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EAN : 9782072881619
336 pages
Éditeur : Gallimard (27/08/2020)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 31 notes)
Résumé :
«Jean-Paul Aerbi est mon père. Il a eu vingt ans en 1960, et il est parti en Algérie, envoyé à la guerre comme tous les garçons de son âge. Il avait deux copains, une petite amie, il ne les a jamais revus. Il a rencontré ma mère sur le bateau du retour, chargé de ceux qui fuyaient Alger.
Aujourd’hui, je pousse son fauteuil roulant, et je n’aimerais pas qu’il atteigne quatre-vingts ans. Les gens croient que je m’occupe d’un vieux monsieur, ils ne savent pas q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
michdesol
  09 mai 2019
L'auteur suit ici deux générations : celle du père et celle du fils, qui prennent alternativement la parole.
Le père a vécu les années 60 et la guerre d'Algérie à laquelle il a participé dans les commandos, puis dans la clandestinité avec l'OAS. Il n'est pas revenu indemne de cette guerre perdue, en proie à la violence, au racisme, allant même jusqu'à tripatouiller avec l'extrême-droite et ce d'autant plus que, les années passant, il vécut l'immigration en provenance du Maghreb comme une invasion.
Le fils a des contours plus flous. J'avoue que je me suis parfois demandé ce qu'il foutait dans ce roman.
Le livre, superbement écrit, nous offre un tableau terrible de la guerre d'Algérie et en particulier des derniers jours qui virent les exactions de l'OAS.
La dernière ligne de la quatrième de couverture est une magnifique conclusion : "Nous n'arrivons pas à en sortir, de cette histoire". Car, si la guerre marque à jamais les hommes, pire, elle marque à jamais les peuples.
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oran
  07 juillet 2019
Une autre façon d'évoquer cette guerre dé décolonisation fratricide , celle qui longtemps fut désignée que part les "événements d'Algérie"
Une autre façon de disséquer les conséquences de ce terrible conflit.
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julienmorvan
  21 juin 2019
Féroces Infirmes, ou l'histoire en miroirs des âmes tourmentées de la guerre d'Algérie, de la tentation de l'extrême ; les vices et vertus incompatibles de la virilité depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ; la vie en casemate dans les grands ensembles de banlieue. Sur le papier, rien de très attirant, car le sujet a été rabâché, en littérature comme au cinéma. La quatrième de couverture prévient : "Nous n'arrivons pas à en sortir, de cette histoire" ; c'est juste, et l'on pourrait parfois s'en lamenter, l'Algérie est un horizon très balisé de notre culture contemporaine, et les H.L.M. ...
Par chance, Alexis Jenni est un écrivain. On accroche au style - ou pas ... il faut aimer les phrases mitraillettes avec peu de mots, des points partout et des "mais", "et", "que" qui ouvrent de petites phrases ; pour l'envolée lyrique, chatoyante, il faut se contenter du minimum, mais ce minimum est savoureux. du reste, la ponctuation après trois mots ressemble parfois à un champs de mines, qui accélère le rythme, provoque volontairement un essoufflement mental et de jolies virées d'adrénaline en Kabylie.
Rien n'est original, mais on peut se vautrer dans le classicisme sans renâcler, avouons-le ! Tous les chapitres consacrés aux dernières heures de l'Algérie française sont formidables ; un saut dans le vide politique avec le pauvre Aerbi, pantin lyonnais qui roule des muscles et s'invente un destin aux côtés des terroristes de l'OAS. Les chapitres qui racontent la vie du fils sont plus convenus, parfois moralisateurs ; ils déçoivent souvent mais, curieusement, c'est dans ces interstices que le style poétique fleurit le mieux.
Après 300 pages, appropriées, il faut tout de même se rendre à l'évidence : le moment fut agréable, palpitant, plein de sueur mâle, de relents de "plus grande France" et de sinistres destins. Une folie ordinaire, intime, infirme, à portée de ligne ; un détroit littéraire où il faut se noyer totalement.
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LettresItBe
  15 mai 2019
Entre deux rentrées littéraires, Alexis Jenni, le prix Goncourt 2011 pour L'Art français de la guerre, est revenu en librairie avec Féroces infirmes, toujours aux éditions Gallimard. Pour son quatrième roman, l'écrivain lyonnais questionne, sans grande originalité, la guerre d'Algérie. Un énième roman sur un thème où la difficulté de dire se fait monnaie (trop) courante ? Et si c'était plus que ça ?
# La bande-annonce
« Jean-Paul Aerbi est mon père. Il a eu vingt ans en 1960, et il est parti en Algérie, envoyé à la guerre comme tous les garçons de son âge. Il avait deux copains, une petite amie, il ne les a jamais revus. Il a rencontré ma mère sur le bateau du retour, chargé de ceux qui fuyaient Alger.
Aujourd'hui, je pousse son fauteuil roulant, et je n'aimerais pas qu'il atteigne quatre-vingts ans. Les gens croient que je m'occupe d'un vieux monsieur, ils ne savent pas quelle bombe je promène parmi eux, ils ne savent pas quelle violence est enfermée dans cet homme-là.
Il construisait des maquettes chez un architecte, des barres et des tours pour l'homme nouveau, dans la France des grands ensembles qui ne voulait se souvenir de rien. Je vis avec lui dans une des cités qu'il a construites, mon ami Rachid habite sur le même palier, nous en parlons souvent, de la guerre et de l'oubli. C'est son fils Nasser qui nous inquiète : il veut ne rien savoir, et ne rien oublier.
Nous n'arrivons pas à en sortir, de cette histoire. »
# L'avis de Lettres it be
Après La Conquête des îles de la Terre Ferme (2017), La Nuit de Walenhammes (2015), et surtout après L'Art français de la guerre qui lui valut un Goncourt remarqué en 2011, Alexis Jenni revient. Cette fois, l'auteur se penche avec Féroces infirmes sur le conflit franco-algérien, conflit dont les sombres tentacules n'ont peut-être jamais vraiment quitté les esprits et les corps. Pour cela, nous suivons donc les vies d'un père et son fils, tous deux confrontés au conflit, de manière différente. Mais tellement liée.
De la virilité au virilisme, ce colonialisme qui n'a peut-être jamais été autant au premier plan des réflexions contemporaines pour éclairer l'aujourd'hui avec la lampe rouillée d'hier, un racisme latent qui ne se dit jamais vraiment, cette guerre franco-algérienne qui ne passe pas quand les justifications le nécessitent… La toile de fond du nouveau roman d'Alexis Jenni aurait pu avoir de quoi décevoir par ces réflexions un brin trop entendues et balancées dans tous les sens, année après année. Et pourtant, le traitement qu'en réserve l'auteur dans son livre suscite les questionnements sans jamais apporter les réponses hâtives et partiales dont nous avons désormais l'habitude. Une fois encore, Alexis Jenni sublime l'art du roman, simplement : donner à penser sans obliger à prendre.
Cette haine au « rayonnement maléfique malgré le sarcophage de béton dont on a tenté de le recouvrir » (lien entretien auteur : http://www.gallimard.fr/Media/Gallimard/Entretien-ecrit/Entretien-Alexis-Jenni.-Feroces-infirmes/(source)/311806), cette résurgence permanente mais à des degrés différents d'une histoire franco-algérienne… C'est à ces questions qu'Alexis Jenni a donc tenté d'apporter une réflexion, ou au moins une réflexion à travers le destin d'un père et de son fils. Deux époques, deux siècles, deux millénaires différents. Dans ce quartier lyonnais de la Duchère que l'on visite sous toutes les coutures avec Alexis Jenni, dans ce grand ensemble architectural qui marque à merveille cette France projetée dans l'avenir après les tourments des guerres, les questions demeurent. Comment penser celui qui fut, avec tant d'autres, au coeur d'un conflit majeur et meurtrier ? Comment vivre avec cet homme qui danse, main dans la main, avec sa démence et ses fantômes ?
« - Les propos il les tient, ça ne veut pas dire qu'il le soit. Il n'y a pas de racisme, Rachid, il y a seulement de la violence. Ce n'est pas une pensée, la race, c'est seulement une violence que l'on raisonne, une violence vide qui cherche ses morts ; et des mots elle en trouve, elle en crée, elle en invente et puis elle les crache, et c'est sûr que ça éclabousse, c'est sale, et je ne voudrais pas être à ta place. Mais il y a d'abord la violence, et ensuite elle se donne des airs. Expliquer patiemment que tous les hommes se valent, quelles que soient leur couleur, leur religion ou leur origine, c'est souffler sur des moulins à vent, c'est sans effet parce que tout le monde s'en fout. La violence est là, elle cherche une cause, et elle en trouve. »
Découvrez la chronique en intégralité sur Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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cedratier
  25 janvier 2021
« Féroces infirmes » : Alexis Jenni (Folio, 330p)
Au début du roman, on voit le fils, adulte falot et sans épaisseur qui pousse dans son fauteuil son vieux père certes impotent, mais vieille ordure à la langue de vipère, pur produit raciste et fasciste pas guéri de cette guerre d'Algérie que, comme tant d'autres jeunes hommes, il a dû faire en tant qu'appelé du contingent. On découvre donc quelques bouts de vie de ce couple improbable, le fils et son père dans une cité de la banlieue lyonnaise, et surtout les souvenirs en éclats épars de celui qui fut un jeune homme ordinaire et devint un salaud ; et qui semble presque jouir de la charge empoisonnée qu'il fait subir à son fils. le roman alterne donc entre deux personnages qui se font tour à tour narrateurs, le père et le fils, deux périodes, 1960 à 1962 en Algérie et en France, et de nos jours dans une banlieue lyonnaise. Sur la mémoire de guerre, on s'attend tout de suite au pire, et le pire advient, mais il est plus évoqué que décrit précisément, c'est surtout le cheminement mental d'un soldat presque comme un autre, mais qui va se faire bourreau. Bourreau malgré lui ? C'est ce qu'aimerait penser son fils, pris dans un conflit de loyauté entre un géniteur qu'il se doit d'accompagner, et des crimes d'hier et une haine vomitive qui perdure chez ce père et qu'il ne peut partager.
C'est un roman très bien documenté sur la période, et peut-être certains aspects échapperont aux lecteurs qui connaissent mal cette guerre. Mais ça reste très instructif sur les racines d'un malaise qui perdure et travaille encore de manière malsaine la société française (et la société algérienne) aujourd'hui.
Et Alexis Jenny écrit vraiment bien. Il dessine des portraits saisissants, des cheminements psychologiques comme des pièges qui se referment sur ses personnages. Et il a un sacré sens de la formule :
« Je porte un gros survêtement mou, et des chaussures de sport qui ne font pas de sport. » / « Je n'allume pas, de peur que le miroir se réveille. » / « Mais rien n'y fait, la terreur n'efface pas la terreur, on n'efface pas une tache de sang avec du sang, on l'agrandit. » / « le pont que nous empruntions, suspendu aux halos des réverbères. » / « Mais je dors, alors le cauchemar vient, et je passe la journée à m'en nettoyer. » Etc...
C'est un roman particulièrement prenant, auquel j'ai pourtant trouvé quelques longueurs, notamment dans le dernier quart du livre. Et je n'ai pas saisi le sens de la métaphore architecturale récurrente sur la construction des immeubles que développe avec force détails l'auteur (enfin, je suppose qu'il y a un sens métaphorique, sinon, que de superflu !)
Et Jenny, tout en nous faisant partager le cheminement tortueux de ses personnages, semble vouloir rester à distance des évènements, comme s'il ne voulait pas prendre parti, comme s'il semblait justifié de renvoyer dos à dos des horreurs sanglantes, en spectateur neutre et horrifié des bassesses de la guerre coloniale.
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critiques presse (2)
Actualitte   06 mai 2019
Avec des pages magnifiques, une écriture brûlante, il nous raconte comment la violence peut décomposer un être de l'intérieur, comme une centrale nucléaire [...] Et gangrener tout un pays, génération après génération.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   29 avril 2019
Le Prix Goncourt 2011, pour son premier roman, L’Art français de la guerre, revient sur l’histoire coloniale et l’extrême droite. Récit d’une obsession.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   09 mai 2019
Dans l'Hexagone, dans ce pays neuf du général Ensemble que l'on décrivait maintenant par une figure compacte, régulière et tournée sur elle-même, tout était à réinventer. La France entière se couvrait de chantiers, autoroutes, aéroports, villes et stations-service, aérotrains et centrales nucléaires, bâtiments de toutes tailles moulés d'un même béton géométrique, comme pour changer du tout au tout l'aspect de ce vieux pays, pour effacer le poids de son passé, pour oublier enfin son histoire et bondir, allégés, vers un avenir entièrement issu de la claire volonté, qui serait différent de ce que nous venions de vivre. Nous souhaitions cela, et Ensemble le savait, et il était là pour ça : bondir hors des temps devenus trop lourds pour atteindre un avenir de lumière crue, d'angles droits et de couleurs claires où nous oublierons tout, les violences et les regrets, les trahisons comme les déceptions, les morts pour rien et les oubliés au bord du chemin. Sans regrets et sans heurts nous vivrions tous dans le grand ensemble, tous transformés en un flux qui passe sans s'arrêter.
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MimiCarmenMimiCarmen   20 juin 2019
Rachid soupire. Je continue, j’essaie d’expliquer.
« Quand un pays envoie ses enfants à la guerre, la séparation des races est nécessaire pour qu’ils accomplissent leur tâche sans devenir fous. 
— Leur tâche … tu parles.
— Quand il y a rupture morale, la petite folie raciste protège de la grande folie.
— Les moudjahidines savaient ce qu’ils faisaient, murmure Rachid. Ils allaient à une mort certaine mais cela valait mieux qu’une vie domestique à baisser la tête. Mais entendre ça… même si on le sait, ça fait bizarre. Ça fait bizarre de penser que mon voisin de palier pourrait me tuer sans penser qu’il a tué quelqu’un. Heureusement qu’il est en fauteuil roulant. Ton père, au fond, il n’a pas vu grand-chose de là où il est allé...
— Les montagnes… Il m’a souvent parlé des montagnes…
— Et les gens?
— Il me parlait des immeubles d’Alger, le béton blanc sur le ciel bleu.
— Tu vois… c’est ce que disent les Français, la beauté de l’Algérie, avec personne dedans.
— Il combattait…
— Ça n’empêche pas de regarder les gens. Il n’a pas vraiment fini avec là-bas, ton père.
— Hélas. »
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MimiCarmenMimiCarmen   19 juin 2019
Mais pour m’aider, ça n’a pas duré. Un voyage, un carton, et il s’est affalé sur le canapé. « Tu n’as pas quelque chose? » Cela me met en colère qu’il soit essoufflé après le moindre effort, et qu’ensuite il demande quelque chose. Toujours il s’en inquiète. Sa première question quand il vient me voir est toujours : « Tu as quelque chose? – Quelque chose quoi? – Mais quelque chose à boire!»
Je sais bien de quoi il veut parler, c’est toujours pareil, mais je ne veux pas que ce soit à moi de le savoir, je ne veux pas qu’elle soit déjà déposée en moi, la réponse à sa demande, je ne veux pas que son désir soit déjà en moi, je veux qu’il le dise en toutes lettres, en toutes syllabes, et qu’il me les crache une par une et que je les ramasse mais que ce ne soit pas à moi de les porter. « À boire! Tu vis vraiment dans un rêve! Tu ne le sais pas depuis le temps? ». Si; mais je ne veux pas le savoir.
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MonidesMonides   05 août 2019
Souvent je vois mon père dans la rue. Je ne dis pas que je crois le voir, ce serait déjà réfléchir à tête reposée, ce serait déjà essayer de comprendre et de démêler sagement la vérité des illusions ; mais non je le vois de loin, c'est foudroyant, c'est immédiatement lui, l'éclair tombe du ciel et me traverse tout entier jusqu'au sol, au passage mon souffle s’interrompt, mon cœur s'emballe, des frissons humides coulent le long de ma nuque ; c'est lui. Non ce n’est pas lui. C'est quelque chose de lui que quelqu'un d'autre porte, une moustache courte, des cheveux redressés, une élégance de grand arbre, dos droit et tête inclinée, une façon de mettre ses mains dans les poches ; ou rien que je puisse identifier : un éclair, le foudroiement, rien. p.92
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fanfanouche24fanfanouche24   24 août 2019
Ceux qui ont construit les Gratte-Ciel croyaient aux vertus du soleil et à l'air pour tous, ils croyaient que la beauté est un droit social, et ils l'ont construite. (p.37)
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Soirée rencontre au Majestic de Chamonix le 05 août 2020 en présence des auteurs : Jean-Louis Etienne pour son livre : Aux arbres citoyens Alexis Jenni pour son livre : J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond
avec la participation de la mairie de Chamonix
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