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EAN : 9782070380343
470 pages
Éditeur : Gallimard (23/06/1988)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 128 notes)
Résumé :
Sur une plage déserte, à la fin d'un bel après-midi d'été, un jeune homme tombe, blessé d'un coup de fusil en pleine poitrine. Tour à tour, les femmes qui ont compté dans sa vie racontent l'aventure qu'elles ont partagée avec lui, qui les a conduites à l'abattre. Mais qui dit la vérité ? Emma, l'angélique mariée enlevée la nuit de ses noces ? Bélinda, la splendide prostituée de « La Reine de Coeur » ? Zozo, la pensionnaire du même endroit ? Caroline, la trop jeune v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
zellereb
  25 janvier 2017
Dans ce livre, l'auteur s'amuse à dresser le portrait de Vincent, un séducteur, au travers d'un récit composé d'une suite de témoignages de femmes ayant connu l'intéressé chacune sous un nom et un jour différent. Au fil des chapitres, on entre dans un univers rocambolesque agréable, bien qu'emberlificoté, déroulé au fur et à mesure par un conteur plein d'idées, qui aime à jouer avec nous. Les premiers récits de femmes, je les ai trouvés extraordinaires, poétiques, avec le côté argotique pour Belinda la prostituée, ainsi que Zozo. Tout se passe dans une maison close pour une grosse partie du roman, Vincent y échouant lors d'une escapade, sinon amoureuse, du moins judiciaire. Puisque les femmes ont toute une vision différente de Vincent, comment le cerner, nous simples lecteurs ? D'où vient-il ? Ce serait un bagnard en fuite. Mais est-ce bien certain ?
Par la suite, on change de décor et Vincent, supposé fuir la police, se cache sur un bateau grâce à une actrice nommée Frou Frou. C'est ici que j'ai été un peu ralentie dans ma lecture. En effet, tout ce qui se passait sur le bateau ressemblait à ce qui se passait dans la maison close et je ne m'y retrouvais plus. Peut-être y ai-je mis plus de degré que de nécessaire pour une fois, inutilement pourtant. Toujours est-il que l'écriture de Sébastien Japrisot est bien-sûr enlevée, pleine d'images, pétillante et drôle. Mais à un moment donné, on ne sait plus sur quel pied danser, et par conséquent, ça alourdit le train du roman.
On découvre évidemment la vérité, et toujours au travers des paroles de toutes les femmes que Vincent a séduites. Son personnage et sa psychologie change au fur et à mesure. C'est d'ailleurs ce qui est très amusant dans ce livre, ce prisme déformant par lequel on croit entrapercevoir Vincent. Tout un art.
J'ai passé un bon moment de lecture.
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Seraphita
  04 juillet 2010
20h15. Un jeune homme titube au soleil couchant sur une plage. Il a une large tache rouge sur le torse. Près du même océan vit Emma, 20 ans. Lors de sa nuit de noce, un jeune homme la kidnappe. Elle apprend que celui-ci vient de s'évader de la citadelle où il purgeait une peine pour viol et meurtre. D'abord terrorisé par cet homme, elle se montre très vite séduite. La relâchera-t-il saine et sauve ? Doit-on croire Emma ? Que nous apportera le témoignage de 8 autres femmes sur le même jeune homme ? 21h10. Que devient le jeune homme sur la plage ?
C'est le troisième roman de Japrisot que je lis après « La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil » et « Piège pour Cendrillon ». J'apprécie bien ses romans et « La passion des femmes » m'a été recommandé lors d'une rencontre de lecteurs dans une bibliothèque.
Voici un roman de Japrisot un peu inégal, avec un début vraiment captivant et original où culmine le mystère. le roman débute par le portrait d'un homme qui n'est plus manifestement maître de lui. On sait peu de choses de lui, on ignore même son nom. Que lui est-il arrivé ? Va-t-il, comme il le pense, mourir ? Puis survient un premier témoignage d'une jeune femme, Emma. L'auteur en dresse un portrait exhaustif. Ensuite, il nous décrit la rencontre inopinée d'Emma avec notre jeune homme qui dit se prénommer Vincent. Cette jeune femme est victime du syndrome de Stockholm, Vincent ne la laissant pas indifférente. Ce premier témoignage est vraiment passionnant : le lecteur s'attache beaucoup au sort d'Emma et aux rapports ambivalents qu'elle tisse avec l'évadé. Lorsque survient le second témoignage, le lecteur est encore davantage captivé puisqu'il comprend mieux l'histoire du jeune homme, qui porte alors un autre prénom et puisque – fait intéressant – les témoignages ne se recoupent pas entièrement. Certaines vérités sont recontextualisées. Cela a attisé ma curiosité : qui dit vrai ? Qui ment ? Quelle est la vérité ? Chaque témoignage d'une femme différente apporte la suite des pérégrinations de notre évadé et éclaire sa destinée d'une lueur nouvelle.
Des constantes apparaissent au fil des témoignages : le jeune homme est un véritable séducteur sous le charme duquel tombe chaque jeune femme qui essaie de lui venir en aide dans son évasion. Un événement tragique clôt chaque témoignage. le prénom du jeune homme se modifie à chaque fois : identité floue, insaisissable, volonté d'abuser les jeunes femmes, de ne pas laisser une empreinte trop profonde ? Japrisot explore la passion des femmes du point de vue d'un homme séducteur et peu fidèle. Il mêle aux sentiments des épisodes (parfois crus) de sexe. Au final, la trame peut paraître un peu lassante.
J'ai moins aimé le témoignage de Frou-Frou, richissime actrice en croisière sur les océans du monde alors que la guerre fait rage. le discours de l'actrice me semblait convenu et un peu trop éloigné de l'intrigue et des pérégrinations du jeune homme.
J'ai bien apprécié le témoignage de Yoko, une jeune femme japonaise qui maîtrise mal le français parlé et écrit. Japrisot a réussi un tour de force en écrivant ce témoignage : il a produit un texte rempli d'erreurs syntaxiques, de maladresses d'expression, sans que le contenu en pâtisse : d'ailleurs la forme du récit embellit le fond.
Un mot sur le final (21h10). le procédé qu'emploie Japrisot semble un peu facile et dessert la qualité intrinsèque du roman et de l'histoire tissée au fil des 8 témoignages. Je n'ai guère apprécié ce rebondissement, mais j'avais été prévenue, aussi ma déception a été atténuée.
Un bon roman, un peu inégal, avec un début fracassant, une écriture agréable à lire, mais une fin assez décevante qui dessert la qualité de l'ensemble.
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Epictete
  05 septembre 2017
Et voilà un « Japrisot » que je ne connaissais pas encore. Quel plaisir ! Et plaisir supplémentaire de découvrir un style nouveau, différent, un exercice de style devrais-je dire.
Le héros principal., Vincent, séducteur un peu marginal et rebelle va nous accompagner tout au long des chapitres. Des chapitres bien différents les uns des autres puisqu'ils consistent chacun en un témoignage d'une des femmes l'ayant fréquenté dans les dernières années.
Tous ces récits sont écrits dans des styles différents avec des dialogues et des phrases correspondant au caractère et à l'extraction sociale de chacune des vces femmes. Il y a des prostituées, une institutrice, une avocate, une actrice, une chercheuse japonaise, etc...). Il faut lire par exemple le témoignage de Yoko, avec son Français hésitant et mal construit pour mesurer le talent de l'auteur.
Ces témoignages se contredisent parfois, se confirment ou s'infirment. Qui dit la vérité ? le lecteur est tenu en haleine jusqu'au dernier chapitre.
Belle performance, vraiment agréable à lire, et qui a bien égayé une partie des vacances.
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TCHITAT92
  23 août 2016
Regardant les critiques déjà faites sur ce roman pour m'en faire une idée, je suis étonnée par les critiques peu enthousiastes.
J'ai pour ma part beaucoup apprécié ce roman choral, plein de rebondissements, d'amour, d'aventures. Sébastien Japrisot jongle avec ses personnages, des femmes aux physiques et tempéraments très divers, aux parlers truculents, aux récits qui s'entrecroisent, se confirment ou se démentent, le tout dans une construction d'équilibriste. Très bonne lecture de détente, avec un héros que l'on voudrait tout à la fois gifler et embrasser !
Commenter  J’apprécie          110
JulyF
  23 septembre 2013
C'est un roman original, où les multiples voix des femmes nous décrivent un homme bien particulier. Animé de cette passion des femmes, il fuit, il aime, il survit... Et chacune d'entre elles le voit d'un oeil différent et nous le montre sous un autre jour.
On cherche à chaque changement de narratrice à comprendre par où le personnage va revenir, quelle identité il se donnera cette fois-ci...
Bel exercice de style pour la narration et récit qui interroge sur l'image qu'on donne aux autres, avec notamment ces retours d'une narratrice sur la précédente, plus ou moins tendres et lucides.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
SeraphitaSeraphita   10 juillet 2010
Moi, je suis rien, rien du tout.
Je vis toute mon enfance très contente avec mes parents, à Yokohama. Mon père est monsieur japonais très sévère et directeur du port et ma mère naît à Talcahuano, Chili, et elle chante tout le jour et elle rigole. Mon père dit : « Assez, femme sans cervelle ! » Mais il rigole aussi en cachant sa bouche et il est plein de contentement avec elle parce qu’elle fait de la bonne nourriture. C’est pourquoi mes yeux sont pas collés comme mes compatriotes. A l’école, des filles bourriques me disent Œil du Petit Veau, mais je suis pas haineuse, je jette par-dessus l’épaule.
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VALENTYNEVALENTYNE   28 septembre 2019
Quand c’est arrivé, j’allais sur mes 24 ans. C’était en août et je suis née en septembre, le 28 ou le 29, on l’a jamais su. On m’a trouvé bébé près de ma mère morte, dans une de ses cabanes de plage où l’on range les transats et les matelas Elle m’avait mise au monde toute seule. Je braillais miam-miam depuis si longtemps que j’en pouvais plus. Bref, ils ont marqué sur la déclaration 28 ou 29, ils se sont pas encombrés des détails. N’empêche que j’ai eu deux fois dans ma vie mon nom dans le journal, et c’était la première.
Pendant vingt-quatre ans, j’ai plus fait parler de moi. Un ange. Quand la célébrité m’a touchée de nouveau, j’étais pute dans une maison, mais très chic, très bien fréquentée. Fleurs dans les vases par bouquet d’un louis. Salle de bain personnelle en céramique turquoise et tous les robinets en argent. Chambre avec baldaquin entouré de voiles, pour la poésie et contre les moustiques. Et mon balcon sur l’océan. C’était « la Reine de cœur ». Si vous n’avez pas connu, vous n’avez rien connu.

(Belinda)
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rkhettaouirkhettaoui   27 septembre 2015
Quand un homme qui vous a aimée de toutes les manières, pendant des mois, commence à fatiguer, ne vous creusez pas la tête à chercher des raisons. Il n’en existe que deux : ou bien il est allé voir ailleurs, ou bien il n’y est pas allé depuis trop longtemps.
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rkhettaouirkhettaoui   27 septembre 2015
Mon rêve, depuis que je me suis faite à l’idée que ça ronfle la nuit, c’est un bonhomme, peu importe finalement lequel, grand ou petit, beau ou moche, riche ou pauvre, con ou pas, pourvu qu’il soit à moi, pas trop casse-machins et très, très gentil.
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EpicteteEpictete   29 août 2017
Les secrets sont d'autant moins lourds et moins encombrants qu'on les ignore.
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"un Long dimanche de fiançailles", de Sébastien Japrisot (Alchimie d'un roman n°61)
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