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ISBN : 202102248X
Éditeur : Seuil (04/03/2010)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 124 notes)
Résumé :
Je l'ai rencontré un soir de printemps. Je suis devenue sa maîtresse. Il m'a initiée au maniement des armes. Il m'a fait cadeau d'un revolver. Je l'ai abattu d'une balle entre les deux yeux.
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
canel
  21 mai 2013
Une liaison sado-masochiste entre un "prince de la finance et sa putain" (sic). Relation sulfureuse à souhait, puisque les rôles de domination/soumission ne se limitent pas aux jeux sexuels. L'homme est richissime, donc tout-puissant (il manipule les ministres à l'envi), tyrannique, sadique avec tous, sans scrupules, sans tabous. Il jouit d'humilier, mais aussi d'être maltraité lorsqu'il le décide, et de frôler la mort de très près. C'est sa maîtresse qui domine lors de leurs "séances", mais c'est toujours lui qui fixe les règles.
Si le "maître" se révèle aussi répugnant que pitoyable, la jeune femme paraît en revanche attachante et paumée. Son témoignage suscite bien des questions. Amour ou vénalité de sa part ? Besoin de se sentir indispensable à un homme, indubitablement. Sexe ? oui, du tendre (très rarement) au plus dérangeant (principalement). Argent, pouvoir et perversité par-dessus tout... Quid du mari ? lui aussi pervers ? ou lâche et veule ?
Régis Jauffret s'est inspiré pour écrire ce roman de l'affaire "Edouard Stern". Cette fiction est l'occasion pour le lecteur de prendre conscience de son propre voyeurisme. de sa jubilation malsaine à se repaître de sordide et de détails indécents, de son plaisir mesquin à voir un riche/puissant tomber, traîné dans la boue, victime de sa sexualité (cf. DSK).
Malgré le sentiment de malaise qui ne m'a pas quittée, j'ai dévoré ce roman. Ceci notamment grâce à une plume précise qui va à l'essentiel, au fond de la fange, sans exhibitionnisme pour autant.
--- Régis Jauffret, un auteur que j'ai envie de découvrir davantage.
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smiroux
  27 janvier 2012
"Je l'ai rencontré un soir de printemps. Je suis devenue sa maîtresse. Il m'a initiée au maniement des armes. Il m'a fait cadeau d'un revolver. Je l'ai abattu d'une balle entre les deux yeux."
Cette sécheresse, pas un mot de trop, ce ton froid, définitif, m'ont donné envie d'aller voir un peu plus loin.
J'ouvre le livre de Jauffret et je tombe sur le préambule. (J'avoue, j'aime pas tellement les préambules, et autres introductions..., ils m'empêchent de rentrer dans ma lecture aussi vite que je le voudrais.) Bon, je lis le préambule... je cite :
"Je suis romancier, je mens comme un meurtrier. Je ne respecte ni vivants, ni morts, ni leur réputation, ni la morale. Surtout pas la morale. Ecrite par des bourgeois conformistes qui rêvent de médailles et de petits châteaux, la littérature est voyou. Elle avance, elle détruit."
"Je suis brave homme, vous pourriez me confier votre chat, mais l'écriture est une arme dont j'aime à me servir dans la foule. D'ailleurs quand vous lui aurez appris à lire, elle tuera tout aussi bien votre chat."
"Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c'est moi qui l'ait inventée. Si certains s'y reconnaissent, qu'ils se fassent couler un bain. La tête sous l'eau, ils entendront leur coeur battre. Les phrases n'en ont pas. Ils seraient fous ceux qui se croiraient emprisonnés dans un livre."
Et bien, quel programme ! Alors, après ça, je suis allée vérifier, plus avant dans le livre ; voir si Jauffret était un maître de la provocation, si cette annonce n'était qu'un bel effet de manche, si l'arme dont il nous menace n'était qu'un pétard mouillé.
"Sévère", l'histoire d'un meurtre, une femme tue son amant, elle raconte, depuis la cellule où elle est emprisonnée, cette "généalogie" du crime.Elle replace les pièces du puzzle pour nous, ou pour elle ; comment elle est devenue la "secrétaire sexuelle" d'un homme riche, puissant, et malade. Malade de l'argent, de la violence, du pouvoir. Malade dans son rapport aux autres, qui n'existent que pour être achetés, vendus, humiliés, réifiés. Malade enfin dans son rapport à lui-même, à son corps, à ses peurs d'enfant.
Partant d'un fait divers réel : l'assassinat du banquier suisse Stern en 2005, Jauffret met des mots sur l'indicible de cette histoire. le fait divers ne compte pas - il a raison de le dire dans le préambule : "Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c'est moi qui l'ai inventée" -, Jauffret tend à l'universel, l'exemplarité ; comment la société broie les êtres, comment le rouleau compresseur fonctionne si bien sur nous.
"Ne croyez pas que cette histoire est réelle"... L'écrivain ment comme un meurtrier. Il manipule aussi. C'est tout le malaise que l'on ressent à la fin du livre. Qu'a-t-il fait de nous - lecteurs - pendant ces quelques pages ? Il nous a fait voyeurs, haletants jusqu'au dénouement pour quelques détails sordides. Il nous a rendus complices de cette époque de banquiers, de négociateurs, qui transforment les corps en métal.
"Sévère", c'est elle, c'est le système dans lequel nous rampons, grave et austère, qui n'a le droit ni à la chute ni à la faiblesse, et qui pourtant nous y réduit.
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QuelsCaracteres
  11 janvier 2018
Impressions de lecture… J'ai vu le film adapté du roman et c'est ce qui m'a donné envie de le lire. Un long métrage d'Hélène Fillières, intitulé Une Histoire d'amour, avec Laetitia Casta et Benoît Poelvoorde dans les rôles titres. le talent de comédien de Poelvoorde que j'apprécie énormément, la beauté de Laetitia, l'ancrage littéraire et l'aura sulfureuse du fait divers m'avaient attirés. Déception. le film et son esthétique froide, clinique, (sans doute en résonnance avec l'écriture de Jauffret et le tempérament du personnage masculin principal) ne m'ont pas convaincue. Pas assez psychologique, on reste trop en dehors, trop loin des personnages. Pas assez vénéneux. Bref, il a eu au moins le mérite de me faire lire Jauffret. le livre est meilleur, bien meilleur. Sévère est donc un petit roman, à peine un peu plus que 150 pages dans l'édition de poche de Points. Il tire son sujet d'une affaire criminelle retentissante qui a fait la une des journaux en 2005 : à Genève, un jeune et riche banquier, Édouard Stern, est trouvé tué par balle, revêtu d'une combinaison en latex. C'est sa maîtresse, Céline Brossard, qui est l'auteur de ce meurtre et qui sera condamnée. Une relation sadomasochiste, dans laquelle se mêlent argent, pouvoir, amour et paranoïa… de quoi faire un synopsis croustillant. Une expression consacrée par l'usage dit que la réalité dépasse la fiction. En effet, la réalité accouche parfois de monstres et d'horreurs qui ont de quoi fasciner et inspirer les imaginaires.
Dès le préambule l'auteur se justifie, se disculpe, et en appelle aux grands écrivains comme Rabelais, Balzac, Flaubert ou Proust pour dire que son récit, s'il tire sa « substantifique moelle » (et là c'est bien Rabelais que je cite et non Jauffret) d'un véritable crime est bien une oeuvre de fiction et que la fiction a tous les droits (idée que par ailleurs, je partage). Mais cela se contredit, vire au plaidoyer de défense (ce qui n'a pas empêché la famille Stern de porter plainte en demandant le retrait du livre), s'enlise dans les belles images, fait passer l'auteur, pourtant amateur du glauque et de la provocation et qui, il le dit lui-même dans ce préambule, ne respecte pas la morale, pour un timoré. Mais nous voilà prévenu, le livre n'est pas un document, l'histoire est romancée, oubliez les attaches véridiques qui vous ont peut-être poussé à l'acheter… Bref autant entamer tout de suite le roman c'est lui qui devrait donner corps à ce projet littéraire et fictionnel et par là même se charger de le justifier…
La première page annonce la couleur, tant dans l'intrigue que dans l'écriture. En une dizaine de lignes, on apprend le meurtre, dans quelles conditions, que la narratrice est la coupable (tout le roman est à la première personne) et qu'elle prend la fuite. La construction est plutôt convenue et fréquente dans les polars : partir du meurtre et remonter le fil de l'histoire, par le biais de retours en arrière qui viennent s'intercaler dans le récit de la cavale puis de l'arrestation et de l'interrogatoire. le style est sec et nerveux, avec des phrases courtes, efficaces et claires comme des coups de révolver qui claquent dans l'air. Pas de langue de bois, pas de tergiversation. le tout donne un débit un peu précipité, en adéquation avec la cavale de la narratrice. Les phrases plus longues se détachent et déploient tout leur sens. le lecteur reste aux aguets. Régis Jauffret est un styliste. le titre tient en un seul mot, judicieusement choisi qui renferme tout à la fois les notions de contrôle, de soumission et de punition (le Petit Robert donne en premier sens « qui n'admet pas qu'on manque à la règle ; prompt à punir ou à blâmer), le caractère dur et impitoyable et l'idée de gravité.
du convenu, de l'attendu, de la « psychologie » facile il y en a : le triangle amoureux, le mari bon ami avec qui on ne couche pas et auquel on impose de faire chambre à part, la femme vénale, au passé de petite fille abusée et qui a appris la prostitution comme une fatalité réjouissante, le milliardaire radin, paranoïaque et collectionneur d'armes à feu. Bien sûr il y a le saupoudrage sadomasochiste : poignets attachés, pénétration avec trique, fouet, coups, combinaison en latex… On n'a pas besoin de ces ingrédients pour mettre en scène les douleurs, les humiliations et les rapports de forces des relations amoureuses, nombre de grands auteurs nous l'ont prouvé. Car c'est bien d'une histoire d'amour dont il s'agit, c'est ce que Régis Jauffret veut nous montrer. Est-ce là la force du livre ? Peindre l'amour à travers la relation sadomasochiste ? Je n'y crois pas. Pas de quoi rester scotchée. Nous livrer un portrait de femme complexe ? Betty, qui veut se croire aimée parce qu'elle se donne un prix, parce qu'elle vaut un million arraché à son amant, l'argent, mais derrière il y a toujours autre chose… qui a des rêves de midinette « un jour il ne pourrait faire autrement que m'épouser » (p.31), car tout ce qu'elle veut, désespérément, violement, c'est être désirée « il était le seul homme à m'avoir à ce point voulue » (p.81). Oui, cette perspective est intéressante et d'autant plus que se dessine en creux la personnalité de cet homme qui n'est pas nommé, lui, son amant, son bourreau, son esclave. C'est ce qui m'a intéressée. Régis Jauffret met en scène l'autodestruction jusqu'à son expression la plus aboutie : le suicide par personne interposée. Il nous montre comment cet homme puissant, qui se sent menacé et sans doute terrifié par l'idée d'être assassiné, un homme lâche que l'humiliation d'avoir été réformé a traumatisé, fait de cette femme son bras armé. L'a-t-il formée, manipulée pour qu'elle le tue ? Consciemment, inconsciemment ? « Je l'avais préservé du martyre. […] J'ai peut-être préféré le tuer pendant l'amour pour lui épargné d'être assassiné dans la haine au fond d'une cave » (p.108-109). Mais le thème n'a pas été exploré jusqu'au bout selon moi… difficile en donnant la parole à un seul des personnages et sans trahir ce postulat.
Régis Jauffret échoue, sans doute de peu, à signer un roman magistral, n'est pas Truman Capote qui veut. La brièveté et l'aridité de sa verve en sont peut-être la cause, sa sévérité… Car en réfléchissant bien, je trouve surtout qu'il ne s'éloigne pas assez des clichés et des sentiers battus… où est-elle la transgression promise ? timoré, comme je le disais… je l'ai sentie dès le préambule.

Lien : http://quelscaracteres.eklab..
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KRISS45
  24 septembre 2015
Livre que j'ai choisi parce qu'il est dans ma liste "faits divers". Je confesse qu'il y a du voyeurisme dans cette lecture.
Tiré d'une récente affaire criminelle, "Sévère" est l'histoire d'un couple qui entretient une relation à haut risque. Entre le riche banquier pervers, dominateur, psychiquement torturé et sa maîtresse en titre, courtisane vénale, servile qui s'est habituée au luxe et tombe dans le piège des grands sentiments (c'est du moins ce que l'auteur laisse entendre) le périlleux parcours finira mal.
On peut trouver l'histoire malsaine mais c'est bien le cas de tous les polars.
Sauf qu'ici, la base est authentique.
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Seraphita
  26 novembre 2010
Une prostituée de luxe mariée entretient une liaison avec un amant fortuné. Celui-ci l'initie aux relations sado-masochistes et au maniement des armes. Jusqu'au jour où elle commet un geste irréparable…
C'est le premier livre de Régis Jauffret que je découvrais avec « Sévère ». Je suis plutôt déçue par cette oeuvre que je trouve assez malsaine. Dans un préambule complexe, à relire plusieurs fois, l'auteur montre que la fiction « éclaire comme une torche », d'un côté, mais sait mentir, d'un autre : « personne n'est jamais mort dans un roman. Car personne n'existe dedans. Les personnages sont des poupées remplies de mots, d'espaces, de virgules, à la peau de syntaxe. La mort les traverse de part en part, comme de l'air » (p. 9). Régis Jauffret a voulu s'enfoncer dans un crime, le décrire, à travers la voix d'une narratrice paumée, l'analyser, le comprendre au mieux, … le justifier ?
Les va-et-vient chronologiques et entre personnages sont plutôt complexes. de qui parle l'auteur ? du mari ? de l'amant ? Quand se situe la réflexion de la narratrice ? Avant ou après le crime ? On s'y perd un peu.
Le ton de l'oeuvre me semble malsain : il y est question de sexe de manière très crue, de prostitution, de perversité à travers deux personnages déséquilibrés qui entretiennent des rapports sado-masochistes menant la narratrice au crime. le propos peut choquer.
En analysant les tenants et aboutissants de ce crime, l'auteur a-t-il voulu le justifier, en témoignerait la fin ? Je trouve qu'il est un peu facile de se dédouaner dans un préambule des mots qu'on écrit, qu'on présente comme une fiction et qui seraient donc anodins, sans conséquence sur le lecteur. L'auteur conclut en effet son préambule par ces mots : « Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c'est moi qui l'ai inventée. Si certains s'y reconnaissaient, qu'ils se fassent couler un bain. La tête sous l'eau, ils entendront leur coeur battre. Les phrases n'en ont pas. Ils seraient fous ceux qui se croiraient emprisonnés dans un livre » (p. 9).
Un livre qui explore les bas-fonds de la sexualité humaine, choquant et plutôt malsain.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
djdri25djdri25   25 août 2012
Je l'ai rencontré un soir de printemps. Je suis devenue sa maîtresse.Je lui ai offert la combinaison en latex qu'il portait le jour de sa mort.Je lui ai servi de secrétaire sexuelle. Il m'a initiée au maniement des armes.Il m'a fait cadeau d'un revolver. Je lui ai extorqué un million de dollars. Il me l'a repris.Je l'ai abattu d'une balle entre les deux yeux. Il est tombé de la chaise où je l'avais attaché. Il respirait encore. Je l'ai achevé. Je suis allée prendre une douche. J'ai ramassé les douilles. Je les ai mises dans mon sac avec le revolver. J'ai claqué la porte de l'appartement...
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canelcanel   20 mai 2013
J'ai été proche des hommes riches, ils me rassuraient. L'argent sent bon, ces types dégagent un parfum de banque d'affaires, de marbre rose, de tableaux de maître, de salons vastes comme un parvis, de lits frais dont chaque jour le personnel change les draps, de piscine chaude, fumante, surplombant la ville dans l'air glacé de décembre. Et les senteurs de kérosène dont on perçoit furtivement les effluves quand le jet s'arrache au tarmac, du cuir des berlines, et des dressings spacieux comme des boutiques, aux étagères chargées de cachemire, aux costumes de flanelle dans leur housse, aux chaussures italiennes bâties autour des répliques en plâtre de leurs pieds afin de ne pas les épuiser en séances d'essayage. Une odeur plus irrésistible encore que celle des phéromones qui précipitent de parfaits inconnus dans les bras l'un de l'autre.
(p. 20)
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art-bsurdeart-bsurde   04 août 2013
J'ai commencé à pleurer. Les larmes jouaient un rôle important dans sa vie. Celles qu'il versait lui faisaient retrouver ce fantasme d'enfant maltraité par sa mère. Une excitation étrange, au-delà du désir de souffrance, de domination. Quand il basculait dans ce gouffre, il ne recherchait même plus de contact sexuel. Son sexe se rétractait, comme si il cherchait lui aussi à remonter jusqu'au début des années 1960 quand sa mère le douchait à l'eau froide dans la vielle baignoire peinte de l’hôtel particulier de Neuilly. Un rêve dont il jouissait infiniment quand il était éveillé. Un cauchemar qui le réveillait la nuit.
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canelcanel   19 mai 2013
Il ne s'excusait pas pour sa sauvagerie de la nuit. Je n'aurais pas compris qu'il s'excuse. J'aimais être sa proie, et qu'il vienne la prendre par surprise au fond de son terrier.
(p. 80-81)
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SeraphitaSeraphita   26 novembre 2010
Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c’est moi qui l’ai inventée. Si certains s’y reconnaissaient, qu’ils se fassent couler un bain. La tête sous l’eau, ils entendront leur cœur battre. Les phrases n’en ont pas. Ils seraient fous ceux qui se croiraient emprisonnés dans un livre.
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Toutes les vies à la fois. Onze ans après son célèbre « Je est tout le monde et n?importe qui » dans « Microfictions », Régis Jauffret renouvelle l'expérience avec : « Microfictions 2018 », publié aux éditions Gallimard. 500 récits grinçants et drôles sur notre époque et ses désillusions. Une plongée vertigineuse dans ces vies ordinaires à travers l?immense savoir-faire de l?écrivain.
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