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EAN : 9782070342969
256 pages
Éditeur : Gallimard (22/02/2007)

Note moyenne : 2.76/5 (sur 133 notes)
Résumé :
" Vous avez dû trouver cette famille étrange, mais plus encore que les histoires d'amour, toutes les familles sont des asiles de fous. " Dans Asiles de fous, Régis Jauffret décline à travers une banale histoire de rupture son thème majeur : l'exploration de la folie ordinaire. Névroses domestiques, dérèglements psychiques au quotidien, rien n'en sort indemne, ni le couple, ni l'amour, encore moins la famille. Une réflexion cynique et burlesque, portée par une écritu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
scarlett12
  01 mai 2018

Rarement, un roman aura si bien porté son titre !
Gisèle, 29 ans, et Damien,30 ans, vivent ensemble depuis quelques années.
Un matin où Damien est parti au travail, son père débarque chez eux sous prétexte de changer un robinet défectueux. Il vient en fait pour annoncer à Gisèle que Damien la quitte ... Il n'a pas eu le courage de l'annoncer lui-même alors c'est son père qui s'en charge. Ce dernier vient chercher les affaires de son fils (vêtements, disque dur de l'ordinateur) et veut même récupérer une garde-robe qu'il leur avait donnée, quitte à la jeter à la déchetterie ... Après avoir outrageusement fait des avances à Gisèle, il la conjure de descendre l'armoire avec lui ! mission qu'elle accomplit d'ailleurs ! Il passe aussi son temps à injurier son propre fils pour sa lâcheté et se demande comment Gisèle a bien pu l'aimer !
Ce roman est composé de 4 personnages : Gisèle, Damien, son père et sa mère, qui soit soliloquent, soit échangent des propos venimeux.
Après le passage du père lubrique, nous assistons à la conversation téléphonique entre la mère et Gisèle. La mère insulte copieusement la jeune femme, la jugeant bonne à rien, étant ravie que son fils l'ait quittée et l'enjoint à pleurer tout son saoûl et puis de refaire sa vie avec un moins que rien qui lui convienne ... Elle espère cependant que Gisèle soit profondément malheureuse, la rupture que son fils lui impose mérite bien ça et lui, en sera tellement fier, tout enorgueilli. Comme Gisèle ne donne plus signe de vie, elle tient absolument à la consoler de la perte de Damien, espérant bien que la jeune femme soit désespérée, elle pourra ainsi la consoler et peut-être s'en faire une amie ...
Damien est un être veule, lâche, alcoolique, sexuellement dérangé et ses parents ont honte de lui en leur for intérieur. Des désirs d'inceste mère-fils parasitent régulièrement ce fameux gaillard qui par ailleurs déteste sa mère et méprise son père mais qui est revenu chez eux se blottir dans un cocon douillet.
Les parents (surtout la mère) de Damien harcèlent de plus en plus Gisèle qu'elle veut absolument voir souffrir ... pour la gloire de son fils et la sienne.
Remarquablement écrit, il faut toute la plume déjantée de Régis Jauffret pour nous faire rire du burlesque de la situation. Humour noir, cynisme et burlesque se disputent la 1ère place : ce n'est plus un roman, c'est un sketch ! Mais ne y trompons pas, sous ses propos venimeux outranciers, l'auteur dénonce beaucoup de vérités familiales que connaissent la plupart des familles. Comme il le dit lui-même vers la fin du livre : "Vous avez dû trouver cette famille étrange, mais plus encore que les histoires d'amour, toutes les familles sont des asiles de fous"
Ce livre génial s'adresse aux lecteurs qui possèdent un sens de l'humour au 2ème voire au 3ème degré sinon passez votre chemin, il ne vous apportera rien que de l'incompréhension et de l'ennui ...
Et n'oubliez pas que si les sketches font rire, c'est parce qu'il se cache toujours un solide fond de réalité dramatique dessous !

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absolu
  01 août 2012
"A la longue, il finira de toute façon par m'indifférer, parce que tu l'appliqueras sur le mien comme un emplâtre. Ta conversation m'exaspèrera, toujours les mêmes histoires de carburateurs, de tension artérielle, de bricolage, tes rêves de ferme à rénover dans une région boueuse où les agriculteurs rendus neurasthéniques par le climat bradent leur bien pour ne pas devenir fous. Ton petit emploi, ta mère qui téléphonera chaque jour pour te reprocher tes dents de lapin. Ta peur du vide, de la guerre, de la vieillesse, des rides, d'une alimentation trop carnée, de la cuisine grasse à la cantine. Ta terreur devant la moindre ambulance, tes érections dans l'escalier quand tu croiseras la voisine du second, étudiante en économie politique, et mon amour pour toi dont tu riras quand je te le montrerai sous la couette comme un trésor. Car malgré tout je t'aimerai comme on souffre, comme on se sacrifie, mais mon amour t'incommodera comme une odeur de friture. Tu me diras sans cesse de le cramer dans le four, de l'enfermer dans un poudrier et d'aller l'enterrer au pied d'un arbre du Forum des Halles."
Une rupture, le sujet a été maintes fois étudié, explicité, romancé. Mais jamais de la sorte. Imaginez, votre beau-père, sous prétexte de changer votre robinet de cuisine qui fuit, vient vous annoncer que son fils vous quitte. Imaginez tous les arguments qu'il va mettre en place, déployer dans votre esprit, pour vous convaincre que c'est la meilleure chose à faire de toute façon. Que Damien ne pourra pas évoluer dans une relation comme celle-ci. Qu'ils (ses parents), le rémunèrent chaque fois qu'il prend une bonne décision (leur décision). Qu'il vous dit que vous avez eu de la chance de le connaître, qu'il ne faut pas en vouloir à Damien, il n'a jamais été un grand passionné, à peine affectueux, et surtout par obligation. Imaginez qu'il commence à vous dire qu'à votre place, il n'aurait pas supporté de vivre avec un tel homme, qu'il n'est pas forcément un fils exemplaire, mais que c'est le sien, et qu'il doit faire avec. Là, vous venez de pénétrer l'univers de Régis Jauffret. le monologue à deux personnes.
C'est au tour de la mère de Damien : "Surtout, évitez de vous suicider, Damien n'aime pas la mort, vous le savez. Il serait impressionné, et aussi bien votre mère viendrait lui faire des reproches qui le tarauderaient durant plusieurs semaines.", et aussi "le mépris que j'éprouve envers vous pèse sur ma raison, elle éclate comme une mouche sous le maillet d'une vieille gâteuse qui a la phobie des insectes.". Mais surtout : "Vous le connaissez, et c'est moi qui l'ai fait. Admettez qu'il est injuste que nous ne soyons pas la même femme." On retrouve la même structure dans les discours parentaux. du mépris pour cette fille qu'on quitte, et puis de l'apitoiement, un peu de compassion, et pour finir une forme d'amitié, du moins d'attachement. La perversité, la folie commence à suinter. La folie d'une mère qui se croit omnipotente. Oscillation de la passion maternelle, qui gonfle jusqu'à l'obsession, la frénésie, et glisse jusqu'au dédain, jusqu'à la haine. Cycle infernal, éternel. le désarroi d'un père qui n'a pas touché sa femme depuis plusieurs mois, qui a dû faire un test de paternité pour convaincre son fils de leurs liens sanguins. Une "famille" dans laquelle on se côtoie plus qu'on ne se connaît.
Enfin c'est à Damien de nous donner sa version des faits. "Maman braillait, obsédée par cette fille que j'avais oubliée avant de l'avoir connue, à moins que je m'en souvienne, qu'elle teinte mes pensées comme de la cochenille." "La famille, porcherie ancestrale, et aujourd'hui entreprise de salaison ultramoderne, à la chaîne du froid jamais interrompue, jambon de père, tranché, daté, sous blister, tripes de maman, en bocaux, en barquettes, avec les produits frais à côté des yaourts..."
Un chaos sous-jacent, imperceptible à l'oeil nu, qui se révèle au moindre grain de sable dans l'engrenage de la routine. Poussière qui rend dingue la ménagère parfaite, goutte d'eau qui provoque l'inondation. Damien, perçu comme un assisté, un rigide un précoce, un cerveau en sous-régime. Jusqu'à ce qu'il donne sa version des choses. Jusqu'à ce délire éthylique poussé à l'extrême. Tout éclate, implose, gicle, déborde. Enfer pavé d'aucune intention, enfer tout court, Damien défonce toutes les convenances, détruit les a-priori, explore les corps, la folie des autres, vides à combler éternellement. Catharsis. Sa séparation a mis en relief les fêlures de ses géniteurs, oeufs plongés dans une eau portée à ébullition, et dont la substance fuit dans la casserole comme la cervelle de leur crâne.
Niveau expressionnisme, Ellis peut aller se rhabiller, nivrau déjanté, Palahniuk a encore des progrès à faire. Question vocabulaire, on pense parfois à Artaud. Point de vue originalité, c'est du Jauffret tout craché. A l'instar de Damien, qui crache à la gueule de ses parents leur folie douce amère, leur folie ordinaire.
Lien : http://www.listesratures.fr/..
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Lune93
  08 avril 2019
La rupture d'un couple dans laquelle s'immiscent le père et la mère de Damien.
Il faut se concentrer pour la lecture car l'auteur enchaîne les dialogues sans annoncer le narrateur ou la narratrice donc on ne sait pas qui parle tout de suite. Je le dis maintenant, ce livre ne m'a pas plus du tout. Les causes sont :
- Le père (de Damien), Joseph, je crois bien que ça ne l'aurait pas dérangé de coucher avec Gisèle (la femme quittée par le fils).
- La mère (toujours de Damien), Solange est une personne d'une méchanceté, d'une suffisance, d'une arrogance, d'une insolence sans bornes. Pour elle, son fils est un être Unique. (Il faudrait quasiment payer pour avoir l'honneur d'être sa compagne).
- Le clou dans la catégorie ignoble est le fils Damien qui n'a pas la trempe d'annoncer lui-même sa rupture à sa copine, c'est le père qui fait la démarche. Ce personnage est infâme. Il est lâche, dépravé et les pensées qu'il a concernant sa mère sont crues, dégoûtantes et incestueuses.
Oui, cette famille est nauséabonde.
Gisèle est le personnage le plus sain à mes yeux.
Même en essayant de lire l'histoire au 3ème degrés, je n'ai pris aucun plaisir, il aurait fallu que je lise au 10ème degrés !! Sur la quatrième de couverture, il est inscrit le mot burlesque mais rien ne m'a fait rire, j'ai plutôt ressenti de la répugnance.
Information : a reçu le Prix Fémina en 2005.
Lu en avril 2019 / Folio - Prix : 7 €.
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LouScavia
  23 juin 2011
L'histoire débute par un long monologue chaotique. Gisèle, la trentaine, apprend que son compagnon, Damien, décide de rompre après cinq années de vie commune. Il n'a pas eu le courage d'annoncer la nouvelle lui-même ; il a délégué la corvée à son père, François (dont on apprendra plus tard qu'il s'appelle aussi Joseph). Entrée en matière sur le mode délirant, un peu déroutante mais, si le lecteur veut bien se laisser faire, la perplexité se transforme assez vite en curiosité pour la suite.
S'ensuit l'entrée en scène des trois autres personnages composant la famille brocardée par l'auteur. Volontairement caricaturaux, chacun d'entre eux va livrer tour à tour sa vision personnelle de l'affaire (la rupture), dévoilant ce qu'il est, ce qu'il n'est pas, ce qu'il voudrait être, ce qu'il n'a pas le courage d'être, etc. Un grand déballage de mensonges, d'hypocrisie, de fantasmes, d'égocentrisme, où perce néanmoins parfois, une franche lucidité.
« La rupture » apparaît ainsi comme un prétexte permettant à l'auteur de barbouiller de vitriol un tableau satirique de la famille et finalement, de lui régler son compte. D'Institution sacrée porteuse de valeurs et fondée sur l'amour, elle devient sous la plume acide et vigoureuse de Régis Jauffret, un creuset étouffant où les comportements et les relations hautement pathogènes se développent comme des champignons. Vénéneux bien sûr. Solange, la mère, possessive et castratrice, insupportable d'arrogance, est omnipotente. le père, lâche et mesquin, est soumis à la tyrannie de son épouse et fait figure de pièce accessoire à peine tolérée ; le géniteur en tant que -mal nécessaire-. Damien, le fils, produit résiduel du décapage maternel, vampirise un milieu familial qu'il critique mais dont il profite ; veule, carriériste, insensible à tout, il est incapable d'une quelconque autonomie, incapable de grandir.
Asile de fous… famille de dingues fictive ? Au bout du compte, avec un petit effort d'imagination et de franchise, on pourrait bien, sous les traits forcés, reconnaître des situations et des individus familiers. Sous la caricature, l'impression de déjà vu…
On apprécie, ou pas. Mais dans tous les cas, on ne peut qu'admirer l'ingénieuse construction de ce roman dérangeant et le talent audacieux de l'auteur dont la jubilation caustique transparait à chaque ligne. On rit ; parfois-jaune- ; on grince des dents…mais à aucun moment on ne s'ennuie.
J'ai bien aimé.

Lien : http://lascavia.com
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Nebulas
  22 février 2016
Un livre sur deux compagnons qui se sont séparés. L'auteur présente l'histoire par une série de monologues. Ce sont les deux compagnons et leurs parents qui donnent leur avis successivement en ce qui concerne chaque compagnon et leur relation.
Bien que je trouve l'idée très intéressante, présenter une relation échouée du point de vue de tous les personnages intéressés, l'élaboration dans ce livre ne m'a pas plu vraiment. Je ne sais pas exactement pourquoi je n'ai pas aimé ce roman. le texte est assez facile à lire, de temps en temps les phrases sont peut-être un peu longues, mais ce n'est pas le style de l'écriture qui a posé un problème pour finir la lecture. Ce sont probablement les personnages et leurs caractères peu sympathiques qui m'ont agacé. Je n'ai pas non plus trouvé quelque chose d'intéressant ou quelque chose d'amusant dans le livre. J'ai dû recommencer au début quelques fois pour finalement le terminer après environ deux semaines. le livre a gagné le Prix Femina en 2005.

Lien : http://nebulas-nl.blogspot.n..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
scarlett12scarlett12   01 mai 2018
- Damien a eu raison de vous débarquer.
- Vous êtes un petit animal, vous lui avez tenu compagnie quelque temps. Mais on ne fait pas sa vie avec un perroquet ou une guenon.


- Les Duperrier ont un fils, la cinquantaine, célibataire, puceau peut-être, ils vous écouteront divaguer, vous offriront des boucles d'oreilles, des bagages siglés, dans l'espoir de vous le fourguer.
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trilli1411trilli1411   11 avril 2011
"Sa bite qu'il prenait pour un étendard lorsqu'elle se dressait dans le lit avec la vulgarité de ces gens qui croient distingué de mettre leur petit doigt en l'air en saisissant leur tasse de thé quand ils sont en visite chez une fausse duchesse à la peau fanée, flétrie, pourrie comme le parquet de leur boudoir fait de planche de cercueils exhumé après trois siècles de caveau."
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luis1952luis1952   15 mai 2013
Moi, je me suis enfuie depuis longtemps. Quand je rends visite à mes parents j'ai soin d'éviter de me mélanger à eux, je ne les touche ni les approche de trop près, je m'en méfie comme une paire de tigres. Je plonge à peine le bout de mes doigts de pieds dans le bloc, où ils gèrent leur aliénation, l'entretenant avec soin en partageant des angoisses, en échangeant des hallucinations qu'ils prennent pour des clichés du réel.
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art-bsurdeart-bsurde   07 mai 2013
La glace a fondu, se faisant vapeur, transformant la cuisine en hammam. Allongé sur le dos, respirant profondément, j'espérais que mon cerveau finirait par transpirer tout autant que ma peau, purgeant la pensée de ses toxines et des angoisses parasites qui empêchent même l'ivresse d'être tout à fait le bonheur.
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virgidoc2virgidoc2   21 février 2014
Notre avenir n'est pas tracé, nous nous modifions beaucoup trop, nous sommes chaotiques, et je me dis parfois qu'à notre mort nous laisserons derrière nous la myriade de cadavres de tous ces gens que nous avons été pleinement, mais l'espace d'un instant, d'une semaine, ou de quelques années.
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Videos de Régis Jauffret (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Régis Jauffret
31 janvier 2013 :
- A la recherche du temps perdu, Marcel Proust, Gallimard -
Réuni en un seul volume, comme le souhaitait Marcel Proust lui-même, le texte de«A la recherche du temps perdu»est publié sans appareil critique.
- Claustria, Régis Jauffret, Seuil -
Roman Platon, le mythe de la caverne. Des prisonniers qui ne verront jamais de la réalité que des ombres d'humains projetées sur la paroi de la grotte où ils sont enchaînés. Dans le souterrain les enfants n'ont vu de l'extérieur que les images tombées du ciel qui leur parvenaient par le câble de l'antenne. le mythe a traversé vingt-quatre siècles avant de s'incarner dans cette petite ville d'Autriche avec la complicité d'un ingénieur en béton et celle involontaire de l'Écossais John Baird qui inventa le premier téléviseur en 1926. R. J.
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