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EAN : 9782707168948
128 pages
Éditeur : La Découverte (19/05/2011)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 5 notes)
Résumé :

La prise en compte des violences contre les femmes en tant que problème de société est relativement récente en France. Mais que recouvre le concept de violences contre les femmes ? Comment identifier les formes de violence ? Quelle est leur ampleur ? Qui sont les victimes ? Qui sont les agresseurs ? L'analyse sociologique de ce phénomène polymorphe est nécessaire pour déconstruire les idées reçues et lever... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Pavlik
  21 septembre 2017
Maryse Jaspard est sociodémographe et a dirigé la première enquête d'envergure sur les violences conjugales en France (l'enquête Enveff), en 2000. Oui, il a fallu attendre l'an 2000 pour que le sujet des violences faites aux femmes commence à intéresser les sciences humaines...et que le politique cherche à mesurer l'ampleur du phénomène. En comparaison avec les pays anglo-saxons (USA, Canada) cela représente un décalage de presque 20 ans.
Le présent ouvrage est une sorte de condensé des données recueillies par l'enquête Enveff et de celles (nombreuses) qui ont suivi entre 2000 et 2008 (EVS, CVS, CSVF, CSF), dans une sorte de "course au rattrapage". C'est donc un livre qui est assez technique (mais pas compliqué pour autant) et qui pourra apparaître rébarbatif à certains, mais qui s'avère, à mon avis, indispensable aux étudiants et aux professionnels qui travaillent sur ces questions.
L'approche y est, on l'aura compris, statistique et ce livre est un outil excellent pour donner à voir le phénomène mais, en toute humilité, ne fait qu'esquisser des modèles explicatifs et mettre en lumière les enjeux. En particulier il met en avant des facteurs discriminants :
-l'âge : plus on est jeune, plus on a de chances d'être victime de violences.
-la mobilité conjugale : plus on change régulièrement de partenaire, plus on a de chance d'être victime de violences.
-l'écart important, en défaveur de son conjoint, de capital social, culturel, professionnel et symbolique est un facteur aggravant.
-plus les femmes sont éloignées de l'emploi, plus elles encourent de risques d'être victime.
-l'histoire personnelle : le fait d'avoir subi des violences (ou d'en avoir été témoin) dans l'enfance est un facteur aggravant.
-les femmes des catégories sociales très défavorisées et très favorisées sont plus victimes que les femmes des classes moyennes.
-l'orientation sexuelle : les lesbiennes sont beaucoup plus victimes que les hétérosexuelles (en ce qui concerne les violences sexuelles).
L'auteur évoque également les violences sexuelles et le harcèlement au travail et met en lumière des effets cumulatifs. Souvent, les femmes victimes de violences conjugales souffrent également de ces autres formes de violences.
Enfin, Maryse Jaspard évoque aussi la conception française, au niveau pénale, des violences sexuelles, qui entretient une forte distinction entre viol (crime) et agressions sexuelles (délit), alors que les anglo-saxons ne font pas une telle distinction, les peines encourues, en cas d'agression ou de viol, étant les mêmes.
En résumé, cet ouvrage me semble être incontournable, pour qui s'intéresse sérieusement à la question. Maryse Jaspard n'est pas une militante féministe "radicale", elle pense sincèrement que, bien que lente, l'évolution entre une organisation sociale marquée par la domination des hommes sur les femmes vers une société égalitaire est en marche. Néanmoins, si l'époque du MLF semble bien lointaine à présent, elle regrette que les perceptions du grand public (et de certains chercheurs) aillent trop dans le sens d'une "psychologisation" de l'approche du phénomène des violences conjugales, au détriment d'une approche sociologique (et donc politique), entraînant un glissement dichotomique du rapport dominant / dominé vers celui d'auteur de violence / victime de violence.

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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
PavlikPavlik   08 septembre 2017
Parmi les actes de barbarie qui caractérisent les situations de guerre ou de terrorisme, le viol revêt une importance particulière. Le viol est une arme de guerre, méthodiquement pratiqué lors de la guerre de Bosnie (1992 - 1995). Après examen de la terreur sexuelle exercée sur toutes les femmes de Foca, ville bosniaque, le Tribunal pénal international de La Haye qualifia, le 27 juin 1996, le viol contre les femmes en temps de guerre de "crime contre l'humanité". Le viol à large échelle est un crime facile à planifier et ne nécessitant qu'une panoplie guerrière des plus réduite. Qu'il s'exerce au Rwanda ou en Tchétchénie, il doit détruire l'ennemi. La pratique systématique du viol, par les grossesses qui s'ensuivent, entend effacer la communauté ennemie en brouillant sa libre reproduction et la transmission du lien de filiation.
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PavlikPavlik   11 septembre 2017
Avoir vécu une partie de son enfance ou de son adolescence en l'absence quotidienne d'un de ses parents - décédé ou plus souvent séparé ou divorcé - est un facteur de risque moindre que d'avoir été témoin de conduites addictives de membres de la famille ou de relations parentales très conflictuelles [...] Les mauvais traitements physiques répétés, infligés au cours de l'enfance, grèvent durablement l'existence d'une personne en multipliant par cinq le risque d'être en situation "très grave" de violences conjugales ; l'impact des violences sexuelles est du même ordre de grandeur, les deux étant souvent associés.
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PavlikPavlik   20 septembre 2017
Le fait que dans une relation quotidienne, l'interaction entre les partenaires puisse prendre des formes agressives, en cas de profond désaccord par exemple, est somme toute assez banal [...] Mode relationnel par définition, le conflit implique la réciprocité entre les protagonistes et il est susceptible d'entraîner le changement. La violence, si elle peut prendre des formes identiques, est univoque : la même personne subit les coups et cède lors des altercations [...] Alors que le conflit peut être envisagé comme une des modalités fonctionnelles des relations interpersonnelles durables, la violence est un dysfonctionnement conjugal. Elle résulte d'une volonté, plus ou moins consciente, de façonner l'autre pour mieux assurer son pouvoir.
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PavlikPavlik   13 septembre 2017
Selon le modèle que construisit Walker en 1984, le cycle de la violence conjugale se répète infiniment et comprend toujours les mêmes étapes : montée en puissance progressive de la violence qui s'exacerbe jusqu'à une crise aiguë, à laquelle succède une phase de regrets/pardon, appelée "lune de miel" et souvent idyllique, puis une période variable de rémission, jusqu'à le reprise du mouvement. La pertinence du modèle ne fait aucun doute et permet d'appréhender l'incompréhensible, à savoir pourquoi les femmes restent prisonnières de ces situations. De fait, ce processus peut, à la fois pour les victimes et les auteurs, donner l'illusion de la possibilité de la réparation, l'illusion d'un nouveau départ.
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PavlikPavlik   17 septembre 2017
Exerçant leur profession de façon autoritaire, notamment lorsqu'ils bénéficient d'une position de pouvoir, nombre d'hommes ont également des comportements autoritaires dans le cadre familial. Les militaires et professionnels apparentés, les grands patrons, les médecins ou autres notables sont surreprésentés parmi les criminels conjugaux.
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