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EAN : 9782902039098
Éditeur : Dépaysage (16/01/2020)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Au soir de sa vie, grand-mère (kukum, en langue innue) depuis longtemps déjà, Almanda Siméon se retourne sur son passé et nous livre son histoire, celle d'une orpheline québécoise qui tombe amoureuse d'un jeune Amérindien puis partage la vie des Innus de Pekuakami (l'immense lac Saint-Jean), apprenant l'existence nomade et brisant les barrières imposées aux femmes autochtones. Centré sur le destin singulier d'une femme éprise de liberté, ce roman relate, sur un ton ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
dedanso
  07 février 2020
Quel magnifique roman ! Tant sur la forme que sur le fond, c'est un sans faute. Un petit bijou que je serai bien contente de pouvoir partager avec mes enfants lorsqu'ils seront plus grands.
Je félicite tout d'abord les éditions Dépaysage pour leur ouvrage qui est tout simplement sublime : une couverture sobre mais accueillante, un petit format carré qui tient bien en main et une mise en page légère. Un pur instant de plaisir qu'ils ont bien voulu m'offrir via une Masse critique, et je les en remercie.
Même si le travail sur la couverture et la mise en page du livre est indispensable, nous savons bien qu'il est peu de chose face aux mots qui forment le récit. Mais il se trouve que Kukum n'est pas simplement un beau livre, il est surtout passionnant en tous points.
D'abord parce qu'il nous invite à un voyage, à la fois temporel et géographique, sur le Nitassinan (territoire Innu du Québec) à la fin du XIXème siècle. J'ai appris beaucoup de choses sur la vie des Indiens du Québec, leurs coutumes, leur artisanat (panier en écorce de bouleau, mitaines perlées...), leur mode de vie (chasse, tannage de peau...), leur langue aussi que j'ai trouvée extrêmement poétique et douce. La nature a une place essentielle dans ce roman, comme elle en avait une dans la vie des Innus. J'ai beaucoup aimé lire sur la vie en forêt, sur la remontée de la rivière Péribonka, sur le lien si fort qui unissait les hommes, les animaux et la nature.
La sédentarisation forcée de ce peuple Indien est au coeur du récit. Étant donné que cette transformation ne s'est pas faite sans heurts ni traumatismes, tant pour les Innus que pour la nature dans laquelle ils vivaient, on pourrait craindre un ton nostalgique, voire même carrément noir, ça n'aurait rien eu d'étonnant. Eh bien non. Michel Jean a choisi d'adopter un ton plutôt optimiste, à l'image du peuple Innu si bienveillant et accueillant. Et c'est aussi ce qui fait la force du récit.
On ne peut que s'attacher à Almanda, la kukum de l'histoire (la grand-mère en innu-aimun). Il émane des personnages une grande force et une belle sensibilité, tant vis à vis de la nature que des êtres humains, même s'il s'agit de colons blancs venus leur prendre leurs enfants. Il est intéressant de savoir qu'Almanda a réellement existé, Michel Jean racontant en fait l'histoire de son arrière-arrière grand-mère, d'origine irlandaise.
Bref, je vais m'arrêter là, ne voulant pas risquer de vous perdre. J'espère vous avoir donné le goût de suivre mes pas vers Almanda et les siens.
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JIEMDE
  02 août 2020
- Tu lis quoi ?
- Une histoire de peuples autochtones.
- Des peuples anciens ? Un livre sur la préhistoire ?
- Pas vraiment, et même une histoire plutôt récente, qui s'étend du siècle dernier à nos jours.
- Une histoire récente de peuples anciens. Tu te fous de moi ?
- Non, notre époque est encore remplie de leur histoire et eux-mêmes sont toujours-là. À nous de savoir en voir les traces.
- Te connaissant, ça doit encore être un de tes livres américains.
- Pas faux, mais de l'autre Amérique ! Celle qui est très au nord, au Québec, sur les rives d'un grand lac…
- Ah oui, là je sais, le lac Saint-Jean !
- Si tu veux, puisque d'aucuns l'ont désormais baptisé comme cela. Moi je préfère continuer à l'appeler Pekuakami, la perle du territoire Nitassinan.
- Pekuaquoi ?
- Pekuakami, c'est comme cela que l'appelaient les Innus.
- Ah oui, ça je connais les Inuits, les eskimos quoi.
- Mais non imbécile, les Innus. Ça n'a rien à voir !
- Connais-pas ! Et comment on sait ça ?
- Parce que leur histoire s'est transmise oralement, les plus anciens prenant le temps de raconter le passé aux plus jeunes, le soir à la veillée. Puis par écrit, comme Michel Jean, journaliste réputé au Québec et auteur de ce livre.
- Et qu'est-ce qu'il en sait, çui-là des Innus ?
- Beaucoup de choses figure-toi, puisque c'est justement l'histoire de son arrière-grand-mère qu'il nous raconte, sa kukum Almanda…
- Et Innus raconte quoi ?
- Tu es désespérant… Mais prends le risque de t'intéresser un peu à ces objets non connectés qu'on appelle des livres et ouvre Kukum. Tu y suivras Almanda et Thomas remontant chaque automne la rivière Peribonka pour retrouver la montagne, chasser et tanner durant tout l'hiver ; tu redescendras à Pointe Bleue avec eux chaque printemps pour t'y confronter avec la civilisation gangrénante ; tu y apprendras le respect de la nature, de l'être supérieur et des animaux dans une relation égalitaire ; tu y verras surtout beaucoup d'amour…
- Finalement, ça me plait bien ton truc
- Alors viens sous la tente, entre et assieds-toi ; regarde, Kukum est là…
- Et je lui dis quoi ?
- Chut… rien ; tais-toi ; et écoute… Vas-y Kukum, raconte-lui…
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Pat0212
  31 janvier 2020
Tout d'abord un grand merci aux Editions Dépaysage et à Babélio pour ce magnifique livre gagné lors de la dernière opération Masse critique. Comme c'est souvent le cas avec des livres offerts dans ce cadre, c'est un ouvrage que je n'aurais pas découvert sans cela, vu qu'il s'agit souvent de maisons d'édition moins connues et c'est de nouveau un gros coup de coeur. Oui ce livre est un beau cadeau et j'espère qu'il trouvera de nombreux lecteurs comme il le mérite.
Je connais peu l'univers amérindien, qui ne me passionne pas plus que cela et j'ai beaucoup apprécié de le découvrir à travers cette biographie que Michel Jean a écrit sur son arrière grand-mère Almanda Siméon. Il qualifie ce livre de roman, je ne sais pourquoi, vu qu'il s'agit du récit de la vie de cette femme née en 1875 en Irlande et qui a vécu pratiquement un siècle au Canada dans la région du Lac St Jean. Ses parents ont émigré à la suite de la famine qui a ravagé l'Irlande, comme de nombreux autres, mais ils sont morts à leur arrivée. Almanda a trois ans et elle est recueillie par un couple chrétien qu'elle appellera son oncle et sa tante, ce sont des paysans pauvres. La terre est pierreuse et peu fertile, les agriculteurs ont une vie très difficile. Lorsqu'elle a quinze ans, elle rencontre Thomas Siméon, un jeune Indien Innu venu chasser près de la ferme, puis revenu exprès pour elle. le coup de foudre est réciproque, Almanda se sent enfermée dans son petit village et décide d'épouser Thomas. Elle est très bien accueillie dans le clan et sa nouvelle famille l'initie à la vie en forêt et au nomadisme. En quelques années, elle devient une vraie Innue et élève une famille nombreuse. Malgré les difficultés épisodiques d'une telle vie, leur famille est très heureuse durant plus de vingt ans, puis le vieux Malek meurt très âgé, il est le dernier Indien à avoir connu la région avant l'arrivée des colons. Les Indiens pensent que leur mode de vie est éternel et ils ne voient pas les signes avant-coureur du « progrès » qui ravage la forêt.
Un jour, la rivière est complètement bloquée par des troncs d'arbre que des bûcherons charrient vers le lac. Désormais les bois appartiennent au gouvernement et aux exploitants forestiers, qui la dévastent, puis les rivières sont emprisonnées par des barrages qui modifient le paysage. Les Indiens n'ont plus leur place sur leurs territoires traditionnels et vivent désormais dans la réserve à Pointe-bleue avec tous les problèmes que l'on connaît, l'oisiveté, l'alcoolisme et la violence, qui n'existaient pas auparavant. Dans le année 1930-40, le gouvernement décide d'assimiler de force les Indiens en envoyant les enfants en âge scolaire dans des pensionnats, créant ainsi de nouveau problèmes.
Ce livre est magnifique, il nous fait découvrir la vie traditionnelle de ce peuple en symbiose avec la nature, qui chasse pour se nourrir avec un grand respect pour les animaux dont ils prennent la vie. Ces personnes sont ouvertes, tolérantes et pacifiques, on est à des années-lumières des mythes violents véhiculés par les western. Mais si les Innus ont accueillis les blancs avec respect, la réciproque n'est pas vraie et déjà il y a un siècle, on a détruit leur culture au nom du progrès. Almanda connaîtra la fin de la vie traditionnelle et aussi l'amélioration qui surviendra à la fin de son existence quand le gouvernement tiendra enfin mieux compte des Indiens, même si tout n'est pas parfait, loin de là.
J'ai particulièrement aimé le ton du livre, très optimiste, jamais pleurnichard, ni revanchard. Alamanda s'est adapté aux différentes contraintes de sa vie avec courage, sa famille est très unie et l'amour n'a jamais déserté son couple. Elle raconte son amour avec force et pudeur. C'est un livre vraiment magnifique, un gros coup de coeur et j'espère qu'il aura le succès qu'il mérite. de plus il est imprimé sur un beau papier, avec une graphie aérée et un format carré original, ce qui en fait un très bel objet en plus de ses qualités documentaires et littéraires.
Lien : https://patpolar48361071.wor..
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sarahdu91
  03 avril 2020
Il y a très peu de critiques à ce jour pour ce roman qui ne sera pas un coup de coeur pour moi, j'aime bien le romanesque mais là j'avoue que c'était tellement "fleur bleue" que j'ai cru qu'on était au pays des Bisounours.
Cela dit dans un moment de confinement intense ou encore de déprime il y aurait possibilité de se détendre avec cette lecture, tellement douce, sereine limite gnangnan. Mais non merci ce n'est pas du tout mon genre, j'ai besoin de plus de dynamisme dans mes lectures et "l'eau de rose" je la préfère sur le visage et non pas en lecture.
Je ne regrette donc pas de ne pas avoir été sélectionnée pour la masse critique récemment.
Je laisse les prochains "très bons avis" cacher le mien car je sais malgré tout que ce n'est que mon avis très subjectif et que cette écriture peut ramener un peu de lumière à d'autres lecteurs.
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MadameTapioca
  12 août 2020
A travers l'histoire de sa Kukum (arrière grand-mère), Michel Jean raconte l'histoire des Innus, peuple autochtones du Québec.
Suivons les pas de Almanda, jeune orpheline blanche qui va tomber amoureuse d'un chasseur innu. Un amour soudain, évident, qui va changer sa vie. Destinée aux travaux des champs, elle va intégrer le clan de son époux et devenir petit à petit une véritable innue. Elle découvre toute une culture, tout un mode de vie, de pensée.
L'auteur nous entraîne dans des paysages magnifiques, on marche sur les rives du lac Saint Jean, on chasse en forêt, on entend les rivières, on suit les saisons et les années qui défilent.
Ces années qui malheureusement vont marquer la fin d'un mode de vie traditionnel avec l'arrivée de la sédentarisation forcée pour un peuple qui jusque là était libre, toujours en mouvement, en accord avec son environnement. On découvre alors les terribles conséquences sociales de ce changement avec la vie dans les communautés, les pensionnats autochtones... Une fois encore, on se rend bien compte que l'homme blanc n'a eu aucun respect pour ces peuples natifs.
Ce livre, je l'avais repéré depuis longtemps et puis le temps est passé. Il aura fallu une rencontre en live avec la maison d'édition et avec l'auteur pour que je n'en repousse plus la lecture. Michel Jean ce jour là nous a tous ému, il a su nous transmettre son histoire avant même d'avoir lu son livre.
L'émotion de ce moment est intacte dans mon souvenir et dorénavant j'y rajoute celle ressentie à la lecture de ce roman, si simple et pourtant si touchant.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
dedansodedanso   09 février 2020
C'est difficile d'expliquer le territoire d'avant. Le bois d'avant les coupes à blanc. La Péribonka d'avant les barrages. Il faut imaginer une forêt sautant d'une montagne à l'autre jusqu'au-delà de l'horizon, visualiser cet océan végétal balayé par le vent, réchauffé par le soleil. Un monde où la vie et la mort se disputent la préséance et au milieu duquel coule, entre des berges sablonneuses ou des falaises austères, une rivière qui ressemble à un fleuve. C'est ardu à expliquer parce que cela n'existe plus. Les usines à papier ont dévoré la forêt. La Péribonka a été soumise et souillée. D'abord par la drave, puis par les barrages qui ont avalé ses chutes impétueuses et créé des réservoirs dont l'eau nourrit maintenant les centrales électriques.
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dedansodedanso   10 février 2020
J'ai grandi dans un monde immobile où les quatre saisons décidaient de l'ordre des choses. Un univers de lenteur où le salut dépendait d'un bout de terre qu'il fallait travailler et retravailler sans cesse. Mes plus anciens souvenirs remontent à la cabane où nous vivions, guère plus qu'une modeste maison de colons en bois, carrée, avec un toit à deux versants et une seule fenêtre sur sa façade. Devant, un chemin de sable. Derrière, un champ arraché à la force des bras à la forêt. C'est un terroir rocailleux et, pourtant, les hommes le traitent comme un trésor, le retournent, l'engraissent, l'épierrent. Et il ne rend en retour que des légumes fades, un peu de blé et du foin pour nourrir les vaches, qui donnent le lait. La récolte serait bonne ou pas. Cela dépendrait du temps. Le Ciel en déciderait, disait le curé. Comme si Dieu n'avait que ça à faire.
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dedansodedanso   07 février 2020
J'ai vécu la maternité comme une grande responsabilité qui m'était confiée. La vie en territoire pouvait paraître fragile et elle l'était souvent. La survie des humains dépendait de leur capacité à s'adapter au monde, à vivre en harmonie avec la nature, comme le font les autres espèces. Nous y avions notre place. C'est ainsi que j'en suis venue à comprendre notre existence en forêt.
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dedansodedanso   30 janvier 2020
J'arrivais d'un monde où l'on estimait que l'humain, créé à l'image de Dieu, trônait au sommet de la pyramide de la vie. La nature offerte en cadeau devait être domptée. Et voilà que je me retrouvais dans un nouvel ordre des choses, où tous les êtres vivants étaient égaux et où l'homme n'était supérieur à aucun autre.
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LishbksLishbks   09 janvier 2020
Les compagnies forestières ont construit des routes de façon méthodique, pour monter toujours plus loin et couper toujours plus de bois. Nous, nous sommes restés dans la réserve. Il n'y avait de toute façon nulle part où aller. Le bois alimentait les usines de pâte à papier et les scieries. Elles fournissaient du travail aux colons. Le progrès était enfin arrivé. Ainsi les gens le croyaient-ils. Mais la vie est un cercle. Le temps se chargerait de le leur rappeler un jour.
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Lancement du livre Kukum de Michel Jean au Musée amérindien de Mashteuiatsh.
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