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ISBN : 9791033904472
Éditeur : Harper Collins (08/01/2020)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule ch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
MarcelineBodier
  13 février 2019
Préférer l'hiver est un livre dont j'ai lu la première page parce qu'une sollicitation extérieure m'y a incitée, et la centaine d'autres, parce qu'une nécessité intérieure m'y a obligée. C'est un roman absolument sans concession, qui explore la douleur jusqu'en ses moindres replis, ne recule devant aucun sentiment indicible, ne craint pas d'affirmer qu'il écrit l'ineffable – car c'est entièrement vrai, il le fait.
Le sujet fait absolument horreur : la perte d'un enfant. Vous pensez que rien ne saurait moins inciter à lire un livre que de savoir que c'est cette idée qu'il va vous obliger à affronter ? J'ose l'écrire : vous auriez tort. le livre est trop court, on en redemande, on voudrait accompagner ces femmes plus loin encore dans l'hiver – ou alors, atteindre le printemps avec elles.
Pourquoi ? Je crois que c'est à cause de l'écriture d'Aurélie Jeannin, des mots qu'elle trouve, des expressions qui explorent des zones d'ombre que nous croyions bien cachées, qui les font surgir et les nomment, et que nous reconnaissons comme étant aussi les nôtres. C'est aussi parce que son écriture n'est pas uniquement celle des tourments invisibles, elle est aussi celle du corps : elle est très incarnée, très physique. Elle hurle, elle frappe, elle va tout au bout du besoin et des désirs de violence, de meurtre et de destruction, elle ose tout et on va au bout de tout avec elle.
C'est en quelque sorte le mariage réussi de Donald Ray Pollock et de Stefan Zweig, ce qui est un tour de force dont je n'aurais jamais osé imaginer la possibilité : Le diable, tout le temps, mais aussi La lettre d'une inconnue. La confrontation avec l'horreur des pires expériences humaines, mais dans une quête intime et lente, qui englobe l'exploration du sentiment amoureux. Alors évidemment, vous pouvez ne pas le lire, pour échapper à la violence du drame d'une inconnue. Mais si vous évitez cette expérience, ce n'est pas au drame d'une autre que vous échapperez : c'est à la possibilité que ce livre offre de donner un nom aux drames qui vous hantent, vous.
Je n'ai rien contre l'idée que le feel-good existe, mais quand on lit un livre comme celui-là, on se rappelle qu'on est vraiment en droit d'exiger énormément plus de la littérature, d'exiger une expérience extrême qui n'a rien à voir avec les bons sentiments. Dans un moment d'apaisement, Aurélie Jeannin écrit « Maman distingue les écrivains et les romanciers. Elle dit que les romanciers savent raconter des histoires. Que ce qui importe aux écrivains, ce sont les mots, leur enchaînement et leur rythme. Ceux qui excellent dans les deux, elle les appelle les auteurs. » Aurélie Jeannin est sans conteste un auteur.
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CathyBorie
  10 février 2019
J'ai adoré ce livre, et au moment de vous dire pourquoi, je cherche mes mots... Il fait partie de ces romans où l'atmosphère l'emporte sur l'histoire, où il se passe très peu de choses (au sens de l'action) mais où ce qui est dit est toujours essentiel et fait écho à ce que chacun porte en soi. J'ai souligné des tas de passages, des réflexions auxquelles j'adhérais totalement, des sentiments qui avaient été les miens à un moment de ma vie, des questions que je me pose aussi... L'écriture est précise et souvent poétique, et pourtant terre à terre aussi, car elle colle souvent à la simple réalité, celle de la nature, celle du quotidien. Préférer l'hiver raconte au fond une sorte de quête immobile, une pause glacée après des drames que l'on évoque à peine, et la voix de sa narratrice résonne longtemps après que le livre soit fermé. Je ne m'étonne pas du tout qu'il ait obtenu le Prix des Etoiles de Librinova car à mon sens il se démarque nettement d'autres bons romans de la liste des sélectionnés que j'ai pu lire. Nous entendrons sûrement parler à nouveau de son auteure Aurélie Jeannin. Un grand bravo et merci à elle pour l'émotion qu'elle m'a donnée.
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MathildeColo
  11 mars 2019
Je suis bluffée par Préférer l'hiver, moi qui était remontée contre l'auto-édition, là je sens une telle fraîcheur, elle échappe à la grosse patte des éditeurs qui d'un côté arrangent les textes (et doivent en sauver pas mal) mais leur impriment leur marque aussi... ce livre n'est pas parfait mais rien n'est parfait et je suis émerveillée de cette fille qui me fait l'effet d'être moi, au plus profond de ce que je ressens, elle me comprend, c'est à en pleurer !
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mariedori
  05 novembre 2019
J'en suis encore bouleversée...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MarcelineBodierMarcelineBodier   13 février 2019
Des coups pour me tuer, qui finalement me délivrent. Secs, sans crainte, affirmatifs. Enfin quelque chose à la mesure de ces peines que j'ai subies plus que vécues. Enfin quelque chose de suffisamment fort. Ces coups qui disent : Tu ne te relèveras pas. Voilà ! Voilà une intensité à la hauteur ! Arrachez-moi le cœur ! Allez-y sans retenue ! Voilà enfin !
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MarcelineBodierMarcelineBodier   13 février 2019
Je crois qu'il y a quelque chose que notre sémantique dit mal : depuis le coup de fil, Maman et moi ne survivons pas, nous sous-vivons.
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oktaokta   14 novembre 2019
Maman et moi vivions ici depuis un peu plus de trois ans quand nous avons reçu le coup de fil. Au milieu des pins, des chênes et des bouleaux, au bout de ce chemin sans issue que deux autres propriétés jalonnent. C’est elle qui m’avait proposé de nous installer ici. Et je n’étais pas contre. J’avais grandi dans cette forêt. Le lieu m’était familier, et je savais que nous nous y sentirions en sécurité. Qu’il serait le bon endroit pour vivre à notre mesure.
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MarcelineBodierMarcelineBodier   13 février 2019
Pendant des années, j'avais fantasmé cette question d'identité. J'avais rêvé de rencontrer la mienne et d'aider les autres à trouver la leur. Il m'avait fallu des années et des drames pour saisir qu'il n'y a aucune véritable réponse. Pas de terme à cette quête. Que cette question ne vaut que pour le chemin qu'elle permet.
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