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ISBN : 2754825096
Éditeur : Futuropolis (09/01/2019)
Résumé :
From The New York Times bestselling writer Matt Kindt (Mind MGMT) and artist Tyler Jenkins (Peter Panzerfaust) comes the critically acclaimed rural mystery series chronicling the tragic lives of the Grass Kings, three brothers and rulers of a self-sufficient trailer park kingdom - a fiefdom of the hopeless and lost seeking a promised land.

The grass kingdom is run by eldest brother Robert, who has been grief-stricken since losing his daughter years ag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Presence
  01 février 2019
Ce tome est le premier d'une série indépendante de toute autre, qui en compte trois. Il comprend les épisodes 1 à 6, initialement parus en 2017, écrits par Matt Kindt, dessinés, encrés et mis en couleurs par Tyler Jenkins, avec un lettrage réalisé par Jim Campbell. Chaque épisode bénéficie d'une couverture principale réalisée par Jenkins, et d'une couverture variante réalisée par Kindt. Ce tome comprend également les couvertures variantes réalisées par Fiona Staples, Ryan Sook, Tula Lotay, Greg Smallwood, Ryan Kelly.
En 1450, dans une région sauvage de ce qui deviendra les États-Unis, au bord d'un lac, un amérindien s'est éloigné du campement avec son tomahawk. Il arrive proche de son canoë, et se retourne en entendant du bruit derrière lui. Il est frappé à la tête par un autre membre de la tribu qui le tue et jette son cadavre dans le lac. Puis ce dernier s'en retourne au campement, s'approche du tipi de défunt et fait comprendre à sa femme qu'elle est sienne maintenant. La nuit est sans pitié pour elle. En 1580 le campement est incendié et il n'en reste rien. En 1650, toute trace de vie humaine a disparu de cet endroit. En 1750, une petite communauté de colons s'installe bâtissant des bâtiments en bois. En 1920, l'église est érigée en dur. En 1950, le lieu bénéficie d'une piste d'atterrissage pour les avions. Au temps présent, Bruce, l'individu qui fat régner la loi dans Grass Kingdom, a chopé un intrus : Lo, un jeune homme de la ville voisine Cargill. Il lui a passé les menottes et l'a fait grimper sur la banquette arrière, comme s'il s'agissait d'un véritable véhicule de police. Il lui fait faire le tour de la ville. Il lui explique qu'il a mis les pieds dans une petite communauté, très soudée, n'acceptant aucune aide gouvernementale, et vivant en autonomie.
Tout en circulant, Bruce salue Shelly, une femme avec un fusil devant sa maison, Archie faisant le guet depuis une terrasse surélevée, puis à Ashur et Pinball qui sont en train de se promener à pied, et enfin à un écrivain en train de taper à la machine, surnommé Hemingway. Enfin, il reconduit Lo à la frontière du territoire de la communauté, et le laisse rejoindre la ville de Gargill à pied. Ashur rend visite à Pike pour lui demander s'il a recommencé à vendre de la bibine à Robert. Pike ne répond pas. Ashur continue son chemin, toujours à pied, jusqu'à la maison de son frère Robert, le responsable de la communauté. Il trouve son frère dans son rocking-chair sur sa véranda, les yeux dans le vague. Robert demande son rapport à Ashur, le prie de s'en aller, et repense au jour où il avait piqué un petit somme au bord du lac, alors qu'il gardait sa fille Rose. Réveillé par sa femme Amber, affolée, lui demandant où était Rose. Cette dernière n'est jamais reparue. Il finit par se rendre compte qu'une femme se tient agenouillée sur la rive du lac, venant de le traverser à la nage. Elle s'appelle Maria.
Boom! Studios est un éditeur de comics indépendant qui dispose d'une gamme étendue de comics pour enfants, et qui publie parfois des récits pour plus grands lecteurs, sortant de l'ordinaire. Avec Grass Kings, le lecteur se lance dans une série terminée en 15 épisodes, réalisée par un scénariste indépendant chevronné (avec des séries comme Mind MGMT et Dept. H) et un jeune dessinateur ayant essentiellement illustré la série Peter Panzerfaust de Kurtis J. Wiebe. Dans un premier temps, le lecteur ne sait pas trop quoi penser de ce que dit la couverture : la représentation d'un élément d'une Amérique profonde et rurale, avec visiblement les traces d'une violence mortelle. En feuilletant rapidement le tome, il découvre un mode de représentation personnel avec des caractéristiques affirmées : des contours tracés avec des traits assez fins, un peu fragiles même, des représentations précises tout en apparaissant très simplifiées, des cases souvent dépourvues d'arrière-plans sans pour autant jamais sembler vides grâce à la mise en couleur à l'aquarelle. La narration visuelle donne à la fois l'impression de dessins mal assurés et d'un fini très élaboré grâce à la mise en couleurs directe.
Le lecteur se lance : le scénariste lui a organisé une visite guidée du Grass Kingdom, grâce à la présentation faite par Bruce au bénéfice de Lo qui visiblement n'avait jamais pénétré dans cette communauté repliée sur elle-même. Il établit ainsi un premier contact avec ses habitants les plus importants, représentés presque comme s'ils étaient croqués sur le vif, avec une économie de traits, tout en étant parfaitement reconnaissables d'une apparition à la suivante. En fait, l'histoire ne débute pas avec ce tour du propriétaire, mais avec un prologue qui revient en 1450 et qui établit qu'il y a déjà eu des actes de violence sur cette terre. Tyler Jenkins épate son choix de la couleur du ciel, par sa capacité à rendre compte de l'étendue de la prairie, par la plausibilité de ce campement d'amérindiens (pourtant représenté sans beaucoup de détails), par la sensation de marcher dans la nature aux côtés de l'amérindien, alors qu'il est impossible d'identifier l'essence des arbres ou des plantes. Alors qu'il n'y a pas de dialogue, le déroulé des événements est instantanément intelligible et le lecteur ressent les émotions des personnages montrés. Matt Kindt a construit chaque épisode avec un prologue de même nature : une séquence dans la même zone, avec un acte de violence à des époques différentes, en 1760, en 1920, en 1917, en 1958, en 490. À chaque fois, en 2, 3 ou 4 pages, Tyler Jenkins évoque la terre et le ciel à grands coups de pinceau, et dépeint une action qui se termine par la mort d'un ou plusieurs individus, de manière plus évocatrice que descriptive. À chaque fois le lecteur est transporté dans une action différente qui lui rappelle que cette région a absorbé du sang humain à plusieurs reprises à travers les siècles.
Après le premier prologue, lecteur découvre une vue du ciel de Grass Kingdom dans un dessin en double page, à nouveau sur la base de formes rapidement tracées, permettant de bien reconnaître les bâtiments, le réservoir d'eau potable, les silos, les enclos pour les animaux de la ferme, les voies carrossables, les alignements d'arbre, les zones boisées, les zones cultivées. S'il cherche à détailler telle ou telle partie de l'illustration, le lecteur se rend compte de la grossièreté des formes ; s'il prend du recul, il voit une vue du ciel totalement convaincante. Matt Kindt prend son temps pour présenter les différentes composantes de son intrigue. le lecteur finit par comprendre que cette communauté vit en autonomie et qu'elle ne reconnaît pas la loi de l'état, même si elle a déjà dû faire une entorse ou deux, nécessité faisant loi, en particulier à l'occasion d'un crime horrible, ou de la disparition de Rose. Il prend conscience que Maria, la nouvelle venue, fournit le prétexte nécessaire à Humbert, le shérif de la ville voisine, pour pénétrer dans la communauté et essayer d'y rétablir la loi des États-Unis. La situation s'envenime, et il ne faut pas longtemps pour que les factions en viennent aux armes. Dans le même temps, le scénariste ne se contente pas de rabâcher des clichés prêts à l'emploi sur les ploucs rêvant de vivre libéré du joug de l'état. Robert n'est pas un responsable de tout repos : il souffre de la culpabilité d'avoir perdu sa fille, ce qui inquiète les habitants de la communauté quant à leur devenir. En face, le shérif Humbert apparaît comme un individu vindicatif et rancunier, tout en veillant à ne pas enfreindre la loi. En outre, Matt Kindt a su rendre son intrigue plus dense en intrigant des rumeurs sur la présence d'un tueur en série à Grass Kingdom.
À chaque séquence, Tyler Jenkins renouvelle son exploit de narration graphique tout en équilibre précaire entre dessins qui mériteraient plus de détails et cases qui mériteraient des arrière-plans, et coloriage qui ne respecte pas les contours, et impressionnisme latent. La narration visuelle est fluide et intéressante, toujours personnelle, avec ces aquarelles qui viennent nourrir la page sans être figuratives. le lecteur se rend petit à petit compte que c'est le choix des couleurs et les tracés de pinceaux qui font la différence entre une mise en couleurs naturaliste, et ce que fait Tyler Jenkins qui apporte des sensations, un ressenti plus affectif. le lecteur s'installerait bien dans un rockingchair, sur la véranda, en silence aux côtés de Bruce pour regarder l'eau calme du lac, et la lumière déclinante. Il ressent l'absence de toute trace de civilisation aux côtés de l'amérindien en 1760, dans un environnement naturel calme et accueillant. Il voit la gêne De Robert qui ne sait plus trop comment se comporter du fait d'une présence féminine dans sa maison. Il regarde les regards et les postures de plus en plus distantes De Robert et de sa femme Amber, dans une page étonnante sans bordure de case, avec 2 colonnes de 5 têtes, celle d'Amber à gauche, celle De Robert à droite, prenant conscience de la disparition de ce qui les unissait. Il voit une coulure de sang imprégner une page alors que le shérif Humbert enquête sur un meurtre. Il assiste à la violence de l'affrontement entre la communauté et la police. Il sourit devant Robert se représentant en preux chevalier, dans une image aussi incongrue que logique.
Ce qui peut attirer le lecteur dans cet ouvrage sont les auteurs (surtout le scénariste qui a une plus longue carrière), l'éditeur, ou encore les images à l'esthétisme éloigné des bandes dessinées traditionnelles et encore plus des comics. Il comprend rapidement de quoi il retourne : une communauté vivant de manière indépendante, avec un chef fragile, et un potentiel meurtrier jamais identifié en son sein. Il se rend compte que le parti pris esthétique de Tyler Jenkins fonctionne à merveille, entre poésie et immersion émotionnelle. Il se prend au jeu de l'intrigue, même si dans ce premier tome, elle suit un chemin encore bien balisé. Il se rend compte que l'histoire s'émancipe de la dichotomie bons/méchants, avec une philosophie de vie pour la communauté de Grass Kingdom, basée sur un refus du consumérisme.
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Bazart
  06 février 2019
"GrassKings" est une série noire en trois tomes, écrite par Matt Kindt et dessinée par Tyler Jenkins, l'étoile montante de la bande dessinée américaine.
Proclamée par l'éditeur comme le « polar graphique de l'année » Grass Kings est une trilogie qui sera publiée à rythme haletant : tome 1 le 16 janvier, tome 2 le 6 mars et tome 3 le 26 juin.
L'arrivée d'une jeune femme fuyant la violence du village voisin, bouscule le quotidien d'une petite communauté aux confins des Etats Unis, qui vit en autarcie à proximité d'un lac américain, un royaume malaisant dominé par trois frères au passé chargé de secrets .
La nature et paysages alentours portent l'histoire des hommes et leurs violences intrinsèques On pense un peu à l'univers de Faulkner ou plus près de nous de Ron Rash aux décors rudes et récits lyriques.
UNe trilogie qui a vraiment cartonné aux USA, hanté par la douleur et la mort, avec une ambiance graphique particulièrement surprenante, portée par des fonds à l'aquarelle et des personnages mémorables aux gueules cassées.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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MassLunar
  11 février 2019
Grasskings s'annonce comme l'un des polars les plus réussis de cette année 2019. Prévu en trois volumes, ce graphic novel auréolé de succès aux Etats-Unis fait son entrée en France.
Scénarisé par le chevronné Matt Kindt et sublimé par un dessin à l'aquarelle semi-précis de Tyler Jenkins, Grass Kings est une agréable surprise.
Nous avons ici affaire à une terre promise, Grass Kingdom, un petit bout de verdure défendu farouchement par une communauté qui refuse toute appartenance gouvernementale.
Cette communauté est régie par une fratrie. Parmi eux, Robert, le chef de la communauté coule des jours tourmentés par la disparition de sa fille.
Un regain d'espoir s'offre à lui lorsqu'il accueille une jeune femme venue se réfugier dans le Grass Kingdom.
C'est un véritable western urbain que ce terrible GrassKings. Dans cette bd, la confrontation semble être la maîtresse de ce lieu, à la fois symbole de liberté et d'oppression. Matt Kindt délivre un travail remarquable, que ce soit au niveaux des répliques ( dont la qualité s'avère des plus bad -ass), la narration avec une insertion judicieuse et fluide des flash-back, la symbolique de ce lieu, véritable vecteur de la violence humaine et de la quête du refuge.
Au départ, je dois avouer avoir été un peu surpris par le dessin de Tyler Jenkins, assez imprécis. Mais comme souvent, ce graphisme faussement brouillon est plutôt révélateur. Il apporte une gamme d'émotions parfois plus fortes même que la précision d'un trait détaillé et réaliste. C'est comme si le trait de Jenkins ainsi que la remarquable gamme de couleurs à l'aquarelle qu'il utilise renforçait l'aspect allégorique de ce graphic novel telle une peinture féroce de l'humanité et de son désir de possession.
Passé ce dessin un petit peu rebutant, on finit par s'enthousiasmer devant certaines planches aux tons crépusculaires et à ces visages délicatement imprécis et patibulaires.
Grasskings volume 1 est plus qu'un excellent polar bd, c'est aussi une éclatante réussite graphique sur plusieurs niveaux. Affaire à suivre en toute allégresse !!!!
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mikaelunvoas
  24 février 2019
Grasskings nous offre une histoire de communauté indépendante comme on en trouve parfois aux Etats Unis. Ce n'est pas sans rappeler un peu la série "outsiders". le dessin à l'aquarelle représente une vrais défi que Matt Kindt réussit haut la main. Plusieurs histoires (dans le temps) marquent cet endroit qu'on pourrait dire marqué par la violence et le meurtre. Qui sont les bons ? Quels sont les secrets enfouis par ces habitants, le premier tome fait éclater les tensions qui règnent...
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Salocin
  08 février 2019
Magnifique BD angoissante et poisseuse à souhait.
Grass Kingdom est un territoire indépendant où vivent des marginaux qui refusent d'avoir affaires avec l'extérieur. Robert, le roi de ce royaume, sombre de plus en plus depuis qu'il a perdu sa fille. Une nouvelle arrivée va bouleverser l'équilibre de la communauté et signer le début d'un nouveau cycle. Mais les amis qui vivent à deux pas de chez nous sont ils ce qu'ils prétendent ?
Les dessins sont sublimes et l'histoire est archi prenante. On est en immersion dans le Grass Kingdom pour le meilleur et pour le pire.
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critiques presse (4)
BDZoom   30 janvier 2019
Matt Kindt s’associe au dessinateur Tyler Jenkins, dont c’est le premier titre important en France, pour le tome 1 d’un triptyque, thriller plein de fureur dans la campagne américaine, au traitement graphique séduisant.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BDZoom   28 janvier 2019
Matt Kindt s’associe au dessinateur Tyler Jenkins, dont c’est le premier titre important en France, pour le tome 1 d’un triptyque, thriller plein de fureur dans la campagne américaine, au traitement graphique séduisant.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BDGest   24 janvier 2019
Les traits étonnants de Tyler Jenkis, qualifiés de semi-réalistes parce qu'à l'évidence vite crayonnés, parviennent au final à rendre des personnages charismatiques, bourrus, avec de vraies gueules abîmées par des vies compliquées. Les arrière-plans ne dépareillent pas en correspondant en tout point à l'ambiance polar-country. La touche finale vient des couleurs pastel, tendres et claires, et qui débordent légèrement des limites fixées par les contours, apportant un contraste saisissant avec la tension et la violence du synopsis. Le résultat est une prouesse graphique de toute beauté.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   28 décembre 2018
Le sénario est vraiment prenant, d'autant que la première idée de l'histoire est d'une grande limpidité, pas la peine de réfléchir trois secondes pour comprendre de quoi il s'agit !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   29 janvier 2019
- Les gens sont comme des voitures, Bruce. Si tu ne prends pas soin d'eux... ils finissent par te lâcher. (p. 49)
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   29 janvier 2019
En raison de l'augmentation du prix des munitions, il n'y aura pas de tir de sommation. (p. 4)
Commenter  J’apprécie          70
MassLunarMassLunar   11 février 2019
Notre sécurité ? Ce qui nous protège ici ? Nous-mêmes.
Tout le monde connaît tout le monde. On se traite mutuellement comme des êtres humaines, un art qui se perd.
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Videos de Tyler Jenkins (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tyler Jenkins
Le mois de juin sera fort, sera documenté. Dans les bas-fonds du monde de l'entreprise avec Le Travail m'a tué, dans le Paris d'une étrange religieuse prostituée avec Mécaniques du fouet, à travers la vie du héros de 1984 avec Une Vie, dans le Grass kingdom de l'incroyable Grass Kings, et dans Le signe des rêves édité en version souple et intégrale
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