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ISBN : 2915793646
Éditeur : Les Moutons Electriques (05/03/2009)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 626 notes)
Résumé :
Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : "Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier."
Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sév... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (133) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
14 juin 2013
Il s'agit du premier roman de l'auteur, coup de maître pour le moins, mettant en scène un personnage déjà existant dans son oeuvre : Benvenuto Gesufal, vu dans la nouvelle "mauvaise donne" tirée de Janua vera.
Il a obtenu le prix "imaginales" (destiné à récompenser chaque année les meilleures oeuvres relevant de la fantasy) en 2009, catégorie roman français.
Nous sommes dans un monde, bien sûr imaginaire, mais qui s'appuie fortement, sur la période de la renaissance italienne (fin 14ième début 16ième), mâtinée pour le côté politique de la République romaine. Les armes à feu sont totalement absentes, la monnaie est le florin (monnaie internationale à l'époque) et on pense immédiatement à Venise pour caractériser la République de Ciudalia. Pour Fantasier le tout, on aura quelques elfes et un peu de magie, mais le tout s'intégrant si facilement, qu'on aurai pu au final s'en passer.
Benvenuto Gesufal est un assassin émérite de la guilde de chuchoteurs et maitre espion de son excellence le Podestat de la République : Leonide Ducatore. Au cours du roman, il va être balloté dans des galères maritimes, guerrières, diplomatiques, carcérales, politiques et aventures de tous crins.
Une chose est sûre, c'est qu'avec don Benvenuto, malgré les presque 1000 pages du livre, on ne s'ennuie pas. Dès la première bataille, on prend la dimension du personnage. Un être noir, mais droit, doté d'une gouaille, d'une verve qui par ses phrases et ses bon mots, qui réussissent l'exploit d'être à la fois alambiqués et bien tournés, nous font prendre conscience de l'intelligence retorse du personnage. Et que dire alors de son maître...
On aurait tendance à penser, en lisant le quatrième de couv, voire les critiques d'autres internautes, que le roman est très cérébral. Détrompez-vous. Oui c'est bien écrit, oui on nage dans les coups tordus, dans la politique, la rouerie retorse et désabusée, mais on fait aussi la part belle à l'action, l'aventure, la baston et les courses poursuites, le tout avec beaucoup d'humour. Noir l'humour bien sûr.
C'est cruel, sale, réaliste, crédible, drôle, machiavélique. C'est fort. Très fort.
A lire absolument.
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Gwen21
04 novembre 2014
Attention, mesdames et messieurs, nous avons affaire ici à du lourd, à du très lourd, et pas seulement à cause du poids de ce pavé de 980 pages, mais surtout en raison de toutes les qualités du récit qu'il contient.
Bon, d'abord, sans plus attendre, les remerciements élémentaires à fnitter ; ça, c'est fait.
S'ensuivent les deux reproches de taille que je peux faire mais qui sont insuffisants à dégrader la note finale : les longueurs et la forme narrative. L'auteur réussit presque l'exploit de rendre agréables les longueurs qui caractérisent certains chapitres mais elles n'en restent pas moins des longueurs. Je reconnais que sans elles, le récit n'aurait certainement pas au final une telle saveur mais quand même... Et puis, la forme narrative ne tient pas selon moi. Tout au long du récit, l'auteur nous explique que le narrateur retranscrit son histoire sur parchemin - ce que déjà j'ai du mal à croire étant donné le contexte - mais ce positionnement est complètement compromis par le dénouement sibyllin du roman. Ou alors, j'ai raté un truc, sur 980 pages, c'est possible, vous m'en excuserez.
Bien, à présent que je me suis débarrassée sans beaucoup de diplomatie des points négatifs, passons aux points positifs que je résumerai pour faire simple en 980 points - un hommage, en quelque sorte...
Non, ne fuyez pas, c'était une blague, je serai bien plus synthétique !
Nous sommes donc plongés dans une aventure incroyable vécue du côté des méchants (et oui, ça change !) où se mêlent en un inextricable chaos parfaitement orchestré la politique, l'économie, les arts, l'espionnage, les luttes intestines, les luttes de pouvoir, les moeurs, la magie, l'action, les complots, les elfes, etc, etc. le tout, dans un monde correspondant peu ou prou à notre bonne vieille Europe et à notre chère Mare Nostrum (enfin, c'est ainsi que je l'ai perçu), un monde dominé par une jumelle de notre Venise, Ciudalia, tout aussi décadente et pourrie jusqu'à la moelle, et où de faux sénateurs se rêvent en despotes pas éclairés du tout et manipulent des hommes de main pour parvenir à leurs fins. Parmi ces salauds sans scrupules qui savent cacher des dagues jusque dans leur slip se trouve notre narrateur, don Benvenuto, un type au cuir plutôt résistant et aux ressources infinies. Un type qui m'a soufflée dès le premier chapitre, m'a présenté son univers, m'a parfois un peu perdue dans ses réflexions et ses analyses géo-politiques mais m'a définitivement emmenée avec lui au bout de son périple.
Je pense qu'on pourrait parler très longtemps de ce roman, de la superbe plume de son auteur et de la richesse de son vocabulaire mais le mieux est encore de le découvrir ; "Gagner la guerre", ça ne s'explique pas, ça se vit. Et nul doute qu'on parlera de ce roman pendant encore très longtemps.

Challenge PAVES 2014 - 2015
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Marple
14 février 2015
L'enfoiré...
C'est la dernière phrase du livre et ce sera la première de ma critique. Enfoiré de Jaworski qui réussit à écrire un chef d'oeuvre autour des manigances politiques, guerrières et magiques d'un monde imaginaire ! Enfoiré de Benvenuto Gesufal, aussi, son héros, homme de main, brute, assassin, truand, pas fichu de s'exprimer correctement, et pourtant si attachant par son courage, son ironie et son histoire !
C'est bien simple, 'Gagner la guerre' est un livre formidable. Dès la fin du premier chapitre où se dévoile la personnalité ambigüe et flamboyante de Benvenuto, j'ai été accrochée et n'ai plus pu le lâcher. Pourquoi ? Certainement d'abord à cause du style, plein d'argot, de gouaille et de formules qui tuent, mais aussi des apartés moqueurs que Benvenuto adresse à ses lecteurs.
Chronologiquement, c'est ensuite Ciudalia qui m'a séduite, cet univers très cohérent, entre Antiquité Romaine et Renaissance Italienne, où règnent des podestats et des patrices et où sévissent des mages, des janissaires et des chuchoteurs... Habituellement peu amatrice de fantasy, j'ai aimé ici le souci du détail qui va jusqu'à la description des maisons et la création d'une géographie onirique, mais aussi la ressemblance avec les manipulations, jeux de dupes et de pouvoir de chez nous...
Car il est beaucoup question de manigances et de politique à Ciudalia, officiellement une république, officieusement le rêve d'empire de toutes les vieilles familles qui complotent, trichent, organisent, menacent, pillent, bluffent, tuent, achètent et trahissent tour à tour. C'est comme ça que Benvenuto gagne sa vie, dans l'ombre du puissant Ducatore... C'est comme ça également qu'il a affûté son couteau et son esprit critique, qui font tout l'intérêt de son récit.
Merci donc à Fnitter pour l'excellent conseil de lecture.
Challenge Variétés et challenge Pavés
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TheWind
03 août 2016
Quel livre, mes amis, quel livre !
Je suis rentrée dans ce pavé par la petite porte, un peu craintive, mais je m'y suis sentie tellement bien que j'ai installé mes pénates dans un petit coin de Ciudalia et maintenant que j'ai fini d'écouter Benvenuto me raconter son histoire, je n'ai plus du tout envie de quitter les lieux.
Il m'a quasiment ensorcelée...l'enfoiré !
D'ailleurs, ce livre me va tellement comme un gant que je me suis même demandée s'il n'avait pas été écrit rien que pour moi ! Un peu présomptueux, non ? Un rapide regard aux autres critiques a eu tôt fait de chasser cette idée de mon esprit...
Tout me plaît dans ce roman, absolument tout ! Il n'y a rien à jeter.
Le style de la narration,la description des lieux, la cadence soutenue de l'action, les personnages...et bien sûr notre serviteur: don Benvenuto Gesufal !
Ce héros -enfin quand je dis héros, je me comprends- est tout bonnement passionnant !
Homme de l'ombre, spadassin, membre de la Guilde des Chuchoteurs, il est aussi homme de main du Podestat de la République, Leonide Ducatore. Pour faire court, son métier c'est d 'éliminer les gêneurs. Il tue promptement, sans aucune pitié, sans une once de remords. Une vraie brute, quoi ! Quand on y regarde de plus près, c'est une réelle torture de s'attacher à un individu de cette envergure. Parce que lui, il ne se gênera pas pour vous balancer toutes les saloperies qui lui passent par la tête pour vous détourner de son chemin, voire vous placer délicatement sa dague entre les omoplates.
Et pourtant, sa gouaille, son humour caustique, son intelligence, son talent, sa bravoure et sa ténacité font de ce sombre soudard un personnage captivant !
Une fois ferrée -et croyez-moi dès la fin du premier chapitre on mord à l'hameçon – j'ai suivi cette crapule dans toutes les ruelles sombres de Ciudalia, assisté à tous les coups bas, à tous les traquenards, participé à toutes les batailles. Mais, n'allez pas croire que Gagner la guerre n'est qu'un roman de castagne. le canevas de cette histoire, c'est surtout un entrelacs de complots politiques dans un Royaume imaginaire s'apparentant à la Rome Antique et dont le décor s'inspire largement de la Renaissance italienne. On y trouve aussi pour agrémenter le tout, un peu de magie avec des sorciers et même des elfes. D'ailleurs, ce côté « fantastique » pourrait paraître un peu saugrenu dans le contexte de l'histoire mais bien au contraire, il s'y intègre naturellement.
Voilà, Gagner la guerre fut une lecture époustouflante. Je l'ai lu rapidement, trop rapidement sans doute. Un peu comme on lit une BD pour la première fois.
Et comme pour une BD, je n'ai qu'une envie maintenant que je connais l'histoire, y revenir pour me délecter de chaque passage, pour découvrir les petites perles qui ornent le récit insidieusement, les jeux de mots sur les noms des personnages et des lieux, les insinuations qu'on ne saisit pas au premier abord, tout simplement parce qu'on ne connaît pas encore ce qui va suivre.
Mais, avant de revenir à Gagner la guerre, je vais sans doute fouiller du côté des autres livres de Jaworski. Je ne connaissais pas cet auteur avant cela. Il m'a tout simplement bluffée. Je ne vais pas le lâcher de sitôt !

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Sachenka
20 juillet 2015
Quelle aventure extraordinaire que celle de Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski. J'ai dévoré le roman en moins d'une semaine, et ce malgré ses presque mille pages. Après l'éclatante victoire navale de la République de Ciudalia contre Ressine, au cap Scibylos, le Podestat (genre de premier consul) Leonide Ducatore a envoyé le navire du héros Bucefale Mastiggia pour annoncer la fin de la guerre à ses concitoyens. C'est le début des aventures du maitre espion et assassin Benvenuto Gesufal, qui se trouve sur ce navire. Rien n'est à son épreuve et on le découvre assez vite car l'action vient le trouver dès les premiers chapitres. En effet, si la guerre contre l'ennemi vient de se terminer, celle contre les amis commence à peine… chacun veut sa part du butin et du triomphe. En tant que lecteur, on ne s'ennuie jamais.
L'univers de Gagner la guerre ressemble vaguement à celui De La Renaissance italienne. En tous cas, les noms des personnages et des lieux en tirent leur origine. La puissance navale de la république fait penser à la Sérénissime Venise, qui régna sur les mers pendant plusieurs siècles. Pareillement avec les mécènes et plusieurs artistes et banquiers qu'on y retrouve. Les manigances et les complots ourdis par les grandes maisons nobles peuvent s'appliquer à cette période historique mais ils font également penser aux dernières heures de la République romaine au temps de Jules César et des Triumvirats. Au-delà des frontières de la République, on retrouve d'autres contrées dont Llewynedd et Kaellsbruck (vaguement celtiques) et la principauté du Sacre (germanique, peut-être l'Ordre teutonique ?), sans oublier le grand ennemi Ressine (plus difficile à cerner, les Ottomans ou les Perses ?).
L'élément fantastique est représenté un peu par les elfes, qu'on retrouve au milieu de l'histoire. C'est surtout Sassanos et Lusinga, qu'on pourrait dire magicien et sorcière, même s'ils ne sont jamais désignés comme tel. Dans tous les cas, la carte fantastique est jouée avec beaucoup de modération et le roman pourrait presque s'en passer.
Donc, Gagner la guerre est presque un roman historique. Quiconque aime la politique et les luttes pour le pouvoir sera comblé. Toutes ces intrigues, ces effusions d'amitié entre des personnages qu'on sait qu'ils se détestent et désirent mutuellement leur mort. Toutes ces palabres au Sénat, ces discussions sans fin, ces accusations lancées. Sanguinella appuie ouvertement les Mastiagga alors qu'il aide secrètement les Ducatore. Schernittore désire marier son fils avec la fille du Podestat mais complote dans son dos. Tous ces échanges secrets à la lueur des chandelles. En tant que lecteur, il ne faut pas manquer une ligne de texte (une parole glissée négligemment, un sourire défait, un coup d'oeil scrutateur) dans l'espoir de déceler un indice qui permettrait de lever le voile sur les intentions de chacun. Et malgré une telle vigilance, Jaworski réussit à nous surprendre.
Mais attention, Gagner la guerre est aussi un roman d'aventures, de capes et d'épées. Bataille navale et abordage dès les premiers chapitres. Emprisonnement et torture. Retour triomphal. Assassinats. Quelques rixes dans les auberges. Arrestation et fuites spectaculaires. Brigandage sur les routes. Sac du palais ennemi dans une scène finale des plus spectaculaires. Sans oublier une ou deux affaires de coeur… le lecteur passe donc par presque toute la gamme des émotions en suivant les péripéties de Benvenuto Gesufal.
Et que dire du style de Jaworski ? Malgré l'épaisseur du bouquin, pas un mot ne semble de trop. La narration est parfaite, le rythme également. le vocabulaire, quant à lui, est toujours approprié. On sent la voix de chacun des personnages dans les dialogues, leur niveau de langue adapté selon qu'il s'agit d'un barbare au vocabulaire limité, d'un soldat utilisant un argot particulier, d'un artiste au langage coloré ou d'un sénateur à la langue de bois. Quant aux descriptions, elles permettaient réellement de visualiser l'univers. J'avais l'impression d'être aux côtés de Benvenuto, sur les galères, dans les geôles ressiniennes, dans les palais de marbre des sénateurs, dans le quartier populaire de Purpurazza où se trouve l'atelier du peintre le Macromuopo.
Je recommande fortement Gagner la guerre. de mon côté, j'essaierai de mettre la main le plus rapidement possible sur d'autres romans de Jean-Philippe Jaworski.
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Citations & extraits (193) Voir plus Ajouter une citation
ArakasiArakasi07 mars 2013
Je suis allergique aux enterrements. Ça peut sembler bizarre, compte rendu de mon fonds de commerce, mais c'est ainsi. J'ai mes raisons. Tuer et inhumer, c'est deux activités très différentes. Buter un quidam, pour un affranchi, c'est gratifiant. Ça demande un minimum de coeur au ventre, c'est un peu sale, c'est rapide, c'est payant : bref, c'est une réelle expérience humaine, directe et sans complications. Enterrer le même quidam, par contre, quelle corvée ! C'est codifié, grégaire, faux cul, interminable. Ça sublime les vicissitudes du banquet de mariage, en noir et sans le pince-fesse. La douleur sincère de quelques naïfs copule d'obscène manière avec les larmes obligées du plus grand nombre.

[…] On se rince l'oeil avec une compassion féroce, on ne perd pas une miette de la douleur des proches, surtout quand il s'agit de l'épouse trahie ou des enfants d'un lit douteux. Avec quelle avidité ce public aigri et incontinent épie les défaillances, guette les indices de discorde, flaire l'indifférence derrière les masques stoïques ! C'est quand même bien meilleur si on peut se scandaliser de l'immoralité des héritiers ! Quand au défunt, rassurez-vous, on n'oublie pas d'honorer sa mémoire. Après tout, on est d'abord venu pour lui : on ne va pas le louper. On le plaint, le pauvre homme ; avec force litotes et circonlocutions délicates, on colporte les plus sales rumeurs à propos de la maladie et de ses indignités, on répand les bruits les plus horribles sur le coupe-gorge et les blessures fatales. Avec des trémolos contenus, on rappelle l'âge du disparu, on échange des banalités affligées - il est mieux là où il est, ma bonne dame, et c'est toujours les meilleurs qui s'en vont les premiers. Mais dans le secret calcifié de l'âme, on savoir la joie mesquine de lui avoir survécu. Un de moins ; mais moi, j'y suis toujours !
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WalktapusWalktapus31 décembre 2009
Dans le milieu de la grande truanderie, Rosso Dagarella était ce qu'on appelle un lézard. Le lézard est un expert de la poudre aux yeux, de l'infiltration, de l'imposture. C'est un spécialiste de la mue, un champion de l'incognito, un virtuose du ni vu ni connu. Qu'on n'aille pas imaginer je ne sais quel cabotin qui aime se déguiser comme un pitre de carnaval : le lézard serait plutôt tout le contraire. Ce jour-là, Rosso Dagarella portait un vêtement assez commun, mais de bonne coupe, qui aurait pu habiller un bourgeois modeste ou un maître artisan. Tout son art tenait dans son sens du mimétisme : un lézard ne se cache pas, ne se masque pas, ne se livre pas à un stupide jeu d'acteur. Il sait juste adopter avec naturel les attitudes et les comportements de l'humanité ordinaire ; il se contente d'emprunter tous les gestes, tous les accents, toutes les allures, sans jamais appuyer ou surjouer. Il adhère simplement à la normalité des pigeons qu'il veut plumer et des limiers qu'il veut semer. La meilleure planque d'un lézard, c'est la cohue des marchés, c'est la ferveur des processions, c'est le tourbillon frôleur des bals. Il est toujours juste là où on ne le cherche pas, un peu à côté, presque sous vos yeux. Qu'il ait un cave à lessiver ou un ennemi à éviter, il le colle généralement de si près qu'il demeure inaperçu. Il rôde aux lisières de son entourage : dans la domesticité des amis du client, dans les buveurs qui trinquent avec ses hommes de main, dans les messagers qui portent son courrier. Il s'expose avec une insolence si tranquille qu'il reste toujours couvert.
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Gwen21Gwen2126 octobre 2014
Le jeu est une pente : on commence à la descendre tranquillement, avec plaisir, avec l'illusion de la maîtrise, et puis à mesure qu'on avance, on prend de l'élan, la promenade devient course, cavalcade, dégringolade. Une partie suit l'autre, qui appelle la suivante, qui nécessite une revanche, ce qui impose la belle, qui vous laisse un goût d'inachevé, ce qui fait qu'on relance d'une, de deux, de trois, et quand tout l'argent est d'un côté de la table, alors là plus question de lâcher, c'est à ce moment que le jeu commence vraiment, que les choses prennent toute leur saveur [...].
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TheWindTheWind28 juillet 2016
Bien sûr, je vois déjà mon aimable lecteur en train de ricaner sur mon compte, en se disant que pour un type taciturne, le Benvenuto a un sacré crachoir. Eh bien j'ai le regret de dire à mon aimable lecteur qu'il se fourre une phalange ou deux dans l’œil, en plus de risquer des ennuis s'il me croise au coin d'une rue. Je suis tout ce qu'on voudra, beau parleur, phraseur, cabotin, et même un peu éloquent si je m'oublie, oui madame, mais je ne suis pas bavard. Pas du tout. Le bavard est un imbécile qui parle sans réfléchir. Le bavard est un incontinent qui ne garde rien. C'est un panier percé qui ne se rend pas compte de la valeur de la parole.
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fnitterfnitter16 juin 2013
Je suis allergique aux enterrements. Ça peut sembler bizarre, compte tenu de mon fonds de commerce, mais c'est ainsi. J'ai mes raisons. Tuer et inhumer, c'est deux activités très différentes. Buter un quidam, pour un affranchi, c'est gratifiant. Ça demande un minimum de cœur au ventre, ça nécessite un vrais sens du contact, c'est un peu sale, c'est rapide, c'est payant : bref c'est une réelle expérience humaine, directe et sans complications. Enterrer le même quidam, par contre, quelle corvée ! C'est codifié, grégaire, faux cul, interminable. Ça sublime toutes les vicissitudes du banquet de mariage, en noir et sans le pince-fesse. La douleur sincère de quelques naïfs copule d'obscène avec les larmes obligées du plus grand nombre.
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Extrait de la conférence "Indémodables héros... de la fantasy épique !" avec Paul Beorn, Jean-Philippe Jaworski, Pierre Pevel et Adrien Tomas.
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