chapeau se retourna vers celui qui regardait toujours par la vitre, un homme maigre, très grand, au pardessus bleu marine élimé aux manches, aux cheveux d'un brun terne, aux épaules voutées par trente-cinq ou quarante ans de soumission quotidienne. Devant son visage, il y avait de la buée sur la vitre. Il ne devait pas voir grand chose.
L'homme au chapeau dit qu'il n'oublie pas, lui, Grazzi, de jeter un coup d'oeil sur les autres compartiments, on ne sait jamais et même quand on trouve que dalle, ça fait du poids dans le rapport. Faut développer.
Il voulut ajouter autre chose, mais il haussa les épaules, dit à nouveau bon Dieu, qu'il en tenait une carabinée, toi, l'enfileur de perles, je te trouve au Quai vers midi, ciao, et il s'en alla sans refermer la porte.
L'homme debout devant la vitre se retourna, visage blafard, yeux bleus, regard tranquille, et dit à l'autre, penché sur la couchette où la femme tendait un dos mort, des muscles morts, qu'il y avait vraiment des coups de pied quelque part qui se perdaient.
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AmbagesAmbages   16 août 2018
- Elle n'a rien remarqué de spécial durant le voyage ?
- Rien. Elle dit qu'elle ne nous sera d'aucune utilité. Elle est montée dans le train, elle s'est couchée, elle a dormi, elle est descendue du train et sa belle mère l'attendait. C'est tout. Elle ne connaît personne, n'a rien remarqué.
- Elle est gourde ?
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Iren40Iren40   20 septembre 2015
Le tort qu'elle avait c'était de toujours penser qu'on allait lui reprocher quelque chose. Elle savait bien quoi et qu'en outre c'étaux faux. La femme qui se raccroche à sa jeunesse en se payant du bon temps. Cette misère qu'on appelle le péché. L'ogresse du retour d'âge. Le démon de midi et quart. Elle avait été mariée vingt ans, avec un homme qu'elle n'avait jamais trompé, qui avait toujours vécu malade, qui était à peine moins présent, maintenant, dans son cadre sur la commode de la chambre.
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caryatidecaryatide   05 avril 2020
- On était pareils, dit Grazzi.
- Sans blague ? Tu avais de quoi en fumer, toi, des Gitanes, une après l'autre ? Ca te tentait tant que ça, les Beaux-Arts ou une ferme en Australie? Ca t'est arrivé de partager ta petite amie après dîner avec un copain qui faisait danser le tango ? On était pareils avec une sacré différence, mon pauvre canard, c'est qu'ils viennent pas de la même planète.
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FrycharFrychar   03 novembre 2019
Grazziano lui fit penser à boxeur, boxeur à
Central, Central à samedi soir. On était samedi
soir.
Il eut l’impression que c’était la seule chose
agréable qui lui fût arrivée depuis longtemps.
Le Central.
Il pensa d’abord prendre le métro, et puis au
diable, on était encore au début du mois et il
serait augmenté à Noël. Il descendit vers la gare
de l’Est, presque en courant, à la recherche d’un
taxi.
À la gare de l’Est, il courait vraiment. Quel-
qu’un, qui sans doute avait un train à prendre,
courait derrière lui. René Cabourg bouscula un
couple qui passait, s’excusa, ouvrit une portière,
en criant au chauffeur:
«Au Central!… La salle de boxe.»
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