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ISBN : 2070197344
Éditeur : Gallimard (01/09/2016)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
"Pour ce qui est du je ne sais quoi dont les traits sont plus marqués, il est presque universel : il fait son impression sur le sentiment même du vulgaire, qui en est touché, bien que ce soit ordinairement sans y réfléchir", écrit Gracián. Voici donc de l'inconscient avant la lettre : la moustache serait-elle un je-ne-sais-quoi ? Répondre à une question par une question est évidemment une insulte à la raison, à moins d'être en présence d'un Socrate, mais peut-être l... >Voir plus
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
CalibanCaliban   14 avril 2017
Miroirs
Miroir clair pour se voir et pour se peindre, miroir noir pour regarder et cadrer un paysage .Le miroir moderne apparait en même temps que le tableau de chevalet . Une des figures favorites du peintre : miroir dans lequel se regarde un personnage ( Vénus, Narcisse, la Luxure, les Vanités...) ; miroir qui reflète une partie une partie de la scène visible ou, au contraire, le hors-champ ( y compris donc, parfois, le peintre lui-même ) . Les dispositifs peuvent être complexes-- reflets de reflets -- et pervers -- menues surfaces réfléchissantes, petits rébus dispersés dans l'image . Les "Ménines" couronne l'âge classique d'un miroir central et pour le moins énigmatique et d'une mise en scène qu'on n'en finit pas d'analyser depuis des siècles .
Le cinéma a gardé le miroir et bon nombre de ces effets en ajoutant aux thèmes classiques, Vénus, Narcisse,etc...,des thèmes romantiques : conscient et inconscient, rêve, porte de l'autre monde ("Orphée"), illusion des sens ("La Dame de Shanghaï"), répétition obsédante ("Citizen Kane")...Il s'en est servi aussi comme accessoire, comme relais de la caméra: par exemple remède à l'agaçant champ/contrechamp ans les dialogues . Différence fondamentale avec la peinture, il ne l'affronte jamais de face .
Ce que fait sans cesse la photographie en revanche . Rien de plus narcissique que l'appareil photographique qui adore saisir son reflet ou son ombre, ou même les deux à la fois . Les photographes descendent de Van Eyck, qui se figure fièrement dans le miroir courbe des "Epoux Arnolfini" .Même le discret Vermeer n'hésite pas dans "Le Concert" à montrer les pieds de son chevalet dans le miroir qui surplombe les musiciens .
Au cinéma, c'est l'inverse, tout est mis en oeuvre pour dissimuler la caméra. Soit qu'elle affronte le miroir et le jeu des personnages vraiment de face et alors elle se fond dans le décor (le cas est rare) . Soit qu'elle saisisse lascène légèrement de biais et sans jamais déborder une certaine limite ( cas le plus fréquent ) . Selon la focale utilisée, l'écrasement des perspectives donnera l'illusion que le regard affronte le miroir de face . Parfois le décor lui-même peut avoir été légèrement truqué de façon à donner l'illusion de l'orthogonalité .
On peut lire ce passage d'un univers où l'artiste évolue encore dans son oeuvre à celui d'un univers où l'illusion doit dominer, c'est "Un bar aux Folies-bergères" de Manet .L a serveuse nous fait face, donc nous ( c'est à dire nous le peintre ou ,si l'on veut, nous le spectateur ) devrions nous refléter dans la glace qui se trouve derrière la jeune fille . Mais à y regarder avec plus d'attention--- et le jeu des bouteilles sur la table avec leur reflet décalé derrière nous y invite--- nous découvrons que l'immensité du miroir nous a trompé, que notre regard n'est pas exactement perpendiculaire à sa surface et que sur le bord du cadre nous voyons bien, en effet, dans un second temps, le dos de la serveuse et le personnage qui lui fait face .
Qui est ce personnage ? L'ambiguïté n'est pas pour autant levée puisqu'on ne peut deviner s'il s'agit d'un client quelconque en train de commander une boisson ou de sortir de la monnaie, ou bien le peintre en train de dessiner toute la scène,ou enfin, hypothèse que nous nous empressons de rejeter comme une absurdité, de nous-même, le spectateur à la fois peintre et client, en train de nous refléter dans le miroir des Folies-Bergères .
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rkhettaouirkhettaoui   18 octobre 2016
Chaplin et Hitler avaient exactement le même âge, à quelques jours près. Ils étaient tous les deux exilés dans leur propre langue (Chaplin, Britannique, part pour les États-Unis ; Hitler, Autrichien, part conquérir l’Allemagne). Ils avaient tous deux connu des années de misère terrible. Ils avaient aussi longtemps cherché leur visage.
Chaplin fait onze Charlot avant de trouver sa moustache : il a d’abord des moustaches très longues, extrêmement parodiques, puis des moustaches fournies et rondes, et c’est seulement dans le film Twenty Minutes of Love, connu en France sous le titre de Charlot et le chronomètre (20 avril 1914), qu’il adopte cette petite moustache noire.
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rkhettaouirkhettaoui   18 octobre 2016
« Le nez de Cléopâtre s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. » C’est une phrase mondialement célèbre, de nombreuses fois détournée, notamment par Alphonse Allais qui l’a transformée en tautologie : « Si le nez de Cléopâtre avait été plus long, sa face en aurait été changée », ou par Lautréamont qui la reprend à sa façon : « Si la morale de Cléopâtre eût été moins courte, la face de la terre aurait changé ; son nez n’en serait pas devenu plus long. »
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rkhettaouirkhettaoui   18 octobre 2016
Nietzsche qui, comme chacun sait, possédait une vraiment très grosse moustache, écrit dans Aurore : « Nous oublions trop facilement qu’aux yeux des étrangers qui nous voient pour la première fois nous sommes tout autre chose que ce que nous pensons être nous-mêmes : et généralement nous ne sommes rien de plus qu’une particularité qui saute aux yeux et détermine l’impression d’ensemble.
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rkhettaouirkhettaoui   18 octobre 2016
Un dictateur est en général un homme qui, parti de bas, vient se jeter dans un trou plus profond encore. Un phénomène curieux se produit alors : tout le monde le regarde… et saute dans le vide à sa suite. »
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