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Critique de Alfaric


Alfaric
  27 octobre 2016
Nicolas Jarry, vieux routard de la bande dessinée et plus vieux routard encore de la Fantasy s'est lancé dans une drôle d'aventure avec "Le Crépuscule des dieux"…
Pour résumer le truc Wotan / Odin connaît l'avenir et il sait que lors du Götterdämmerung / Ragnarök, Fenrir le père de tous les loups lui prendra la vie et que faute de leader les forces de l'ordre seront vaincues par les forces du chaos… Pour changer le destin, il multiplie les intrigues pour fabriquer un champion qui pourra utiliser le pouvoir de l'Anneau et ainsi l'assister et le suppléer lors de la bataille finale… Siegfried aurait dû être l'alter ego d'Héraclès et au final il a été l'alter ego d'Achille, car de drames en drames le voyageur gris (coucou Gandalf ! ^^) voit sa création lui échapper avant d'être la cause de sa propre perte… Ayant perdu son champion, la cause est entendue et l'implacable destin poursuit son inexorable marche…

1) Mais qu'est-ce qu'on adapte ? Non, parce que l'histoire d'origine est déjà un gros bordel mythologique !
Est-on dans l'adaptation du "Nibelungenlied" qui ne contient pas d'éléments merveilleux, de la "Völsunga saga" qui ne contient que des éléments merveilleux, des "Eddas" islandaises qui s'en inspirent mais appartiennent déjà à un univers christianisé, de l'opéra de Richard Wagner intitulé "Der Ring des Nibelungen" ou des poèmes de JRR Tolkien intitulés "La Légende de Sigurd et Gudrún" ?... Chacune de ces oeuvres puissent dans les mythes fondateurs indo-européens pour en donner une interprétation, et chacune de ces oeuvres s'inspirent des versions précédentes tout en étant influencées par leur époque autant que par la marche des siècles écoulées… Oui je sais, cela donne le tournis voire le vertige… (Vive la mythologie comparée ! ^^)
2) Comment on l'adapte ?
On a d'un côté l'histoire de Siegried qui est traitée comme une chanson de geste arthurienne ou carolingienne (est-ce un hasard si l'histoire de Siegfried / Brunhilde/ Gunther / Krimhilde ressemble ici à celle de Lancelot / Guenièvre / Arthur / Morgane, accusation de trahison et élixir d'oubli compris ? ^^)
D'un autre côté on a l'histoire de Wotan qui dans les moments epicness to the max est traitée comme dans un blockbuster cinématographique voire comme dans un blockbuster vidéoludique, ce qui nous dirige vers un mélange entre "Thor" de Marvel et "God of War" de Sony…

Comme tout amateur de fantasy le sait JRR Tolkien a largement puisé dans la littérature merveilleuse du haut moyen-âge pour composer l'univers des Terres du Milieu, et ici cela se sent plus jamais Nicolas Jarry ayant consciemment ou inconscient donné une coloration "Seigneur des Anneaux" non négligeable à sa création (oui, Mon Précieux ! ^^)
Mais peut-être que pour être plus cohérent on aurait dû traiter du destin des hommes dans un 1er temps puis du destin des dieux dans un 2e temps, au lieu de traiter les deux simultanément sans que les deux fils directeurs n'ait beaucoup d'incidence l'un sur l'autre (ça et quelques incohérences des familles ^^).
Et puis, dans la comparaison avec le "Siegfried" en 3 tomes du talentueux Alex Alice pique un peu les yeux…


Ce tome 1, intitulé "La Malédiction des Nibelungen", Nicolas Jarry recourt à la formule du monologue intérieur du personnage narrateur qu'il maîtrise bien (et de mieux en mieux d'ailleurs !) pour nous raconter et nous expliquer en moins de 10 pages le pourquoi du comment de la malédiction de l'Anneau… le reste du récit nous conte la tragédie de l'effondrement du royaume burgonde face à la horde d'Attila, Sigmund les et Siegelind les prince et princesse jumeaux servant d'esclaves au khan suite à leur défaite, et dans un moment d'égarement ils commettent l'irréparable… L'enfant élu a été conçu, mais la déesse Frikka qui préside aux lois du mariage et de la famille demande leur exécution : Wotan missionné pour exécuter sa propre descendance, charge sa fille préféré de sauver l'enfant à naître quitte à ce qu'elle perde son immortalité… To Be Continued
Remplacer les Saxons par les Huns qui interviennent ici au départ plutôt qu'à la fin comme dans la geste germaine amène un paquet d'incohérences pour la suite du cycle, donc amène mine de rien un gros bordel potentiel. Mais peu importe, il faut surtout être attentif à Loge en mode Loki de Marvel qui est déjà en train de proposer ses ruses aux maîtres d'Asgard bien qu'à chaque fois il y ait un lourd prix à payer…

Dans ce tome 1, les dessins de Djief ne sont pas au top : ça manque de détails, de précisions et le charadesign est assez inégal puisqu'il alterne de manière un peu inquiétante le bon et le moins bon. C'est d'autant plus dommage que le découpage est plutôt sympa et les choix graphiques plutôt intéressants. Mais j'ai bien fait d'insister car les graphismes s'améliorent très agréablement de tome en tome !
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