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EAN : 9782070408160
219 pages
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 207 notes)
Résumé :
Mon nom est Michele Isola.
J'ai vingt ans.
L'histoire que je raconte est l'histoire d'un meurtre.
Je suis l'enquêteur.
Je suis le témoin.
Je suis la victime.
Je suis l'assassin.
Je suis les quatre ensemble, mais qui suis-je?
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Eric75
  10 janvier 2013
Sébastien Japrisot réalise un travail d'orfèvre. Ses romans fonctionnent avec la précision d'un mécanisme d'horlogerie qui entraîne le scénario vers son dénouement inéluctable. Mais les pièces du dispositif (des éléments anodins de contexte, des phrases sibyllines prononcées …) ne sont pas si apparentes et leur fonction échappe le plus souvent au lecteur, sauf une fois la lecture du livre terminée. Encore faut-il que le lecteur – comme dans mon cas – effectue un salutaire travail de recherche des indices passés inaperçus pour vérifier certaines hypothèses, lorsque la vérité (une vérité ?) finit par être suggérée. Bref, les romans de Japrisot sont complexes, cérébraux, troublants, autorisent plusieurs lectures, sont truffés de chausse-trappes et de miroirs déformants, et celui-ci comporte encore plus de pièges que les autres.
Piège pour Cendrillon démarre comme une comptine : « il était une fois, il y a bien longtemps, trois petites filles, la première Mi, la seconde Do, la troisième La. »
Ces trois petites filles ont été élevées par leur marraine Midola, en réalité une richissime industrielle italienne, la Raffermi, qui a fait fortune dans la chaussure. Arrive le jour où la Raffermi décède et c'est sa nièce Mi (Micky ou Michèle Isola), la seule des trois filles faisant réellement partie de la famille, qui doit hériter de son immense fortune.
Mi se réveille à l'hôpital, telle une momie entourée de bandelettes, totalement amnésique. Elle vient d'échapper à un incendie. Son ami d'enfance Do (Domenica Loï) n'a pas eu cette chance car elle n'a pas pu être sauvée. A grand renfort de chirurgie esthétique et de greffes de peau, Mi va pouvoir retrouver un visage tout neuf et des mains. A son réveil, Mi est prise en charge par Jeanne Murneau, l'assistante de la Raffermi, qui va l'aider à retrouver ses souvenirs et son passé. Mais Mi va se rendre compte rapidement que certaines choses ne collent pas. Jeanne Murneau lui dit-elle toute la vérité ? Certains indices vont faire penser à Mi qu'elle est peut-être Do…
Sébastien Japrisot se joue des codes du polar et aime brouiller les pistes. Il reprend ici les rôles traditionnels inhérents à tout bon polar et distribue toutes les cartes… à la même personne ! Même Agatha Christie, coutumière de la falsification des rôles, n'était pas allée aussi loin. La couleur est annoncée sur la quatrième de couverture : la narratrice assume les quatre rôles à la fois (« Je suis l'enquêteur, je suis le témoin, je suis la victime, je suis l'assassin ; je suis les quatre ensemble, mais qui suis-je ? ») Ceci fonctionne car l'identité de la narratrice reste incertaine, pour elle-même comme pour le lecteur.
Deux grandes thèses s'affrontent. L'incendie est criminel et il y a une victime : un meurtre a bien été commis. Mais la victime visée était-elle Mi ou Do ? En quête de son identité réelle, ne faisant aucune confiance à Jeanne, la jeune femme poursuit ses investigations (enquêtrice), fouille son passé (témoin), comprend qu'elle est manipulée (victime) et qu'elle est peut-être complice et coupable d'un meurtre (assassin). Les personnages secondaires qui apparaissent successivement, témoignent et contribuent à la résolution de l'enquête, mais leurs récits contradictoires favorisent l'une ou l'autre des hypothèses, ajoutant à la confusion de la narratrice (et du lecteur).
Sébastien Japrisot construit son récit en sept parties : J'aurai assassiné, j'assassinai, j'aurais assassiné, j'assassinerai, j'ai assassiné, j'assassine, j'avais assassiné. Cette conjugaison obsessionnelle guide le récit sans le guinder. Sébastien Japrisot déroule son roman sur plusieurs époques (avant et après le meurtre) et change de narratrice en alternant les points de vue de Mi et de Do. Jusqu'au bout, l'identité de la nouvelle Mi restera incertaine, y compris pour elle.
Le lecteur peut en première lecture choisir de rester dans cette indécision, ce qui est quand-même un peu frustrant, avouons-le. Mais il peut également prendre en compte la toute dernière phrase du roman (page 220), qui renvoie à un petit détail (page 183) et à un énorme indice (page 200) qui n'ayant pas été placés là au hasard par Sébastien Japrisot, donnent à mon avis, par recoupement, l'ultime clé du roman. Un véritable tour de force !
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Ambages
  28 juillet 2016
Quel parfum !
Ce polar traîne une odeur de souffre de la première à la dernière page. Difficile de respirer dans ce huit-clos essentiellement féminin. C'est excellent et la composition des séquences est brillante : « J'aurai assassiné, J'assassinai, J'aurais assassiné, J'assassinerai, J'ai assassiné, J'assassine, J'avais assassiné »
Une femme enfermée dans un corps de femme, ne sachant pas à son réveil qui elle est. Comment vivre dans cet enfermement surtout quant Sébastien Japrisot vous enfume, tenant les rênes de mains de maître d'une destinée qui vous échappe continuellement.
« Tant pis pour l'autre, puisque j'étais celle-là.» Moi je veux bien mais laquelle ? Do ou Mi ? Sachant que « des trois petites filles, Mi est la plus jolie, Do la plus intelligente, La est bientôt morte. »
Si vous aimez jouer avec le feu, ce roman vous attend. Prenez une petite MG et suivez la route de Cap Cadet en fredonnant la Mélodie du bonheur...
DO le do il a bon dos
RÉ rayon de soleil d'or
MI c'est la moitié d'un tout
FA c'est facile à chanter
SOL la terre où vous marchez
LA l'endroit où vous allez
SI c'est siffler comme un merle
Ce qui nous ramène à Do

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Mimeko
  21 janvier 2017
Une jeune fille brûlée au visage et aux mains, se réveille amnésique, dans un lit d'hôpital. Au fil de visites de quelques personnes qui prétendent la connaitre, elle tente de reconstituer le puzzle. Elle s'appellerait Mi alias Michèle et avait une amie Dominique - Do - qu'elle hébergeait et qui a été victime de l'incendie qui a détruit la maison qu'elles occupaient. Au fur et à mesure de ses souvenirs imposés par ces quelques visiteurs, elle essaye de se retrouver : est-elle la victime ou l'instigatrice d'un meurtre, est-elle l'héritière de la fortune de sa tante richissime décédée quelques mois auparavant ou l'amie pauvre, le faire-valoir de la jeune et riche héritière ?
Entre amnésie, souvenirs suggérés ou inventés, réflexes automatiques et réactions contradictoires, la pauvre Mi a du mal à faire la part des choses.
En endossant tour à tour les rôles de victimes d'assassin d'enquêteur ou d'assassinée, Mi se cherche et se perd....
Piège pour Cendrillon est une enquête originale menée par une jeune amnésique qui progresse dans ses souvenirs en même temps que le lecteur, à l'aide d'indices distillés savamment pour faire le tri dans les évènements et les informations qu'elles tentent de recouper...
De nouveau du grand Sébastien Japrisot, avec intelligence et une grande finesse psychologique, il arrive à se mettre dans la peau de cette jeune fille avec ses questionnements, affrontant les doutes et les faux-semblants et faisant preuve d'une grande ténacité pour démêler le vrai du faux.
Un thriller intimiste et et une quête personnelle.
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Ziliz
  06 janvier 2019
Si vous parvenez à ne pas vous mélanger les pinceaux avec Mi, Do, La, et Midola, dans le prologue 'J'aurai assassiné', ça devrait aller pour la suite.
Sauf qu'il y aura l'effet lassitude en plus. Et si vous avez la tête embrhumée, ça n'aidera pas à avoir envie de vous accrocher pour suivre les questionnements d'une Mi amnésique au sortir du coma.
L'auteur a fini de rédiger cet ouvrage en 1962.
On situe dans le contexte des thrillers de la littérature (Boileau-Narcejac, Irish) ou du cinéma (Hitchcock, Clouzot) de l'époque, et on voit déjà quelques rebondissements venir.
De plus, depuis soixante ans, on peut avoir lu d'autres romans de Japrisot/Rossi, les auteurs de romans noirs se sont multipliés, le thème de l'amnésie a été exploité dans tous les sens.
Il est donc difficile d'être surpris et bluffé par cette intrigue comme ont pu l'être les lecteurs qui l'ont découverte à sa parution.
C'est la préface d'Ingrid Astier (lue après le roman) qui m'a un peu réconciliée avec cette histoire téléphonée, où certaines ficelles sont aussi grosses que dans les films d'Hitchcock qui n'ont pas bien vieilli (ah les traits de fourchette sur la nappe blanche dans 'La maison du Dr Edward', merci Dr Freud pour les guérisons miraculeuses !).
Ingrid Astier : « [...] un roman virtuose où le monde est un vêtement trop grand pour soi, et l'identité un corset trop étroit. Ce regard tourné vers soi, dans l'impossible introspection, a la beauté cruelle d'un huis clos. Le 'Connais-toi toi-même' des Grecs vire à l'enfer. »
Dit comme ça, oui, ça semble valoir le détour.
Nul plaisir pour moi à la lecture, parasitée par une impression de déjà-vu.
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Litteraflure
  28 juillet 2019
J'ai choisi ce thriller sur les conseils de la librairie @icigrandsboulevards et aussi parce que je n'avais jamais lu de Sébastien Japrisot (honte à moi). Je m'étais contentée des adaptations cinématographiques de « L'Été meurtrier » et de « Un long dimanche de fiançailles ». Curiosité récompensée. Sébastien Japrisot a l'art de tisser une toile narrative dans laquelle le lecteur se fait irrémédiablement piéger. C'est jubilatoire de reconnaître ses erreurs à la découverte d'un dénouement, de se faire surprendre, de s'arrêter dix fois pour se demander où l'auteur vous embarque, ça stimule l'intelligence. Alors on pourra faire la fine bouche. Il y a, dans la machination machiavélique inventée par Japrisot quelque chose d'improbable qu'on ne révélera pas ici. Improbable à moins de flirter avec la folie pure et ce serait trop facile : la folie ne peut être l'alibi de toutes les invraisemblances. On le pardonne volontiers. Japrisot, à la différence de beaucoup d'auteurs de thrillers actuels, soigne son histoire et son ambiance, ils deviennent des personnages à part entière du roman, comme la victime et son meurtrier. Ce thriller aborde aussi le thème de la perte d'identité, du mimétisme et la question du dédoublement de la personnalité. Ça donne envie de voir le film qu'en a tiré André Cayatte en 1965 après avoir revu Les diaboliques (1955) d'Henri Clouzot et Volte-face (1997) de John Woo. Si, après avoir lu « Piège pour Cendrillon », vous vous réveillez un matin en vous demandant si vous êtes réellement Micky, c'est que le roman vous a conquis. Ou que vous êtes fou et si tel est le cas, écrivez, vous aussi, des romans policiers.
Bilan : 🌹🌹
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
oliviersavignatoliviersavignat   22 juin 2020
On me fit une piqûre. Je vis entrer d'autres infirmières, d'autres docteurs. Ce fut la première fois, je crois, où je pensais réellement à mon apparence physique. J'avais la sensation de me voir par les yeux de ceux qui me regardaient, comme si je me dédoublais dans cette chambre blanche, dans ce lit blanc. Une chose informe, avec trois trous, laide, honteuse, hurlante. Je hurlais d'horreur.
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Eric75Eric75   10 janvier 2013
Ou bien encore, je retrouvais sur moi l'odeur écœurante de cette eau de Cologne bon marché dont il inondait ses cheveux. Micky, elle aussi, l'avait remarquée. Votre signature, m'avait-il dit, était très correcte, j'ai vérifié tout de suite à la lumière du tableau de bord. Même que vous m'avez demandé ce que je mettais sur les cheveux. C'est un truc spécial, ça vient d'Algérie j'ai fait mon service là-bas. Vous voyez, je n'inventerais pas ça !
Il avait peut-être dit la marque de cette eau de Cologne à Micky. Mais à moi, dans le garage, il ne l'avait pas dite - ça n'avait pas de nom. Plus que la pensée du mal qu'il pouvait nous faire, à Jeanne et à moi, cette odeur que je retrouvais ou croyais retrouver sur mes gants, sur mes bras, m'angoissait au point de devoir allumer ma lampe. Le maître chanteur devait rôder autour de la maison, autour de moi. Il me surveillait comme son bien : une mémoire, un esprit qui lui appartenait.
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MimekoMimeko   30 décembre 2016
Les jours qui suivirent, je fus quelqu'un qu'on déplace, qu'on alimente, qu'on roule dans les couloirs qui répond oui en fermant les yeux une fois, non deux fois, qui ne veut pas crier, qui hurle quand on refait ses pansements, qui essaie de faire sortir par ses yeux les questions qui l'oppressent, qui ne peut ni parler, ni bouger, une bête dont on nettoie le corps avec des crèmes, l'esprit avec les piqûres, une chose sans mains, sans visage : personne.
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ZilizZiliz   04 janvier 2019
- Je veux que tu m'expliques maintenant. Il y a des semaines qu'on me dit : 'Plus tard !'. Hier soir, tu prétendais que je n'aimais pas ma tante. Dis-moi pourquoi.
- Parce qu'elle n'était pas aimable.
- Avec moi ?
- Avec personne.
- Si elle m'a prise avec elle à treize ans, elle devait bien m'aimer.
- Je n'ai pas dit qu'elle ne t'aimait pas. Et puis, ça la flattait. Tu ne peux pas comprendre. Aimer, pas aimer, tu juges tout ainsi.
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jadziajadzia   03 juin 2013
Son visage, son attitude ne m'étaient pas réellement inconnus. Et une seconde, je crus que le passé allais resurgir, en une seule lourde vague qui m’assommerait. Ce devait être l'étourdissement d'avoir tourné, ou la présence inattendue, devant moi, d'une femme qui m'était familière comme un personnage rencontré dans un rêve.
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"un Long dimanche de fiançailles", de Sébastien Japrisot (Alchimie d'un roman n°61)
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