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EAN : 9782757887943
192 pages
Éditeur : Points (07/01/2021)
3.04/5   104 notes
Résumé :
19 septembre 2018, j'aperçois dans un documentaire sur la police de Vichy mon père sortant menotté entre deux gestapistes de l'immeuble marseillais où j'ai passé toute mon enfance. Ils semblent joyeux alors que le visage de mon père exprime la terreur. D'après le commentaire, ces images ont été tournées en 1943. Non seulement mon père n'a de sa vie parlé de cet incident mais je n'ai jamais entendu dire par personne qu'il avait eu affaire à l'occupant. Moi, le conteu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,04

sur 104 notes

Cancie
  07 mars 2020
Immense surprise pour Régis Jauffret, le 19 septembre 2018, lorsqu'il aperçoit dans un documentaire sur la police de Vichy, son père menotté entre deux gestapistes sortant de l'immeuble marseillais où l'auteur a passé toute son enfance. Après avoir zoomé maintes fois, il n'y a pas de doute, c'est bien lui et son visage exprime une grande terreur. Ces images auraient été tournées en 1943. L'écrivain va tenter d'analyser ce qui a pu se passer, en échafaudant tous les scénarios possibles. Son père Alfred, aurait-il fait de la délation, a-t-il été dénoncé, est-ce un film de propagande, donc une reconstitution, ces questions resteront sans réponse car, ni son père, ni sa mère n'ont jamais évoqué qu'il avait pu avoir affaire avec l'occupant. Les interrogations auprès de la famille ou des voisins n'apporteront rien. Personne ne sait. Ce sera l'élément déclencheur qui amènera Régis Jauffret à écrire ce superbe roman dans lequel il nous conte la vie de celui-ci, en l'appelant Papa, étant redevenu lui-même enfant.
Ce père Alfred, avait quatre frères. Il était marié à Madeleine et est décédé en 1987, l'année de ses 72 ans. Si Régis Jauffret a écrit ce roman maintenant, c'est aussi parce qu'il va bientôt atteindre l'âge auquel son père est mort et qu'avec le temps, c'est peut-être plus facile d'en parler aujourd'hui. Alfred ayant eu une vie, une vraie vie, courte, furtive, car atteint d'un gros handicap de surdité, suite à une méningite, a subi d'inutiles interventions chirurgicales, sans réelle anesthésie, plusieurs cures de sommeil, est devenu bipolaire et a dû prendre de l'haldol, un neuroleptique, le reste de sa vie. Un pharmacologue dira d'ailleurs à son fils que « l'haldol, c'est un médicament qui empêche de penser. » Si ce dernier lui en a voulu, enfant : " En réalité je n'avais guère eu de père, presque pas. J'avais dû me contenter dans mon enfance d'un petit bout de papa..." puis : "D'ailleurs, Alfred en ce temps-là me servait-il à autre chose qu'à me faire honte.", maintenant, il en va autrement et il avoue : "Si je n'avais pas vu ces images tu serais resté dans les égouts de ma mémoire. --- , Je n'ai peut-être écrit tout au long de ma vie que le livre sans fin de tout ce que nous ne nous sommes jamais dit."
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le roman, le début étant un continuel va et vient entre le présent et le passé, mais ensuite, je n'ai plus pu m'en détacher et ai été absolument conquise par le talent de Régis Jauffret. Il réussit à ouvrir comme il le dit "une case de l'enfance qu'il n'avait jamais ouverte" et à sauver cet homme qu'était son père, seule solution pour lui pour continuer à vivre. Comme il le fait bien ! Ce mélange de fiction et de réalité, la finesse la justesse et la poésie avec laquelle il nous raconte ce manque d'amour, cette souffrance, cette frustration dont il a souffert et la manière dont il fait revivre ce père plus beau qu'il n'a été et tente tout pour l'excuser. Ce que j'ai vraiment trouvé sublime, c'est lorsqu'il va recréer un souvenir éblouissant d'une journée qui en fait n'a pas existé. Comment ne pas être bouleversé ensuite par cette phrase : "Malgré tout, ce bonheur inventé restera dans ma mémoire pour illuminer le visage de ce père tant désiré dont la vie m'a frustré."
Un formidable et sublime cri d'amour, tel est pour moi, ce bouleversant roman !
Quelle plus belle conclusion que ces paroles prononcées par l'auteur lors de la grande librairie : "Grâce à la littérature, je suis arrivé à réparer mon père en moi".
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Fandol
  11 mai 2020
« Malgré tout, ce bonheur inventé restera dans ma mémoire pour illuminer le visage de ce père tant désiré dont la vie m'a frustré. » Comment une simple phrase peut illuminer un livre ? Celle que je cite en préambule arrive au tout dernier chapitre de Papa, ce roman que Régis Jauffret a consacré à Alfred, son père.
Le hasard d'un documentaire diffusé à la télévision à propos de la police de Vichy, le 19 septembre 2018, déclenche une aventure littéraire riche, émouvante, frustrante, un peu angoissante aussi. Sur une scène du film tourné en 1943, il a reconnu l'immeuble où il a passé son enfance. En sept secondes, il a vu deux gestapistes embarquer un homme menotté dans une Citroën traction avant : son père !
À partir de là, l'écrivain reconnu qu'est Régis Jauffret – il dit même qu'à soixante-quatre ans, il figure dans le Petit Larousse illustré – se lance dans une quête émouvante, pleine de sensibilité, d'humour, de dérision parfois. Il n'hésite pas à être cru, à parler de la sexualité de ses parents, sujet tabou, s'il en est ! Lui, l'enfant unique, pousse un immense cri d'amour envers un père qui, enfermé dans une surdité devenue totale, n'a pas été le papa dont il rêvait.
Le récit est une recherche. L'auteur hésite, tente des explications, reformule des hypothèses principalement sur cette fameuse arrestation dont aucune trace ne figure ailleurs que dans ces images. Il ergote, se lance dans une hypothèse, reconnaît que c'est une impasse, revient en arrière, parle de Madeleine, sa mère, raconte sa famille, recolle peu à peu les pièces d'un puzzle afin de retrouver ce père victime d'une surdité grandissante, faisant de lui un homme à part et souffrant d'une profonde dépression.
Enfin, je l'ai mentionné au début, il y a ce chapitre qui illumine tout le livre. Régis Jauffret, comme à son habitude, écrit avec talent, utilise de temps à autre un tiret pour lancer une phrase, une réplique, une mise au point pour aboutir à un livre que beaucoup d'enfants auraient aimé écrire à propos de leur PAPA.

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fanfanouche24
  15 février 2020
Guérit-on jamais de son enfance ?...
Même si lu en quelques heures, je reste partagée et perplexe pour rendre compte comme je le souhaiterai de cette lecture étonnante et bouleversante... autant que dérangeante à certains moments !... Pour dire combien mes impressions sont comme le texte lui-même, aussi contrastées que contradictoires !!
Je savais la plume et l'esprit de Régis Jauffret mordants, grinçants, fort sombres... Ce livre est tout cela, et dans un même temps rempli de fulgurances lumineuses et d'une vraie tendresse pour un père, qui a manqué, faute de vraies paroles et complicités vécues entre un "père et un fils unique"......
Hommage au père, même si très tardif...et posthume. Il aura fallu très récemment à l'écrivain d'apercevoir dans un documentaire sur la police de Vichy son père sortant menotté, entre deux gestapistes, de l'immeuble marseillais où Régis Jauffrey a passé toute son enfance. Abasourdi en
reconnaissant le visage terrorisé de son père, il se met à enquêter, comprenant d'autant moins, que son paternel n'a jamais parlé de son vivant ,de cet incident ! Les images dataient de 1943....
A la lumière de ce silence paternel, aussi mystérieux que difficilement compréhensible, l'écrivain revisite son enfance, l'histoire familiale, mais surtout l'image de ce père présent-absent, dont il trouvait l'existence terne....Alors l'imagination du fils-écrivain s'emballe !...
"Si je n'avais pas vu ces images tu serais resté dans les égouts de ma mémoire. Les égouts, les jardins, le paradis perdu de mon enfance, souvent il faut aligner les mots sans en choisir aucun car chacun d'eux est le bon à condition de tous les citer. Je n'ai peut-être écrit tout au long de ma vie que le livre sans fin de tout ce que nous ne nous sommes jamais dit." (p. 133)
Un livre-coup de poing: sombre, violent, tendre, pathétique, mordant, rancunier, aimant, universel dans nos questionnements , nos culpabilités et regrets envers ceux qui nous ont donné la vie !
Je ne peux m'empêcher d'avoir , en fermant ce livre très personnel, le coeur très serré de savoir que ces deux-là ne n'ont pas réussi à vraiment se "rencontrer" du vivant du "Papa". Alfred, un homme plein de possibles, aimant la musique, jouant du piano, lisant, écrivant de la poésie" marchant dans les collines"... qui dans un même temps s'est enfoncé dans la dépression et des complexes, souffrant d'une surdité grandissante...lui ayant progressivement fait prendre la vie comme une fatalité , et s'isoler dans sa propre maison...!
Et l'un des derniers thèmes central de ce récit personnel: le pouvoir magique de transfiguration offert par la littérature...qui console, répare...exprime les sentiments, les mots que l'on n'a pas su prononcer aux très proches, aux bons moments....
"Seul le roman a le pouvoir de modifier ce qui a existé. Dans ce livre où je me suis fait violence pour ne pas aller à l'encontre de la réalité, je n'ai pas résisté en fin de parcours au plaisir d'inventer ces moments de plénitude. Je sais que ce souvenir de conversation, de mer et de symbiose est une création dont aucun instant n'a été. Malgré tout, ce bonheur inventé restera dans ma mémoire pour illuminer le visage de ce père tant désiré dont la vie m'a frustré.
La journée et les deux soirées que nous n'avons pas passées ensemble m'ont rendu heureux. Pendant que j'en écrivais le récit je me suis rapproché de toi. Toute cette joie inventée était pour moi réelle au fur et à mesure que les phrases tombaient des nues. Ce chapitre m'a offert tout le meilleur de toi. La part la plus tendre, la plus joyeuse, celle dont je n'aurais pas osé rêver de ton vivant. La littérature m'a comblé" (p. 199).
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Jean-Daniel
  22 juin 2020
Régis Jauffret propose ici un livre très intime en se tournant vers le passé de son père, après la découverte d'un documentaire sur la police de Vichy, tourné en 1943 et où il retrouve celui-ci menotté entre deux policiers de la Gestapo. N'ayant jamais entendu parler de cet épisode, il mène une enquête à la fois historique et familiale afin de percer le mystère de cet homme qu'il ne connaît pas vraiment.
Régis Jauffret exhume son enfance, la rencontre de ses parents, sa naissance… Son père, Alfred Jauffret, employé dans l'entreprise d'un cousin, vit une véritable tragédie en raison d'une surdité devenue totale et d'une bipolarité consécutive à ses traitements qui l'isolent de plus en plus. Par petites touches, l'auteur va plonger dans ses souvenirs afin de redessiner l'homme qui n'a jamais eu un vrai comportement de père.
La part de fiction est aussi réduite que possible, toutefois, ayant peu d'informations, l'imaginaire lui permet d'émettre des hypothèses et de faire surgir le passé. « La réalité justifie la fiction » écrit Jauffret ; en effet, sans la fiction ce livre ne pourrait pas exister. Les mots sont quelquefois durs, mais réalistes, parfois atténués par la description de moments de complicité, souvenirs d'enfance, mais le plus souvent inventés.
Il essaie de comprendre qui était ce père absent, sans relief et sans passions, qu'il n'admirait pas, et cette alternance de souvenirs et d'imagination lui permet de façonner un père plus proche de celui qu'il aurait aimé avoir. « On a le droit de rêver son père », de découvrir qu'on pourrait l'aimer malgré ses lacunes.
L'ensemble du récit forme un portrait original et sans concession d'un homme qui « n'existait pas beaucoup », mais il donne finalement le sentiment que l'auteur a enfin trouvé un père.
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diablotin0
  23 mars 2021
Régis Jauffret décrit son enfance et montre combien son père Alfred était peu présent "Un personnage secondaire". Ainsi, lorsqu'il voit son père à la télévision arrêté par la Gestapo, il s'interroge et se met à rêver d'un père qui, s'il n'avait pas été sourd et assommé par des neuroleptiques, aurait été un héros.
Son père devient alors celui qu'il aurait souhaité, un père puissant, un père aimant, un héros. "Il faut toujours se méfier des romanciers. Quand le réel leur déplaît, ils le remplacent par une fiction."
Les passages qui m'ont le plus émue sont ceux qui montrent ô combien un seul geste, une seule petite attention d'Alfred envers son fils prend une importance démesurée aux yeux de Régis.
La fin est extrêmement émouvante et conclu de façon majestueuse ce roman autobiographique.
"Malgré tout, ce bonheur inventé restera dans ma mémoire pour illuminer le visage de ce père tant désiré dont la vie m'a frustré."
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critiques presse (4)
LaPresse   09 mars 2020
Voilà Jauffret à tisser, déconstruire, rapiécer les maigres éléments à sa disposition pour se fabriquer son papa, nous conduisant dans un portrait labyrinthique flottant entre fragments de réalité et fantasmes de fils délaissé. Un enchevêtrement inextricable de vrai et de faux, mécanisme fleurant Delphine de Vigan ou Philip Roth, et enfantant un père de plus en plus insondable au fil des pages.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaCroix   16 janvier 2020
Désarçonné par une image fugitive de son père à Marseille sous l’Occupation, Régis Jauffret recompose la vie de cet homme insaisissable.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Liberation   08 janvier 2020
«La réalité justifie la fiction», écrit Régis Jauffret en épigraphe de Papa, et c’est la porte ouverte à celui qui le dit qui y est : la fiction justifie la réalité, et d’ailleurs comment les séparer à bon droit, leurs intérêts sont trop liés pour qu’on puisse faire entièrement confiance à la quête identitaire de chacune
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   08 janvier 2020
«La réalité justifie la fiction», écrit Régis Jauffret en épigraphe de Papa, et c’est la porte ouverte à celui qui le dit qui y est : la fiction justifie la réalité, et d’ailleurs comment les séparer à bon droit, leurs intérêts sont trop liés pour qu’on puisse faire entièrement confiance à la quête identitaire de chacune
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   07 mars 2020
- D'aucuns trouvaient sans doute plus excitant de tondre les femmes que de pendre par les couilles les chefs d'entreprise.
De toute façon la Libération a lessivé les cerveaux. Certains n'avaient plus intérêt à se souvenir. Il était plus sage de faire un sérieux ménage intérieur, jeter par-dessus bord les rafles dont on avait pu être témoin en allant faire la queue devant un magasin, effacer le regard d'un môme que dans la cohue générale on aurait pu extraire et faire passer pour le sien, sans compter la photo de Pétain posée à tout hasard sur la commode du salon en cas de descente de la milice. Dès l'annonce du débarquement chacun de reconstruire la chaîne de ses souvenirs pour en faire une histoire.
+ Lire la suite
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CancieCancie   05 mars 2020
Il ne faut pas abuser des photos quand on cherche à se souvenir. Elles sont trop sûres d'elles et même si elles ne sont qu'un atome de ce qu'elles représentent, elles vous imposent leur point de vue comme si elles avaient capté l'entièreté du réel. Elles sont despotiques, elles castrent l'imagination qui est le seul instrument capable de restituer la totalité d'un instant passé. On ne peut déduire les humains de leur image ni la vie d'une captation vidéo de la vie.
+ Lire la suite
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LutvicLutvic   30 janvier 2020
Il ne faut pas abuser des photos quand on cherche à se souvenir. Elles sont trop sûres d'elles et même si elles ne sont qu'un atome de ce qu'elles représentent, elles vous imposent leur point de vue comme si elles avaient capté l'entièreté du réel. Elles sont despotiques, elles castrent l'imagination qui est le seul instrument capable de restituer la totalité d'un instant passé. On ne peut déduire les humains de leur image ni la vie d'une captation vidéo de la vie. [...]
A chaque fois qu'on se souvient le souvenir se modifie alors que la photo est une imbécile qui ne change jamais d'avis. Comme si le passé était du présent gelé, alors que notre passé est vivant tant que nous le sommes encore nous aussi (p. 79).
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LutvicLutvic   02 février 2020
Seul le roman a le pouvoir de modifier ce qui a existé. Dans ce livre où je me suis fait violence pour ne pas aller à l'encontre de la réalité, je n'ai pas résisté en fin de parcours au plaisir d'inventer ces moments de plénitude. Je sais que ce souvenir de conversation, de mer et de symbiose est une création dont aucun instant n'a été. Malgré tout, ce bonheur inventé restera dans ma mémoire pour illuminer le visage de ce père tant désiré dont la vie m'a frustré. La journée et les deux soirées que nous n'avons pas passées ensemble m'ont rendu heureux. Pendant que j'en écrivais le récit je me suis rapproché de toi. Toute cette joie inventée était pour moi réelle au fur et à mesure que les phrases tombaient des nues. Ce chapitre m'a offert tout le meilleur de toi. La part la plus tendre, la plus joyeuse, celle dont je n'aurais pas osé rêver de ton vivant. La littérature m'a comblé (p. 199).
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CancieCancie   07 mars 2020
L'écrasante majorité des entreprises marseillaises travaillait pour l'ennemi, le ravitaillant, fourbissant ses armes, se disputant sa clientèle avec âpreté et les restaurateurs courbant l'échine de gaver de bouillabaisse des officiers SS aux babines sanglantes sur les terrasses ensoleillées du vallon des Auffes - des bouffées de douceur de vivre leur montant à la tête et leur enlevant tout désir de retourner se geler les croix gammées à Berlin.
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RÉGIS JAUFFRET – LE DERNIER BAIN DE GUSTAVE FLAUBERT Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos
« Conçu à la mi-mars 1821 d'un coup de reins que j'ai toujours eu quelque peine à imaginer, je suis né le mercredi 12 décembre à quatre heures du matin. Il neigeait sur Rouen, une légende familiale prétend que ma mère se montra si stoïque pendant le travail qu'on pouvait entendre tomber les flocons sur les toits de la ville. Quant à moi, je serais bien resté quelques années de plus dans le ventre à l'abri de l'imbécillité du monde.
Désespéré de naître j'ai poussé un atroce hurlement. Épuisé par mon premier cri, je semblais si peu gaillard qu'on attendit le lendemain pour me déclarer à l'état civil car si j'étais mort entre-temps on en aurait profité pour signaler mon décès par la même occasion. »
Le 8 mai 1880 au matin, Gustave Flaubert prit un bain. Il décéda peu après dans son cabinet de travail d'une attaque cérébrale sans doute précédée d'une de ces crises d'épilepsie dont il était coutumier. Allongé dans l'eau, il revoit son enfance, sa jeunesse, ses rêves de jeune homme, ses livres dont héroïnes et héros viennent le visiter. Il se souvient d'Élisa Schlésinger, la belle baigneuse de Trouville qui l'éblouit l'année de ses quinze ans, de Louise Colet dont les lettres qu'il lui adressa constituent à elles seules un chef-d'oeuvre mais aussi de l'écrivain Alfred le Poittevin qui fut l'amour de sa vie.
À lire – Régis Jauffret, le dernier bain de Gustave Flaubert, Seuil, 2021.
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