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EAN : 978B085F2GFZY
Éditeur : Anne Carrière (04/09/2020)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Chaque année en France, plus de 90.000 personnes sont hospitalisées sans leur accord en psychiatrie.
C’est cette expérience de privation de liberté que raconte Marius Jauffret dans ce livre sensible et touchant.

Jeune homme alcoolique, Marius est un jour conduit aux urgences de Saint-Anne par son frère. À son réveil, il pense qu’il va juste passer quelques jours entre les murs de l’hôpital pour se remettre. Jusqu’à ce qu’un médecin lui explique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
BenedicteN
  13 octobre 2020
Suite à une triste soirée particulièrement alcoolisée, Marius Jauffret a passé près de 3 semaines dans une unité de l'hôpital Sainte Anne.
Il nous livre un récit au vitriol de l'hôpital psychiatrique qui accueille des compagnons d'infortune, orientés parfois dans ces unités de façon totalement inadaptée.
J'ai beaucoup aimé l'écriture de ce texte, sans complaisance aucune, envers l'Institution et à l'égard de la HDT que l'auteur juge totalement arbitraire à son encontre.
Réalisme des interactions dépeintes entre les malheureux des courts ou longs séjours ; inimaginables échanges entre le "patient" Marius, son frère et le psychiatre ; enfin, bienveillante, touchante et salvatrice relation fraternelle.
Le jeune auteur qualifie l'hôpital Sainte Anne d'un mot qui m'apparaît quasiment suranné : l'"asile". L'acceptation littéraire d'"asile" signifie un lieu où l'on trouve paix et calme. Force est de constater que le séjour enfumé de Marius Jauffret ne lui apportera aucunement la sérénité.
Je ne peux qu'exprimer l'espoir que les peurs liées à l'hospitalisation et à la HDT ne hanteront jamais plus l'auteur. Et de façon plus universelle, n'imaginer la HDT qu'en cas de situations extrêmes, d'imminent danger envers soi ou autrui.
De mon côté, respect pour l'écoute des médecins psychiatres qui ne sont pas tous des Messieurs Faucon / regard empli de compassion pour les personnes aimantes qui entourent un proche souffrant d'une psychopathologie mais surtout surtout toutes mes pensées se dirigent vers les "intranquilles" qui souffrent de troubles psychiques plus ou moins envahissants...
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Bazart
  25 septembre 2020
Chaque année en France près de 100 000 000 personnes sont hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement.
C'est cette terrible expérience de privation de liberté que raconte Marius Jauffret, fils du grand romancier français Régis Jauffret qui et nous raconte comment son alcoolisme incontrolable l'a jour conduit aux urgences de Saint Anne par son frère qui ne pouvait plus rester sans agir.
Le voici dès lors comme prisonnier, isolé, dans ce huis clos totalement marge de la société.
Etre enfermé dans une structure psychiatrique sans date de sortie est une expérience assez traumatisante que Jauffret raconte de façon crue mais avec une sincérité et un certain humour désarmants . Jauffret n'élude rien ni le doute, la peur, les rencontres cocasses, tristes, ou tendres et aussi l'après.
Réflexion profonde sur la question de l'hospitalisation à la demande d'un tiers, ce vol au dessus d'un nid de coucou. version 2020 n'est sans doute pas la lecture idéale d'apres confinement mais il touche évidemment par cette mise à nu littéraire dont on ressent énormément le pouvoir cathartique évident.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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aimylitHK
  01 septembre 2020
Dans ce texte autobiographique Marius Jauffret nous fait partager son expérience de l'institution hospitalière, en psychiatrie.
Ce jeune homme, visiblement mal dans sa peau, boit et prend quelques comprimés pour pallier son mal-être, il se connaît et sait parfois s'arrêter…jusqu'au jour où ayant encore trop bu son frère l'emmène à Sainte Anne (hôpital psychiatrique) et où comme dans un cercle infernal il voit son frère signer, presque à son insu, une hospitalisation sur demande de tiers. Il faut dire que le médecin leur a fait peur et leur a fait valoir tous les bienfaits d'une hospitalisation.
Seulement Marius pense sortir dès qu'il sera sevré de sa dernière grosse cuite (2,5g quand même…) et là il découvre qu'il ne peut pas sortir comme ça, il est enfermé alors qu'il n'a rien fait.
Il n'est pas le seul à être enfermé, certains sont là depuis des mois voire des années, sans vraiment d'espoir de se voir sortir.
Il y a les chanceux qui ont de la famille et des connaissances, et de l'argent, et puis il y a les pauvres, seuls, sans domicile, sans travail, qui n'ont que peu d'espoir de sortir.
C'est pire que la prison dise certain, pas de travail, pas d'occupation, hormis le « fumoir » haut lieu de rencontre avec les autres enfermés et le personnel.

Une description effrayante du système, de l'engrenage dans lequel nous pouvons tous glisser sans nous rendre compte…
Si tout ce qui est raconté est vrai alors il y a de sérieux problèmes.
Quand l'innocent a plus à prouver que le coupable qui n'est même pas en prison.
Un texte qui fait réfléchir sur nos institutions et leur fonctionnement.

Pas de misérabilisme ni d'apitoiement, une simple constatation, un témoignage effrayant.
À découvrir absolument

Lien : https://enviedepartagerlesli..
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Passemoilelivre
  17 octobre 2020
Marius, 25 ans est alcoolique et ses excès le rendent parfois très malade, au point que Thomas, son frère le conduit aux urgences de l'hôpital Sainte-Anne, signe un document « d'hospitalisation à la demande d'un tiers » et engage son internement. le bref séjour attendu, se transforme en séjour de trois semaines qui permettent à Marius de décrire ce qu'il voit et ressent. Ce récit autobiographique rend palpable, une réalité méconnue sur le quotidien des patients et des soignants qui les accompagnent. Témoignage saisissant sur le fonctionnement de cette institution hospitalière.
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lecoindesmots
  22 septembre 2020
Marius est mal dans sa peau. D'un mal-être qui ronge l'âme et dévore le corps. Alors, pour oublier un peu, il boit. Jusqu'à plus soif. Il avale quelques cachetons pour sombrer plus facilement. Sombrer et s'évader hors de soi. S'oublier. Un soir, il boit le verre de trop au bar du coin et s'étale de tout son long sur l'asphalte. Au réveil, son frère l'accompagne à Sainte-Anne, fameux hôpital psychiatrique du XIVe arrondissement de Paris.
Commence alors pour Marius la longue et pernicieuse décente dans les enfers de l'hospitalisation sous contrainte, ou HDT – hospitalisation à la demande d'un tiers. Enfermé entre les quatre murs de ce secteur fermé de l'hôpital, le seul endroit extérieur auquel il a accès, c'est le fumoir. On fume pour se sentir moins seul, on fume pour passer le temps, on fume pour se calmer. On fume parce qu'on a que ça à foutre.
Marius raconte les moments durant lesquels ils se sent pris au piège, ceux durant lesquels il a le sentiment qu'il ne sortira jamais de cet enfer. Il raconte l'abus de pouvoir de certains soignants, certains psychiatres. Là-bas, ils ne sont que des fous. On ne prend pas les fous au sérieux.
C'est un récit qui met mal à l'aise, qui met en lumière les manquements et défaillances du système de santé psychiatrique en France. On peine à croire qu'en France, à l'heure actuelle, de telles conditions d'hospitalisation soient encore possibles. Les manquements à la dignité et au respect de l'être humain, les moqueries, les chantages… bienvenue en HDT.
C'est noir, c'est brut et sans concession. Mais c'est une partie de la réalité de l'hospitalisation sous contrainte et il est grand temps d'en parler ouvertement. Marius Jauffret se confie, ses mots sont son exutoire, sa façon à lui d'élaborer, sa façon à lui de passer outre ce traumatisme.
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critiques presse (1)
LeMonde   29 septembre 2020
Le fils de l'écrivain Régis Jauffret fait le récit poignant des 18 jours d'internement psychiatrique sous contrainte qu'il a subi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
PassemoilelivrePassemoilelivre   17 octobre 2020
L’asile, c’est un donjon bdsm sans règles. L’asile, c’est le miroir grossissant de la société, une loupe gigantesque. Les internés forment comme un précipité chimique qu’on sédimente pour que, une fois cristallisé, ils constituent une masse uniforme, comme un troupeau. Mais les hommes ne réagissent pas selon des règles, comme du chlorure, des sels ou des métaux, ils peuvent toujours exploser pareils à une grenade dégoupillée. Ils ont leurs failles, leur intelligence, leur raison, et la gifle d’Amélie à son obsédé de supérieur me paraissait amplement méritée.
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PassemoilelivrePassemoilelivre   17 octobre 2020
Six mois qu’elle bossait chez l’opérateur, une gifle, et on l’a enfermée ! Ce boulot de merde, si elle l’a accepté en dépannage, c’est qu’il n’y avait que ça. Elle a un bac + 5 en marketing. Comment des médecins peuvent-ils se transformer en flics ? Comment une entreprise peut-elle demander l’internement d’un de ses salariés ? Elle se pince depuis la veille avec le sentiment de vivre un cauchemar.
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PassemoilelivrePassemoilelivre   17 octobre 2020
Les stagiaires nous narguent en se mettant sur leur trente-et-un. Les sacs Hermès et les sacs à merde, ça ne se mélange pas. Les patients bavent sur elles et leur libido se réveille. Peu m’importe, la mienne est si basse qu’une mannequin ukrainienne de dix-huit ans en string ficelle me ferait le même effet que la gamelle de pommes sautées de la cantine.
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PassemoilelivrePassemoilelivre   17 octobre 2020
Attribuer une maladie à un innocent afin de le criminaliser pour avoir une raison de l’enfermer relève d’une perversion inégalable. Les gens qui vivent dans la sombre religion de la cruauté, et de l’ignorance qui la blanchit, me font autant vomir que le curé célébrant une messe après avoir violé un enfant.
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PassemoilelivrePassemoilelivre   17 octobre 2020
Le nombre de personnes internées sans consentement a doublé en dix ans. Aujourd’hui elles sont quatre-vingt-deux mille. Soit douze mille de plus qu’en prison.
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Video de Marius Jauffret (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marius Jauffret
"Chaque année, 100 000 personnes sont internées en France" : c'est en ces termes que s'ouvre le tout premier livre de Marius Jauffret, "Le fumoir". Partant de sa propre expérience d'internement sous contrainte (une HDT, hospitalisation à la demande d'un tiers) pendant dix-huit jours dans un asile, l'écrivain en herbe porte la voix de tous ces exclus de notre société qui se retrouvent internés contre leur consentement. C'est aussi une exploration des conséquences sociales et familiales de la maladie psychiatrique qu'explore Gringe dans son premier livre, "Ensemble, on aboie en silence". Il avait déjà évoqué la schizophrénie de son petit frère Thibault dans une de ses chansons, "Scanner".
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