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EAN : 9782290228777
512 pages
J'ai Lu (11/03/2020)
4.09/5   196 notes
Résumé :
Le retour imminent de la Lune signifie-t-il la fin de l'humanité ou au contraire sa rédemption ? La réponse à cette question repose sur les épaules d'une femme et de sa fille. La première, Essun, entend se servir des pouvoirs qu'elle a hérités d'Albâtre pour bâtir un monde dans lequel les orogènes seraient libres. Mais pour la seconde, Nassun, il est trop tard. Elle a vu ce que le monde avait à offrir de pire, et elle a accepté ce que sa mère n'admettra jamais : qu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
4,09

sur 196 notes

boudicca
  17 décembre 2020
Et voilà, l'heure est déjà venue de faire nos adieux à Essun, Nassun, Albâtre, Hoa et tous les autres. Récompensé comme ses prédécesseurs par le Prix Hugo (un sacré exploit), le troisième et dernier tome des « Livres de la Terre fracturée » s'est également vu décerner les Prix Locus et Nebula, soit trois des plus grandes distinctions qu'un ouvrage de SF ou de fantasy peut se voir attribuer. Un hommage amplement mérité pour ce qui concerne l'ensemble de la série, même si cet ultime opus est à mon sens le moins réussi. [Comme d'habitude lorsqu'il s'agit d'une suite, si vous n'avez pas encore eu l'occasion de lire les premiers tomes, je vous conseille de sauter ce paragraphe au risque de vous voir inévitablement révéler plusieurs pans de l'intrigue des précédents volumes.] L'action repart sur les chapeaux de roue après les événements marquants qui avaient mis un terme à « La porte de cristal ». On retrouve donc Essun et les Castrimiens sur la route, leur seule chance de survie résidant désormais dans un long périple devant les mener aux ruines de la cité de Rennanis, dont ils viennent de vaincre les anciens habitants. Seulement prendre la route en pleine Saison, même lorsqu'on possède un groupe nombreux, qui plus est composé de plusieurs orogènes, cela reste extrêmement périlleux, et tous ont bien conscience qu'ils risquent de subir d'énormes pertes. Essun, elle, a d'autres préoccupations en tête : outre les questions qui demeurent en suspens depuis qu'elle est parvenue à utiliser la puissance de la porte de cristal, c'est à nouveau le sort de sa fille qui la tourmente. Car si Nassun, qu'elle croyait perdue à jamais après avoir été enlevée par son père, est bel et bien toujours en vie, son sort paraît encore plus incertain que celui de sa mère. D'abord parce qu'elle vient de commettre un acte terrible qui la hantera toute sa vie. Ensuite parce qu'elle est désormais en compagnie d'un homme qu'Essun connaît bien et qu'elle a toutes les raisons de redouter. Et surtout, surtout, parce que la petite fille de dix ans fait preuve d'une maîtrise de l'orogénie absolument stupéfiante, au point de risquer de contrecarrer les plans de sa mère et l'avenir de l'humanité.
Nora Jemisin tient ici toutes ses promesses et s'attelle, page après page, à enfin apporter des réponses aux nombreuses interrogations qu'avait suscité la découverte de cette « Terre fracturée » et du mode de vie extrêmement rude de ses habitants. Pour se faire, l'autrice donne la parole à un « nouveau » (quoi que…) narrateur, qui nous permet d'avoir une vue plus globale de la situation et de comprendre comment les conditions de vie sur Terre ont pu se dégrader à ce point. Aux chapitres narrés à la troisième personne (Nassun), et à la seconde (Essun), viennent donc s'en intercaler d'autres, à la première cette fois. Ce retour au origine s'accompagne d'un grand nombre de précisions scientifiques assez poussées dont j'ai, pour ma part, eu beaucoup de difficulté à saisir le sens, ce qui explique sans doute pourquoi ce troisième opus m'a moins captivée que les précédents. Car cette complexité nuit à mon sens au récit, puisqu'elle a une incidence inévitable sur le rythme qui se fait ici beaucoup plus lent. Tout comme dans le précédent tome, force est de constater qu'il ne se passe pas énormément de choses dans cet ultime volume qui explique plus qu'il ne met en scène (contrairement au premier tome qui, lui, laissait les explications complètement de côté et nous plongeait directement au coeur de l'action, sans forcément nous fournir tous les codes dont nous avions besoin). le roman comprend cela dit son lot de scènes marquantes, comme la traversée du désert par les Castrimiens, ou encore le voyage de Nassun en véhimal, si bien qu'il serait malgré tout erroné de parler d'ennui. Bien qu'on ne se lasse pas en suivant les pérégrinations de l'une et l'autre des héroïnes, on passe malgré tout une bonne partie du roman dans une posture d'attente. Or, les événements que l'on sait inévitables, et qu'on espère ou redoute depuis le premier tome, arrivent tardivement et se révèlent finalement assez courts, ce qui ne manque pas de susciter étonnement et frustration. La conclusion, pour logique et émouvante qu'elle soit, paraît ainsi un peu bâclée : tout s'arrête soudainement, alors qu'on aurait aimé avoir tellement de précisions sur l'impact des événements qui viennent de se produire, aussi bien sur la Terre en général que sur les personnages en particulier.
Cette légère déception concernant la conclusion de la série, elle s'explique aussi et surtout par l'attachement profond qu'on éprouve pour les personnages, et c'est pourquoi, malgré les défauts précédemment mentionnés, ce troisième tome nous fait malgré tout passer un excellent moment de lecture. Essun est en effet le genre d'héroïne qu'on oublie pas, non pas pour ses exploits ou des qualités exceptionnelles, mais au contraire pour ses failles et sa vulnérabilité. Que ce soit en tant qu'amie, amante, ou surtout en tant que mère, le personnage passe son temps à se tromper, à regretter, à souffrir, et puis à recommencer à avancer, de plus en plus abîmée par le vie mais aussi de moins en moins seule. Notre héroïne est en effet désormais entourée d'une sacrée galerie de personnages qui, eux aussi, laisseront pour longtemps leur marque dans l'imaginaire du lecteur (pour ma part je ne risque pas d'oublier Albâtre de sitôt, tant il est rare qu'un personnage de fiction me touche à ce point). Nassun, la fille d'Essun, est elle aussi remarquable, son jeune âge la rendant peut-être même encore plus attachante que sa mère. Difficile de ne pas être bouleversé par les épreuves endurées par la fillette, de même que par l'amour inconditionnel qu'elle en vient à éprouver pour Schaffa, ou encore par le profond sentiment d'injustice qu'elle en vient à développer. Il s'agit d'ailleurs d'un autre des gros points fort de la série qui aborde avec intelligence et subtilité des sujets aussi graves et complexes que le racisme, le génocide, mais aussi le rapport des humains à la vie et à la terre, ou les éléments qui fondent une communauté. Il convient également de saluer la qualité de la plume de l'autrice qui fait preuve de beaucoup de délicatesse pour nous dépeindre les sentiments de ses personnages, sans jamais tomber dans la sensiblerie ou le voyeurisme.
Bien que légèrement déçue par ce troisième et dernier tome, c'est avec une grande tristesse et l'impression d'avoir vécu une formidable aventure aux côtés de personnages inoubliables que je termine ma découverte de ces « Livres de la Terre fracturée », série incontournable pour tout lecteur d'imaginaire qui se respecte. Une référence, à lire et relire.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Zazaboum
  02 mars 2020
Ce qui est embêtant avec les séries c'est qu'en voulant faire un petit résumé du début du volume, on spoile le précédent ! Donc pas de résumé détaillé.
Essun a senti par les obélisques que sa fille Nessum est en vie et cherche à la retrouver et régler le problème de cette Cinquième Saison qui risque de durer des milliers d'années donc d'anéantir les humains quels qu'ils soient !
Ce volume devient plus « scientifique » mais à la façon de ce monde imaginé ! C'est une bonne chose parce que ça nous permet de comprendre la genèse de son état actuel mais ça complique grandement la compréhension du texte pour quelqu'un qui, comme moi, est une buse en sciences ! Mais comme j'ai cessé de me battre pour essayer de traduire, j'ai eu malgré tout une idée du pourquoi et du plaisir à voir venir le dénouement.
Chapeau l'auteure, à la lumière de mon faible savoir j'ai l'impression que ça tient la route. de plus la curiosité est attisée à chaque instant et fait qu'il est difficile de poser le livre. Une relecture sera nécessaire pour goûter toutes les subtilités de l'univers que N.K. Jemisin a créé !
CHALLENGE MULTI-DEFIS 2020
CHALLENGE PAVES 2020
CHALLENGE MAUVAIS GENRE 2020
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cecilestmartin
  13 mai 2021
Dernier volet des Livres de la terre fracturée, j'ai dévoré les deux premiers tomes et ai éprouvé le même plaisir à connaître la conclusion des aventures d'Essun et de sa fille.
Essun poursuit sa route avec les castriminiens, direction Rennanis, cité qui devrait permettre à la Comm de survivre à la cinquième Saison. La jeune femme est déchirée entre sa mission, ouvrir la porte de cristal, et le désir de retrouver Nassun dont elle sait à présent qu'elle possède une immense force et que Schaffa est à ses côtés. Schaffa, le Gardien, lutte sans relâche pour neutraliser les assauts de sa Pierre-noyau, qui le contraint à contrôler les jeunes orogènes qui sont sous sa responsabilité. Schaffa investi par Nassun comme père de substitution et pour lequel elle est prête à tous les sacrifices afin de lui éviter de souffrir.
On découvre aussi l'histoire d'Hoa - autre « outil » dans les mains d'une force supérieure – qui évolue dans la cité de Syl Anagyst. le mangeur de pierre et ses semblables - « vestiges dénaturés des Niess », un ancien peuple ennemi des sylanagestins - sont craints pour leur magie. Et l'on découvre ici l'histoire tristement humaine d'une société qui souhaite en éradiquer une autre par peur, par conviction de sa supériorité. Syl Anagyst a ainsi exterminé le peuple des Niess, préservant et transformant leur pouvoir, exploitant leurs ressources car « Il faut que quelqu'un souffre pour permettre aux autres de vivre dans le luxe. ». Ainsi nait le projet fou de la Geoarcanité, « enfermer les flux bruts magiques de la planète dans un cycle sans fin au service de l'humanité », asservissant la Terre pour toujours au profit d'une société inconsciente de ce que cela implique.
Le vrai talent de N.K Jemisin est de faire s'affronter plusieurs forces et projets : tout détruire car l'humanité ne mérite pas de seconde chance ou tenter de rééquilibrer les choses, de reconstruire une société plus inclusive, plus égalitaire qui vivrait en paix avec le Père Terre, apaisé d'avoir retrouvé sa fille la Lune.
Les deux projets nécessitent choix cornéliens et sacrifices pour la mère et la fille.
C'est une belle et tragique réflexion que tisse l'auteur en filigrane. Elle nous interpelle sur l'héritage que nous allons laisser, sur le fait que le bien-être des uns repose presque toujours sur l'esclavage, le pillage, le déni d'humanité. le propos est politique, il emprunte à différents registres qui renvoient tous au thème de l'exploitation : celle des richesses de la planète, de l'homme par l'homme…
« Personne n'a réellement envie d'affronter le fait que le monde est ce qu'il est par la faute d'ancêtres si arrogants, si égocentriques qu'ils ont cherché à réduire en esclavage la planète même ».
Challenge MULTI-DEFIS 2021
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BlackWolf
  02 octobre 2017
En Résumé : J'ai passé un excellent moment de lecture avec ce troisième et dernier tome de cette série qui vient clore de façon efficace et réussie The Broken Earth. J'étais un peu inquiet de ne pas accrocher à cette fin tant le chemin pouvait paraitre balisée suite à la conclusion du second tome, mais l'auteur a su relever le défi et offrir une conclusion maîtrisée et captivante. Elle a ainsi réussi à garder une certaine tension dans la dualité entre Essun et Nassun, tout en y ajoutant une nouvelle ligne d'intrigue avec un flashback sur ce qui abouti à l'apocalypse qui ne manque pas de passionner. Elle oscille ainsi efficacement entre ses trois narrations, offrant surprise, rebondissements et réflexions. L'univers construit s'avère toujours aussi fascinant à découvrir, surtout que le retour dans le passé permet de le densifier encore un peu plus. Un passé d'une certaine façon utopiste dans ses envies et ses ambitions, mais qui va se dévoiler comme on s'en doute plus complexe qu'on peut le croire. le présent avec Nassun n'est pas en reste, avec toujours ce monde sauvage, âpre, violent mais qui amener les prémices de changement et d'espoir. le gros point fort vient ainsi des nombreuses réflexions qui sont soulevées au fil des pages. Que ce soit sur les discriminations, le rejet, l'extinction, le fanatisme, l'environnement, la façon dont on gère notre planète, la famille, l'amour ou encore l'endoctrinement cela ne laisse pas le lecteur indifférent. Surtout que N.K. Jemisn le fait avec justesse, sachant nous toucher et, je trouve, nous pousser à nous remettre en cause. Les personnages sont captivants, denses nous présentant deux héroïnes charismatiques, touchantes et attachantes. Deux visions d'un monde sans merci et violent, mais où l'une garde espoir, là où la seconde, face à l'horreur, ne voit que la fin pour permettre de tout arranger. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste s'avérant réussis. Alors certes on pourrait reprocher une deux facilités, une fin en partie attendue, mais le tout est balayé par la réussite de l'oeuvre bien porté par une plume efficace, soignée et entrainante. Je conseille la découverte de cette oeuvre, je ne dis pas qu'elle vous plaira obligatoirement, mais faites-vous une idée car il serait, pour moi, dommage de passer à côté.

Retrouvez la chronique complète sur le blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Pequignon
  18 février 2021
Parfois, il faut se forcer à aller jusqu'au bout pour saisir l'ampleur de l'ambition d'une autrice. D'un autre côté, par les temps qui courent et la surabondance de très bons livres, on n'a sûrement raison de ne pas s'attarder dans une lecture brumeuse. La force de N.K Jemisin est de m'avoir suffisamment intrigué pour que je reste dans sa brume et finisse par m'y repérer.
Ce bouillon de concepts, néologismes, post-technologies (?), surnaturel (?), moitié roman pointu, moitié manga blockbuster, devient peu-à-peu une véritable oeuvre univers.

Ce qui apparaît au premier abord comme des artifices narratifs (tutoiement du lecteur, citations obscures d'un savoir passé caché encore plus obscur, italiques comme des cheveux sur la soupe), tout ça s'effile sur la longueur en une simple prouesse littéraire : une forme singulière au service d'un récit et d'un propos.
C'est qu'on aime quand la SF se fait dure à lire. Ainsi un narrateur aussi éloigné de nous qu'un futur de plusieurs millénaire ne peut se permettre de nous expliquer tout son vocabulaire de son quotidien et de son fonctionnement social (et corporel). Bé oui, est-ce qu'on explique, nous, dans nos livres contemporains, ce que signifie « électricité », « commune » ou « manger » ? N.K Jemisin, par la violence des actions, par la singularité de ses personnages, par une quête simple (poursuivre son ex-mari en quête de sa fille), nous immerge dans son monde, ses règles et son vocabulaire. Quand ça prend, c'est pour un bon orgasme littéraire de fin de tome.
À la fin du premier, on est content d'avoir compris le lien entre les trois personnages et, c'est vrai, un peu perplexe d'avoir fait d'un truc simple un truc compliqué. Cela s'arrête au début du deuxième tome (qu'il faut enchaîner de suite pour ne pas se perdre), on est bien calés dans le monde, on a les repères, mais les ennuis commencent. À partir de là nous guette en fait une densité impressionnante (parfois fouillis) de nouvelles informations. Mais le mal est fait, il faut aller au bout, car les enjeux sont clairs et les surprises multiples, les idées géniales jaillissent. L'orgasme de fin du tome deux est donc encore plus intense. Et le tome trois est une jouissance de résolution, de récompense de notre effort de lecture. Car tout paraît cohérent malgré une matière très difficile à modeler (énergies telluriques, quantiques (?), histoire millénaire, multiples apocalypses, narrateur nébuleux... moi, ça me repose, de lire ça, l'absence totale de déjà-vu m'évite de lever les yeux au ciel).
Avec cette matière, ce que fait N.K Jemisin, au-delà de sa densité d'informations à emmagasiner, c'est un livre d'action. On est devant des scènes dures et sombres d'enjeux émotionnels et physiques et surtout de longues scènes d'action « intérieures » (descriptions des énergies telluriques selon un ''''sixième sens'''') ; tout ça à l'échelle planétaire et même plus. Bref, c'est épique total.
Il paraît que la SF doit, en miroir, parler de notre présent (dogme journaleux que je conteste). Ici, Jemisin nous offre d'abord un réel dépaysement, que je qualifierai personnellement d'une sorte de Mad Max géologique avec des kaméhaméha, ET, elle n'en oublie pas la portée allégorique de son texte. On lit une fiction, un divertissement à l'état pur, qui a pour but de nous subjuguer de son inventivité, mais on ne peut pas échapper à nos propres envolées réflexives lors de cette lecture.
Par exemple, sur les capacités de notre folie collective face à l'épuisement des ressources. Mais c'est lointain. Tout comme le futur de Jemisin est lointain, le discours sur l'écologie l'est aussi, puisque cette notion n'existe même pas dans ce futur. Il en est de même pour le racisme, dont les mécanismes sont ici appliqués à des humains particuliers, dans des contextes particuliers.
Autre force de la trilogie: en se plaçant dans un futur très lointain, Jemisin accomplit une réelle fusion entre la SF et la Fantasy. Une fantasy post-post-post-apocalyptique, avec des pouvoirs mentaux, mais dans laquelle la présence de nombreuses civilisations disparues nous incite à penser que tout ça n'a rien de surnaturel. Ces pouvoirs mentaux sont-ils des évolutions de l'humain, de la simple magie ou le vestige d'une manipulation technologique ? Ce doute est brillamment entretenu et développé sur la longueur, et résolu avec finesse dans un fatras explosif d'exotisme, d'inventivité et d'action.
Dernière chose, importante :
N.K Jemisin est noire et américaine. Dans le fabuleux domaine de la science-fiction, malgré tout très blanc et masculin, ça rafraîchit. N'importe quelle sorte de personne aurait pu imaginer cette histoire, peut-être, j'en doute, en tout cas, savoir que ça vient d'une afro-américaine a approfondi ma lecture. Non, ce n'est pas pour ça qu'on lui a donné trois fois le prix Hugo ; à ce titre, il faut regarder son discours de remise du prix pour le tome 3. Je lis beaucoup de SF, une telle qualité et une inspiration de ce niveau sont très rares.
Non, les femmes ne sont pas lues que par des femmes, les noirs ne sont pas lus que par les noirs. Tous les imaginaires, y compris venus des « minorités » peuvent avoir une portée universelle. C'est bien l'imaginaire qui a été récompensé ici, par trois fois, pour chaque tome, ce qui n'est jamais arrivé à personne d'autre pour le prix Hugo. Peut-être justement parce que cet imaginaire sortait du lot, ne venant pas d'un mec blanc ? ...
Merci, donc, aux éditions de science-fiction de s'ouvrir enfin à ce qui passe d'habitude sous le radar. le succès de la Terre Fracturée nous donnera peut-être enfin à lire ces chefs-d'oeuvre jusqu'ici jugés dispensables à une édition grand public.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
SoleneySoleney   12 mai 2022
Syl Anagist avait assimilé le monde entier depuis plus d'un siècle avant même ma création : il n'existait plus d'autre cité que Syl Anagist, plus d'autre langue que le sylanagistin – mais nul ne saurait avoir aussi peur que le conquérant ni être aussi étrange dans ses peurs. Il invoque sans arrêt des fantômes, terrifié à l'idée que ses victimes finissent par lui infliger ce qu'il leur a infligé – alors que, à vrai dire, elles n'ont aucune envie de se livrer à ce genre de mesquineries et sont passées à autre chose. Le conquérant vit dans la peur du jour où il apparaîtra aux yeux de tous qu'il n'est pas supérieur, qu'il a juste eu de la chance.
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SoleneySoleney   12 mai 2022
Je me rappelle en cet instant pourquoi je continue à raconter cette histoire de ton point de vue plutôt que du mien : parce que, de l'extérieur, tu te caches trop bien. Ton visage est inexpressif, ton regard voilé, mais je te connais. Je te connais. Voilà ce qu'il se passe en toi.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   29 juillet 2019
L'énergie est une, bien qu'en des états et sous des noms multiples. Le mouvement crée la chaleur, équivalente à la lumière, qui ondule tel le son, lequel resserre ou disjoint les liens atomiques des cristaux, bourdonnants de forces plus ou moins puissantes. Résonance reflet de tout cela : la magie, émission rayonnante produite par la vie et la mort. Voici notre rôle : tisser les fils de ces énergies disparates. Les manipuler, les limiter et, à travers le prisme de notre conscience, produire une force unique qui ne puisse être niée. Transformer la cacophonie en symphonie. L'engin immense appelé Machine Plutonique est l'instrument ; nous sommes les accordeurs.

Voici notre but : la Géoarcanité. Laquelle vise à établir un cycle énergétique d'une efficacité infinie. Si nous réussissons, le monde ne connaîtra plus jamais le besoin ni le conflit... du moins est-ce ce qu'on nous dit. les contrôleurs ne nous donnent guère que les explications nécessaires pour nous permettre de jouer notre rôle. Il nous suffit de savoir que nous - petits nous sans importance - aiderons l'humanité à s'engager sur le chemin d'un avenir à l'éclat inimaginable. Nous sommes des outils, certes, mais de bons outils, servant un but magnifique. Il est facile d'y puiser une certaine fierté.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   29 juillet 2019
Reconfigurer l'étranger en y injectant du familier ne l'aide guère, évidemment, parce qu'il n'y a rien de normal dans cette cité. Si les gens qui y ont vécu avaient des montures, il ne s'agissait pas de chevaux ; s'ils confectionnaient de la poterie ou des outils, ce n'était pas à partir d'argile ou d'obsidienne, et les artisans qui s'en chargeaient n'étaient pas de simples débiteurs. On parle des gens qui ont construit un obélisque, avant d'en perdre le contrôle. Qui sait quelles merveilles et quelles horreurs peuplaient leurs rues ?
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   29 juillet 2019
Quand la société à laquelle nous appartenons nous trahit, le processus de maturation comporte plusieurs phases. L'hypocrisie, la découverte de la différence, les mauvais traitements inexplicables ou incongrus nous tirent brutalement de notre complaisance. Suit une période d'égarement - nous sommes contraints de désapprendre ce que nous prenions pour la vérité, de nous immerger dans une nouvelle vérité puis de décider qu'en faire. Certains se plient à leur destin. Ils ravalent leur fierté, oublient la nouvelle vérité, embrassent le mensonge de tout leur être - parce qu'ils décident qu'ils ne valent pas grand chose. Forcément : si une société tout entière s'est vouée à leur assujettissement, ils ne peuvent que le mériter, n'est-ce pas ? D'ailleurs, même si tel n'était pas le cas, lutter serait trop douloureux ; ce n'est pas possible. Au moins, leur choix leur apporte un certain apaisement. Fugace.
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Vidéo de N. K. Jemisin
N.K. Jemisin and Book Riot's Jenn Northington discuss Jemisin's novel The City We Became. This is a spoiler zone! No plot point is off the table from The City We Became!
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