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EAN : 9782361835309
246 pages
Les Moutons Electriques (17/01/2019)
4.31/5   135 notes
Résumé :
À peine évadé, Bellovèse se précipite vers le Gué d'Avara, espérant reprendre les armes. La situation qu'il découvre est dramatique.

Tout le royaume biturige est bouleversé par la guerre : ses terres sont occupées par l'ennemi, sa famille a disparu, les campagnes sont ravagées par les bandes rebelles, une énorme armée assiège la forteresse royale. Impossible de savoir si le haut roi a succombé ; toute la Celtique est en train de sombrer dans le chaos.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Erik35
  13 mars 2019
BUSINESS AS USUAL...
Voici donc le quatrième volet des Rois du Monde portant le titre exact de "Chasse Royale deuxième branche III " (ouf !) par le désormais célèbre Jean-Philippe Jaworski, lequel s'était fait connaître par son excellent Gagner la Guerre qui obtint, en son temps, le prix Imaginales 2009 du meilleur roman francophone. Et c'était plutôt mérité, tant les aventures du spadassin Benvenuto Gesufal étaient épiques, ébouriffantes, enthousiasmantes !
Enthousiasmante, cette nouvelle saga ne l'est pas moins... En tous les cas, les trois premiers volumes l'étaient incontestablement. Or...
Mais commençons par le commencement :
On retrouve donc une fois encore le "Haut-Homme" Bellovèse, fils de Sacrovèse (l'ancien "Haut-Roi" trahi par son propre frère, Ambigat, et qui mourra dans les affres de la guerre pour sa survie), toujours entouré de ses deux ambactes, le fulminant lancier Drucco, toujours près à en découdre malgré un bras défaillant, et le monstre débonnaire Malpilos, un affreux mais pacifique cocher qui a pourtant sauvé la mise de notre jeune et impétueux héros. Celui-ci, entouré d'une petite troupe de pillards insubres commandés par Cictavanos qui, par haine du pouvoir éduen a décidé de lui prêter main forte, est parvenu à se sortir des griffes magiques de l'infernale Prittuse, la première épouse reniée du Haut Roi et qui s'en est vengé en participant à la rébellion. Voici donc nos valeureux guerriers partis rejoindre le Gué d'Avarra, capitale en détresse d'un Haut-Roi qui, il le faut, a dû s'y réfugier le temps de laisser passer le plus gros de la tourmente. Après un petit détour par son ancienne demeure - qui enflammera pour complaire aux Dieux - voici donc Bellovèse enfin derrière les murs difficilement prenable de la haute-ville. Il y retrouvera Suagre, le fils de son père adoptif et mentor Sumarios, mort en défendant le jeune guerrier. Suagre voue une haine définitive à notre narrateur car il estime qu'il est la cause principale de la mort de son père biologique. Il y retrouvera aussi Galba, le barde tant aimé de son enfance avec Sagrovèse, son frère (lequel est passé du côté de la rébellion, avec son cousin, le propre fils du Haut Roi !). Il y croisera aussi plus d'une fois le druide portier Uisomaros, vieillard aveugle et chenu mais sage parmi les sages. Il y fera à nouveau allégeance à la Haute Reine, seconde épouse du Haut-Roi, au beau nom de Cassimara. Mais de Haut Roi : point ! Pas plus d'ailleurs que ses soldures et leurs ambactes, ce qui n'aidera pas à soutenir ce siège qui s'annonce ou bien fort long ou, au contraire, extrêmement bref, l'armée amassée à ses portes ayant sans aucun doute intérêt à forcer son destin au plus vite avant que les inévitables problèmes de ravitaillement que connaissent invariablement toute armée en déplacement.
C'est peut de dire qu'on se bagarre dans ce volume. On se tue, on se massacre, on écharpe, on taille, on fonce, on gueule, on se provoque, on y va pas avec le dos de la lance ou de l'épée ! En fait, à l'exception de quelques moments de calmes avant toutes ces tempêtes annoncées (ou non), durant lesquels il est presque toujours question de guerre, de s'y préparer, de deviner les intentions de l'ennemi, de moyens de vaincre,etc, on n'y fait pour ainsi dire qu'y guerroyer. Pieds-tendres et fleurs bleues s'abstenir ! Ça sanguinole à tour de bras !
Bon.
Et ?
Et bien, si l'on retrouve avec plaisir la verve et le style impeccable de l'auteur de Juana Vera, si on se laisse embarquer par le tourbillon de cette lutte sans merci, de ces coups fourrés, de ces démonstrations inépuisables de "j'en ai une plus grosse" (oui, pardon mais ces celtes sont tout de même d'abominables macho, sexistes, paternalistes et "testostéronés", selon nos critères contemporains. Et même si les quelques femmes de l'histoire sont, druides exceptés, les véritables cerveaux de l'histoire, ce rapide volume est franchement des plus virils), tout cela semble à la fois sans fin et sans but. D'ailleurs, il apparaît peu à peu évident que rien ne sera sérieusement résolu dans ce troisième épisode de la Deuxième Branche, qu'il faudra pour cela attendre quelques mois que le quatrième épisode sorte enfin en librairie... Pire : une fois ceci compris, on finit par en avoir un peu soupé de ces héros si parfaitement imparfaits, qui gagnent toujours même lorsqu'ils perdent (ainsi que plus ou moins inversement), dont les caractères, les qualités et les défauts n'évoluent tellement plus qu'on s'ennuie poliment de les voir répéter sans cesse les mêmes erreurs, d'avoir toujours le-trait-de-génie-pile-au-bon-moment-alors-que-tout-semblait-perdu (le lecteur sait pourtant bien que non, puisque la saga est loin d'être achevée)... le seul qui s'en sort un peu mieux, c'est le brave et naïf Malpilos, l'homme qui savait parler à l'oreille de toutes les bêtes, et dont on apprend l'étonnant secret de famille. Il y a bien la demi-soeur de Bellovèse, l'insupportable Sacrila, - qui n'est rien moins que la réincarnation de la Gallicene Saxena, celle-là même que Bellovèse dû tuer pour survivre à son coup de lance mortel - dont les excentricité essaient d'égayer un peu l'ensemble, mais sans y parvenir tout à fait, le personnage étant trop bien campé "gamine casse-pied et surdouée" pour s'y laisser surprendre. Bien entendu, il y a toujours, plus que jamais, ce rythme, intrépide, inarrêtable, impétueux qui ne lâche pas le lecteur un seul instant, même si le récit presque interrompu de bagarres, de confrontations belliqueuses sont bien moins la corne de corma (sic!) de votre humble chroniqueur que les beaux passages mystiques, magiques et parfois purement oniriques des précédents épisodes.
Alors on est navré de comprendre qu'on a franchement été pris pour une vache à lait éditoriale ! Que le découpage de ce volume et du suivant en deux est parfaitement arbitraire et d'intention très largement pécuniaire. Sans doute (mais il faudra pour cela attendre le prochain numéro de cette, par ailleurs, magnifique saga celte pour le savoir), les deux volumes réunis en un seul eussent-ils été bien plus épais que ses prédécesseurs. Certes, Jean-Philippe Jaworski aime ses histoires au point de, parfois, se laisser embarquer par elles et d'être, ainsi, un peu trop hâbleur, ajoutant des lignes aux lignes sans que cela soit absolument essentiel, au risque, nous l'avons dit, de lasser poliment son auditoire. Petit péché d'orgueil ? C'est possible, et on veut bien lui pardonner tant les fruits de son imagination peuvent se faire magiques, mais attention aux abus, s'il ne veut pas prendre le risque de décevoir ou de n'être plus suivi. En attendant, on referme ce quatrième volet avec un peu d'amertume, de dépit, d'irritation : il n'est jamais agréable d'avoir le sentiment d'être le dindon de quelque farce que ce soit, même d'excellente facture.
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CasusBelli
  07 mai 2020
Après un troisième tome contemplatif l'action est à nouveau au rendez-vous et c'est assez spectaculaire.
Il y a une bonne dose de fantastique dans cette saga et pourtant on ne peut pas dire qu'elle soit omniprésente, c'est étonnant dans un sens, il y en a suffisamment pour justifier le classement en fantasy et pourtant, la plupart des événements laissent la part belle aux prouesses des simples mortels.
Bellovèse qui vient de s'évader d'Abalo va tenter de retrouver le haut roi, une longue route qui ne sera pas de tout repos pour notre plus grand plaisir.
Je vais me contenter de dire que l'histoire est toujours aussi flamboyante et addictive, et qu'elle réserve son lot de surprises et de moments de bravoure.
Une intrigue subtile, des rencontres et des révélations qui mélangent légendes, magie, rêves et destinées dans un tourbillon assez débridé.
Je ne sais pas où nous mène l'auteur, mais une chose est certaine, il nous y emmène avec brio !
J'ai été assez chanceux de pouvoir lire les quatre premiers volumes "à la suite", j'espère ne pas tarder à trouver le prochain ;)
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boudicca
  01 avril 2019
La sortie d'un nouveau roman de Jean-Philippe Jaworski est toujours un événement pour les amateurs de littératures de l'imaginaire, aussi est-ce avec enthousiasme que je me suis jetée sur la troisième partie du deuxième tome de la série « Rois du monde » (ça va, vous suivez ? Parce que ce n'est pas évident de s'y retrouver dans les différents tomes / branches / parties !). L'auteur y met en scène un personnage évoqué par Tite-Live dans l'un de ses textes racontant la première invasion de l'Italie du nord par les Celtes : le conquérant Bellovèse. [Attention aux spoilers pour les lecteurs qui n'auraient pas lu les précédentes parties.] Nous sommes au premier âge du fer, et les peuples celtes, fédérés jusqu'à présent sous l'autorité du haut-roi Ambigat, commencent à renâcler et à se rebeller. le propre frère de notre héros, Ségovèse, a rejoint le camp des rebelles et se lance aux côtés de ses alliés à l'assaut du Gué d'Avara, la place-forte dans laquelle le haut-roi et les derniers chefs qui lui sont fidèles se sont retranchés. La situation est désespérée, mais Bellovèse y voit aussi une formidable opportunité de prouver sa fidélité à son oncle et de renforcer son prestige auprès des plus grands guerriers du monde celte. Si la deuxième partie de « Chasse royale » faisait la part belle à la magie et aux intrigues de cours, cette troisième partie nous replonge en plein dans la violence des combats. le changement d'ambiance est assez radical, et, si la trame générale avance relativement peu, on est malgré tout ravi de voir Bellovèse de retour au coeur de l'action. Quoique relativement simple, l'intrigue est ici rythmée par plusieurs rebondissements qui entretiennent la curiosité du lecteur et constituent bien souvent pour lui une aussi grande surprise que pour les personnages.
L'immersion est une fois encore totale, et ce dès les toutes premières lignes qui nous replongent dans la fureur des combats et les intrigues ourdies entre les différents camps de cette guerre intestine. le récit suscite toujours l'admiration par sa documentation impeccable qui permet à l'auteur de nous dépeindre avec un luxe de détails l'organisation d'une place-forte, l'armement prestigieux revêtu par les guerriers les plus renommés, ou bien les stratégies militaires adoptées. Tite-Live est évidemment loin d'être la seule source de l'auteur qui puise aussi beaucoup dans l'archéologie. On devine dans la description des armes, des armures, des heaumes ou des chars dont l'auteur nous révèle le moindre détail et ornement qu'il s'agit là de véritables objets qui sont parvenus jusqu'à nous. L'auteur réutilise également un certain nombre de mythes et met en avant quelques unes des figures les plus emblématiques du panthéon celte (même si c'est ici plus ténu que dans les précédents tomes). Et c'est ce que j'aime avant tout dans les romans de l'auteur qui a bien compris qu'on n'immerge pas le lecteur dans une époque uniquement grâce à la précision avec laquelle on dépeint le décor, mais aussi et surtout grâce à la manière dont on parvient à lui faire comprendre la mentalité de l'époque. Les Celtes étant persuadés que les dieux marchent parmi les hommes et interfèrent dans leurs histoires, Bellovèse l'est également, et le lecteur se retrouve incapable à son tour de savoir s'il s'agit de simples superstitions ou de véritables manifestations surnaturelles. La beauté de la plume de l'auteur joue évidemment beaucoup : le style est toujours aussi soigné sans pour autant ne jamais devenir pompeux ou indigeste. C'est lors des scènes de bataille que son talent s'exprime toutefois avec le plus de brio, cette troisième partie comportant là encore son lot de combats épiques, quant bien même il ne s'agit chaque fois que d'escarmouches et non de véritables batailles rangées.
Finalement, le plus gros point noir de ce roman ne réside pas dans le récit en lui-même mais plutôt dans son découpage. Il faut dire que la série « Rois du monde » connaît depuis plusieurs années une planification pour le moins mouvementée. Ce qui devait à l'origine être une trilogie a en effet été scindée au fil des parutions en plusieurs parties, et ce au mépris de la cohérence de l'oeuvre. Ainsi, au lieu d'avoir une trilogie en trois tomes on devait dans un premier temps en avoir quatre. Pourquoi pas... Puis on a appris que le second tome serait divisé non plus en deux parties mais en trois. Et puis finalement ce sera quatre parties pour le deuxième tome mais pas de troisième volume pour le moment, la parution de « La grande jument » qui devait venir conclure la série ayant été repoussée jusqu'à une date inconnue (tout cela est expliqué de manière plus détaillé dans cet article). Ces petits couacs éditoriaux n'auraient rien de bien dramatiques si le découpage répondait à un véritable besoin : si le deuxième tome était effectivement amené à faire plus de 800 pages, on aurait pu comprendre la nécessité d'une scission. le problème, c'est qu'aucune des trois parties sorties jusqu'à présent n'excède les 300 pages (le prix de vente, lui, reste évidemment le même…) et rien dans le texte en lui-même ne semble justifier de coupure (l'auteur lui-même le confirme dans cette interview), si ce n'est la nécessité pour l'éditeur de maintenir la régularité des parutions. Là encore, on pourrait pardonner l'initiative si le récit n'avait pas à en pâtir, or c'est malheureusement le cas. Difficile de pas avoir le sentiment de rester sur sa faim en refermant cette troisième partie de « Chasse royale » qui donne trop souvent l'impression de ne pas faire avancer l'intrigue d'un pouce, et ce à la plus grande frustration du lecteur (frustration qui n'aurait pas lieu d'être s'il s'agissait d'un simple long passage au sein d'un roman plus long, comme prévu au départ).
Une troisième partie à la hauteur des précédentes, bien écrite, bien documentée et toujours aussi immersive. Reste le problème du découpage qui nuit malheureusement à l'oeuvre : c'est déjà énervant lorsque le texte est plutôt pas mal, mais c'est d'autant plus regrettable lorsqu'il s'agit de Jean-Philippe Jaworski ! Les lecteurs doués de patience feraient ainsi bien mieux de différer la lecture de cette troisième partie et d'attendre la sortie de la quatrième (prévue pour mai) afin d'enchaîner les deux : voilà qui rendra davantage justice à l'oeuvre et à son auteur.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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BlackWolf
  06 février 2019
En Résumé : J'ai passé un sympathique moment avec ce nouveau tome du cycle celtique de l'auteur, pour autant je n'y ais pas retrouvé toute la fascination que je pouvais avoir dans les tomes précédents la faute à quelques aspects frustrants. J'ai pourtant replongé avec plaisir dans la vie de Bellovèse qui, après avoir été capturé, à réussi à s'évader et part à al recherche du Haut Roi. On est dans un tome qui va se révéler plus nerveux, plus percutant et aussi offrir plus d'action. Je suis toujours captivé par l'histoire de ce héros ce qui fait que j'ai tourné les pages avec un minimum de plaisir. Concernant l'univers, même si l'aspect découvert et nouveau s'est estompé, il reste toujours aussi solide et dépaysant. Les personnages évoluent peu dans ce tome, Bellovèse gagnant encore un peu, je trouve, en charisme. Au niveau des personnages secondaires J'ai apprécié l'évolution d'un ou deux d'entre eux. J'ai moins accroché à l'animosité entre Bellovèse et un personnage du gué qui m'a paru artificielle. La plume est toujours aussi soignée riche et entraînante et l'auteur montre à nouveau son talent de conteur. Maintenant soyons clair, le gros soucis de ce tome vient de son énième découpage. Outre le fait que je sens ne plus être considéré comme lecteur, mais comme consommateur (23 euros pour un livre d'à peine plus de 230 pages), je trouve que couper ce dernier tome en deux est frustrant. Finalement, ce livre 3 donne l'impression d'une introduction légèrement bancale et surtout terriblement attentiste. On n'a pas énormément évoluer depuis le tome précédent dans les quêtes de chacun, même si quelques mouvements dans les jeux de pouvoir sont apparus. Au final même si les qualités du livre viennent en partie compenser cela, pour moi ce tome m'a laissé un sentiment de frustration. Certes c'est sympathique à lire mais j'attendais plus. Il ne me reste plus qu'à attendre un peu plus de 4 mois pour découvrir le final.

Retrouvez la chronique complète sur le blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Seraphita
  17 août 2020
La Celtique est au plus mal ; des guerres intestines la ravagent, le pouvoir du Haut-Roi Ambigat est mis à mal. Bellovèse a pu fuir Aballo, le royaume de Prittuse et sa magie maléfique qui le retenait dans ses rets. En compagnie de sa demi-soeur Sacrila, le cocher Mapillos et Drucco, son lancier, il s'éloigne de cette parenthèse brumeuse. Il s'est allié aux Insubres, malgré leur réputation de pillards et parvient à convaincre leur chef Cictovanos de se joindre à lui pour chevaucher jusqu'au Gué d'Avara. Leur mission ? Entrer dans la ville assiégée du Haut-Roi, en dépit des assaillants en contrebas, pour mater l'insurrection et reconquérir l'honneur de sa lignée et, avec lui, un royaume qui est au plus mal. Malgré toutes les péripéties qu'il a pu subir et bien qu'il soit dans le camp adverse de son frère Ségovèse, Bellovèse reste ce jeune taureau fougueux qui danse avec la mort…
« Percer au fort » constitue le troisième tome de la deuxième partie de « Rois du monde » écrit par Jean-Philippe Jaworski. Et cet opus est brillant, à l'image des précédents. Un résumé des deux précédents volumes est proposé en incipit et ce petit rappel retrace judicieusement les grandes lignes de l'intrigue, ce qui permet d'entrer dans la suite sans encombre.
Et l'on retrouve les divers protagonistes qui, bien que mal en point, restent toujours animés d'une soif de conquête, de loyauté mais aussi de vengeance. Avec ceux-ci, c'est également tout un univers dans lequel on replonge. L'auteur a le don de faire vivre sous sa plume les luttes celtiques, la violence de ces temps, les codes de conduite des peuples celtes. Les mots sont recherchés, travaillés, le vocabulaire fouillé et même si bien des termes sont techniques, on garde toujours une facilité à comprendre et se représenter les éléments évoqués.
Dans ce tome, peu de temps morts, contrairement au précédent qui était davantage onirique et centré sur la magie de Prittuse. Les actions s'enchaînent, on assiste au siège du Gué d'Avara, de l'intérieur. Et même si le sang coule à flot, que les têtes sautent sous les coups, sont exhibées comme trophée, l'écriture reste belle, puissante, travaillée au plus proche pour rendre concrets et présents chaque moment de la lutte, les armes utilisées, les vêtements revêtus, les techniques de bataille, les rites druidiques, …
Et puis, de tome en tome, on s'attache aux protagonistes, leurs forces et fragilités, on tressaille avec eux dans les moments cruciaux, périodes d'action où la bataille fait rage ou temps plus intérieurs quand des doutes, des révélations se font jour. Et l'on voit s'esquisser la suite pour Bellovèse : rechercher Ambigat, le Haut-Roi dont on ne sait plus s'il est toujours en vie, retrouver sa femme et ses filles, et puis affronter son frère, Ségovèse, tant le combat qu'ils ont pu se livrer est resté inabouti…
« Percer au fort » confirme le talent de Jean-Philippe Jaworski et laisse présager une suite des plus palpitantes…
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critiques presse (1)
Elbakin.net   22 février 2019
Si la lecture reste agréable et si l’histoire se tient en dépit de sa brièveté, son découpage effréné risque au bout d’un moment de détourner plus d’un lecteur de cette œuvre complexe et ambitieuse, qui mérite mieux.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   15 mars 2019
Le druide que la gamine a l'outrecuidance d'importuner paraît infiniment plus décrépit, il est marqué par les infirmités. Mais l'âge ne flétrit pas Uisomaros comme il peut faner Albios. Dès mon arrivée au Gué d'Avara, le druide portier respirait le prestige des très vieilles gens ; il avait l'air si ancien et si fragile qu'il ressemblait au fantôme des temps passés, revenant siéger au milieu de la presse vigoureuse des guerriers. Pourtant, au fil des ans, certains héros tombaient à la guerre, les fils d'Ambigat mourraient, et Uisomaros demeurait parmi nous, toujours plus chenu, toujours plus décharné, toujours plus ridé. C'était à croire que les dieux prenaient plaisir à le métamorphoser en une créature de plus en plus fantastique. Saison après saison, ils tavelaient sa peau, clairsemaient sa barbe, édentaient ses gencives, épaississaient ses ongles, allongeaient son nez et ses oreilles. L'âme du Portier n'en brûlait que plus vive dans cette carcasse racornie. En fait, l'accumulation des disgrâces finissaient par sublimer le corps égrotant pour lui prêter un pouvoir de fascination de plus en plus fort. Quoiqu'il ne fût pas le plus sacrificateur, Uisomaros était de ces patriarches suffisamment vénérables pour parler avant le roi.
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Erik35Erik35   15 mars 2019
Une fois à l'abri, ma première pensée est pour Mapillos. Je me précipite vers le char, arrêté à quelques dizaines de pas du portail. Dans un état lamentable, une roue voilée, je timon fendu, la caisse hérissée de traits, il est à peine croyable que le véhicule ait pu rouler jusque-là. Mapillos, à pied, est en train de rassurer ses coursiers : les animaux, écumants, zébrés de plaies, bronchent malgré la douceur de l'aurige. Il faut dire que le spectacle offert par le cocher est encore plus effrayant que d'habitude : le visage en sang, plusieurs javelines empêtrées dans son sayon, apparemment insensible à la douleur, il n'a jamais autant ressemblé au géant de bois de Beltinia.
«Malpilos, tu es complètement fou ! lui dis-je.
- Gravement cinglé ! renchérit Drucco avec jubilation.
- Mais l'exploit que tu viens d'accomplir, c'est digne d'être chanté !»
Le colosse nous glisse un regard embarrassé.
«C'est juste qu'on abandonne pas de bons chevaux, se justifie-t-il. J'ai descendu la colline pour pouvoir faire demi-tour.»
Préoccupé par son attelage, il ne se rend pas compte qu'il nous a sauvé la mise. Sans doute les fumées invoquées par Morigenos lui ont-elles permis d'échapper à une blessure mortelle en gênant les tirs ennemis, mais le nigaud n'en a pas moins réussi à traverser l'armée assiégeante dans les deux sens sans réaliser qu'il s'agit d'un haut fait que lui envieront tous les héros. Tout en hurlant de rire, Drucco va débarrasser le géant de ses échardes.
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Charybde2Charybde2   29 janvier 2019
Il a beau plaisanter, le soldure de mon cousin a eu peur. Il adopte une posture défensive, le bras levé, la garde de l’épée plus haute que la pointe qui lui protège le visage mais qui peut aussi très vite intercepter une estocade au torse ou aux jambes. J’essaie de le pousser à la faute en redoublant les menaces, tantôt en garde haute, tantôt en garde basse, guettant l’écart qui me permettra de tromper sa vigilance. En fait, c’est moi qui me fais piéger à mon propre jeu. Modifier l’angle d’attaque à la lance implique aussi de changer la position de la main directrice : pouce vers l’arrière à hauteur d’épaule, pouce vers l’avant à hauteur de hanche. C’est une manœuvre devenue pour moi un réflexe, auquel je ne prête plus attention. Or c’est un tort : mon adversaire est armé d’une épée, sur la poignée de laquelle la préhension de varie que du pouce et de l’index. Bussuro a saisi ma faille. Il pousse une attaque brusque à l’instant précis où je jongle avec ma lance pour inverser la prise ; en un battement de paupière, il perce ma défense. Seul l’instinct me dicte ma réaction. Lâchant mon arme pour que sa chute dévie l’estocade, à la grâce des dieux, je me précipite au corps à corps, ramassé sur moi-même. J’ai réussi à passer sous la pointe, mais je sens la brûlure d’une entaille à la base du cou. Qu’importe, j’arrive au contact. Le temps que Bussuro retourne son épée pour m’éreinter, j’ai saisi le bâtardeau lié à la gaine de son arme, je l’ai tiré, j’éventre l’homme du prince de la hanche au nombril.
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Charybde2Charybde2   29 janvier 2019
Des étrangers dans mes murs. Pas même des Bituriges, ni des parents sénons de mon épouse. De parfaits étrangers : des Éduens et quelques Séquanes, d’après les couleurs des tartans.
Depuis la rive opposée de l’Ouidia, sous le couvert des bosquets qui ombragent le coteau, j’épie ma propre demeure. Au moins le bâtiment principal et les dépendances tiennent-ils toujours debout ; je m’attendais à bien pire en revenant sur mes terres… Que la guerre ait épargné ma maison ne suffit pourtant pas à ma réjouir. Tous ces hommes qui vaquent là-bas comme chez eux me hérissent le crin. Ils prennent leurs aises sur le pas de ma porte, là où Senniola aime filer quand le soleil brille ; ils piétinent le potager soigneusement entretenu par Licca ; ils mènent boire leurs chevaux dans ma rivière ; ils ont coupé la haie du grand pré pour alimenter leurs feux…
« Il y a du monde, grommelle Drucco à mon côté.
– Pas tant que ça, répond tranquillement Ueroccios. J’en ai compté onze. Évidemment, il doit y en avoir d’autres à l’intérieur, sans oublier ceux qui fourragent dans les parages… »
Quand nous sommes arrivés dans la vallée de la Nicra, entre Brogilos et Rigomagos, Cictovanos et moi sommes tombés d’accord pour cacher la petite troupe en bordure d’un marais ; le chef de bande m’a laissé pousser une reconnaissance jusque chez moi, flanqué de son frère cadet. J’ai aussi entraîné Drucco dans notre incursion, en invoquant sa connaissance du pays ; je craignais surtout de le livrer à lui-même avec les Insubres qu’il exècre. C’est ainsi, en longeant des taillis et en remontant des chemins creux, que nous nous sommes faufilés en vue de Rigomagos.
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CaracavanaCaracavana   13 octobre 2019
C'est dans la défaite bien plus que dans la victoire qu'il convient de déployer de la grandeur pour demeurer fidèle à soi-même. Mais si tu parviens à garder la tête haute, qu'importent les métamorphoses que t'imposent les caprices des dieux ! Il ne s'agit que d'un remous au fil du fleuve de nos existences.
Je me rappelle que juste avant de tomber dans l'embuscade des bergers ausques, là-bas, dans le causse, je me suis presque rêvé corbeau porté par le vent des cimes ; quand j'ai chassé avec mon frère, mon oncle et tous nos hommes, je me suis senti loup au milieu de la meute ; et quel est donc ce grand cerf que je cours, dans ce monde et dans l'autre, en compagnie des vivants et des morts, sinon un souvenir qui continuera de se dérober tant que je n'aurai pas compris que c'est moi qui je chasse ? Le Forestier en personne m'a traité de chien ; je n'y ai entendu que l'injure, mais peut-être l'image recelait-elle une vérité primitive. Je suis corbeau ; je suis loup ; je suis cerf ; je suis chien - et c'est pourquoi la mort de ma pauvre Uimpa me fait encore saigner le cœur… Je suis entretissé des existences animales que j'ai traversées avant de sortir du ventre de ma mère, et leur mémoire palpite, plus vive que jamais, dans l'exaltation de la course, dans les rituels de pouvoir et de défi, dans le goût du sang. En fait, ce collier et ces fers qui m'écorchent ne se révèlent pas si lourds. Ils me fixent un instant dans la nature du captif ; ils me rappellent à une condition que j'ai connue entre la sauvagerie et l'humanité ; ils enrichissent le cycle de mes incarnations. Après tout, je suis déjà mort et je suis déjà revenu. J'ai tous les avenirs devant moi. C'est ce qu'avait si bien compris Excingomar : quel que soit le terme de ma captivité, je serai bientôt libéré. Je reviendrai : chagrin, corbeau, loup, chanson, ou chien… Ou héros vengeur. Je reviendrai.
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