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ISBN : 2207232913
Éditeur : Denoël (29/08/1986)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Zazette97
  11 septembre 2012

Publié en 1986, "Cet extrême amour" est le second roman de l'écrivain français Régis Jauffret, notamment auteur de "Microfictions", "Lacrimosa", "Sévère" et récemment de "Claustria".
Une jeune éditrice rencontre par hasard sur un plateau télé Loïc, un homme divorcé et père de 2 enfants. Entre eux, le coup de foudre est immédiat et bien qu'elle ne s'amourache pas facilement d'ordinaire, elle emménage rapidement chez Loïc, abandonne son travail et s'éloigne de ses amis et de sa famille pour se consacrer entièrement à lui.
Bien sûr, elle trouve le temps long en attendant son homme, il y a les petites jalousies mais cette relation exclusive semble finalement leur convenir à tous les deux.
Rien ne saurait les séparer si ce n'est peut-être un drame...
" J'ai vu ton corps massacré glisser dans le cercueil." C'est sur cette charmante première phrase que s'ouvre ce court roman dédié à une relation aussi intense que brève puisque le lecteur sait dès le départ que celle-ci ne durera que 40 mois.
Narratrice de sa propre histoire, une femme revient sur sa rencontre et son quotidien avec Loïc, cet homme qu'elle aime au point d'en oublier sa propre vie.
" Je ne vivais plus que pour Loïc. J'avais besoin de le voir partir chaque matin, en retard. J'avais besoin de l'imaginer quand il n'était pas là. le soir, je comptais les minutes qui me séparaient encore de lui, j'écoutais l'ascenseur, je scrutais le palier par l'oeilleton jusqu'à ce qu'il apparaisse enfin." p.22

Ce seul passage suffit à résumer le contenu de ses journées. Pas grand chose en somme à part flâner, dormir, pester sur la présence de la femme de ménage, s'occuper comme elle peut en guettant le retour de Loïc, imaginer ce qu'il fait à toute heure du jour et comment se profilera leur soirée.
Je ne ressens pas le besoin particulier de devoir absolument m'identifier à un personnage pour pouvoir apprécier ma lecture mais dans ce cas-ci, j'ai vraiment eu beaucoup de mal avec cette femme, son oisiveté, cette faculté qu'elle a à réduire le sens de sa vie à son amour "pathologique" pour un homme.
Je ne comprends pas comment il est possible de se contenter de ça, de ne pas vouloir vivre un peu pour soi, d'être heureuse uniquement à travers et grâce à l'autre.
Et je ne comprends pas non plus comment l'autre peut supporter cette dépendance malsaine, se savoir attendu et épié devant la porte.
Mais du point de vue de Loïc, on ne saura rien. le récit est ainsi fait : elle aime pour deux, elle raconte pour deux, revivant en accéléré leur histoire qu'elle décrit tout en la sachant condamnée.
C'est à peine si j'ai eu le temps de voir défiler ces 100 pages tant le style épuré et le rythme soutenu de la narration m'ont menée vers la fin en un éclair.
"Les histoires d'amour finissent mal en général" comme le chantaient les Rita Mitsuko et ce refrain est apparemment d'autant plus vrai s'agissant des romans torturés de Régis Jauffret.
Je ne suis pas certaine d'avoir commencé par le bon roman pour découvrir cet auteur car, à part de l'agacement vis-à-vis de la narratrice, je n'ai pas eu le temps de ressentir grand chose d'autre.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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absolu
  01 août 2012

Une jeune écrivaine corrige et rehausse le niveau de certains manuscrits afin de gagner sa vie. Il faut bien donner une contenance au personnage. Seul le fait d'écrire a son importance. Elle sera conviée pour une interview, où elle n'aura rien à dire. Un des autres invités est un directeur d'agences de pub. Il deviendra son unique direction, à elle. Pour les trois années à venir.
C'est juste l'histoire d'une passion dévorante, au sens propre du terme : "Qu'il me bouffe, qu'il m'avale, jusqu'à la dernière phalange." de toute façon elle n'a plus besoin de ses doigts, elle n'écrira plus jamais, malgré les exhortations de son entourage, sa mère, son ancienne meilleure amie. Elle s'en passerait bien, de son entourage. Elle se passe même assez bien de tout ce qui ne contient pas Loïc. Elle savoure le manque occasionné par l'absence quotidienne de cet homme qu'elle attend, chaque soir, l'oeil collé au judas.."Je ne vivais plus que pour Loïc. J'avais besoin de le voir partir chaque matin, en retard. J'avais besoin de l'imaginer quand il n'était pas là. le soir, je comptais les minutes qui me séparaient encore de lui, j'écoutais l'ascenseur, je scrutais le palier par l'oeilleton jusqu'à ce qu'il apparaisse enfin. le temps passait, mais nous n'en savions rien."
Plus rien ne compte que l'instant, l'attente de l'instant pendant laquelle savouer le dernier baiser jusqu'au prochain. Les heures sans lui ne servent à rien d'autre qu'à penser à lui. Sa vie avant lui n'existe plus, sa vie à venir n'est faite que de lui, d'eux. "Il n'a pas faim. On se parle, on se couche, on se caresse, on se rejoint, on s'agite, on s'endort. On est déjà demain." Elle se défait de toutes ses attaches, elle libère le plus grand espace possible en elle pour y mettre encore un peu plus de lui. Et non ! Elle n'écrira plus, elle l'a déjà dit. A quoi bon ? Tous les mots, les romans du monde sont écrits par leur amour, dans leur amour. Tout est là, dit, vécu, ressenti. "Je n'achèterai pas de cahier, je n'écrirai plus une phrase jusqu'à la fin de mes jours. Je préfère Loïc, et cette sensation de vide quand il n'est pas là. J'aime ces pleins et ces déliés. Notre vie ne laisse pas de trace, le présent l'efface au fur et à mesure."
Quarante mois de bonheur pur, d'amour fou, d'oubli de soi. Et puis, l'attentat. Loïc ne reviendra pas ce soir, ni demain. Elle l'attendra, les jours suivant l'enterrement. Enfin, elle écrira. Loïc n'est plus là, le présent n'efface plus rien, leur histoire gardera une trace. Il faut combler les instants vides de lui, qui sont de plus en plus nombreux, de plus en plus longs.
Il l'avait surnommé "paparazzi", avec sa manie de le flasher sans arrêt. C'est avec les mots qu'elle redessinera les contours de son visage, les contours de leur histoire.
Un roman court, efficace, écrit avant Histoire d'amour et Asiles de fous, et qui nous montre un Jauffret plus sensible, dans la peau d'une amoureuse transie jusqu'à la moelle. Saisissant contraste.
Note : 7/10
Lien : http://www.listesratures.fr/..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Zazette97Zazette97   11 septembre 2012
Je ne vivais plus que pour Loïc. J'avais besoin de le voir partir chaque matin, en retard. J'avais besoin de l'imaginer quand il n'était pas là. Le soir, je comptais les minutes qui me séparaient encore de lui, j'écoutais l'ascenseur, je scrutais le palier par l'oeilleton jusqu'à ce qu'il apparaisse enfin. p.22
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Régis Jauffret aux Correspondances de Manosque 2016 Réalisation Ludovic Fortin/Timedia pour les Correspondances de Manosque
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