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ISBN : 2246790204
Éditeur : Grasset (24/10/2012)

Note moyenne : 3.04/5 (sur 98 notes)
Résumé :
- Croyez-moi, il est possible de mener sa vie en disant tout. Une existence sans déni ? Sans angle mort ! s'écria la jeune femme.
- Vous n'avez donc aucun secret ?
- Si, des montagnes ! rétorqua-t-elle.
- Alors ?
- Mes secrets me construisent, mes angles morts me détruisent.
Puis elle ajouta avec jubilation :
- A Noël, j'offrirai le plus beau des cadeux : ma vérité ! A ceux que j'aime, ma famille. C'est comme cela qu'il fau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  15 janvier 2013
Bien que je n'étais pas très enthousiaste au cours des cinquante premières pages de ce livre, j'ai assez vite changer d'opinion. Ce dernier pourrait très bien s'appeler le roman de ma vérité, la fin des secrets de famille ou encore tout simplement le roman de Norma mais c'est exprès que l'auteur a choisi ce titre "Joyeux Noël' afin de berner son entourage mais plus spécialement ses lecteurs. Et l'on peut dire que c'est réussi car je ne m'attendais absolument pas à découvrir un roman de la sorte.
L'histoire est celle de la famille Diskredapl, surnommée aussi le clan des "Impensable". Mais lorsque je parle d'histoire, je devrais plutôt dire Des Histoires car dans cette famille-là, celles-ci sont on ne peut plus nombreuses et qui plus est, pas toujours bonnes à raconter, même au sein de sa propre famille. C'est pour cela qu'un beau matin de janvier 2004, la vie de tout un chacun bascula dans cette famille car Norma, l'héroïne de ce roman mais aussi l'arrière petite-fille de Népomucène Diskredapl ("le fondateur du clan") révéla certaines vérités, pas toujours bonnes à dire - et encore moins à entendre -, décidant ainsi de rompre tout les tabous et les non-dits qui existent depuis trop longtemps sans cette famille, dans le seul but de se faire bien voir des gens du village et de sauver les apparences. Tout se déroule dans une petite île au large des côtes de la Bretagne où la famille se réunit chaque année pour passer les fêtes de Noël et c'est ainsi qu'en montrant l'exemple et en s'attirant les foudres de sa famille entière, Norma deviendra un exemple à suivre pour toute l'île.
Un roman empli de vérité (c'est logique puisqu'il s'agit du thème principal de l'ouvrage) et qui nous amène aussi à méditer sur nous-mêmes et à être sincère, tout d'abord avec soi mais encore plus avec les êtres qu'on aime. de toute façon, peut-il réellement y avoir amour dans une vie bercée et baignée dans le mensonge ? Je ne le pense pas, tout comme Norma et l'auteur lui-même. A découvrir !
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brigittelascombe
  22 décembre 2012
"Sans doute faut-il mourir un peu pour renaitre à soi,"
C'est une vraie renaissance qui attend Norma, "l'entêtée" au delà des non-dits car cette renaissance la délivrera lors d'un Joyeux Noël (d'où le titre un brin ironique) le 24/12/2010, "jour de naissance" de la vérité lors des retrouvailles de sa tribu enchainée par de lourds secrets.
Alexandre Jardin, lors d'une dédicace de son récit autobiographique Des gens très bien (dévoilant des secrets de famille sulfureux) a rencontré la "solaire" et "magnifiquement vulnérable" Norma qui lui fait écrire sur la page de garde à Norma "qui a été violée" et lui balance tout à trac qu'elle a été également intenée.Elle l'invite sur son île de Bretagne, en tout bien tout honneur (dixit Alexandre Jardin lors d'une soirée littéraire, avec fous rires garantis à la librairie Charlemagne de Toulon) où il se rend puisque ce sujet des "angles morts" qui nous détruisent le touche de près!
Dans Joyeux Noël il nous raconte l'histoire de cette tribu "extravagante"sur 7 ans.
Joyeux Noël débute par la présentation des membres de la famille Diskredapl avec des formules très imagées (du genre pour Colombine "une tristesse aux omoplates saillantes" et une "peau mitée").
Puis vient le récit aux personnages ubuesques. Un maire qui "trinquait pieds nus" lors de l'inhumation de la grand-mère de Norma. Un mort, mort de trop jouir dans le ventre de sa femme.Un Hyppolite surnommé "Trop" se gavant autant de kilomètres que de conquètes.Un Félicien qui n'est pas dans son cercueil, un peu beaucoup fasciste sur les bords.Un Zinzin "sexuellement omnivore" bourré de "tics nerveux". Une Gwenaëlle qui s'obstine "à paraitre vierge".
Puis ce sera la grande tempête au propre et au figuré.Qui a le "judaïsme refoulé", qui se suicide,qui a frappé sa femme,qui est autiste,homosexuel,bâtard,alcoolique? Et toutes ces grossesses ou avortements cachés!
Voilà la grande marée noire déclenchée sur fond de haines,vengeances et jalousies!
Alexandre Jardin s'en donne à coeur joie et déploie ici beaucoup d'humour pour alléger la violence sous-jacente! Norma tousse parfois un brin asthmatique mais parait fière de son courage.Heureusement l'amour de son pêcheur sauve tout et ses émissions radio la remplissent d'énergie.
Alors faut-il tout dire?
Large débat! Joyeux Noël est un véritable témoignage d'une vérité bonne à dire!
En fin de livre l'auteur nous offre quelques photos personnelles pour étayer ses convictions: par exemple à gauche il se montre nu (la main pudique toutefois!!!) et rit pour expliquer sa gêne de révéler son embonpoint.A droite: "angle mort" le voilà habillé pour dissimuler sa souffrance et donner une image de lui plus flatteuse.
"Les pages de doute c'est fini" conclut-il en montrant sa main gauche baguée. Oui, puisqu'il l'affirme, mais faut-il révéler des secrets qui touchent autrui et peuvent les détruire?
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litolff
  05 mars 2013
Alexandre déballe et le déballage est violent ! Après Des gens très bien, voici Joyeux Noël, dans la continuité des vérités qui sont, parait-il, bonnes à dire.
Je voulais lire « Des gens très bien », mais le hasard a fait que c'est « Joyeux Noël » qui m'est d'abord tombé sous la main.
Dans le cadre pittoresque d'une île bretonne du coté de Sein et d'Ouessant, qu'il détaille avec force lignes inspirées de remous et de ressac, c'est Norma, la fille solaire de Félicien qui est à l'origine de l'histoire et du déballage familial. Considérant la face cachée de sa famille haute en couleur, elle décide de renoncer à la logique toxique des secrets car le gardien des secrets en devient vite prisonnier. Et donc, Joyeux Noël ! , c'est l'injonction que lance la grand-mère Gwen à sa famille au soir de Noël, après avoir déballé à chacun les horreurs qu'ils ont commises dans leur vie et soigneusement cachées à tout le monde : adultère, coucheries avec les allemands durant la guerre, violences, inceste… la liste n'est pas exhaustive . Ainsi l'ancêtre Nepomucène s'est-il éteint dans les bras d'un évèque, Félicien, crapule immonde et admirateur d'Hitler a financé le mur de l'Atlantique et spéculé sur les biens des juifs marseillais, Zinzin était un érotomane addictif, Hippolyte a battu sa femmes et violé ses deux filles, quant à Gwen elle-même…
Si je comprends parfaitement l'intention d'Alexandre Jardin d'en finir avec le mensonge et les faux-semblants qui ont empoisonné son histoire familiale et sa conscience, je ne vois pas bien l'intérêt d'en faire un roman improbable sur une famille de désaxés, quitte à décrédibiliser son propos. Un propos grave et dramatique qu'il traite sur un ton complètement loufoque, baroque, extravagant et fantasque, gageons qu'il ne peut pas s'en empêcher…
Et pour faire bonne mesure, Alexandre qui ne veut plus rien cacher publie en postface sa feuille d'impôts et autres vérités pas toujours faciles à assumer…
J'ai lu Bille-en-tête, le Zèbre, Fanfan et le Petit Sauvage : on peut dire qu'Alexandre Jardin, s'il est à l'aube d'une nouvelle vie, est dans la continuité au point de vue de l'écriture. Utilisant la métaphore comme une mitraillette, baignant dans l'excès et le loufoque, je dois avouer que sa prose me lasse et m'agace.
Cela ne m'empêchera pas de lire Des gens très bien que j'espère d'une autre facture.
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Missbouquin
  18 décembre 2013
Après ses aveux sur le passé collaborationniste de son grand-père dans Des gens très bien, Alexandre Jardin s'inspire ici du témoignage d'une jeune femme venue lui révéler l'histoire de sa famille, des Impensables qui n'ont connu aucune limite dans leur vie, et à laquelle elle a résisté il y a 7 ans, se faisant bannir … Elle invite Jardin à assister à l'enterrement de sa grand-mère, qui sera le point d'orgue à la folie de la famille. "Je sentis alors combien nous habitons nos secrets de famille avant de les voir avec un peu de netteté [...] Chaque lignage semble posséder sa part d'"angles morts". Sans doute sont-ils même le meilleur ciment de nos clans, tout en les détruisant."
Jardin commence d'abord à nous parler de lui-même, puis il présente chaque personnage de la famille : tous sont incestueux, sexuellement dérangés, battent leur femme, etc. Norma, la jeune fille qui se détache du reste, veut parvenir au déballage des secrets familiaux, pour aboutir à une vie "sans angle mort." Elle continue d'ailleurs la tradition de son grand-père en rédigeant un carnet où les pages de droite sont les mensonges de sa vie quotidienne, et sur la page de gauche, la vérité. Son objectif est d'arriver à ne plus avoir que des pages de gauche, à être totalement clean dans son comportement, et d'inciter sa famille à faire de même. A vivre vrai, enfin.
Le dernier Noël en famille va être l'occasion du grand déballage …
Il n'y a pas à dire : c'est original. J'ai gardé les yeux écarquillés tout le long du livre tant l'existence de cette famille, perdue sur son îlot breton, semble impensable … "Vivre, pour ces gens-là, c'était exagérer. Et vaincre la normalité, en concassant les habitudes."
Mais je n'ai pu m'empêcher d'être agacée par le comportement intrusif de l'auteur, qui nous raconte une partie de sa vie, qui déballe son propre carnet de vérités à la fin avec sa carte d'identité, sa feuille d'imposition, etc. C'est là que j'ai dit "Stop" ! C'est là que je me suis dit que décidément, l'autofiction ce n'est vraiment pas pour moi, n'y voyant qu'un narcissisme primaire exacerbé qui s'épanche sur des pages et des pages, tenant le lecteur en otage et donnant l'impression non pas de tenir un roman mais de lire Closer (parfois). Ici c'est un peu le cas même si cela reste raisonnable, mais c'est déjà trop pour moi. de la vérité au voyeurisme, il n'y a souvent qu'un pas …
De même, le récit de Jardin est toujours dans l'excès : il ne mâche pas ses mots, n'hésitant pas à tomber dans le vulgaire, le scabreux, finissant par m'écoeurer et échouant dans son but qui était que le lecteur sorte en voulant vivre également dans la vérité. Il aurait mieux fallu qu'il reste dans la fable. Mais le retour à sa feuille d'impôts est de trop …
J'ai donc certes été intéressée par ce processus qui incite à accepter toutes les vérités : la fin est bonne quand tous les habitants de l'île se mettent à tout dévoiler sans pudeur … Mais c'est de la fiction : personne n'accepterait de laver son linge sale face à tout le monde car cela détruirait simplement toute possibilité de vie en société. le déni rend fou, mais la vérité brute aussi … Certaines choses doivent rester cachées ou être dites d'une certaine manière … Ensuite, en ce qui concerne les secrets familiaux, c'est autre chose : le courage doit être énorme, mais si cela permet aux membres de la famille de se sentir mieux, pourquoi pas, après tout ? Mais ne les déballez pas devant tout le monde ! Je déteste les confessions, les récits de vie qui expliquent qu'une telle a été violée, qu'un autre a été battu. Des confessions qui n'apportent rien à personne – si ce n'est un soulagement sur le moment de la part de celui qui écrit, peut-être – et qui me font ressentir le même malaise que face à la rubrique ‘Faits divers' d'un journal gratuit : impuissance, mal être, qui n'avancent aucunement le schmilblick …
En bref, une lecture en demi-teinte, due à une provocation constante assumée, un excès de tout, de mots, de confessions, d'actes vulgaires, qui me conforte dans l'idée que la littérature contemporaine franco-française n'est pas pour moi …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Jolap
  16 février 2017
Alors Alexandre Jardin fait honneur à son patronyme: un jardin foisonnant de couleurs, de senteurs. Des phrases surprenantes, des images fortes, une succession d'outrances, de fulgurances tellement ramassées, condensées qu'on en perd le sens de l'histoire. Alexandre Jardin est un fort en gueule, fort doué, fort attachant, fort sensible. Une idée pousse l'autre sans attendre que la voie soit libre et c'est un condensé de flagrances et de poisons tour à tour poétiques, épatants ou assassins. Des descriptions humaines :"un échec, une inexistence, une cirrhose" puis des descriptions qui n'appartiennent qu'à lui "Une surdité voisine du délire" "le suicide occulté bétonna le mutisme des Diskredapl". Une richesse personnelle qu'il veut bien partager. J'ai bien du mal à commenter ou à résumer un ouvrage de cet auteur. C'est comme un tableau: ou on adhère ou on adhère pas. Ou on reçoit ou on est imperméable. Moi, je reçois tant qu'après une heure de lecture je dois impérativement me poser. Plus qu'une histoire, il me semble que chaque livre est un résumé d'un morceau de sa vie, de ses idées, de ses pensées. Vocabulaire étonnant. Analogismes détonants. Situations originales.
Jardin c'est Jardin. Personne ne lui ressemble. J'ai lu tous ses livres et je continuerai s'il ne décide d'assécher sa plume. Rien qu'à voir sa bouille ronde et ses yeux pétillants je suis certaine qu'il nous prépare d'autres surprises.
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   27 novembre 2012
Sous son air festif, que renforce une écriture aux accents baroques, "Joyeux Noël" est un huis clos familial où d’effroyables vérités vont être dévoilées. Pas toujours crédible, mais agréable à lire.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   26 novembre 2012
Joyeux Noël est un roman de transition, où la volonté d'authenticité se colletaille avec un style «ultra-jardinesque», où la justesse du propos se bat avec l'excès de métaphores chères à Alexandre Jardin depuis ses débuts en 1986.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
brigittelascombebrigittelascombe   22 décembre 2012
Ce n'est pas la mort qui est triste mais ce que nous faisons de nos vies.
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MissbouquinMissbouquin   18 décembre 2013
"Je sentis alors combien nous habitons nos secrets de famille avant de les voir avec un peu de netteté [...] Chaque lignage semble posséder sa part d’"angles morts". Sans doute sont-ils même le meilleur ciment de nos clans, tout en les détruisant."
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cicou45cicou45   14 janvier 2013
"On ne peut aimer les siens et s'en faire aimer qu'en vérité ; le reste n'est qu'habillage et amour friable."
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litolfflitolff   05 mars 2013
Lors de la prise d'antenne, une séquence montrait que l'information, comme l'Histoire,reste la manière collective qu'ont trouvée les hommes de récuser les faits.
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Nastie92Nastie92   29 janvier 2013
D'instinct, les politiques ont le génie de ne pas montrer à une population ce qu'elle tient à éluder. Est-ce là l'une des fonctions de la démocratie ? Désigner ceux qui ont la charge d'enfouir le réel ?
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Videos de Alexandre Jardin (65) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Jardin
Elisabeth Brami, Noëlle Châtelet et Laurent Piolatto interviewés par Patricia Martin lors de la 22ème Fête du Livre à AUTUN en 2019 pour "Croire au matin" livre coécrit avec Alexandre Jardin, Mazarine Pingeot et Alice Zeniter autour de Charles Palant, juif revenu en 1945 d'Auschwitz et de Buchenwald.
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