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EAN : 9782361831004
297 pages
Éditeur : Les Moutons Electriques (23/08/2013)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 495 notes)
Résumé :
Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s’agit de rois de tribus rivales… Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.

Là-dessus, le temps a suivi son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (119) Voir plus Ajouter une critique
CasusBelli
  26 avril 2020
Nul besoin de motivation à l'idée de lire Jaworski, ce titre, cela faisait un petit moment qu'il me tentait, et quel titre !
"Même pas mort !", admettez que c'est plutôt intrigant, c'est un cran au-dessus de "même pas mal" tout de même, alors à quoi s'attendre ?
C'est un récit qui commence avec l'histoire d'un jeune homme, Bellovèse, fils de Sacrovèse, dont on ne sait au départ pas grand-chose si ce n'est qu'il se dirige vers l'île des vieilles pour conjurer un sort en compagnie d'Albios le barde et de Sumarios, héros et protecteur du jeune homme.
C'est là que le titre prend toute sa signification, car transpercé à mort lors d'un combat, il aurait dû mourir au vu de ses blessures mais le destin en décide autrement. Ses compagnons d'armes s'attendent à le voir quitter le monde des vivants mais quand il se rendent compte que Bellovèse ne mourra pas, ils le regardent avec crainte et méfiance, car il est désormais un être qui vit entre deux mondes et se retrouve frappé d'interdit par décision des druides.
Dans une Gaule sensible aux superstitions et aux oracles, seule une rencontre avec les vieilles peut résoudre le problème et lever la malédiction, c'est le départ d'un récit d'une grande force qui va mêler réalité, rêves et légendes et nous transporter dans une autre dimension.
C'est parfois déroutant, le fantastique est omniprésent et se confond souvent avec la réalité. Ce que j'ai trouvé pour ma part fabuleux c'est cette construction narrative, j'ai été aspiré petit à petit dans la trame tissée par l'auteur, imaginez les cercles concentriques qu'une pierre jetée à l'eau va générer, chaque cercle représentant un élément de l'histoire qui se dévoile pour raconter qui est Bellovèse, quelle est sa famille, et quel est son destin à lui, fils aîné d'un roi mort et spolié de son héritage.
La dernière partie du récit est à "couper le souffle" avec une montée en puissance d'une grande intensité et des révélations que l'on a attendu impatiemment.
Ce n'est pourtant qu'une introduction, car comme l'indique la dernière phrase, "C'est loin d'être fini. En fait cela vient de commencer", inutile de vous dire que je vais attaquer la suite très vite, c'est à dire là tout de suite :)
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boudicca
  22 juillet 2013
Après un recueil de nouvelles (« Janua vera ») et un premier roman (« Gagner la guerre ») d'une qualité remarquable et unanimement salués aussi bien par la critique que les lecteurs, voilà que Jean-Philippe Jaworski nous revient enfin avec une trilogie de fantasy historique intitulée « Rois du monde ». L'auteur quitte cette fois l'univers du Haut-Royaume pour se consacrer aux peuples celtes peuplant la Gaule antique que l'on découvre à travers l'histoire de Bellovèse, fils de roi dépossédé de son héritage et exilé en compagnie de son frère et de sa mère par son oncle, désormais haut-roi. A travers le récit à la première personne du jeune homme, J.-P. Jaworski brosse le portrait d'une civilisation celtique cohérente et intrigante, résultat de longues et minutieuses recherches sur cette fascinante société dont il est brillamment parvenu à retranscrire la beauté et la complexité. Comme souvent dès qu'il est question des Celtes, la magie vient pointer le bout de son nez, aussi tient-elle évidemment une place de choix dans l'oeuvre de l'auteur, de toute évidence friand de mythologie. Certaines scènes mettant en scène des divinités ou des créatures fantastiques inquiétantes et emplies de mystères valent notamment particulièrement le détour et ne vont pas sans troubler le lecteur, qu'il s'agisse de l'excursion de Bellovèse sur l'île des Vieilles ou encore de sa rencontre avec les terribles créatures hantant les forêts bordant sa demeure.
On peut également saluer le travail réalisé sur le temps de la narration, différentes époques se mêlant et s'entremêlant les unes aux autres au fil du récit. L'auteur n'hésite en effet pas à passer d'un paragraphe ou d'un chapitre à l'autre de l'enfance de Bellovèse à l'automne de sa vie ou bien à certains épisodes intermédiaires, tissant ainsi une trame complexe sans pourtant jamais embrouiller ou perdre le lecteur qui ne peut qu'admirer sa remarquable maîtrise. le talent de l'auteur se manifeste également à travers la beauté de sa plume, déjà à l'origine de nombreux éloges dans « Gagner la guerre », et qui sait encore une fois se faire tour à tour subtile ou incisive, et toujours très évocatrice. Malgré ses nombreuses et indéniables qualités, il faut toutefois préciser que « Même pas mort » reste avant tout un tome d'introduction. le narrateur se concentre ainsi essentiellement sur la genèse de son histoire, à savoir son enfance ainsi que les circonstances entourant la défaite de son père et les manigances de son oncle, des épisodes certes importants et intéressants mais qui traînent parfois légèrement en longueur et qui peuvent entraîner chez le lecteur une certaine frustration. « C'est loin d'être fini, en fait cela vient de commencer ». Ces derniers mots qui clôturent le premier volume sont en ce sens particulièrement révélateurs.
Malgré ce léger détail, « Même pas mort » n'en reste pas moins un excellent roman, captivant et rempli de cette poésie dont seul J.-P. Jaworski a le secret. L'été 2014, date à laquelle devrait normalement paraître le deuxième volume, me semble bien loin...
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Dixie39
  20 mai 2015
«  Même pas mort » ! Dans la bouche d'un Bellovèse, c'est toute la hargne et le défi lancé avec moult morgue à la tête de tous ceux qui n'attendaient que cela !
Dans celle d'un Ambigat qui l'enterrait déjà, c'est la rage, la haine et la colère face à l'invraisemblance de cette survivance dont les dieux ne peuvent être innocents !
L'épopée à laquelle nous convie Jean-Philippe Jaworski est celle de Bellovèse, fils du roi Sacrovèse, dépossédé de l'héritage du trône qui lui revenait de droit par son oncle, Ambigat. C'est au cours d'une célèbre bataille, dont l'issue fut fatale pour Sacrovèse, qu'Ambigat a pris le pouvoir en laissant les fils et la femme de celui-ci, dans une vie, si ce n'est de misère, tout au moins sans aucune mesure avec celle sensée être réservée aux personnes de sang royal. Ces jeunes neveux grandissant, Ambigat les envoie à la guerre pour s'en débarrasser vite et bien. Seulement c'était compter sans le bon vouloir du destin, qui refuse à Bellovèse, blessé à l'agonie, l'entrée du monde des morts.
Tout cela, nous l'apprenons de la bouche de Bellovèse, qui, craignant qu'il ne reste plus rien des aventures de sa vie, une fois la mort venue, entreprend d'en faire le récit à un aventurier, marchand de son métier, qu'il reçoit pour quelques nuits, durant lesquelles va se dévider le fil de sa mémoire...
En effet, comment celui qui a survécu d'entre les morts, est revenu de l'île des vieilles, pourrait-il accepter de tomber dans l'oubli ? Car c'est sans doute cela, qui va sceller le destin de Bellovèse, comme une renaissance, pas forcément de bonne augure, car qu'est-il celui qui porte en lui une part du royaume des morts ? Crainte et défiance plus que confiance et respect.
Ouvrir les « Rois du monde », c'est ouvrir grand les portes du monde Celte, de ses croyances, de ses mythes et de ses codes où l'offense et le déshonneur sont pires que la mort...
Jean-Philippe Jaworski nous embarque avec lui comme un colporteur de mots et d'histoires qui nous prend par la main sur ces champs de bataille, sur les sentiers de ces forêts oniriques où rêve et réalité ne font qu'un, où tout imprévu est un signe des dieux, toute vision incertaine une prémonition qui doivent être suivis et réalisés. Si vous avez déjà été happé par la faconde et le charme d'éloquence d'un conteur, lui au centre, vous accroché à sa voix, les oreilles et les sens en émoi, vous serez conquis par « Même pas mort » et son auteur.
Que dire de plus qui a déjà été dit : la beauté du style de cet écrivain, son érudition qu'il sait nous faire partager sans être pédant (c'est une qualité qui tend tellement à se faire rare que cela serait dommage de ne pas le noter) et cette facilité qu'il a à nous faire accepter sans broncher cette prose truffée de mots de vocabulaire propre à cette époque (en matière d'armement, d'habillement, ...) qui coule et fanfaronne comme une évidence. Je ne vous cache pas que j'ai sorti le dictionnaire et me suis constituée un petit lexique : J'aime les mots et leurs sens, j'en ai découvert ici plus d'un, noms propres ou mots communs, aux sonorités qui donnent un charme fou au récit et façonnent d'autant mieux cet univers de mythes et de légendes qui s'ouvre à nous.
Seul petit bémol, l'auteur a bien failli me perdre un moment : Vers les trois quart du livre, j'ai senti les prémisses d'une lassitude, tout juste reprise à temps par une accélération du récit qui vous revient en pleine face comme un boomerang dont la course nous paraît lente, perdu à l'horizon, mais qui, au final, nous surprend par un retour à l'envoyeur, net et précis !
Quand le rythme de la lecture correspond au rythme du récit, c'est pour moi le signe des grands conteurs ; Alliez à cela un style impeccable et une imagination féconde vous obtenez du grand Jaworski !
D'ailleurs, « C'est loin d'être fini, en fait cela vient de commencer »
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Thyuig
  02 octobre 2013
Il est des écrivains qui posent des problèmes. Ceux que d'abord on lit avec difficulté, ou dont on dénoue trop facilement les fils de l'intrigue. Il y ensuite ceux qui mentent ostensiblement pendant les trois quart du bouquin et qui se décident au final, à éventer leur histoire l'air de dire "de rien pour la balade".
Dans le polar on trouve les écrivains pervers, désolés de n'avoir pas compléter leur première année de médecine et qui n'aiment rien plus que d'éviscérer leurs personnages face au lecteur.
L'Heroic Fantasy quant à elle s'adonne au joyeux plaisir de l'élongation narrative : comprenez, on en prend minimum pour mille pages, quitte à couper le tout en quatre ou cinq tomes.
Et voilà Jean-Philippe Jaworski, l'homme qui ne se trompe jamais. Excusez du peu, à force de lire, on perd certaines bonnes habitudes glanées à l'époque de nos découvertes adolescentes des Zola, Balzac, Maupassant et Flaubert. Lire Jean-Phiippe Jaworski, c'est redécouvrir qu'une phrase peut être belle et efficace, longue et rythmée, poétique et vulgaire.
Ce premier tome est un tombeau, d'ailleurs son titre, Même pas mort, voudrait absolument nous dédire mais ça ne prend pas. La quatrième de couverture renseigne et indique : "je m'appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. (...) Là-dessus, le temps a suivi son cours? Nous avons grandi. Alors mon oncle s'est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous envoyés guerroyer contre les Ambrones. (...) Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort".
Quand je parlais de tombeau....
L'art de Jaworski s'exprime d'abord dans l'embrouille, il est un grand manipulateur - on s'en était rendu compte lors de la lecture de Gagner la Guerre - mais si le point commun devait être trouvé avec cette autre roman, il n'aime rien plus que de faire voir ce qu'il sait que nous ne verrons pas de suite. Grosso modo : vous saviez tout, mais vous n'avez rien pigé.
C'est une façon d'envisager l'intrigue d'un roman et si elle nécessite un art parfait dans la construction du récit, c'est un écueil que ne craint pas Jaworski. Aussi son roman entrecroise les fils temporels et de conscience si bien qu'il est compliqué dans un premier temps de situer le héros. D'abord personnage de fiction, on entrevoit la réalité de son monde Celte au travers de la multitudes d'informations que glisse l'auteur. Il faudra avancer dans le livre pour remonter le temps et comprendre le cheminement des deux frères, y voir plus clair dans les conflits et les clans, pour distinguer les royaumes, les rois et les héros. le rapprochement qui me vient alors immédiatement, c'est Gene Wolfe et le fabuleux "l'ombre du bourreau" qui distille tout comme Jaworski les indications de temps et d'espace et aime noyer ses personnages et ses lecteurs dans le flou de la création.
Comme à son habitude, guidé par le mot, Jaworski livre quelques fois des pages à la beauté somptueuse. On pense à l'escalade du mur de la cité, aux courses dans la forêt façon Mythagos, et enfin aux embruns de l'île des sorcières.
Trois tomes sont prévus pour ce voyage en compagnie de Bellovèse et pour tacher d'entrevoir, un peu, la magie de ce monde celte enfoui dans nos mémoires hexagonales.
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Foxfire
  30 octobre 2019
Je voulais découvrir Jaworski depuis un bail. Plusieurs fois j'ai voulu m'atteler à la lecture de « Gagner la guerre », à chaque fois j'ai renoncé, refroidie par l'épaisseur du volume. Finalement, ce n'est pas avec « Gagner la guerre » que j'ai fait connaissance avec Jaworski, une lecture commune des trolls en a décidé autrement et c'est donc « Même pas mort » qui me permet de découvrir la plume de l'auteur. Et quelle plume ! Il m'a suffi de quelques pages pour être séduite par le style de Jaworski et totalement embarquée par son récit.
L'histoire proposée par Jaworski est passionnante et prend comme contexte une période que j'ai rarement eu l'occasion de visiter dans des romans fantasy. Cette toile de fond semble d'ailleurs être très documentée. Mais l'auteur, même s'il puise à la source historique, n'oublie pas qu'il écrit une fiction et non un documentaire. Il déploie tout au long du roman une belle imagination. J'ai notamment adoré tous les passages dans la forêt, belle et mystérieuse, peuplée de créatures envoûtantes ou inquiétantes. « Même pas mort » n'est que le 1er tome d'une série, il est donc un volet d'introduction. Pour autant, le récit ménage de superbes scènes de combats épiques. La caractérisation des personnages n'est pas en reste. Jaworski donne vie à toute une galerie de personnages très réussie. Qu'ils soient principaux ou secondaires, tous les protagonistes sont intéressants.
Le récit est très bien mené. le lecteur n'est jamais perdu malgré une narration où les époques s'entremêlent. Un vrai tour de force que réussit là l'auteur.
L'intrigue de « Même pas mort » est excellente mais ce qui séduit en premier lieu c'est bien sûr l'écriture de Jaworski. J'en avais entendu tant de bien que je craignais d'être déçue. Il n'en est rien, c'est même tout le contraire. Je suis littéralement tombée amoureuse de sa plume. Certains passages sont d'une beauté à tomber par terre.
« Même pas mort » procure un plaisir de lecture intense. Quel bonheur de savourer une aussi belle écriture ! Cette découverte de jaworski m'a enchantée. Bien entendu, je vais continuer la série avec enthousiasme et je compte bien aussi m'attaquer à l'univers du Vieux Royaume en commençant par « Janua Vera » avant de me lancer dans le gros morceau « Gagner la guerre ».
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Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   31 juillet 2013
-N'es-tu pas Bellovèse, fils de Sacrovèse, roi des Turons, fils de Belinos roi des Turons ?
Pour la deuxième fois, j'ai perdu mes moyens. Il n'était guère étonnant qu'il connaisse ma lignée ; mais dans cette armée levée parmi des Bituriges et leurs alliés, il était stupéfiant que quelqu'un m'attribue un titre dont le haut-roi m'avait dépossédé. Quand j'ai repris mes esprits, j'ai lancé :
-Moi je ne te connais pas. Qui es-tu ?
Il n'a pas esquissé le moindre mouvement, mais dans les ténèbres de sa capuche, dans l'inflexion de son grondement, j'ai deviné un sourire pernicieux.
-Je suis la force et la faiblesse. Je suis la pierre et le gel. Je suis la vie sous les racines. Je suis celui qui murmure les vieilles chansons. Tu vois, petit roi, tu te souviens. Je suis la mémoire au fond des forêts.
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TheWindTheWind   10 octobre 2018
Qu'est-ce que la guerre ? Vos rhapsodes et nos bardes commettent la même erreur : ils ne chantent que les armes, les corps vigoureux, le tourbillon des mêlées, les larmes, les bûchers funéraires. Ils ne retiennent que l'anecdote. Entrer en guerre, c'est comme passer de l'autre côté. C'est gagner un monde voisin, familier et pourtant différent. C'est une pomme surie au milieu de fruits frais. C'est un univers bruissant de rumeurs, d'agitation et d'erreurs , c'est l'émergence de fraternités factices et de haines irraisonnées. C'est un face à face avec des fantômes inconnus et fuyants. des greniers abandonnés, des champs livrés aux herbes folles, la peur à chaque détour du chemin, parfois la mort sous la lance d'un ami, parfois la compassion dans le regard de l'ennemi. La guerre, c'est le désordre. C'est le mouvement.
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ArakasiArakasi   13 septembre 2013
"Je suis vieux, tu sais. Il y a un bail que j'ai passé le siècle. À partir d'un certain âge, le monde se vide. Ça fait des lustres que mon père est mort, tout le monde s'est habitué à ce que je sois roi. Ça crée de la distance : je n'ai plus d'ami, j'ai des serviteurs ; je n'ai plus de rival, les gens qui se dressent contre moi sont les ennemis du peuple biturige. Avec ton père, c'était différent. On ne pouvait pas se sentir ; on n'arrêtait pas de se chercher ; on était toujours prêts à s'écharper. Mais c'était personnel. C'étaient des rapports d'homme à homme. Ça paraît drôle à dire, mais ton père, c'est tout un pan de mon existence. Tu commences à y voir plus clair ? Il n'avait pas peur, il me regardait franchement, et sûr de lui, avec ça ! On ne se lâchait pas, on se serrait l'un l'autre ; entre lui et moi, c'était un bras de fer permanent. Quand j'étais jeune, ça me remplissait de vigueur. Ce crâneur, cet enfoiré de Turon, c'était mon égal. C'est sans doute pour cela qu'il me manque, parfois."
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Dixie39Dixie39   11 mai 2015
Pas de tombe pour moi. Pas de fin paisible au milieu des miens. Pas de grandes cérémonies royales, pas de sacrifices, pas de bûchers rouges ni de banquet funèbre. Pas de trésor abandonné dans la nuit d’une chambre funéraire. J’irai chercher ma mort sur le champ de bataille. Je me détacherai des rangs de mes guerriers pour la défier. Une lame longue de cavalier dans la main droite, une lame courte de fantassin dans la gauche, je lui offrirai une danse des épées. C’est une vieille ennemie, et ce fut parfois une alliée de circonstance. Je connais bien ses ruses, ses lâchetés, ses trahisons. Je lui cracherai toutes ses bassesses, je lui tirerai la langue, je me rirai de sa puissance, je lui affronterai le masque peint du guerrier.
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Erik35Erik35   21 mars 2017
J'ai eu le sentiment qu'il se désintéressait brièvement de moi. Pendant que je respirais un instant, soulagé d'un poids énorme, il a paru écouter quelque chose.
"Moi, je les entends, les flûtes, a-t-il repris. Oh, elles sont encore loin, très loin ! Au-delà des royaumes des Celtes. Au-delà du grand fleuve que remonte un long navire à hure de sanglier ! Au-delà des petits royaumes du vieux peuple, au -delà des aiguilles et des glaciers des Montagnes Blanches, au-delà des grands lacs cernés de forêts ! Mais elles chantent, elles chantent leurs airs aigus et lancinants, là-bas, le long des rivages palustres et des criques blanches, sous une nuit aux étoiles plus brillantes. Elles chantent une musique venue d'autres mondes, portée par des nefs noires et des âmes avides. Elles chantent des appétits étrangers et des esprits retords, des dieux migrateurs et des âmes volées, des discordes anciennes et des tueries futures. Vraiment, petit roi, ne les entends-tu pas ?"
Je ne lui ai pas répondu. Je n'entendais que sa voix sépulcrale qui vrombissait au fond de mes os.
" Secoue-toi, petit roi. Ton temps est court et je ne suis pas un maître patient."
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Interview de Jean-Philippe Jaworski par Estelle Hamelin pour Actusf aux Imaginales 2019.
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