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ISBN : 2843982642
Éditeur : Apogée (13/06/2007)

Note moyenne : 4.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :

Passe Ouest suivi d'IKARIA LO 686070, deux textes manifestement complices, bien qu'écrits à dix ans d'intervalle, pour résumer vingt-huit années de navigation et de pêche entre l'île d'Yeu et l'archipel des Glénan.

Quelques milliers d'heures d'une drôle de vie, des expériences et des émotions farouchement assumées, au gré des vents et des courants, sur un océan rarement conciliant.

IKARIA LO 686070 : nom du navire et son n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Plouzennec
  22 octobre 2017
Deux récits de mer qui « constituent le plus formidable livre sur la mer écrit par un poète d'aujourd'hui. Alain Jégou y conte, à fleur de tripes, ses colères et ses émerveillements, dans une langue qui swingue à chaque coup de roulis » (Bruno Sourdin, Ouest-France).
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   08 décembre 2018
"J'ai été témoin / j'ai souffert / j'étais là"
Walt Whitman


  Sans forfanterie aucune…
Extrait 3

  Sans exactitude ni certitude de soi non plus, naviguant à l’estime entre le mesquin
et le généreux, le frileux et l’impulsif, l’étriqué et l’exalté, le quiet et le sauvage,
le douillet et l’inconfortable, le convenu et l’incongru, le blême et le beau,
le zéro et l’infini...
  Toujours l'impulsion qui prime, le besoin d'éloignement. Larguer les bosses,
franchir les passes, doubler les digues, les bouées, les pointes et les caps. Fuir la
morosité, l'hostilité mesquine, les râleries et reproches, les tracasseries et anicroches,
tous les chichis et blabla énervants. Rallier le large chaque matin ou chaque marée
et se payer le luxe de voyager serein. Même dans les pires moments des foudres et
déchirements, se colleter débridé, morfler et aimer çà. Quoi de plus naturel pour un
être passionné, toujours à fleur de tripes et foncièrement fêlé ?
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   07 décembre 2018
Lorient – Keroman


Extrait 3

  Il est trois heures. Le port s’ébroue de son silence et nippe ses néons de ses premières écailles. Sous la criée 3, les côtiers débarquent et étalent leurs caisses de poissons brillants et de langoustines excitées par le remue-ménage naissant.
  Au ponton, les équipages gagnent leur bord. Les lampes des passerelles et les projecteurs de pont s’allument successivement. Les moteurs sont lancés, ronronnent et fument paresseusement. L’heure d’une nouvelle partance a sonné...
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   08 décembre 2018
Coincées entre la coque et le vivier …


Extrait 2

  Le vent propage sa hargne dans le ciel malléable, sème sa zone,
violente l’espace et secoue le pucier des ondées lunatiques. Il
gribouille des éclairs sur la peau de mer, tord le cou aux nuages, fait
voler de l’écume au cul des satanics et trifouille dans les chairs de la
houle résiduelle pour réveiller ses spasmes et sursauts outranciers.
  Des vagues, ivres de courants d’air, aussi exubérantes qu’une bande
de crevettes en goguette, s’égayent dans tous les sens, se bousculent et
s’enchevêtrent, se mêlent les pinceaux et se ratatinent la crête sur l’étrave
des navires, en pêche ou à la cape.
  Le paysage giflé, boxé, dérouillé par la clique hystérique, mute et
chamboule sous les yeux blasés des matelots éreintés. Emmitouflés dans
leurs cirés, la clope aux lèvres et les pieds bien calés contre les planches
du parc, certains attendent l’abordage du pavillon, d’autres l’arrivée des
panneaux ou le largage du cul. D’autres encore, que le grain passe pour
crocher dans la bouée ou lovés dans leur couchette, que l’accalmie revienne
pour recoller en pêche.
  Les forces conjuguées de la mer et des vents imposent leurs lois aux
hommes des équipages. A chaque patron de savoir jusqu’où il peut aller,
jusqu’à quelle force son rafiot résistera, à quel moment il deviendra urgent
d’aller chercher l’abri des côtes ou de mettre à la cape pour se préserver du
pire.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   08 décembre 2018
Coincées entre la coque et le vivier …


Extrait 3

  Les visages d’aucuns sont comme des cartes marines, lardés de failles,
de crevasses et de ridules ombrées. Grêlés de cratères et récifs efflanqués
ou parsemés de plature au galbe lisse et gras.
  Dans le grain et les nuances des zones de transparence, le réseau des
veinules et des nervures, sinueuses comme des lignes de fonds, on peut
lire et découvrir tout l’univers des troubles et turbulences, le calque des
sentiments concrétisés au fil des expériences, les paysages poignants
modelés par quelques milieux d’heures de trime, d’inquiétudes et de
fatigues immenses.
  Morsures des vents et des froidures. Brûlures du sel et du soleil.
Eraflures, boursouflures, balafres et scarifications. Pigmentation étrange
des traits. Toute l’œuvre plastique issue de l’action des éléments et du
tirage des émotions.
  Trou de l’Insécurité, Mer de l’Intranquillité, Basse de la Culpabilité,
Pic de la Désolation, Plature des Meurtrissures, Coursive de la Colère,
Vasière des Rancoeurs, Plateau des Griefs, Récifs des Regrets… Tout
un inventaire, aussi étrange et fascinant que n’importe quelle carte
hydrographique ou plan de sédimentation, affiché sur les chairs des
racleurs d’océan.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   08 décembre 2018
"J'ai été témoin / j'ai souffert / j'étais là"
Walt Whitman


  Sans forfanterie aucune…
Extrait 2

  Sans micmac ni bidouillages d’esprit, genre occultisme ou bigoterie,
sur la brèche toujours, le fil de lame, à jouer les équilibristes pour rester
en surface, garder le moral loin des godasses, bien au-dessus de l’horizon
et de la flottaison.
  Sans réelle animosité, ni envie d’en découdre à tout crins, essayer de
cohabiter, coexister avec l’espace mâtin, la carcasse coincée entre deux mondes,
celui des morts d’un côté celui des vivants de l’autre, puisqu’il paraît, comme
disait le poète, que nous sommes en marge de ces deux entités.
  Sans une once de regrets, cœurs errants baladés entre deux conditions, fricotant
avec la vastitude sans jamais nous mêler des affres et turpitudes des humaines
habitudes, toujours le cul entre deux marées, l’espoir entre deux rades et la vie entre
deux dépressions.
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Videos de Alain Jégou (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Jégou
Retour sur la soirée lecture du 15 Janvier 2016 en hommage à Alain Jégou à la médiathèque.
Lecture par Charles Madéso
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