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Critique de Alfaric


Alfaric
  19 avril 2019
Après s'être attardé aux légendes septentrionales dans son cycle "Le Crépuscule des dieux", Nicolas Jarry s'attaque avec son cycle "Troie" aux légendes méridionales. Sa grande idée, qui est aussi excellente que kiffante, c'est d'introduire la démarche tolkienienne dans un peplum mythologique. Dans un résultat résolument high fantasy Cronos remplace Sauron dans le rôle du méchant millénaire, l'Empire Hittite et le Royaume d'Égypte remplace le Gondor et le Rohan, et la Team Achille en route pour le Tartare remplace la Team Aragorn en route pour la Montagne du Destin… Il renonce à raconter en parallèle la guerre des hommes et la guerre des dieux, mais comme il y a toujours connexion entre les deux cela l'oblige à multiplier les explications pour remplacer ce qu'il aurait aimé montré (à part quand Bès et Bastet demandant à Pharaon de se retirer de la Grande Alliance de l'Ouest en guerre contre la horde sauvage orientale) : « show, don't tell » dit la maxime anglo-saxonne...
Le problème vient qu'on veut absolument caser tous les personnages et toutes les situations de l'Iliade et qu'à force de s'éparpiller les personnages principaux finissent par devenir secondaires, jusqu'à ce tome final précipité qui enchaîne les ellipses y compris dans les scènes clés avec des personnages qui changent de caractère comme de chemise, sans parler du trope comics de Nicolas Jarry déjà constaté dans "Le Crépuscule des dieux" (avec ici les éléments traditionnels d'une saga cosmique à la Jim Starlin, et une grande confrontation entre Hulks et Loki dans la plus grande tradition des "Avengers"). Pas convaincu également par la représentation des forces du chaos : monstres ou démons, morts vivants ou fous vivants, ces créatures qui vaincues se transforment en cendres ne sont guère convaincantes visuellement… Tout cela est fort dommage car il y avait un fort potentiel !


Dans ce tome 1 d'introduction et de mise en place intitulé "Le Peuple de la mer", tout commence avec un mystérieux mentor magicien déguisé en Assassin's Creed au féminin qui déboule de nulle part pour déclamer « ça commence » (ou peu s'en faut hein)… On suit Achille et Léonidas en Égypte qui cherchent à acquérir l'acier hittite pour s'opposer à Agamemnon et Ménélas, mais le roi spartiate et ses hommes tombent sous les coup d'un mal maléfique. Cela oblige Achille amoureux d'Hélène à rentrer en Grèce pour soutenir sa bien-aimée dans son deuil et sa succession, mais Agamemnon et Ménélas sont déjà là pour s'emparer de tout le Péloponnèse : nous sommes dans la tragédie shakesperienne, puisque pour le bien de son royaume la nouvelle reine doit abandonner ses désirs de femme… l'Érinye joue le rôle de Loki et Ménélas celui de Hagen : visiblement Nicolas Jarry a encore dans l'esprit les légendes vikings ! Dans le même temps les forces du chaos déferle sur l'Anatolie et le souverain hittite doit organiser la résistance face au méchant millénaire… Les dessins de d'Erion Campanella Avdisha mis en couleur par Vyacheslav Panarin sont satisfaisants : To Be Continued ?
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